mercredi 18 octobre 2017

863 La réalité du système où nous vivons

Dans quel système vivons-nous ? Durant des centaines de générations il prévoyait que chaque homme puisse s'acheter une ou plusieurs femmes et en disposer comme bon lui semble. Dans des époques plus ou moins récentes on trouve traces de cette situation. Ainsi dans l'Empire Romain à la civilisation et à la législation tant vantées par nombre de livres, les hommes ont le droit de vie et de mort sur leur femme. Jusqu'en 1944 en France, le régime politique républicain prétendument égalitaire est celui de la dictature de l'ensemble des hommes sur l'ensemble des femmes. Elles n'ont pas le droit de vote. Dans les années 1880, le Code civil français précise que l'épouse doit obéir au mari, donc notamment au lit. Puisque le même Code civil précise encore aujourd'hui que les époux se doivent « fidélité », c'est-à-dire doivent coucher ensemble. Jusqu'en 1962 une femme en France n'a pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de son mari.

Ces dernières décennies les femmes ont acquis un certain nombre de droits et de libertés en France. Mais l'essentiel est inchangé : le travail domestique et maternel n'est toujours pas reconnu, ni rémunéré. La femme reste dépendante de l'homme. Elle n'est pas libre.

Beaucoup de femmes travaillent. Ce qui fait qu'elles fournissent des doubles journées de travail. Ce sont les nourrices, assistantes maternelles et institutrices qui voient grandir leurs enfants. Et les mères n'ont toujours pas le droit à la retraite en or massif qu'elles méritent pleinement.

Prenons un exemple que je connais bien : ma mère a eu six enfants dont quatre qui ont vécu et qu'elle a élevé. Au lieu d'avoir droit à une retraite qui lui aurait permis de mener une existence digne, très confortable et largement méritée : voyager, manger des bonnes choses, se distraire, voir des spectacles, s'adonner pleinement à sa passion : la sculpture, etc. qu'a-t-elle connu ? La misère, aucune ressources, la dépendance totale des faibles ressources de son mari.

La reconnaissance du travail domestique et maternel, sa rémunération représenterait la fin de la principale et de la plus ancienne injustice existante. Comment peut-on espérer voir résolu les autres injustices existantes si celle-ci ne l'est pas ?

Cette injustice déforme les relations entre hommes et femmes. Et cela à tous les niveaux. Quand votre avenir professionnel est dépendant du bon vouloir des hommes, comment voulez-vous si vous êtes une femme que la situation soit saine, c'est-à-dire égalitaire ?

Si en France la situation des femmes a changé, la mentalité de très nombreux hommes, elle, n'a pas changé. Ce qui est inévitable tant que le problème de fond qui mine la société ne sera pas réglé par la reconnaissance pleine et entière du travail domestique et maternel des femmes. C'est une question de justice : reconnaître ce qui est.

Les femmes de tous temps ont donné la vie. Les hommes, très souvent, ont gaspillé des vies avec des conflits divers, de la misère organisée, etc. Reconnaître le travail domestique et maternel des femmes ouvrira la perspective de l'arrêt des calamités masculines et guerrières. La paix perpétuelle et universelle est aujourd'hui nécessaire. Sinon avec le progrès général scientifique et technique, si ça continue un fou finira fatalement par disposer de l'armement nucléaire. Et s'en servira.

La cupidité sans limites des plus riches est aussi une source de menaces sur la vie-même. Il faut que l'Humanité fasse preuve de plus de conscience et de raison. Ce qui ne pourra pas arriver tant que la plus grande et la plus ancienne des injustices ne sera pas réglée. Il faut que le travail domestique et maternel des femmes soit reconnu, rémunéré et donne droit à une excellente retraite.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 octobre 2017

dimanche 15 octobre 2017

862 Quelques remarques sur la condition féminine

Ces derniers temps les médias sont remplis d'articles sur une affaire de mœurs dans le milieu cinématographique américain. Un grand producteur subit un tir de barrage d'accusations de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols. Les victimes étant des jolies femmes auxquelles il était susceptible d'offrir des rôles et une carrière au cinéma. Parmi elles on trouve des actrices connues.

L'arbre ne doit pas cacher la forêt. Cela se passe-t-il uniquement à Hollywood ? Non, assurément, ça me rappelle même un souvenir vieux d'au moins une trentaine d'années. A cette époque s'ouvraient dans quantité de villes françaises, même petites, des petits supermarchés. Ces commerces avaient besoin de caissières. Et dans des zones qui pouvaient être pauvres d'emplois. Une rumeur persistante que je n'ai pas eu l'occasion de vérifier disait qu'une condition pour trouver cet emploi était de passer par le lit du chef. La même chose qu'à Hollywood pour les actrices.

Je suis certain qu'en lisant les accusations portées contre ce grand producteur hollywoodien, beaucoup d'hommes reconnaîtront exactement une manière d'agir mal qu'ils ont ou ont eu ou rêvé d'avoir. Il s'agit même d'une culture où nous baignons.

Les critiques contre le producteur hollywoodien soulignent son approche viandarde des femmes. Cependant je vois dans les stations du métro parisien abondance de publicités porteuses d'un message viandard s'agissant des femmes. Par exemple ces actuelles publicités de lingerie féminine montrant une jolie femme en train d'ôter avec le sourire le haut de ses vêtements cependant qu'elle ne porte comme bas visible qu'un microscopique slip. Le message est clair. La femme se résume à ce que dissimule mal ce slip.

Quels phénomènes sont à l'origine d'affaires telles que celle de Hollywood dénoncée à présent et celle des supermarchés que je ne me souviens pas avoir vue dénoncée ?

Dans notre société y compris française et parisienne, la femme, surtout si elle est jeune et considérée très jolie est traitée comme une cible sexuelle. Comme on le voit sur quantité de publicités.

Son travail domestique et maternelle n'est ni reconnue ni rémunéré. Ce qui la conduit à dépendre matériellement d'un homme ou faire des doubles journées de travail. Souvent elle ne voit pas grandir ses enfants, mais ce sont les nourrices et assistantes maternelles qui les voit grandir.

Ce qui amène l'incorrection masculine vis-à-vis des femmes, c'est aussi le pouvoir. Il est presque toujours masculin. L'agression sexuelle masculine relève aussi de la volonté de dominer.

Enfin comment cela se fait-il que des hommes apparemment correct dans plein de domaines se comportent en brutes irresponsables dans le domaine sexuel ? L'explication est dans le fait que pour ces hommes la sexualité est une toxicomanie. Ce sont des drogués pour lesquels l'éjaculation joue le même rôle que le shoot de drogue du toxicomane à drogues chimiques. Ils recherchent la masturbation dans un orifice naturel avec une démarche de drogué halluciné.

Un drogué en manque possède un comportement particulier et violent, différent de son comportement habituel. Nombre de témoignages des femmes agressées sexuellement décrivent une modification du comportement de leur agresseur qui semble comme halluciné. Il est halluciné par la vue de sa drogue. Les drogués sont très souvent des gens dangereux quand ils sont en manque.

Basile, philosophe naïf, Paris le 14 octobre 2017

samedi 14 octobre 2017

861 Proposition d'un nouveau terme d' informatique

J'ai reçu un mail très doux par son contenu. L'idée m'est alors venue d'un nouveau terme d'informatique francophone :

Comment appeler un mail très doux ? Un miel, tout simplement.

Pour reprendre la première phrase de cette contribution à mon blog, je dirai donc :

« J'ai reçu un miel. »

Dès ce soir j'ai entrepris de propager ce nouveau terme d'informatique francophone auprès de plusieurs personnes proches.

Reste à le traduire. En anglais « miel » se dit honey. Peut-être un mail très doux serait appelé en anglais un homail ? Je ne fais pas partie des Anglophones. C'est à eux qu'il appartiendra de donner leur avis.

Basile, philosophe naïf, Paris le 14 octobre 2014

jeudi 12 octobre 2017

860 Aller au fond du problème

Dans les années 1940, l'actrice Marlène Dietrich disait, parlant d'un célèbre réalisateur américain qui insistait pour coucher absolument avec elle et cherchait à forcer la porte de sa chambre : « j'ai résisté à Hitler, je serai capable de lui résister ! » Je cite de mémoire. Le même réalisateur à qui une jeune actrice de cinéma demandait ce qu'il appréciait le plus en elle, répondait : « vous êtes justement assise dessus ! » On voit clairement quelle manière de considérer les femmes avait ce célèbre réalisateur. Ça se passait il y a environ soixante-dix ans. Ces derniers jours un célèbre producteur de Hollywood se retrouve sous les projecteurs avec une avalanche d'accusations de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols commis contre des actrices de cinéma dont de très célèbres. Ce sont des dénonciations légitimes de comportements inadmissibles et criminels. Mais qui appellent deux remarques.

La première est que ces actes étaient connus comme le loup blanc par un grand nombre de personnes. Elles ont fait silence et font pour certaines mine de tout découvrir aujourd'hui. Ce qui en dit long sur leur mentalité et leur manière de considérer les victimes et l'agresseur.

La deuxième est qu'on fait comme s'il s'agissait là d'un comportement d'un individu précis qu'il suffirait de reprouver, dénoncer, punir... Alors qu'il s'agit ici de l'expression d'un comportement de prédateur sexuel masculin qui est le fait d'une très large partie des hommes en général.

Une jeune fille de seize ans qui me connaît très bien me disait il y a peu d'années : « je n'ai pas peur de toi, parce que je te connais. » Sa sœur, récemment, me parlant, me disait à plusieurs reprises : « tu es inoffensif. » Ces compliments exprimaient à contrario qu'en règle général, avec des hommes qu'elles ne connaissent pas comme pacifiques à leur égard, elles sont en permanence sur la défensive. Comme le sont toutes les femmes et pas seulement vis à vis d'un richissime producteur hollywoodien... Et là est bien le problème. Sans absoudre le producteur en question il est nécessaire de ne pas ignorer les agissements des millions d'autres prédateurs qui pourrissent la vie des femmes en particulier et la vie de la société en général. Cette situation d'où vient-elle ? Peut-elle changer en s'améliorant ? Quand et comment ? Voici les bonnes questions que soulève cette énième affaire de mœurs touchant la « haute société ».

L'inconduite masculine très répandue est une véritable maladie de société. La société peut-elle trouver en elle les voies et moyens pour en guérir ? Ce n'est pas parce qu'un problème est très ancien et très répandu qu'il est pour autant inguérissable. Il serait bon de l'identifier clairement et en discuter entre hommes et femmes, clairement et ouvertement.

La recherche de l'harmonie est à ce prix. Les ressources de paix non utilisées sont incalculables, à condition de bien vouloir consentir à les rechercher en nous et autour de nous. Tout le monde rêve de paix tout en souffrant d'une immémoriale situation conflictuelle entre les humains et à l'intérieur d'eux-mêmes. Pourquoi la paix intérieure et extérieure serait-elle impossible ? L'Histoire humaine abonde en conflits interminables qui ont fini par trouver une fin. Le conflit entre l'homme et la femme et de l'homme avec lui-même et de la femme avec elle-même est le conflit le plus ancien. Le résoudre amènera certainement la fin de tous les autres conflits. Cette recherche de paix vaut donc vraiment la peine.

Il y a deux mille cinq cent ans environ, un sage indien qui est connu comme le Grand Bouddha déclara : « si la haine répond à la haine, quand finira-t-elle ? » Ce n'est pas la haine, ni le savoir qui représente la force, mais notre capacité à aimer en dépit de tout et malgré tout ce qui paraît s'y opposer. Aimer est le chemin. Reste à tracer la route. Mettons-nous à l'ouvrage dès maintenant !

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 octobre 2017

mardi 3 octobre 2017

859 Et quand c'est oui...

De très justes campagnes ont insisté sur le fait que : « quand c'est non, c'est non » s'agissant de femmes auxquelles sont faites d'explicites propositions sexuelles. Ces campagnes réfutaient la vieille et infecte fable patriarcale qui prétend que quand une femme dit « non » à celui ou celle qui sollicite ses « faveurs », au fond elle penserait toujours « oui ». Il suffirait de la bousculer pour parvenir à la vérité, qui serait invariablement la satisfaction sexuelle de la personne solliciteuse.

Quand c'est non, c'est non, nous sommes d'accord. Il est intéressant de voir comment se pose la question quand c'est oui de la part de la femme.

Tout d'abord, remarquons qu'il n'existe aucune manière simple, polie et « correcte » pour dire « oui ». Mis à part le cheminement officiel via une demande en mariage. Ce qui pose problème. Je peux demander ou accepter fort civilement la dégustation d'un gâteau, une sortie au cinéma, mais aller au lit faire des galipettes non. C'est tout particulièrement vrai plus pour les femmes que pour les hommes.

Remarquons ensuite que la femme qui dit oui prend un risque en baissant sa garde. En effet, elle ne peut pas deviner par avance sur quel genre de comportement sexuel elle peut tomber. Des personnes très comme il faut peuvent réserver des surprises pas forcément positives et agréables. On peut découvrir ainsi que quelqu'un d'apparemment équilibré ne l'est pas du tout. Il peut par exemple être sommaire au lit : « six minutes douche comprise » ou encore être violent.

Une difficulté supplémentaire pour dire « oui » tient à l'automatisme du non. Habitué à toujours dire « non », une personne de sexe féminin ou masculin pourra spontanément dire « non » même si après elle en ressentira des regrets. J'en parle en connaissance de cause. Quand j'étais bien plus jeune, un jour, une jeune fille m'a demandé directement si je voulais des petites caresses. J'ai aussitôt et machinalement répondu « non » et m'en suis ensuite mordu les doigts, sans savoir faire machine arrière. Cette jeune fille m'attirait. J'ai en dépit de ça cédé à mon automatisme négatif.

Illustration de la difficulté à dire « oui », j'ai connu une jeune femme qui, ayant décidé d'avoir une aventure avec un ami n'osait rien lui demander. Elle finit par lui demander s'il avait chez lui de l'alcool. Elle espérait parvenir en buvant à se désinhiber et aller droit au but. L'ami n'avait pas d'alcool chez lui. Et l'aventure projetée est tombée à l'eau.

Un obstacle supplémentaire se dresse pour qu'une femme puisse exprimer son désir. C'est que souvent elle justifie ses refus avec des fables et des non-dits. Fable classique, pour repousser un solliciteur importun, elle pourra invoquer sa fidélité à son fiancé. Qu'elle sera en fait toute prête à cocufier sans souci si l'occasion qui se présente lui paraît positive et l'affaire jouable. Avouer à un homme qu'on le désire alors qu'on a joué à la sainte intouchable auprès de lui est un peu difficile et déstabilisant. Et l'avouer n'implique pas forcément la réussite du projet recherché.

Une jeune femme qu'attire un homme plus âgé va passer son temps à expliquer à son entourage qu'il n'en est rien. Qu'il pourrait être « son grand père ». Que le sexe en général ne la passionne pas, etc. Ce discours rendra difficile d'entrer dans le vif du sujet avec la personne ainsi rejetée en paroles. Il faut parfois traverser un véritable no man's land de mensonges accumulés depuis des années pour parvenir au but recherché. Ce n'est pas évident de se dénoncer en quelque sorte ainsi et avouer frontalement qu'on ment allégrement depuis toujours et à tout le monde ou presque. Ce qu'on appelle « le domaine de l'amour » est très souvent aussi le lieu privilégié du mensonge, de la manipulation et de l'hypocrisie. Qui sont trois des plus efficaces tue l'amour qui existent.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 octobre 2017

vendredi 22 septembre 2017

858 Les méfaits du consumérisme sexuel

Il existe au moins deux approches fondamentalement différentes de l'acte sexuel : la naturelle et l'intellectuelle. En quoi consistent-elles ? Dans le premier cas elle résulte du désir authentique et réciproque. Dans le second cas elle résulte d'un conditionnement culturel. On raisonne et on se dit : « c'est bien et possible de le faire, alors, allons-y ! » En agissant ainsi, l'amour devient une cause d'angoisse : l'autre sera-t-il d'accord ? Sera-t-il satisfait ? Vais-je y arriver ? Serai-je à la hauteur ?

Exemple : une femme retrouve son amoureux qu'elle n'a pas vu depuis un certain temps. Tout d'abord, devant le rencontrer dans la journée, elle n'arrive pas à avaler quoique ce soit avant et même après les retrouvailles. Le soir elle s'égare dans ses déplacements professionnels en se trompant de station de métro. Enfin, elle mange pour la première fois de la journée et est pris d'un terrible mal de ventre qui dure une partie de la soirée. Pourquoi ces réactions ?

Au lieu de se sentir sereine et rassurée de revoir son amoureux, elle angoisse devant la perspective de devoir réaliser l'amour intellectuel. L'acte sexuel non désiré naturellement mais décidé intellectuellement. Cette perspective, elle la trouve allant de soi. Son « physique » se rebiffe. Et comme le ventre est le siège de toutes les émotions, celui-ci envoie un signal de son mal-être.

Ces maux seront attribués à « la nervosité », « l'émotivité ». Ils témoignent en fait de réactions naturelles face au désordre sexuel induit par la culture du consumérisme sexuel. Celle-ci implique de baiser le plus possible si on est jeune et amoureux, en dépit de l'absence de gloutonnerie sexuelle naturelle. La mécanique anatomique et affective n'apprécie pas cette brutalisation et le fait savoir d'une manière ou d'une autre. Chez les garçons, ça pourra être l'absence d'érection ou l'absence d'éjaculation ou l'absence de sensibilité jouissive tactile. Ces réactions ne seront souvent ni comprises, ni analysées. Tout se présente bien et il y a malaise. On parlera de malaise, « panne de désir », « dysfonctionnement érectile », etc. Ces explications impliquant un geste psychologique ou médical et pas une remise en question de la démarche consumériste sexuelle. Nombre de « spécialistes » plus ou moins autoproclamés en profiteront pour faire payer leur intervention.

Ce qui n'arrangera rien c'est l’ignorance qui fera attribuer aux réactions au niveau génital la valeur d'une sorte de commandement de pratiquer le coït. Alors que ces réactions ont très souvent une autre signification. Si un nouveau né bande, personne ne dira qu'il veut faire l'amour. Mais allez expliquer à un jeune homme que son érection n’appelle pas nécessairement le coït quand il est en galante compagnie !

Si la démarche consumériste sexuelle persiste, il y a risque que à la longue la relation avec l'autre devienne insupportable sans que le motif de ce changement de sentiment soit clair. « Tout allait bien et elle m'a quitté » est un propos que j'ai entendu plusieurs fois. C'est souvent la femme qui donne le signal de la rupture inexplicable par l'homme concerné par cette rupture. Avec l'âge, c'est bien souvent la sexualité en général qui se révélera lassante, énervante, ennuyeuse, décevante. En France et à Paris, nombre de cinquantenaires des deux sexes tirent un trait de facto sur les activités de « sport en chambre » qu'ils attribueront à la période de « la jeunesse ».

Le grand perdant restera l'amour et son compagnon naturel : la tendresse. Une prise de conscience de la réalité du phénomène est possible. Calme et sérénité viendront alors rejoindre l'amour qui ne sera pas du tout nécessairement et automatiquement « sexuel », c'est-à-dire amenant à la réalisation du coït. Nombre de gens resteront cependant dans l'ignorance de la réalité. Souvent ils diront : « l'amour je n'y comprends rien », ou bien encore : « le sexe opposé est bien trop compliqué et incompréhensible pour moi ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

857 Blocage sociétal

Contrairement à une idée souvent répandue dans la société française et parisienne, les femmes seraient généralement infiniment plus motivées que les hommes par le sexe et les câlins, mais cette motivation aurait beaucoup de mal à s'exprimer.

Les femmes ne l'expriment pas le plus souvent parce que règne partout dans la société, comme un poison universellement répandu, la peur diffuse, omniprésente et permanente du viol. Combinée à l'immémoriale domination patriarcale, cela donne le fait que, par exemple, si une femme habillée « sexy » est la victime d'un viol, nombreux seront les imbéciles à déclarer qu'elle l'a bien cherché. Pire, qu'elle est la responsable de son agression parce qu'elle a « provoqué ». Alors, dans cette atmosphère malsaine régnante on imagine qu'il est des plus difficile, ambigu et risqué pour une femme de déclarer qu'elle aime le sexe, ou simplement les câlins, pas nécessairement « sexuels ». L'intolérance sexuelle régnante ayant pour effet de réduire les caresses, bisous, câlins à être soi-disant des « préliminaires » de l'acte sexuel soi-disant obligatoire et obligatoirement jouissif.

Une conséquence calamiteuse et générale de cette manière obtuse et bornée de considérer la relation tactile, est que la peur du viol implique la peur panique du toucher entre adultes. Si par exemple on effleure la peau d'un inconnu ou une inconnue dans le métro parisien, on doit s'empresser de s'excuser. Comme si on l'avait agressé. Pourquoi ? Parce que le toucher entre adultes est très abusivement classé « exclusivement sexuel » ou presque. Et pourquoi si c'est « sexuel » ça doit être forcément violent et odieux ? Parce que le sexuel implique le viol.

Cette peur panique, diffuse, omniprésente et permanente est le produit de l'artificielle fringale sexuelle masculine. Pour « être un homme » un homme doit obligatoirement baiser ou chercher à baiser en permanence. Ce conditionnement dévastateur est conforté par le mythe de la puissance, qui irait de pair avec la soi-disant jouissance extrême et obligatoire de tous coïts, et la soi-disant obligation d'« honorer » toutes les femmes rencontrées en cherchant à baiser avec.

Ce conditionnement et ces mythes sexuels sont d'origine culturelle et pas d'origine « naturelle » comme on l'entend très souvent affirmer. Si l'homme s'interroge pour identifier ses vrais désirs et pas ceux issus de son bourrage de crâne et de la publicité pour le consumérisme sexuel, il se rendra compte que son désir de coït et bien moins fréquent qu'il ne le croit. Cette prise de conscience, qui n'est pas forcément évidente à atteindre, constitue une véritable libération et une réconciliation avec soi-même. Durant des dizaines d'années l'homme aura cherché « comment arriver » à baiser des femmes qui lui résistent... Là, il s'attache dorénavant à suivre son désir effectif et véritable. Il se découvre alors en paix avec lui-même et le sexe opposé. C'est ce qui m'est arrivé.

La croyance dans la légitimité du consumérisme sexuel à induit y compris des comportements féminins complémentaires du désordre masculin solliciteur permanent du coït. S'échapper aussi de cette impasse constitue pour l'homme un progrès psychologique significatif. Non pas que « le sexe » soit mauvais. Mais s'il est mal venu, artificiellement programmé, il nuit gravement à l'équilibre relationnel.Quand on suit bêtement le conditionnement hyper-sexualisé régnant, ça conduit à un véritable blocage sociétal. On rêve de baisouillage généralisé, on se branle devant des vidéos pornographiques mettant en scène ces pratiques, et on est de plus en plus seul.

Notre société n'a jamais été autant gavé de pornographie filmée ou photographiée, d'articles et livres vantant la baise à tous prix et à tous va et dans toutes sortes de déclinaisons. Et il n'y a jamais eu autant d'individus se plaignant de souffrir de la solitude. Il est grand temps d'envisager une vaste réforme des mœurs et des comportements humains pour plus de bonheur et de liberté.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017