jeudi 1 septembre 2016

637 La situation inextricable de la relation homme femme

Le trouble masturbationnel chez l'homme, qui consiste à pratiquer régulièrement la masturbation dès l'âge de 12-13-14 ans, détraque son appétit sexuel. Il va solliciter en permanence la femme pour la baiser. Celle-ci plus authentique, moins dégradée par sa culture que l'homme, se retrouve en opposition avec lui.

Ce conflit a laissé sa marque dans notre culture. S'agissant d'avances sexuelles il est classique de dire : « l'homme propose, la femme dispose ». Il serait plus juste de dire que le plus souvent l'homme harcèle, agresse, et la femme fuit.

Toujours sous l'influence de l'état détraqué de la société humaine du fait de l'endorphinomanie masturbationnelle masculine, il est classique de dire qu'en amour l'homme « a l'initiative ».

Il est également courant de voir des femmes attirées sexuellement par un homme agir avec des ruses de Sioux pour faire croire à l'homme que c'est lui qui a l'initiative. Elles ont d'autant plus raison que habitués à se croire les seuls à décider, la plupart des hommes rejettent les femmes trop ouvertement sexuellement entreprenantes.

De leur côté, le rôle des femmes sera difficile à tenir. Déjà si une femme veut simplement des bisous, des câlins, des embrassades sans « passer à la casserole », il lui sera autant dire impossible d'exprimer et imposer ses désirs.

Si elle cherche à plaire, la femme craindra aussi de se faire emmerder voire carrément agresser. La solution consistant à ne pas plaire pour être tranquille sera courante. Combien de femmes s'habillent aujourd'hui à Paris le moins fémininement possible pour avoir la paix ?

De ce point de vue la vision de films français des années 1960, par exemple ceux de Jacques Tati, est fort instructive. Les tenues féminines sont souvent beaucoup plus jolies qu'aujourd'hui. L'évolution des mœurs, le harcèlement subit en permanence a convaincu nombre de femmes de s'habiller « baggy », c'est-à-dire « sac » en anglais. D'éviter de porter des robes et se mettre en jeans.

Le jean est le voile occidental des jambes des femmes parisiennes.

Une conséquence de la situation conflictuelle homme femme ce sera les conflits entre hommes et entre femmes causés par le manque d'amour. Privées de l'amour dont elles ont tant besoin quantité de femmes en viennent à se disputer avec d'autres femmes. Le même phénomène réciproque existe chez les hommes.

Rendus malheureux par la situation de l'amour, ne comprenant pas le pourquoi et le comment de la situation, des hommes, des femmes, recherchent au plus près les responsables de cette très douloureuse situation.

Elle est d'autant plus difficile à comprendre et analyser qu'elle comprend le problème d'une toxicomanie endorphinique chez l'homme. Avec tous les troubles qu'une toxicomanie peut entrainer et qui dépassent la logique, l'intelligence et l'intérêt bien compris.

Certains hommes, à force de rejeter sur la femme la responsabilité d'une situation invivable dont ils sont les premiers responsables, vont jusqu'à l'assassinat de leur compagne. Les « crimes passionnels » sont l'expression criminelle du trouble général des relations homme femme.

Basile, philosophe naïf, Paris le 1er septembre 2016

mercredi 31 août 2016

636 Il faut que la poésie franchisse le rempart du langage

Le langage n'est pas neutre. Produit de la société où nous vivons il reflète ses clivages, limites, lois, habitudes et interdits. Il est particulièrement traître en amour. Prenons plusieurs expressions : embrasser, coucher avec, dormir avec, baiser, déclaration d'amour, faire l'amour et je vous aime.

Embrasser signifie à l'origine prendre dans ses bras, serrer dans ses bras. Aujourd'hui ça signifie faire un bisou. Comment dire alors ce geste essentiel de l'affection ? Faire un câlin. Mais, attention ! « Faire un câlin » peut aussi signifier baiser !

Quoi de plus agréable et chaleureux que partager son lit avec quelqu'un et dormir l'un contre l'autre. Mais « coucher avec » signifie encore une fois baiser ! Et « dormir avec » pareil !

Baiser signifie à l'origine donner un baiser. Las ! Une fois de plus, baiser a pris le sens de pratiquer l'acte sexuel !

Déclarer son amour pour quelqu'un, quoi de plus beau ? Mais, attention ! Si je fais une « déclaration d'amour » aujourd'hui, ça signifie... on baise ?

Faire l'amour signifiait jadis et fort justement « faire la cour ». Aujourd'hui ça signifie baiser.

« Je vous aime » était jadis une formule d'un usage très libre. On pouvait le dire ou l'écrire pour exprimer simplement son affection. Aujourd'hui, si je dis « je t'aime » à quelqu'un, ça veut dire : « on baise ? »

Le langage au lieu de servir ici à la communication forme un rempart entre les êtres. On dirait que le seul échange possible en amour, le seul but à atteindre est le coït. À lire divers sites Internet on trouve la confirmation de cette manière réductrice et idiote de considérer l'amour. Soit disant la baise, le cul serait la base, le ciment, la confirmation, la garantie de l'amour.

Comment faire alors pour s'extraire de ce discours imbécile et hyper-sexualisé ? Je veux être en droit d'aimer d'amour quelqu'un sans chercher à baiser avec. Coucher avec une fille pour mettre nos sommeils en commun et non pour saillir. Déclarer mon amour sans pour autant chercher à mettre ma main dans le slip de l'autre. Nous disposons aujourd'hui d'une langue de barbare et d'obsédé, de drogués du sexe et contempteurs de la pornographie. Comment réussir alors à communiquer ?

D'abord en rejetant et remettant en question la langue actuelle, par la poésie, la critique et l'échange. Hier, j'offrais un poème à une jolie fille. Elle m'a demandé, inquiète : « est-ce que c'est une déclaration d'amour ? » Je l'ai rassuré. « Parce que ça aurait pu l'être » m'a-t-elle fait remarquer.

J'avais exalté son sourire en une page d'écriture. Quel monde où nous ne pouvons pas dire du bien du sourire d'une jolie fille sans qu'elle s'inquiète si c'est l'expression de la volonté de lui arracher son slip ! Notre société nage ici dans le grossier et le ridicule.

Il faut parvenir à se réapproprier le langage. Le débarrasser de cette masse d'ultimatismes sémantiques imbéciles, qui tendent à résumer la relation homme femme au coït. Je sais, c'est ainsi que de très nombreux crétins se la représentent, moi pas. L'amour n'exclue pas le coït s'il est sincère et authentique, mais ne l'impose pas non plus. J'ai envie d'aimer d'un amour libéré de toutes ces contingences ânesques et ridicules, qui le réduisent à un sport en chambre. Il faut que la poésie triomphe de la barbarie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 31 août 2016

mardi 30 août 2016

635 Pourquoi les femmes n'ont pas « le pouvoir »

Une grande dame de jadis, Louise Michel disait que « le pouvoir » corromps ceux qui l'exercent. Elle avait raison. Mais qu'est-ce que « le pouvoir » ? Pourquoi est-il recherché et par qui ? Pourquoi est-il conçu ?

Tous les hommes qui cherchent le pouvoir ont la même motivation : la masturbation

Pratiquant régulièrement la masturbation à partir de l'âge de douze-treize-quatorze ans, les garçons détraquent avec elle leur appétit sexuel. Ils ont tout le temps envie de baiser, ce qui ne corresponds pas au fonctionnement sensuel féminin. Il en résulte une frustration masculine avec une volonté furieuse, irréelle et illusoire de « posséder » l'autre, qui se dérobe et ne peut guère faire autrement. Ce désir de possession est un fantasme. Un humain ne peut pas « posséder » un autre humain. Alors il cherche par substitution quelque chose d'autre, et « le pouvoir » fait son apparition. L'homme de pouvoir s'affaiblit avec et a l'illusion que ce « pouvoir » le rend au contraire plus fort. Ce pouvoir illusoire peut se doubler d'un pouvoir prostitutionnel ou violeur bien réel. Les « grands de ce monde » sont connus pour leur boulimie de rencontres sexuelles.

Un ami me disait hier : « oui, mais la femme se masturbe aussi. » Sous-entendu : elle devrait donc connaître dans ce cas un fonctionnement similaire à celui de l'homme. C'est là que pour comprendre bien la différence homme femme il faut réviser et passer au feu de la critique certaines notions « classiques » et généralement admises. Définir les notions et les mots pour les rapprocher au mieux du processus vivant est essentiel pour parvenir à comprendre et analyser la réalité.

Tout d'abord l'orgasme n'existe pas. J'entends par là qu'il n'existe pas un phénomène similaire nommé « orgasme » qui se rencontrerait de façon en quelque sorte équivalente chez l'homme et la femme. Le prétendre est une ânerie. Les jouissances corporelles féminine ou masculine sont deux phénomènes rigoureusement différents et même indépendants. Ce qui entraine également que parler de « masturbation » comme si ce phénomène serait commun à l'homme et à la femme est aussi une prétention stupide et dépourvue d'objectivité. Car nous observons là deux phénomènes complètement différents chez l'homme et la femme.

Quand l'homme recherche la jouissance corporelle par sa caresse, il frotte son pénis en simulant l'acte sexuel et recherche l'éjaculation. Celle-ci survient comme un flash de drogue, quand elle survient et qu'elle est jouissive. Ce qu'elle peut ne pas être ou être de manière y compris très limitée.

La femme qui recherche la jouissance corporelle par sa caresse dispose de son clitoris, à moins que des barbares ne le lui ait ôté celui-ci. Cet organe exclusivement féminin n'a aucun équivalent masculin. Seuls des gros cons phallocentriques l'ont prétendu représenter un « petit pénis ». Ces gros cons étant généralement fiers d'en avoir un gros. Laissons ces gros cons à leurs discours. Revenons à l'étude de la réalité. Le clitoris est un organe jouissif et sensible à la caresse totalement indépendant de l'acte sexuel. Sa stimulation manuelle, linguale ou buccale peut se faire de pair avec celle des seins. Ceux-ci dédiés à la lactation sont reliés psychologiquement au phénomène de l'allaitement des enfants.

La caresse de son clitoris peut amener une femme jusqu'à dix « montées » successives et plus de son plaisir amenant une satisfaction à chaque fois. Elle peut apprécier qu'un amant lui lèche et suce le clitoris sans éprouver pour autant quelque envie que ce soit de recevoir son pénis dans le vagin.

Ce dernier existe aussi et la femme peut parfois avoir envie et plaisir de copuler avec un homme. Elle peut aussi ne pas en avoir envie ou rarement et être parfaitement équilibrée et épanouie. Les discours phallocentriques et à la mode ne l'admettent bien sûr pas du tout. Mais pourquoi si richement dotée sensuellement avec ses seins et son clitoris une femme aurait forcément envie de « baiser à couilles rabattues » ? C'est là le fantasme de l'homme à l'appétit sexuel dévorant et détraqué par sa pratique masturbatoire quotidienne!

Certaines femmes souhaitant devenir mère trouvent l'acte sexuel intéressant. Quand elles ont accouchée de leur dernier enfant programmé, aujourd'hui souvent le deuxième, il arrive qu'elles n'ont plus du tout envie de recevoir en elle le zizi masculin. Parfois néanmoins elles vont par pitié consentir à écarter les jambes. Comme me le racontait un ami que j'ai depuis perdu de vue. « Ma femme me traite comme un petit garçon. Tu veux vraiment baiser encore ? Tiens, voilà mon vagin, tu peux jouer avec ! »

Certes, il existe des femmes dont quantité d'hommes rêvent, qui ont de gros besoins de pénétration vaginale. J'en ai connu une, quelle ennui ! Aucune sensualité, allons-y, rentres-moi dedans ! Quel soulagement quand elle est partie voir ailleurs et continuer ailleurs ses cabrioles !

Certains cherchent à s'alimenter. D'autres font des concours alimentaires par exemple du plus gros mangeur de choucroute. Cette femme pouvait concourir au titre de la plus grosse consommatrice de zizis. Ce qui ne présente aucun intérêt pour moi.

La femme vivant sa jouissance à la caresse tout à fait différemment de l'homme n'est pas perpétuellement en quête du pouvoir pour compenser un homme qui se déroberait. Elle le fuit plutôt et en permanence, et a peur du harcèlement.

Les statistiques et l’Histoire le démontrent de façon éclatante : la femme est infiniment moins portée sur la violence directe que l'homme. Que ce soit dans les statistiques criminelles ou dans celles des accidents graves de la route, les hommes responsables sont en écrasante majorité. Le pouvoir est une forme de violence. Une minorité voire un seul décide du sort de nombreux autres sans tenir compte de leur avis et même de leur intérêt. Si les femmes n'aiment pas la violence, c'est une raison de plus qui va les détourner du pouvoir.

La satisfaction optimale de chacun se trouve dans l'amour. La relation mère enfant représente l'amour le plus pur et authentique qui existe. C'est un sentiment très fort qui peut aussi détourner la femme du pouvoir.

Enfin, dernière raison souvent invoquée pour expliquer pourquoi les femmes sont souvent loin du pouvoir : l'hostilité des hommes de pouvoir et des hommes en général. Une femme qui veut se lancer dans la politique, par exemple, doit compter sur les nombreux croches pieds notamment de ses « amis » politiques. Les carrières politiques féminines interrompues précocement abondent. Les plaintes émanant de femmes politiques contre le caractère machiste et fermé de leur milieu sont fréquentes. En général dans n'importe quel domaine se rencontre l'hostilité aux femmes parce qu'elles sont des femmes. Cette hostilité émanant des hommes, bien sûr, pas heureusement tous les hommes, mais énormément d'entre eux. Dans le domaine entrepreneurial existe le très fameux « plafond de verre » qui bloque l'accès aux postes de responsabilités les plus élevés.

Mais, comme passé en revue ici, ce n'est pas uniquement et simplement le machisme qui prive les femmes du pouvoir. Pouvoir dont la solution serait plus l'abolition pour tous que le partage à parité. Ce qui est un autre débat. Il soulève la question de la responsabilité individuelle de chacun, en particulier des hommes. Pour renoncer à la recherche du pouvoir, et aux pratiques qui conduisent à la soif de celui-ci : consommation pornographique et masturbation réalisée à la main ou dans divers orifices anatomiques.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 août 2016

lundi 29 août 2016

634 Mensonges officiels sur l'amour

À lire les spécialistes auto-proclamés de « l'amour », plus on fait l'amour, plus on obtient du plaisir. On oublie simplement de préciser de quelle activité parle-t-on. Ou plutôt, on définit par avance que « faire l'amour » c'est amener le zizi du monsieur dans la zezette de la dame. Et, en l'y remuant, amener le comble du bonheur chez l'un et l'autre. Sinon, il faut aller consulter et enrichir le psy et le zezettologue.

Vous aimez les gâteaux ? Bon, alors, vous devez en manger quinze par jour. Et plus vous en mangerez, plus vous les apprécierez. Vous aimer votre copine ? Alors, baisez-là quinze fois par jour. Plus vous la baiserez, plus elle appréciera et vous également.

Bien évidemment non, et si vous monsieur avez tout le temps envie de baiser madame, c'est parce que depuis l'âge de douze-treize-quatorze ans vous vous êtes branlé régulièrement et des milliers de fois. Vous avez un appétit sexuel détraqué. Et madame n'ose pas vous le dire, par crainte de vous vexer. Observez-là. Le soir, elle trouve toutes sortes de corvées domestiques supplémentaires accumulées pour aller au lit le plus tard possible. Histoire de ne pas devoir « passer à la casserole ». Et puis aussi, la fatigue aidant elle plonge dans le sommeil très vite, et gare à vous monsieur si vous vous avisez de la déranger ! La bonne entente et l'harmonie règne...

Monsieur, vous voulez baiser quand-même ? Alors des fois madame a pitié de vous, et condescendante, consent à écarter les cuisses pour laisser passer votre zizi. Puis bien sagement et passivement attend que ça se passe. Autant baiser un tronc d'arbre. C'est fini ? On peut dormir ?

Cependant, les enfants grandissent et dès l'âge de huit ou dix ans vont sur Internet regarder des vidéos et photos pornographiques. Le porno fait leur éducation sexuelle. C'est très malheureux, car ça ne va pas arranger leur vie. Il serait urgent que vous parliez de cul à vos enfants et que ce ne soit pas seulement les sites pornos qui les informent.

Par exemple, dire qu'on peut coucher avec une femme sans faire l'amour et en être tout à fait heureux. Mais vous n'y arrivez pas, justement. Arrêtez donc de vous branler ! Renoncez donc à cette addiction !

Et aussi, on peut faire des câlins très « chauds » dans des zones sensibles de la femme ou de l'homme sans forcément mettre son zizi dans la zezette. Et être tout à fait heureux. Laissez donc le concept ultimatiste et inepte des « préliminaires » aux imbéciles. Rappelez-vous : on ne baise pas quinze fois par jours, et même si on ne baise pas une fois tous les quinze jours, où est le problème ? Ce n'est pas une compétition, la recherche du « bonheur » obligatoire dont il est question ici. Il s'agit de la vie, toute simple, toute bonne et tranquille. Pas du marathon du sexe. Laissez ce genre de fantasmes aux imbéciles.

Et en fait de fantasmes, abandonnez donc la pornographie. Elle alimente la masturbation qui détraque votre appétit sexuel. Contribue à ce que vous, monsieur, avez tout le temps envie de baiser et emmerdez madame. Laissez la masturbation et la pornographie aux gros bœufs qui baisent en pensées et gagnent des cales aux mains à force de se branler.

L'essentiel est d'être en accord avec soi-même et ses proches et amis. Pas avec les discours délirants et professoraux des magazines et sites Internet, qui font l'apologie furieuse de la gymnastique en chambre et oublient l'amour. Pour n'en parler guère que dans la rubrique : « origine possible des dysfonctionnements sexuels. »

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 août 2016

dimanche 28 août 2016

633 Libérer l'amour des chaînes de la « sexualité obligatoire »

Il faut libérer l'amour des chaînes de la « sexualité obligatoire ». Ce qui ne signifie pas se libérer de la « sexualité » au sens large du terme. On ne voit pas comment ce serait possible. Mais se débarrasser de la prétention à imposer l'association de la recherche de l'acte sexuel à tous les sentiments d'amour.

La perversion des mots a fait que l'expression « amour libre » est devenu synonyme d'obligation de baiser. Plus précisément obligation pour les femmes d'accepter de satisfaire les appétits sexuels des hommes. Accepter de subir l'acte sexuel quand elles n'en ont pas envie.

Il y a bien des années, une dame m'a lâché sans raison durant une conversation sur un autre sujet qu'elle était adepte de « l'amour libre ». Je n'ai pas relevé. Elle voulait dire en fait avec ces mots qu'elle me trouvait à son goût pour tâter de ma queue. Depuis, elle m'en veut.

Durant la période baptisée « révolution sexuelle », des étudiantes d'une université américaine qui en avaient marre en suivant la mode de servir de vide-couilles à tous les obsédés de leur établissement, organisèrent une riposte. S'étant concertées, elles rédigèrent et diffusèrent un tract où elles comparaient le niveau des « prestations » sexuelles des divers coqs locaux. Ce tract fit un effet épouvantable à tous les adeptes présents de la soi-disant « liberté sexuelle » et disparu très vite. L'anecdote m'a été racontée par une étudiante iranienne de Paris au début des années 1970. Je n'ai pas pensé à lui demander le nom de l'université américaine concernée.

A la même époque, cette même étudiante se plaignait que dans les codes en usage dans les facultés parisiennes le fait pour un étudiant de dire à une étudiante « tu viens prendre un café ? » signifiait tout simplement : « tu viens baiser avec moi ? »

Durant ces années-là, dans certains milieux intellectuels ça baisait dans tous les coins. Les hommes adeptes de la tendance du moment avaient l'impression que la société se muait en un immense bordel gratuit. Ça dura un temps. Ensuite, dès l'arrivée du SIDA, quantité de jeunes filles s'appuyèrent sur la peur de la contagion pour envoyer bouler les dragueurs qui les sollicitaient. L'un d'eux, déçu et étonné, s'exclamait devant moi : « on dirait qu'elles en ont toutes peur ! »

Le temps a passé. Le discours s'est institutionnalisé. Le sexe est devenu un produit à consommer comme un autre. Il n'est pas question d'amour dans les magazines et les sites Internet. Il est question de « couples ». Un « couple » se caractérise par le fait que ses deux composantes baisent et doivent baiser régulièrement ensemble. Si l'une des deux composantes ou les deux n'en ont pas envie, il y a « panne de désir ». Ce propos inepte fait de la faim sexuelle une faim institutionnelle. Vous devez la ressentir. Sinon vous devez consulter un psy.

Cette manière de voir la vie signifie que l'amour est forcément associé à la recherche de l'acte sexuel. C'est un non sens absolu. L'amour est indépendant du coït.

Affirmer cette vérité c'est aller à l'encontre d'innombrables écrits, livres, articles, discours, sites Internet et émissions de radio ou de télévision qui font du sexe un sport national. Mais au fond, mettre mal à l'aise les adeptes de la bêtise et du mensonge, si nombreux soient-ils, n'est pas un problème. Le grand débat sur l'amour et la sexualité n'a jamais été vraiment ouvert. Les hommes se sont beaucoup écouté parler. Les femmes se sont beaucoup tues. Il est très largement temps que cette situation change radicalement. Que les hommes acceptent d'entendre des vérités si désagréables soient-elles pour eux. Qu'on commence à sortir enfin de ce bourbier.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 août 2016

632 L'origine de « la propriété » et les problèmes qui lui sont liés

Je lisais un jour un article historique dans un journal. Il parlait d'une cité antique jadis prospère et aujourd'hui abandonnée où le sable du désert s'était accumulé dans les maisons vides jusqu'à une hauteur de cinquante centimètres. Et pensais : voilà des maisons dont les habitants furent de jaloux propriétaires. Se sentant chez eux et attachés à leurs murs. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on y trouve ? Réponse : du sable. Qu'est-ce donc alors que « la propriété » ?

« La propriété » est un sentiment, celui de « posséder » quelque chose. Qu'est-ce donc que le sentiment de « posséder » et d'où vient-il ? Il est masculin et d'origine sexuelle : au moment du coït on « prend », on « possède » sa partenaire. Mais, en fait on ne prend et possède rien du tout. C'est juste une illusion. L'autre existe indépendamment de vous. Pourquoi souhaiter alors en imagination « le posséder » ?

Parce qu'on craint qu'il vous échappe. Mais que signifie « s'échapper » ? C'est ne pas ou plus satisfaire sexuellement l'autre. Que signifie « satisfaire sexuellement » l'autre, c'est-à-dire le garçon, l'homme ?

Il prétend baiser en permanence. Or, la femme, la jeune fille ne fonctionne pas comme ça.

Pourquoi alors cette prétention ? Parce que l'appétit sexuel des hommes est dérangé par la pratique régulière de la masturbation à partir de l'âge de 12-13-14 ans. Qu'est-ce qui motive cette pratique ? Une sensation de manque affectif, initié par le sevrage tactile. La faim de câlins qu'il entraine causant aussi toutes sortes de jalousies et hostilités variées au sein du milieu familial.

Quelle est la cause du sevrage tactile ? Très probablement le travail des enfants, productif ou aujourd'hui chez nous surtout scolaire, qui est incompatible avec la libre profusion de câlins.

L'origine de la propriété serait donc le travail. Changer le travail changerait la propriété.

Il y a peu de mois, l'organisation Oxfam France a révélé que 62 milliardaires possédaient à eux seuls autant que la moitié la plus pauvre de l'Humanité, soit six milliards d'humains.

La propriété est devenue une maladie grave de l'Humanité. Elle amène d'un côté une poignée de personnes à posséder trop de richesses et de l'autre une masse de gens à connaître la misère.

Et tout ça du fait des problèmes psychologiques traversant la population mondiale.

A la base de la société humaine se trouve l'homme. Il est malade. Peut-il être soigné voire guéri ? C'est une question essentielle.

La première étape de la cure, si elle est possible, est la pose précise du diagnostic.

Ce n'est pas la lutte pour la vie, ou la lutte des classes ou la lutte des civilisations qui est à la base des troubles de l'Histoire, mais la lutte des humains contre eux-mêmes, et singulièrement des hommes contre les femmes. Femmes qui connaissent en général une approche différente des hommes de la richesse, de la propriété et du pouvoir.

Pour initier le changement, les hommes doivent commencer par se changer eux-mêmes, en abandonnant les exigences et pratiques sexuelles qui troublent leurs relations avec les femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 août 2016

631 Divagation de la morale et pauvreté du langage

Tous les humains à leur naissance sortent du ventre d'une femme en passant par son sexe pour arriver au monde. Ce lieu est donc unique et admirable. Mais qu'en ont fait les hommes ? Un objet de jouissance honteux et « indécent », c'est-à-dire à cacher. La loi au Québec comprend par exemple parmi les délits possible : « exposition des parties génitales ». Dans les clubs naturistes une loi non écrite invite les femmes à éviter de laisser voir leur entrecuisses. Loi qui est même étendue aux enfants. Comme me le racontait avec indignation un naturiste qui avait vu une fillette de quatre ans se faire engueuler par sa mère pour avoir écarté les jambes en présence d'un petit garçon.

Chez les adultes, le sexe serait à dissimuler car son exposition impliquerait une sorte de « sexualité passive ». Sa seule vue possible impliquerait une incitation publique à pratiquer l'acte sexuel, acte intime et donc à dérober à la vue des autres. Il faudrait cacher les organes génitaux jusque y compris même aux pratiquants de l'acte sexuel. Selon certains codes de morale en usage notamment en France il n'y a pas si longtemps, le coït devait être pratiqué furtivement et dans l'obscurité complète.

Cette manière de considérer le sexe visible comme une invite à « faire sexe » règne toujours bel et bien. D'autant plus que la misère tactile régnante fait que les mots manquent pour exprimer et même penser le besoin de câlins n'impliquant pas l'acte sexuel. Quelques exemples vécus me viennent à l'esprit. Un jour, une amie chez laquelle je suis en visite m'invite à prendre une douche et implicitement ne pas me rhabiller ensuite. A la sortie de sa salle de bain, je la retrouve nue et souriante qui me dit : « j'avais envie de toi mais ne savais pas comment le dire. » On s'est fait des câlins, sans aller jusqu'au coït. Puis elle s'est défilée par la suite, évitant de me voir pendant un certain temps. Motif ? Je ne l'ai compris qu'à présent, soit des dizaines d'années plus tard. Pour moi, à l'époque, imprégné par la morale régnante, il paraissait évident que nous irions nécessairement par la suite jusqu'au coït. Idée arbitraire et artificielle assimilant la possibilité « technique » de l'acte à la nécessité de le pratiquer. Mon amie, plus à l'écoute de ses sens ne sachant comment éviter cette extrémité choisissant la fuite. Bel exemple d'incompréhension réciproque ! Au cours de notre relation, cette situation s'est reproduite à deux reprises à plusieurs années d'intervalle. Câlins réciproques et dénudés suivis de la fuite de la demoiselle, qui m'a donné un jour comme explication de ne pas être venu à un rendez-vous : « je n'en avais pas envie ». D'autres fois des bisous plus appuyés que d'habitude s'arrêtaient là sans la suite « logique » selon la morale dominante. Si un garçon et une fille se font des câlins, ils sont sensés baiser ensuite. Et bien non, la morale dominante abuse et égare, mais qui s'avise à le dire à notre époque si consciencieusement consumériste et sexualisante ? L'aberration consumériste règne toujours, en témoigne pour moi un exemple beaucoup plus récent.

Un matin, une jeune fille de ma connaissance faisant semblant de dormir m'offre effectivement l'exposition de ses parties génitales, comme dirait la loi au Québec. Je ne donne pas suite à cette invite. S'étant par la suite « réveillée » et rhabillée, la demoiselle ne témoigne d'aucune déception ni frustration. Ce qui montre bien que son invite allait au delà de son désir. Si elle avait vraiment eu envie de coït, elle aurait été manifestement déçue. Mais comment voulez-vous dans notre belle société hyper-sexualisée exprimer une envie de câlins sans acte sexuel à la clef ? Les mots n'existent pas ou guère. On a voulu faire du sexe de la femme une bombe à retardement. Sa vue devrait impliquer certaines choses. Et bien non, ce n'est pas du tout vrai. Il n'y a pas d'obligation. Mais voilà, la seule opportunité pour une femme de connaître des câlins libres de toutes complications est donnée par les petits enfants ou les animaux de compagnie. Il n'est pas surprenant qu'une femme devenue mère oublie souvent son compagnon au bénéfice de son enfant petit et nettement plus authentique dans ses élans de tendresse ! Plutôt qu'accuser « l'égoïsme » de la mère, le papa devrait plutôt se demander qu'est-ce qui fait de lui un être si peu attirant en comparaison d'un petit enfant !

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 août 2016