jeudi 30 juillet 2015

410 À propos d'énergie

Je passe une grande partie de la journée d'avant-hier seul chez moi. Dans l'après-midi, je décide de me rendre dans un magasin de fournitures de bureau acheter du matériel dont j'ai besoin. Arrivé dans la rue, je constate que je me traîne, sans énergie. Des idées négatives m'assaillent. Je marche à petits pas. Finalement j'arrive au but de ma sortie. Rentre dans le magasin. Fais mes achats. Et constate en sortant que ma bonne humeur, mon énergie sont subitement et inexplicablement revenues. Je marche à grands pas. Comment cela se fait-il ? J'ai cherché une explication. Elle m'apparaît énergétique. Dans le magasin j'ai eu affaire à une vendeuse. Jeune, jolie, polie, serviable, paraissant gentille et bien intentionnée. Elle avait tout ce qu'on peut attendre de mieux d'une vendeuse dans le cadre de son travail.

Il existe deux énergies fondamentales et complémentaires qui sont notamment présentes en tant qu'énergie féminine et énergie masculine. Resté seul chez moi, j'ai connut une baisse de mon énergie féminine. D'où mon état quand je suis sortie de chez moi. Arrivé dans le magasin, au contact de cette vendeuse, je me suis rechargé en énergie féminine manquante. D'où l'amélioration constatée.

Certains ouvrages anciens chinois ou indiens évoquent cet échange d'énergie. Ils prétendent que cet échange doit s'effectuer de manière « sexuelle », avec le coït. Cette vision des choses m'apparaît absolument réductrice et sommaire. La recharge en énergie de l'autre sexe peut parfaitement se produire y compris sans qu'il y ai même le moindre contact « physique » entre les personnes concernées. Et certains actes sexuels mal venus peuvent aller à l'encontre d'un échange d'énergies.

Cette recharge en énergie se constate fréquemment au contact des autres. Parler agréablement avec une personne appréciée du sexe opposé suffit parfois pour nous mettre ensuite de très bonne humeur durant plusieurs heures. Inversement, une personne désagréable pourra « pomper votre énergie » comme on le dit si justement.

Et une grande joie peut parfaitement vous guérir d'un seul coup d'une maladie classique et contagieuse. Le révolutionnaire Trotski, dans ses mémoires, rapporte que la nouvelle de la révolution de février 1917 a amené son fils, alors petit garçon, à guérir subitement de la diphtérie.

Mes parents ont connu dans les années 1940-1960 un médecin illustre, qui leur a raconté l'anecdote suivante : il connaissait un brave clochard qui était en permanence d'une inexplicable et permanente très bonne humeur. Ce clochard mourut et personne ne réclamant sa dépouille mortelle, le médecin voulut par curiosité l'autopsier. A l'autopsie, il constata que vue l'état de ses organes internes, ce clochard aurait dut être mort depuis bien des années.

Un autre médecin, celui-ci dans ma famille, épousa une femme dont tous les membres de la famille mouraient du cancer les uns après les autres. Ce médecin organisa un programme de vie avec sa femme destiné à ce qu'elle ne soit jamais triste, ennuyée, de mauvaise humeur. Elle vécu longtemps et n'eut jamais la maladie qui frappait les membres de sa famille.

Rabelais, qui était médecin, écrivit ses joyeux livres notamment pour que leur lecture égaille les malades et préserve leur santé.

La santé est étroitement liée à l'humeur. Et l'humeur est étroitement liée au relationnel. La santé ne se cultive pas qu'avec l'hygiène, de la nourriture saine ou d'éventuels médicaments. Elle se cultive également avec de la joie et de l'amitié.

Basile, philosophe naïf, Paris le 31 juillet 2015

409 Il faut mettre un terme à la guerre contre la féminité

J'ai employé le terme « guerre des sexes » pour qualifier la situation réciproque et opposée des hommes et des femmes. Je reviens à présent sur ce terme, à mon avis finalement prêtant à confusion. Car il sous-entend un conflit entre l'homme et la femme, chacun des deux ayant sa part d'engagement et responsabilité dans ce conflit. Il s'agit en fait plus précisément d'une guerre contre la féminité. Féminité exprimée à travers la femme ou bien à travers la part féminine de l'homme.

Les différentes cultures et traditions s'attaquent toutes à la féminité. Elles nient la femme de multiples façons. En la réduisant à une fraction d'être humain au service du mâle. Elle verrait soi-disant son rôle « réduit » à la maternité et la satisfaction des désirs masculins. Déclarée d'une certaine façon incapable de travailler, la femme voit son emploi domestique nié. Elle doit servir le foyer, les enfants. Mais son travail n'est ni reconnu, ni rémunéré.

La tendresse féminine de la femme comme la tendresse féminine de l'homme est niée au bénéfice d'une sexualité réductrice et monstrueuse axée sur la satisfaction prioritaire de besoins sexuels imaginaires, sommaires, caricaturaux et soi-disant permanents de l'homme.

Le non respect de la femme, sa négation, se retrouvent dans les traditions des deux hémisphères. La femme niée, l'homme devient de son côté incapable de s'affirmer comme homme. Car il lui manque deux éléments nécessaires à sa vie : la femme reconnue et respectée et sa part féminine à lui. En niant la femme, l'homme se nie lui-même. L'amour est remplacé par la violence morale, physique, verbale, économique, l'insatisfaction, la douleur et toutes sortes de divagations.

Le problème n'est pas pour ou contre « le sexe », mais pour le respect ou le mépris de la féminité universelle, chez la femme comme chez l'homme. L'homme qui nie la féminité est un infirme. Pour un homme, accepter pleinement sa féminité ne signifie nullement devenir forcément un homosexuel. Mais accepter sa sensibilité, son intuition, sa délicatesse, ses émotions, sa tendresse, qualités qui sont qualifiées traditionnellement de vertus « féminines ». Et sont en fait universelles et réparties différemment selon les sexes et les individus. Les caractères traditionnellement dits « masculins » existant aussi chez les femmes et chez les hommes.

Une femme dépourvue de sa part masculine, un homme dépourvu de sa part féminine, est un être incomplet. Tous les domaines, tels que l'art ou l'humour, par exemple, ont des manières féminines ou masculines différentes pour être traité. L'humour féminin est différent de l'humour masculin, par exemple. Ce qui ne signifie pas que les uns et les autres ne peuvent pas s'apprécier. Et que les hommes à l'occasion ne peuvent pas faire de l'humour féminin et les femmes de l'humour masculin.

L'immense richesse de la femme demande à être acceptée, reconnue, respectée pleinement. La négation de la femme appauvrit dramatiquement l'Humanité toute entière et la met en danger. L'excès de masculinité chez l'homme ou la femme conduit à la violence. L'écrasante majorité de la violence routière, criminelle, économique ou politique est l'œuvre d'hommes et non de femmes. Ce qui démontre que la base d'origine de ces violences est sexuelle et masculine et pas autre. Prétendre remédier à ces violences sans s'en prendre à leur cause sexuelle et masculine ne peut que conduire à terme à l'échec. On a voulu résoudre les problèmes de voisinage entre états en Europe en inventant une structure politique. Soixante-dix ans après, l'échec est criant et évident. L'« Union européenne » est un cauchemar et une catastrophe. La solution des problèmes politiques passe par la résolution du problème sexuel à la base : la négation de la féminité par la plupart des hommes et aussi certaines femmes. Et ce n'est pas parce que la guerre contre la féminité est un conflit très ancien qu'il n'appelle pas pour autant sa solution. Qui ne peut être que le retour à la paix.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 juillet 2015

408 Appel pour la renaissance de la fête populaire, lancé par Basile le 28 juin 2015 lors de l'inauguration de la Maison du Jouet Rustique de Pujols (Lot-et-Garonne) :

Je remercie Monsieur le Maire, Madame la Première adjointe, et la municipalité de Pujols pour leur généreuse invitation. Et pour le très grand honneur qui m'est fait de me choisir pour parrainer ce lieu unique au monde : la Maison du Jouet Rustique. Je remercie aussi Daniel Descomps pour avoir proposé mon parrainage. Lui et moi développons nos efforts, chacun de notre côté, à Pujols et Paris, dans le même but : le bonheur ludique des peuples. Pour illustrer mon propos, je vais vous parler brièvement de la base oubliée du grand Carnaval de Paris : le mouvement des goguettes. Sommairement, une goguette, c'est un petit groupe de personnes qui viennent chanter ensemble.

J'ai compris, au bout de 18 ans de recherches, que les goguettes étaient la base de la fête vivante et populaire en France. De célèbres chansons ou comptines françaises viennent des goguettes, comme : Frère Jacques, Dansons la Capucine, Ma Normandie, Le Temps des cerises, L'Internationale, Turlututu chapeau pointu, Fanfan la Tulipe, l'air du Carnaval de Dunkerque. Les goguettes formaient jadis un très prospère mouvement de masses. On en rencontrait partout. Par exemple, savez-vous qu'aux obsèques de Victor Hugo en 1884, la participation d'une goguette celle des Béni-Bouffe-Toujours, – fut très remarquée ? Des goguettes, il y en avait des milliers dont des centaines à Paris, et d'autres ailleurs, jusque dans les petits villages. Les livres d'Histoire officielle n'en parlent pas. Certains auteurs les mentionnent uniquement comme des lieux d'opposition républicaine au régime royal ou impérial. En fait, la plupart des goguettes n'avaient aucune orientation politique. D'autres auteurs réduisent les goguettes à des préfigurations des cafés-concerts, qui auraient pris ensuite leur place. Et beaucoup déclarent, en niant la réalité, que les goguettes ont disparu vers 1851, interdites sous le Second Empire. Cette fable fut inventée par des Républicains après la chute du Second Empire. Ils le chargeaient de tous les maux possibles. Et cherchaient ainsi à valoriser la Troisième République.

En quoi consiste une goguette ? C'est un groupe traditionnel, convivial, libre, bénévole, ludique et gratuit. Qui se réunit ponctuellement pour partager des plaisirs simples. Boire, manger, converser, rigoler, danser. Et surtout : chanter des chansons. Il ne coûte rien financièrement. Il peut également s'appeler autrement que goguette, par exemple : société lyrique, société des amis réunis, société bachique et chantante, société chansonnière, dîner chantant, société philanthropique et carnavalesque, etc. Ce groupe doit rester petit. Pour être viable, il doit compter au plus 19 participants. Cette question du nombre est cruciale. Si on arrive à 20, on constate que ça ne fonctionne plus pareil. On atteint une sorte de masse critique. Quand cette masse critique est dépassée, de nouveaux problèmes arrivent. Et créent des dissensions parmi les membres. C'est presque toujours l'échec assuré à moyen terme.

Ce phénomène a causé la disparition de pratiquement toutes les goguettes. Voyons comment ça s'est passé. En France, jadis, une loi frappait d'une lourde amende les associations regroupant sans autorisation plus de 19 personnes. Comme on le verra, cette loi répressive, sans que ce soit son but, protégeait en fait les goguettes. À Paris, pour éviter l'amende, les goguettes comptaient au plus 19 participants. En 1835, un procès fut intenté à la goguette de l'Enfer qui avait outrepassé le nombre de 19. Dans cette goguette parisienne, les membres avaient pour sobriquets des noms de démons. Ce procès fit jurisprudence. Il établit que si la réunion avait pour seul but de « boire et chanter », le nombre de participants autorisé pouvait dépasser 19. Alors, les goguettes commencèrent à dépasser 19 participants. Perdirent leur fonctionnement chaleureux, amical, fraternel, familial. Connurent des dissensions internes, des ambitions de commandements, des parasitages divers. Elles voulurent des moyens, de l'argent, des locaux. La politique s'en mêla. Ce fut une fuite en avant. Les goguettes s'affaiblirent. Reculèrent. Disparurent. Et furent oubliées. Ce processus a pris des décennies. Seules les goguettes de Dunkerque et des villes alentours résistèrent. Pourquoi ? Parce qu'à l'origine Dunkerque est une ville de marins-pêcheurs allant pêcher, chaque année, la morue au large de l'Islande et de Terre-Neuve. Cette pêche se pratiquait avec des lougres. Qui étaient de petits bateaux à voiles, montés par des équipages de 12 hommes. Les goguettes de Dunkerque et des villes alentours étaient à l'origine des goguettes de marins-pêcheurs. Traditionnellement, elles étaient et sont encore aujourd'hui, sauf trois ou quatre,de la taille des équipages morutiers dunkerquois. Résultat : à Dunkerque et dans les villes alentours, il y a toujours un formidable et très chantant Carnaval. Ailleurs en France, presque partout, les goguettes ont disparu. Et le Carnaval a disparu.

À Paris, j'ai fait renaître le Carnaval. Et à présent, que faire pour rétablir la tradition des goguettes d'avant 1835 ? Donner l'exemple. Dans ce but et pour s'offrir des moments festifs partagés, depuis mars 2014, je crée une nouvelle goguette parisienne. Nous sommes à présent 12 très motivés, dont un guitariste. Notre goguette n'a ni cartes d'adhérents, ni cotisations, ni bureau, ni statuts déposés. N'a même pas de nom. Elle fonctionne très bien. Se réunit une fois par mois. Et espère faire école. Nous pourrons aussi un jour nous équiper avec une percussion et des jouets rustiques : des mirlitons ou bigophones. Qui sont des sortes de mirlitons améliorés. Nous renouerons ainsi avec une grande tradition qui voyait à partir des années 1880, et durant 60 ans, des centaines, puis des milliers de goguettes organisées en fanfares bigophoniques dans toute la France. Et des milliers d'autres de par le monde, comme aux États-Unis, où il en existait notamment des centaines montées sur bicyclettes.

L'oubli du mouvement des goguettes à Paris rend difficile sa renaissance dans la capitale. Renaissance qui pourrait démarrer plus facilement ailleurs. Et ensuite gagner Paris, en venant par exemple de Pujols, où mon appel serait plus facilement entendu et suivi. En faisant goguette tout en nous amusant, nous faisons reculer un des plus grands fléaux de notre temps : le sentiment de solitude. Dont souffrent un grand nombre de gens de tous les âges, et toutes les conditions sociales, habitant aussi bien en ville qu'à la campagne. Nous pourrons également suggérer à des enfants de créer leurs goguettes. Qui les fera grandir, créer et s'amuser. Je suis prêt à apporter bénévolement mon aide à tous ceux qui souhaiteraient créer des goguettes. Pour vivre heureux, il nous faut beaucoup de jouets, et aussi beaucoup de goguettes. Je rêve qu'il y ait un jour des millions de goguettes dans le monde. Que la société soit réorganisée sur une base ludique, optimiste et festive. J'aimerais que mon appel soit historique en ce sens. Et contribue à ce changement. Mon amie Alexandra qui en 2010 à Asnières-sur-Seine avait créé une goguette, me disait : « avant de faire une chose, il faut commencer par la rêver. »

On doit insister sur le fait que la Maison du Jouet Rustique se veut une référence en ce qui concerne le Jouet rustique. Mais qu'elle n'en reste pas moins avant tout un lieu ludique et festif. Par les diverses animations dont elle sera le centre, par exemple : le lieu de rencontre de futures goguettes. Mes 22 ans de recherches – et combats pacifiques, – pour la renaissance du Carnaval de Paris vont aussi servir à l'épanouissement de la joie partagée à Pujols. C'est clair : jouons la synergie ! Si demain à Pujols, autour de la Maison du Jouet Rustique, naissent par exemple rien que quatre goguettes. Nous aurons ainsi au moins une soixantaine de fêtards organisés. Alors, la physionomie, l'atmosphère de la ville chantera. Et changera. Le dimanche après-midi, quelques goguettes vont se promener en ville... imaginez le tableau ! Quand il y a les touristes, c'est le succès assuré. Ça pourra même en faire venir en plus. En associer aussi. Qu'ils aillent essaimer après en rentrant chez eux. Organisent d'autres goguettes ailleurs. Et, en dehors de la saison, grâce aux goguettes, l'animation de Pujols continue toute l'année. Des goguettes pujolaises participent à toutes les fêtes et animations. Que ce soit pour un mariage, des fiançailles, un anniversaire, une naissance, un départ en retraite... ou le Carnaval. J'espère vous avoir montré en quoi et comment se rejoignent dans un même but : la Maison du Jouet Rustique de Pujols et le Carnaval de Paris. Je vous invite à prendre des initiatives. À créer des goguettes. Pour croquer la vie à pleines dents. Sans dépenser un sou. Librement vous amuser. Et que vivent la Joie et la Chanson. Je vous remercie pour votre attention. Et à présent ! Nous allons passer à la pratique ! Daniel Descomps va vous distribuer des mirlitons ! Qu'il a fabriqué pour vous ! Jouons ensemble et amusons-nous tous joyeusement !!!

lundi 27 juillet 2015

407 Deux erreurs dans un discours moraliste

Je lisais récemment le passage d'un discours moralisateur. Il y était dit que dans un certain nombre de cas l'homme et la femme devaient « vivre comme frère et sœur ». Prononcer de tels propos est doublement faux.

Tout d'abord parce que des centaines de millions de frères et sœurs ont des relations pas du tout « catholiques ». Qui vont jusqu'à l'accouplement et la vie conjugale. Mais de ceci, motus, il ne faut rien dire. C'est un des « secrets de Polichinelle » les mieux gardés dans notre société. Quelquefois tout le monde sait parfaitement bien qu'un frère et une sœur couchent ensemble, ou un père, une mère, avec son fils ou sa fille. Mais on fait comme si personne ne savait ni voyait ce qui se passe.

Personne n'a le droit d'en parler. Verriez-vous un député dire en public qu'il couche avec sa sœur ? J'ai connu un exemple. Un député qui vivait maritalement avec sa sœur. Tout l'entourage était au courant. Et la loi du silence régnait.

La règle est que personne ne doit dire ce qu'il sait. Moi-même ayant eu des pensées « coupables » envers ma sœur, durant bien des années j'en ai ressenti une culpabilité terrible. Personne ne devait savoir... C'est seulement arrivé presque à la quarantaine que j'ai « avoué » mon crime de jeunesse à une sympathique voisine. Apprenant ma peur que ça se sache, qu'un soignant en particulier l'apprenne, elle a éclaté de rire, me disant que c'était une affaire commune. C'est seulement alors que j'ai commencé à « décomplexer » et cessé de culpabiliser à mort.

Ensuite, l'autre raison qui fait que ce discours sur le vivre comme frère et sœur est faux, est qu'il implique qu'à côté des frères et sœurs qui ne baisent pas existent les maris et femmes, amants et amantes. Qui baisent, doivent baiser obligatoirement. Et ceci est une prétention parfaitement odieuse et stupide. Car personne ne doit faire l'amour. Ou bien on peut. On a envie de le faire. Et on le fait. Ou bien on ne le fait pas. Car les conditions rencontrées sont différentes. Et alors, quand bien-même serait-on proches, mariés et tutti quanti on ne met pas le chat dans la corbeille.

Prétendre qu'il existe des situations, des types de relations qui impliquent qu'on doive faire l'amour est une des pires erreurs que commet notre société. Elle ruine l'amour. Et ruine l'Humanité. Tant que cette prétention persistera, la mésentente entre les humains régnera.

La pudeur et l'obscénité sont l'avers et le revers d'une même médaille. La pudeur prétend qu'on ne doit pas faire l'amour, l'obscénité qu'on doit le faire. Alors qu'on ne doit pas avoir d'obligation. Quand j'ai eu 22 ans, vierge, on voulut et réussit à me faire faire la chose avec une demoiselle. Ce fut l'œuvre du médecin de famille et de ma famille. Et une des pires stupidités qu'on me convainquit de faire. On m'a ainsi fait passer sous les fourches caudines de l'amour, du sexe, obligatoire. Ce qui fait que quand peu de mois après, je croisais une jeune fille. Tout inclinait à ce que nous nous retrouvions en amour. Sauf que, traumatisé par mon aventure concocté par mon entourage, j'ai rejeté cette jeune fille. La vie est ainsi faite. Elle n'aime pas être bousculée par des plans bizarres et plein de très bonnes volontés très mal placées. Autre dommage majeur causé par mon déniaisage organisé, je tombais dans l'ornière de la pensée unique qui veut qu'il faille absolument trouver chaussure sexuelle à son pied : avoir sa partenaire attitrée sur abonnement. Que de centaines d'heures perdues, que de souffrances résultants ensuite de ma recherche fébrile et infructueuse de ma moitié d'orange qui n'existe pas ! J'ai mis quarante-et-un ans à me débarrasser de ce lourd parasitage et retrouver la liberté de penser et voir la réalité. Non, l'homme n'est pas une sex machine qui a tout le temps envie de « faire l'amour ». On le lui fait croire. Et avec cette croyance il dérange sa vie et celle des autres, en particulier des femmes. Il n'y a pas que « l'amour » dans la vie, il y a aussi la vie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 juillet 2015

406 Violence et progrès sans violences

Il n'y a rien de plus antipathique que la violence, quelle qu'elle soit : physique, morale, économique, financière, ou autre. Quand il y a violence, on s'interroge sur son origine. Et on trouve des raisons logiques à son apparition. Ainsi, la violence routière : « c'est parce que certains roulent en excès de vitesse, boivent de l'alcool, se droguent, et puis prennent le volant ». Pour l'origine de la violence commise entre individus, on trouvera des causes sociales. Ainsi, on expliquera que 90 % des criminels aux États-Unis sont issus des 1 % les plus défavorisés de la société. S'agissant de la violence sociale, on invoquera des oppositions de classes, d'intérêts... Tout ceci est bien beau. Mais n'explique pas quelle est la vraie cause de la violence. Car l'écrasante majorité de la violence, routière, criminelle, sociale, politique, est le fait d'humains de sexe masculin et pas féminin ! Ces soi-disant belles logiques sont à foutre à la poubelle. Elles en dissimulent une autre : la violence est genrée. Elle est masculine et d'origine sexuelle. Le reste n'est que prétexte ou fausses explications.

L'homme, à la différence de la femme, est avide de violence. Pour compenser son dérèglement sexuel qui l'amène à chercher à réaliser l'impossible domination jouissance permanente de la femme écrasée par lui. Éliminer la violence passe par l'élimination de son dérèglement. Celui-ci nécessite la prise de conscience de son égarement. Ce n'est pas un mince travail qu'il a à faire sur lui-même. Ce qui me choque quand on parle de « progrès », c'est qu'une fois de plus bien souvent on ramène la violence. Qui, cette fois-ci serait « positive » car elle amènerait le progrès... et la fin de la violence. En quelque sorte, il faudrait casser des œufs pour parvenir à une société sans omelettes.

Toutes choses a son avenir marqué par son passé, son point de départ. Ce qui implique que la paix ne peut être issue de la violence, la fraternité de la haine. Seule de la violence peut surgir une apparence de paix, une paix momentanée. Et de la haine un semblant de fraternité, un moment limité de fraternité, comme on le voit avec les projets politiques issus de la guerre, comme par exemple l'Europe dite « unie ». Elle fini par reproduire les tares contre lesquelles on prétendait la « construire ». Si, comme l'a dit Clausewitz « la guerre c'est la politique poursuivie par d'autres moyens », l'inverse est vrai également : « la politique c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens ». En témoigne bien le peuple grec martyrisé par les gouvernants d'Europe et les privilégiés grecs.

Ce qui me séduirait ce sont des progrès issus de la paix et l'amour et non de la violence et la haine « au service de nobles causes ». J'aime les vrais progrès. Auxquels j'appelle, comme la future pleine renaissance des goguettes. Qui sont des sociétés libres, bénévoles, indépendantes, gratuites, artistiques et fraternelles où on se retrouve pour boire, manger, chanter des chansons. Elles sont une juste réponse à notre portée au problème exacerbé de la solitude dans nos villes et nos campagnes.

Autre élément d'importance et d'avenir : chercher à en finir avec l'immémorial conflit entre l'homme et la femme. Fruit d'ignorance, incompréhension et prétentions abusives de l'homme sur la femme, ce conflit dure depuis des dizaines de milliers d'années. Et ruine la qualité de la vie humaine. Les hommes croient que la domination économique et l'abus sexuel est source de bonheur pour eux. L'abus sexuel étant éventuellement déguisé en « pression morale » qui n'est pas autre chose qu'une forme de violence parmi d'autres. L'homme doit s'introspecter et s'interroger sur ses désirs et besoins véritables et oublier ses prétendus désirs et besoins claironnés par la culture d'une société hyper-machiste. Où depuis des temps très anciens le sexe barbu domine l'autre et assure le malheur général. Au chapitre des pires fléaux de l'Histoire humaine figurent « les grands conquérants ». Connaissez-vous des « grandes conquérantes » ? Il n'y en a pas. De même que l'écrasante majorité des accidents graves sur la route et des crimes de sang sont le fait d'hommes et pas de femmes. C'est aux hommes qu'il appartient de changer en se corrigeant pour assurer un avenir à l'Humanité.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 juillet 2015

samedi 25 juillet 2015

405 Sexualité, pouvoir et partage

Quelle est l'origine du pouvoir ? Elle est sexuelle. Ou plus précisément elle trouve sa racine dans un désordre de la sexualité masculine. La culture dominante fait de l'érection et de quantité d'autres situations, le signe d'une prétendue urgence de réaliser l'acte sexuel. La pléthore d'actes sexuels qui en résulte crée la surpopulation et l'insatisfaction. Cette insatisfaction masculine se traduit par la recherche furieuse et désespérée d'une chose qui n'existe pas : la sexualité pléthorique et satisfaite. Ne la trouvant pas, l'humain de sexe masculin se rabat sur des fantasmes et compensations. En premier chef, la compensation consiste en un désir désespéré de « posséder ». Posséder l'autre : la femme ou le partenaire sexuel masculin dominé, posséder l'argent, la « propriété » de diverses choses, et enfin : le « pouvoir ».

Le pouvoir est un fantasme comme un autre. Qui peut y compris prendre une tournure sadique. Faire souffrir, mourir, ceux qu'on domine peut participer du plaisir du pouvoir.

Il arrive que des femmes recherchent également la jouissance du pouvoir, mais quelles femmes ! Ce sont souvent des sortes de caricatures d'hommes, des espèces de « femmes-hommes » comme par exemple : Marie Tudor, Catherine II de Russie ou Margaret Thatcher.

Témoignant de leur désordre sexuel, les hommes de pouvoir développent très fréquemment une sexualité transgressive, compulsive et frénétique. Gilles de Raies en est le plus fameux exemple. Il y en a d'autres au cours de l'Histoire, comme par exemple le roi Louis XV ou plus récents encore que nous ne nommerons pas.

Face aux conséquences nocives du pouvoir on voit évoquer diverses propositions : contre-pouvoir, pouvoir idéal, démocratie intégrale et permanente. Elles tendent toutes à admettre le pouvoir, mais modifié, amélioré, nettoyé de ses défauts. L'incapacité des humains à régler le problème du pouvoir tient à ce qu'à tous les niveaux de la société la masse des humains de sexe masculin est avide de pouvoir elle aussi. Car elle connait le même désordre sexuel que ses dirigeants.

Une solution peut-elle être trouvée aux problèmes posés par les conséquences horribles et néfastes du pouvoir ?

Ouvrir un débat à ce sujet paraît la première étape sur le chemin pour trouver des solutions, si elles existent. Le contraire du pouvoir c'est le partage. Quelques exemples me reviennent à ce propos. En plein mouvement social massif de grèves et manifestations en mai et juin 1968, des groupes de centaines de personnes se rassemblaient spontanément tous les jours sur les trottoirs de la place Denfert-Rochereau à Paris et passaient des heures à discuter. J'avais dix-sept ans, suis passé par là et les ai vu. À ma connaissance aucun livre ou article paru n'en a parlé. Ces groupes étaient composés d'hommes d'un certain âge. Maria de Medeiros racontait l'anecdote suivante lors d'une conférence projection débat à l'École normale supérieure à Paris : en 1974, au moment de la Révolution des œillets au Portugal régnait une atmosphère de partage extraordinaire. Elle l'a illustré avec l'anecdote suivante : un soldat dans la tourelle de son char reçoit sur la tête quelque chose. C'est un poulet rôti.

Un autre exemple de partage, ce sont les goguettes, sociétés festives et chantantes qui prospéraient jadis en France. Leur but était le partage d'un moment de plaisir. Il y en avait des dizaines de milliers dont des centaines à Paris. Tant qu'elles sont restés petites, elles se sont bien portés. Quand elles ont commencé à grandir, dépassant le nombre de 19 adhérents, les problèmes sont arrivés. Car avec le nombre arrive la maladie du pouvoir. Avec ceux qui veulent commander, profiter, et ceux qui veulent céder et obéir. Contre le pouvoir il faut renouer avec l'amour et le partage véritable.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 juillet 2015

jeudi 23 juillet 2015

404 À propos de la souffrance des femmes

Un enfant de deux, trois, quatre ans qui apprécie un homme se jette dans ses bras pour l'embrasser. Plus tard, à partir de l'âge de treize ans, il devient hasardeux et risqué pour une fille de se jeter dans les bras d'un homme adulte. Car ce mouvement de tendresse est aussitôt assimilé à une « avance sexuelle ». Notre société condamne la tendresse en lui attachant au pied la chaîne et le boulet de la recherche obligatoire de l'acte sexuel qui lui serait soi-disant toujours lié. Arrivé à l'âge de treize ans, les jeunes filles sont plus proches des chiens, chats ou lapins d'appartement. Qu'elles peuvent caresser librement, que des hommes. Ce barrage s'étendant jusqu'au sein-même des familles.

J'ai vu de mes yeux une jeune fille de treize ans faire un câlin à son papa. Elle s'est assise sur ses genoux. Et le pauvre paraissait apeuré, désemparé et paralysé. N'osant pas la toucher, refermer les bras sur sa fille. Visiblement, pour lui, un tel comportement était nécessairement incestueux.

Une amie m'expliquait que, comme elle continuait à s'asseoir sur les genoux de son père alors qu'elle avait déjà treize ans, elle entendit un jour par hasard sa mère engueuler son père. Elle lui disait qu'à présent que sa fille était devenue une jeune fille il devait cesser de l'accepter sur ses genoux !

Toujours ici la même abusive confusion : câlins égal forcément baise. Même quand les personnes concernées ne pensent pas au cul.

Cette situation délirante conduit généralement les femmes à éviter les câlins, caresses, bisous des hommes. Et les hommes souvent à avoir peur d'en faire ou essayer d'en faire aux femmes.

Les femmes aiment les câlins des hommes, mais, pour ne pas se sentir harcelées, elles sont amené à les éviter ou repousser le plus souvent.

Cette situation crée une souffrance des femmes carencées en câlins. Car la peau des femmes appelle les caresses et bisous des hommes.

Pour remédier un peu à cette carence, j'ai pu observer que certaines femmes profitent à Paris de la cohue du métro aux heures de pointe pour procéder à la prise d'échantillons gratuits de câlins.

On entend fréquemment parler des hommes qui « collent » aux femmes ou leur mettent la main en divers endroits de leur anatomie aux heures de pointe du métro parisien. Il est bien moins souvent fait état du comportement symétrique féminin correspondant.

Pas plus tard que tout à l'heure j'en ai eu une démonstration dans le métro. Une jeune femme avec de très gros seins monte dans la rame bondée où je me trouve. Elle se place pas loin de moi et attrape la barre pour se tenir où je me tiens déjà. Je ne la vois pas, car elle est plus ou moins derrière moi. Je sens alors qu'elle appuie le côté d'un de ses seins contre mon coude gauche. Je ne fais rien comme mouvement. Elle continue. Par moments elle se déplace pour frotter la pointe de son sein contre mon coude. Elle le fait « en toute innocence » bien sûr et tout à fait par hasard... J'apprécie ce contact autant que je peux sans faire quoi que ce soit pour. Ce manège de la jeune femme dure un certain nombre de stations. Puis, quand nombre de gens descende, elle s'éloigne. Personne n'a semble-t-il remarqué quelque chose. Sauf une jeune fille au décolleté sexy, debout devant moi, qui a tout vu. Et me jette un regard furibond. Je n'ai pourtant rien fait de reprochable. Une jeune femme inconnue a cherché à profiter de la cohue pour se caresser le sein sur mon coude. Et je ne lui ai pas refusé ce plaisir furtif.

On m'a sollicité des échantillons de câlins gratuits. J'ai laissé les prendre. Comme je comprends la jeune femme aux très gros seins qui s'est servi ainsi. Si elle accepte ouvertement des caresses sur les seins ou en sollicite, les imbéciles qu'elle rencontrera à cette occasion vont vouloir lui imposer à la clé leur « prestation » sexuelle. Et celle-ci non seulement mal venue car imposée, sera le plus souvent sommaire et misérable. Cette prestation prétendra résumer la surface de la peau à caresser de cette femme à vingt centimètres carrés alors qu'elle mesure deux mètres carrés !

Une amie me racontait un jour la décevante prestation sexuelle d'un amant. La première fois qu'elle et lui se sont rapprochés, ce fut comme une révélation et un élan naturel : bisou sur la bouche, câlins, tendresse et baise. Mais, la suivante fois, voilà que l'amant arrivant chez elle s'empresse de lui présenter sa queue en érection. Lui prend la tête avec les mains. Et lui fait faire une pipe. Ni bisous, ni tendresse, ni rien de tout ça. Juste Monsieur qui voulait utiliser la bouche de sa copine. Après ce comportement minable elle n'a plus voulu le revoir et a eu raison.

Autre comportement nul d'un homme : celui-ci, jeune, retrouve au lit une jeune femme. Il la pénètre avec son pénis, remue dedans, éjacule. Puis se lève. Va prendre une douche. Met un slip, un short et un tee shirt. Et va s'asseoir devant son ordinateur pour regarder des conneries. Il ne manquait que quelques billets de 20 euros à sortir pour avoir l'apparence effective d'une passe avec une pute ! La jeune femme n'a pas voulu recommencer ce genre de rapports « amoureux ». Elle a eu raison.

Et vous savez quoi ? Le plus beau est que ce jeune homme au comportement sommaire et peu câlin était justement le fils de la dame dont je parlais juste avant de parler de lui. Ce jeune homme a témoigné de la plus grande nullité tactile jointe à l'obsession du trou et de sa petite jouissance en lieu et place d'une relation véritable. Mais quelle relation véritable envisager quand l'égoïsme masculin règne ?

Tant que les hommes dans leur grande masse ne rectifieront pas leur comportement sommaire et inepte avec les femmes, celles-ci seront amenées le plus souvent à leur refuser tous contacts physiques. Dont pourtant elles raffolent. Mais que les hommes le plus souvent sont incapables de leur donner. Car ils ne pensent qu'à leur queue. Et s'obstinent à ignorer la tendresse ravalée au rang de « préliminaires » à leur jouissance à eux.

Une revue française rapportait très récemment qu'une statistique indiquait qu'une majorité de femmes en France préfèrent un bon repas pris au restaurant à « une nuit d'amour » (lisez : un plan cul). Vue la très fréquente nullité masculine au lit, il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner. Dans notre société, le plus souvent la relation faite de câlins est complètement sinistrée. J'ai connu une jeune femme dont aucun des nombreux amants ne s'était avisé à lui caresser les seins. Qu'elle avait très sensibles. Une autre qui n'avait jamais reçu de la part de ses amants de caresses sur son dos. Tous les hommes que ces deux femmes avaient connu ne pensaient qu'au trou. L'un d'entre eux avait même expliqué un jour que s'il bandait et ne faisait pas ensuite l'amour il ressentait de terribles souffrances. Avec un tel argument il était parvenu à convaincre sa partenaire de « passer à la casserole » pour l'aider à ne plus souffrir ! Que de ruses, de mensonges et d'efforts pour parvenir à cette petite chose qu'on appelle, bien souvent par antiphrase : « l'acte d'amour ». Que de tristes gesticulations préférées au fait d'ouvrir les yeux, se remettre en question. Avoir enfin l'ambition d'un rapport harmonieux et complémentaire avec la femme.

Il serait temps que l'homme comprenne que la femme existe pour elle-même et pas pour lui. Qu'elle rit, pense, pleure, aime et vit pleinement comme un être humain et pas comme un objet complémentaire de l'homme. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir besoin de l'homme et réciproquement. Mais les hommes, bien souvent ne savent pas répondre au désir des femmes de les voir assumer leur tendresse. Ils ne savent ni en donner, ni en recevoir. Il faudra bien un jour qu'ils changent. Et acceptent pleinement d'être des hommes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juillet 2015