vendredi 23 juin 2017

789 Un égareur

Il ment, manipule, calcule et fait pression sur les femmes qu'il veut mettre dans son lit. A l'écouter il serait presque féministe... En fait, pour lui les femmes ne sont que des mouchoirs dans lesquels il souhaite se branler. Il pue.

Comme il a du charme, les cibles féminines qu'il vise s'interrogent : « me plaît-il vraiment ? » « Ai-je raison de lui résister ? » Mais du moment qu'on se pose de telles questions la réponse est d'évidence « non » pour la première question et « oui » pour la deuxième.

Sûr de lui, il passe son temps à dire aux femmes du mal des autres hommes. Pour lui, c'est des concurrents. Avec un tel comportement il n'a pas d'amis. Et tout ça pourquoi ? Pour avoir le plaisir de se sentir libre de tromper sa femme !

Ce genre d'individus ne mérite pas qu'on lui consacre du temps. Il est préférable de l'éviter et l'oublier.

Et que font les femmes qui ont l'impression de ne rencontrer que de tels ténias ? Certaines cherchent à trouver le bon. Mais dans les boites d'ordures on ne trouve que des ordures.

Certaines femmes, aigries, vont propager d'infâmes réputations imaginaires dont elles doteront des hommes qui ne sont pas infâmes. Mais la vie prostitutionnelle qu'elles ont adopté en se mettant en ménage avec un homme très aisé matériellement les rend jalouses des vrais amours possible. Elles s'appliqueront à empêcher qu'un accord puisse naître de façon désintéressée entre deux personnes de leur entourage. Elles haïront l'amour auquel elles ont renoncé en échange d'argent.

Aux hommes qu'elles calomnieront elles feront des sourires. Mais les dégâts visibles causés par leurs propos indiqueront la piste menant aux coupables souriants.

Quelle drôle de jungle où celles qui renoncent à l'amour cherchent à en priver les autres ! Cependant qu'elles calomnient, d'autres leur font des compliments hypocrites. Le mensonge règne. Mais finit par être découvert. La vérité progresse. Les personnes sincères et de bonne foi se reconnaissent.

Il n'y a pas de raison de désespérer. Dans la lutte entre la vérité et le mensonge, le mensonge fini toujours par succomber. La vérité a en elle une force qui fini toujours par triompher.

Il faut garder bon espoir. La vie triomphe toujours au final. Et tôt ou tard le mensonge se décompose, tombe en poussière, disparaît. Et ses adorateurs disparaissent de circulation.

J'ai connu des menteurs, ils vieillissent très mal. Leur perfidie s'inscrit à la longue sur leur visage. Peu importe s'ils n'avouent pas leur façon de mal agir. Celle-ci va apparaître sur leur figure.

Parmi la masse innombrable existe des hommes et des femmes qui ont renoncé à se résigner. Qui cherchent la lumière dans les ténèbres, la mélodie dans le tohu-bohu des éléments déchaînés, le calme dans l'agitation et le désordre. Ils le cherchent, le cherchent inlassablement et finissent toujours par le trouver.

Et, face aux égareurs, ils s'écrient avec joie : « les siècles sont à nous, ils nous appartiennent ! Et vous, vous n'êtes rigoureusement rien, pas même une ombre ! Nous sommes la vie vivante, la vraie vie que vous ne connaissez pas et ne pouvez pas connaître ! »

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juin 2017

mercredi 21 juin 2017

788 L'effrayant bourrage de crâne sexuel

Une exposition s'adressant aux enfants prétend les informer et déculpabiliser sur « le sexe ». Or elle propage exactement toute une série de clichés traditionnels. Sans remettre en cause leur contenu, il faut remarquer qu'ainsi présentés ils peuvent avoir des effets démoralisateurs dévastateurs.

On y voit présenter d'emblée pour s'aimer la notion impérative de « couple ». Mais qu'est-ce donc que s'aimer ? D'après l'expo c'est quelque chose qui se passe à deux, entre jeunes gens de sexe opposé, de même âge, ayant dépassé la majorité sexuelle, en bonne santé et de beauté « standard ».

Arrêtons-nous sur divers points : s'aimer c'est forcément à deux. Mais qu'est-ce que « s'aimer » ? C'est sous-entendu qu'il existe un sentiment particulier et très fort qui attirerait exclusivement deux personnes ensemble. Mais dans ce cas on abandonne le jeune devant le dilemme : « est-ce que j'aime ? J'aime pas ? C'est de l'amour ou c'est pas ça ? » Or il existe des nuances innombrables de sentiments affectueux. Là on somme le jeune, pour être dans la norme et trouver « le bonheur » de rechercher le fameux sentiment. Il doit le faire non à partir de ce qu'il ressent, mais à partir d'une sorte de grille qualitative proposée et imposée par les adultes.

Pour accéder à ce fameux sentiment il faut avoir la beauté standard... C'est-à-dire, images dessinées à l'appui, que le garçon et la fille ne sont pas gros ou maigre, juste ce qu'il faut de gras et de muscles. Le garçon doit avoir un zizi de taille moyenne et la fille une poitrine de taille suffisante... Mais si un garçon a un très petit zizi et la fille pas de poitrine du tout, ou au contraire d'énormes nichons, qu'est-ce qui lui reste à faire dans la vie ? Et si le garçon ou la fille se considèrent laids ? Ou a une infirmité ? Là, le joli dessin devient culpabilisateur.

Ensuite l'exposition explique que « l'amour » naissant entre le garçon et la fille, ils vont avoir des réactions génitales qui les mèneront à l'accouplement. L'exposition figurant celui-ci avec la très classique position dite « du missionnaire », le garçon allongé sur la fille.

C'est là que de grands désaccords subsistent entre moi et cette exposition. J'ai mis de très nombreuses années à comprendre que l'érection et son équivalent féminin ne signifient rigoureusement pas nécessairement l'envie, l'urgence de l'acte sexuel. On admet facilement que quelqu'un peut avoir envie de s'accoupler et ne pas bander, mais pas l'inverse. Pourtant l'inverse existe bel et bien. Et la pensée unique dominante nous aboie alors « d'y aller ».

Si « on y va » sans vrai désir, il ne s'agit pas d'un accouplement, mais d'une masturbation réalisée en utilisant l'autre à la place de la main. C'est nul et démolissant pour la relation affective. C'est le plus sûr moyen pour arriver à terme à se brouiller.

L'acte sexuel n'est pas un acte anodin. Sans la condition nécessaire mais pas forcément suffisante d'un vrai et authentique désir, il est à éviter absolument. Des dizaines de millions de gens ne suivent pas cette règle et s'étonnent ensuite d'être déçus et malheureux en amour.

Mais allez l'expliquer aux organisateurs de cette exposition ! Ils vous riront au nez.

L'essentiel pour eux n'est pas d'informer. Ça ils s'en fichent. Ce qui les intéresse c'est de vendre des billets d'entrée et des catalogues. Libérer les autres est un bon argument pour vendre et gagner de l'argent. Cette exposition avec ses réponses biaisées, insatisfaisantes, fausses, conventionnelles, laisse les visiteurs abandonnés à la recherche de la réponse à leurs questions dans la traitreuse pornographie sur Internet. Qui est l'anti éducation sexuelle de notre époque.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 juin 2017

dimanche 18 juin 2017

787 La conception bordelienne de la sexualité

Un article dans un grand journal parisien traitait, sur un ton qui se voulait léger et spirituel, de la sexualité de nos contemporains. Une affirmation là a retenu mon attention. Elle prétendait que les humains autour de nous « font l'amour » une fois par semaine et que c'est suffisant pour assurer « leur bonheur ». L'article prétendait nous éclairer, décomplexer, aider à mieux vivre...

C'était en réalité le contraire en dépit du ton et des apparences. En effet, tout d'abord si pour assurer notre bonheur il faut « faire l'amour » une fois par semaine, ça signifie que ceux qui n'ont pas cette opportunité sont des malheureux, des ratés, des minables, des qui n'ont rien compris, qui sont au dessous de tout. Bref, il ne leur reste plus qu'à se faire interner en hôpital psychiatrique ou aller voir un psy.

Ensuite « faire l'amour » qu'est-ce à dire ? Est-ce que droguer, saouler et sodomiser dans une piscine une jeune fille de treize ans, comme l'a paraît-il fait un jour une de nos célébrités, c'est faire l'amour ? Est-ce qu'aller voir les prostituées et en être client c'est « faire l'amour » ? Mystère, il semblerait qu'il suffit de mettre le truc dans le machin, secouer, décharger... et hop ! On a « fait l'amour ».

Et cet acte délicieux assurerait notre bonheur. Il existerait donc un bonheur standard à portée d'éjaculation. Les dames devant bien sûr se plier à la carotte masculine pour avoir accès elles aussi au bonheur...

Mais là où une interrogation est soulevée par cet article, c'est quand il affirme la périodicité de l'acte sexuel assurant le bonheur. Ce n'est pas une fois tous les quatre jours ou tous les cinq jours, mais très exactement selon un rythme hebdomadaire. D'où provient cette étrange précision ? A quoi correspond-t-elle ?

Elle correspond très exactement au rythme de la fréquentation habituelle des bordels d'antan. Le paysan allait au marché une fois par semaine. Quatre-vingt-dix pour cent des hommes étaient jusqu'à une époque pas si ancienne des paysans. Une fois vendus ses produits, l'argent empoché, le paysan allait au bordel et rentrait ensuite à la maison.

Le propos donnant comme rythme sexuel satisfaisant celui d'un rapport hebdomadaire relève très simplement d'une conception bordelienne de la sexualité.

Par delà les discours « modernes et décomplexant », voilà en fait quelle est la vérité.

En analysant toutes sortes de discours sexuels écrits ou exprimés avec des images, dans la pornographie, en particulier, on retrouvera le même discours. Le sexe est un produit de consommation pour hommes, consistant essentiellement à se masturber en remplaçant sa main par un orifice naturel de quelqu'un d'autre. Le tout étant présenté comme une jouissance extraordinaire et automatique, qui correspondrait au fait de « faire l'amour ».

Une jeune fille influencée par les scénarios pornographiques m'ayant proposé de m'y inscrire avec elle un matin, j'ai décliné l'offre. Une amie qui par la suite commentait ma réaction m'a demandé : « mais tu n'as pas voulu en profiter ? » Sans réaliser l'horreur du concept : profiter de quelqu'un... On peut réaliser diverses choses avec d'autres personnes, mais profiter de quelqu'un est ici bien peu civil. Mon amie commentatrice ne s'était pas rendu compte de ce que pouvait signifier d'incongru sa question.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 juin 2017

samedi 17 juin 2017

786 En finir avec le mythe meurtrier et dévastateur du « Grand Amour »

Deux dames ayant de l'expérience de la vie et vivant seules à Paris, déclaraient devant moi, chacune de leur côté : « j'ai bien envie d'avoir un mec dans ma vie, et en même temps je n'en ai pas envie » ou « j'en ai peur ». Quelle étrange position ! Qu'est-ce qu'elle signifie ?

La réponse est simple : ces dames vivant seules éprouvent des besoins basiques et universels : faims dermique, mucosique, buccale, linguale, d'étreintes et de masturbations. C'est-à-dire besoin naturel de caresses et câlins divers. Mais notre société a fait de ces rassasiements le prélude inévitable, obligatoire, systématique et prétendument naturel de ce qu'elle prétend être « l'acte sexuel ». Et qui n'est très souvent qu'au mieux une double masturbation combinée sans désir réel.

Cet égarement étant conforté par la culture dominante, de pseudos évidences – l'érection par exemple, qui ne signifie pas forcément le désir, – et un discours pseudo scientifique. La plupart des gens y adhèrent. Mais en même temps, leur organisme, plus sain et authentique que leurs pensées, se cabre. Il refuse de se laisser ainsi utiliser comme un outil masturbatoire pseudo-coïtant.

Cette contradiction interne se traduit par ce propos : « j'ai envie d'un mec et en même temps je n'en ai pas envie. »

Quand on est jeune, sans beaucoup d'expériences et qu'on a la vigueur de la jeunesse, le plus souvent on bricole. On croit chercher. On se perd. On croit qu'on va enfin trouver. On s'égare un peu plus. Et on prend des coups d'autant plus douloureux qu'ils émanent de personnes proches mais plus conscientes que vous. On se fait larguer alors qu'on avait l'impression que « tout allait bien ».

L'amour qu'on croit chercher n'est pas l'amour. C'est une sorte de religion laïque du paradis terrestre. Il existerait une personne qui serait « faite pour vous » et pour « votre bonheur ». Avec laquelle tout marcherait à merveille : affectivement, journellement, au lit, en vacances, etc. Et pour preuve que ce diamant vivant existe, on a toujours une sorte de « couple témoin ». C'est X et Y qui vont « parfaitement bien ensemble », qu'on voit souvent et qui sont « parfaitement heureux ».

Les années passent et, inexplicablement, les gamelles sentimentales s'accumulent dans la vie de bien des gens. On prétendra qu'ils n'ont pas de chance. En fait ils reviennent régulièrement bredouille de la pêche au Serpent de Mer. Ce qu'ils cherchent n'existe pas : un « amour » préfabriqué et « sur mesures ». C'est une complète foutaise, mais allez l'expliquer à ceux qui y croient ! Autant chercher à convaincre un croyant que sa foi ne vaut rien.

Mais comme les faits sont têtus, les années amères passent et quantité de personnes seules ne se remettant pas en question finissent dans une sorte de demi résignation : « un jour, peut-être, mon Prince, ou ma Princesse viendra... »

Une partie de ces malheureux et malheureuses, suite à une déception plus cruelle qu'une autre se suicident. Le culte du « Grand Amour » est un culte meurtrier qui réclame, chaque année, sa part de sang et de larmes. Non, ce n'est pas un beau culte. Et son histoire emblématique s'orne des deux cadavres de Roméo et Juliette. Elle n'est pas romantique, elle est à vomir.

Remettre en question les mythes sentimentaux est une tâche hygiénique d'intérêt public et de prévention de bien des drames. La vie, pour être bien vécue, doit savoir congédier les mythes. En apparence beaux, ils tuent chaque année un certain nombre de jeunes gens et jeunes filles en bonne santé et plein d'avenir.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 juin 2017

vendredi 16 juin 2017

785 La clé cachée du bonheur et de la sérénité

Un jeune homme et une jeune fille s'aiment, habitent sous le même toit, et le soir, nus, partagent le même lit, se caressent réciproquement un peu partout, s'embrassent sur la bouche avec la langue. Le jeune homme bande, la jeune fille réagit symétriquement au niveau génital... Question : « alors ont-ils envie de faire l'amour ? » La plupart des personnes interrogées de la sorte répondront sans hésitation par l'affirmative. Alors que la bonne réponse est toute autre : « non, pas forcément. »

Pour trouver cette bonne réponse j'ai mis des dizaines d'années. Et suis environné de gens qui, s'ils m'entendent, me regardent d'un air condescendant. « Le malheureux, se disent-ils en pensant à moi, il a des problèmes. » Alors que le problème ici n'est pas en moi mais en eux. En fait la vérité très simple et évidente est celle-ci : « pour faire l'amour, il faut avoir envie de le faire. Il ne suffit pas de pouvoir mimer mécaniquement l'acte. » Mais la plupart des gens ignorent même le sentiment exact d'envie de faire l'amour. Et se croient très malins en suivant le troupeau. Et s'étonnent que tant de personnes sont malheureuses et déçues en amour. Alors que tout ici est lié.

Quand tout paraît réuni pour pratiquer le coït, si le sentiment précis et fort particulier, l'envie effective de l'acte n'est pas au rendez-vous, il est simplement dévastateur pour la relation de faire ce qui est « techniquement » possible. Il faut aller vers un ailleurs qui est en fait la suite naturelle de ce qui s'est ébauché. Faire des câlins ? Et bien continuer. Mais combien l'ont compris ? Bien peu semble-t-il. Et pour en parler, autant dire que personne parmi ceux et celles qui ont compris va s'aviser d'essayer d'expliquer aux autres. Vous voyez un homme et une femme arrivant le matin raconter à leurs amis leurs ébats « soft », c'est-à-dire sans coït ? Bien évidemment non. La compréhension de la réalité des relations sensuelles qui n'impliquent nullement le coït obligatoire reste réservé à une minorité consciente.

Une amie à qui je ne cache pas ma manière de voir et faire me dit que j'ai peur. Bien sûr, que j'ai peur. Peur de me retrouver dans une situation où quelqu(un exigera de moi une chose que je n'éprouve pas l'envie de faire. C'est déjà arrivé. Ça ne se reproduira plus.

Une jeune fille un jour, faisant mine de dormir, m'a montré son origine du monde. Elle voulait très certainement que je joue avec. J'ai regardé. Me suis simplement demandé : « en ai-je envie ? » La réponse était non. Je n'ai rien fait. Par la suite elle a fait semblant de se réveiller et fut d'excellente humeur. Si elle avait vraiment éprouvé l'envie que je joue avec son yoni, elle aurait certainement fait la gueule suite au fait que je n'y avais pas mis les mains, la bouche et autre chose aussi. Comme elle était au contraire de bonne humeur, j'en déduis qu'elle n'avait pas vraiment envie de faire quelque chose de sexuel avec moi. Elle imitait un scénario pornographique vu sur Internet. C'est l'explication qui me paraît la plus vraisemblable.

En restant authentique j'ai préservé la qualité de notre relation. Quantité de gens me traiteront d'imbécile. Leur réaction me flattera. Car les imbéciles se sont eux. Et me faire traiter d'imbécile par des imbéciles est un très beau compliment involontaire de leur part.

Ne pas chercher artificiellement le coït, et ainsi éviter de se retrouver pratiquant la masturbation dans un orifice naturel, c'est s'assurer la plus belle tranquillité qui soit. On élimine 90 % des causes d'angoisse cachée. Quand je me retrouve devant mon ordinateur pour écrire, ou devant une feuille de papier pour peindre ou dessiner, je suis parfaitement calme. Je vois les autres s'agiter, parler d'amour, de mariage, d'harmonie recherchée, moi je suis moi. Ne m'embarrasse pas d'efforts pour suivre le troupeau de moutons conformistes. Je ne méprise pas ces braves moutons, mais suis en droit de choisir de ne pas partager leur sort. Sort pitoyable qu'ils s'obstinent à rechercher, les fous !

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 juin 2017

jeudi 15 juin 2017

784 Le grand marché lucratif de « l'harmonie sexuelle »

Notre époque a développé un modèle sexuel de référence. Si vous voulez être sain, équilibré, épanoui, il faut vivre « en couple » et connaître « l'harmonie sexuelle ». Kékséksa ?

« L'harmonie sexuelle » signifie que, s'inscrivant dans un « couple », la femme est la putain bénévole, exclusive et active de son mari. Et le mari est le putain bénévole, exclusif et actif de sa femme. Sinon ils ont raté leur vie, la réalisation, l'épanouissement de celle-ci.

Internet abonde d'annonces de gourous plus ou moins « psy », plus ou moins ou pas du tout thérapeutes, qui vous jurent les grands dieux. Ça y est, grâce à Monsieur X ou Madame Y, vous allez enfin grimper aux rideaux ! Et pouvoir recommencer tous les soirs de la semaine et toute l'année et les années qui suivront.

Mais, bien sûr, pour y arriver, il faudra rémunérer votre sauveur...

C'est curieux comment notre époque a drapé dans les voiles de « la science », bien des charlataneries. Charlataneries, c'est bien le mot. N'importe qui peut se proclamer « sexologue ». L'usage du titre n'est pas réglementé en France.

Dyspareunie, anorgasmie, panne du désir, dysfonctionnements érectiles, etc. On fait appel à tout un jargon destiné à vous convaincre que vous êtes malade et avez besoin de soins... payants, bien sûr.

Connaissez-vous la gustativité et la bévitude ? C'est le parfait épanouissement gastronomique et gustatif et le parfait épanouissement dans le domaine de la boisson. Je viens d'inventer ces deux concepts. Je vais, de ce pas, les breveter et m'établir gustavologue et bévitudologue pour soigner les très nombreux patients qui ignorent leur détresse !

Jusqu'à mes vingt-deux ans je n'étais nullement préoccupé par l'idée de mettre mon zizi dans un cul ou une zezette. Mon entourage médical et familial se chargea de me mettre dans le « droit chemin ». Il complota et réussi à me jeter dans les bras d'une vague copine. On me déniaisa et créa chez moi un faux besoin de baise dont j'ai mis de nombreuses années à me débarrasser.

Vous n'avez pas envie de « faire l'amour » ? Et alors ? Vous n'êtes pas malade. Halte à l'épanouissement sexuel obligatoire ! Ça suffit ces tartuferies pseudo-scientifiques ! Oui ! On peut très bien vivre bien sans faire l'amour, ou plus exactement, vivre sans se masturber régulièrement dans un orifice naturel d'une autre personne.

Les pseudo aidants évitent de définir de quoi ils parlent. Et de délimiter précisément leur « spécialité ». L'essentiel est pour eux de vous convaincre de les payer. Le grand marché de « l'harmonie sexuelle » est des plus lucratifs. Et les malades imaginaires sont les plus rentables, car ils ne guérissent jamais... tant qu'ils ont affaire à de tels « thérapeutes ».

Vous ne bandez pas. Et alors ? Si ça se trouve c'est parfaitement normal. Votre zizi refuse de répondre à un besoin artificiel qui ne lui corresponds nullement. Vous n'avez pas envie de baiser ? Si ça se trouve, c'est simplement que vous n'avez pas besoin de baiser. Mais les gourous du sexe obligatoire veillent pour vous convaincre d'aller les consulter. Préparer vous à payer le prix fort... En avant la musique ! Et par ici la monnaie !

Les spécialistes compétents sauront arranger tout dans votre vie et surtout votre compte en banque !

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 juin 2017

lundi 12 juin 2017

783 L'enjeu de la libération des otages

Notre société est infirme, malade de la sexualisation à outrance. Elle décrété la caresse entre humains adultes être un « préliminaire » à ce qu'elle appelle abusivement systématiquement « l'acte sexuel ». Et qui n'est le plus souvent qu'une masturbation dans un orifice naturel d'un tiers.

Les conséquences de cette désorganisation institutionnelle de la vie entre les humains sont effroyables et calamiteuses. Mais elles sont si habituelles, si anciennes, si difficiles et mal vu de les dénoncer, qu'on fini très souvent par les croire inhérentes à la nature humaine.

Alors que le toucher paraît incontournable pour soigner nombre de maux, notre société à porté au pinacle l'usage thérapeutique ou à prétention thérapeutique de la parole. Elle peut être utile. Mais elle peut aussi nuire, enfermer, déstabiliser, n'être que de la blablathérapie à but lucratif.

Prenons un exemple : une jeune fille est violée. Elle parvient à s'en ouvrir à des proches. Quel traitement lui proposera-t-on pour l'aider à se relever, reconstruire ? Un traitement consistant à voir un psy, parler. Prétendre traiter un traumatisme physique par la parole me paraît aussi raisonnable que traiter une fracture avec des chansons. Il faut une intervention « physique », qui n'interdit pas aussi de parler.

Un choc moral, un travail épuisant, un chagrin, sont aussi à traiter par l'intervention « physique » et pas que par les mots.

Une multitude de gens se sentent seuls. On leur pose comme ultimatum pour bénéficier du confort « physique » de devoir se trouver un partenaire « sexuel ». C'est odieux, stupide, violent, inefficace, décourageant.

On peut se sentir seul pour diverses raisons :

Une très jolie fille qui est sans cesse sollicitée en qualité de beau morceau de viande peut connaître une très grande solitude. Une mère qui élève seule ses enfants n'a guère de temps à consacrer pour rencontrer du monde. Et on lui posera l'ultimatum de « rencontrer quelqu'un ». Et pourquoi donc ? Le même ultimatum sera posé à un veuf ou une veuve avec enfant : « pour l'enfant tu dois coucher ». On m'a cité un cas plus rare : une dame divorcée depuis peu, se retrouvant seule et exerçant des responsabilités financières très élevées. Personne ne s'avise autour d'elle qu'elle est aussi une femme et souffre à présent de la solitude. Elle est si importante qu'on oublie qu'elle est aussi un être humain. On peut multiplier les exemples.

Ce qui bloque tout et barbarise la situation de solitude ressentie est l'ultimatum sexuel : tu veux du contact « physique », alors il faut coucher, passer à la casserole ! Et si on libérait les otages ?

La société a fait des cinq étapes de l'intensité sexuelle de la relation humaine un annexe du coït. Il faut démonter le piège. Non, la caresse entre êtres humains adultes n'est pas nécessairement tournée vers le coït. Il faut sortir des conventions hypersexualisantes régnantes et aller vers autre chose entre humains sincères, sensibles et de bonne volonté !

C'est possible, du moins ça vaut le coup d'être tenté. Quand on modifie les conventions morales régnantes, c'est souvent pour accentuer la sexualité. Là on lui tournera le dos. Plus exactement on lui concédera la place qui lui revient et rien de plus. Son règne a assez duré. Place à la nouveauté et la liberté !

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 juin 2017