lundi 29 juin 2015

396 Les trois phénomènes à la base de la guerre des sexes

Trois phénomènes qui se conjuguent sont à l'origine de la guerre des sexes. Tout d'abord : la non reconnaissance du travail domestique de la femme. En particulier celui de s'occuper de ses enfants. Élevez des cochons ou des rats : on vous paye. Élevez vos enfants : on ne vous donne rien. Pire : on ne reconnaît pas vos efforts. Un mari très gentil que je connais dit fréquemment à sa femme qui élève trois grands enfants et s'occupe de la maison : « tu ne fais rien, moi, je travaille ».

Le deuxième phénomène : c'est l'aberration sexuelle masculine, qu'on peut abréger en ASMA. Elle consiste en ce que la plupart des hommes cultivent l'aberration comme quoi s'il apparaît « techniquement possible de « faire l'amour », alors que n'existe pas un véritable et authentique désir réciproque, il faut, il est bien, souhaitable, nécessaire, de « faire l'amour ». Ce geste - qui n'est pas anodin, - devenant alors une pitoyable et dégradante caricature. Qui viendra ronger la relation entre les personnes concernées. Et la détruira à terme. L'ASMA conduit également aux viols et agressions sexuelles, à la prostitution et la pornographie et à la masturbation compulsive. L'humain de sexe mâle est très certainement l'animal de la Création qui se masturbe le plus et le plus souvent. En témoigne le chiffre d'affaires colossal de la pornographie.

J'ai moi-même - comme d'innombrables autres, - été victime de l'ASMA. Et espère en être finalement sorti. Quand je vois à présent une jolie fille, je me dis que je vois une jolie fille, point. Ma pensée s'arrête là.

Le troisième phénomène : c'est l'ignorance. La plupart des gens ignorent complètement la nature précise des deux premiers phénomènes mentionnés. Et en viennent à des aberrations de pensée comme celle de vouloir faire de l'homme le modèle sexuel à suivre par la femme. Au lieu d'un détraqué actif en avoir deux serait un progrès. Les hommes et les femmes sont très souvent des analphabètes tactiles. Et ont une vision fabuleuse de la sexualité. Par exemple, ils croient que l'homme jouit chaque fois qu'il éjacule, ce qui est faux.

Tant que la non reconnaissance du travail domestique de la femme persistera, avec l'ASMA et l'ignorance sus-mentionnée, il sera difficile de parler d'amour entre les humains. Et quand celui-ci se manifestera quand-même, il sera à chaque fois menacé de disparaître victime des aléas de la guerre des sexes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 juin 2015

mardi 23 juin 2015

395 Les deux erreurs en amour

Schématiquement, notre monde est l'expression de la combinaison de deux forces opposées, complémentaires, symétriques et dynamiques. Cette combinaison peut être symbolisée par le Yin-Yang chinois. Appréhender cette réalité nécessite de s'abstraire de la rigide pensée logique d'Aristote : « c'est ça ou ça ». Non, « c'est ça et ça », « ce n'est pas ça et ce n'est pas ça », « c'est ça et son contraire simultanément ». La vie est une création permanente. Ou une recréation permanente où on peut avoir du mal à discerner d'emblée la combinaison des deux forces. Pour simplifier à l'extrême, j'appellerais ici ces deux forces : « le matériel » et « le spirituel ».

Quand il y a excès de l'une ou de l'autre, ça ne va pas. Il faut qu'elles s'équilibrent et se déséquilibrent en permanence pour avancer. Exactement comme dans la marche, où on n'arrête pas de tomber d'un pied sur l'autre tout en restant debout.

L'excès du matériel en amour engendre des obsessions « physiques ». Le plus souvent l'homme est obsédé par l'idée d'obtenir des gains « physiques ». Faire l'amour voire sodomiser, embrasser sur la bouche en mettant la langue, toucher les seins, les fesses de la femme. Ces obsessions qui font fi de l'harmonie de la relation figent celle-ci, la rend désagréable, pauvre et vide.

Quand l'intention physique est « réalisée », l'insatisfaction perdure alors. Ce qui fait qu'on cherchera à la compenser avec d'autres éléments « physiques ».

Ça pourra être le nombre, la jeunesse des partenaires. Ou des idées plus naïves, odieuses et stupides, comme par exemple : ayant couché avec la mère chercher absolument à violer sa fille.

L'excès de spirituel conduit aussi à des drames et désagréments. On va idolâtrer l'autre, s'en gargariser. Tout lui donner au sens propre du terme. Se faire dévaliser, vider, cambrioler. Et jeter finalement ensuite.

L'excès de matériel conduit à des recherches substitutives. On cherchera la gloire, le pouvoir, l'argent, avec les conséquences calamiteuses que ça entraîne pour soi-même et les autres. L'excès de spirituel amène à conforter des mythes délirants qui conditionnent l'acceptation de situations absurdes et invivables. Exemple : on fera l'amour et on n'y trouvera pas d'intérêt. Au lieu de cesser, on se dira : « oui, mais à force ça s'arrangera » ou bien encore : « c'est parce que je n'ai pas trouvé la bonne personne ». Si on s'ennuie avec quelqu'un on se dira : « je ne vais pas le quitter, car nous formons un couple. » Si l'autre vous pourrit la vie avec sa jalousie : « c'est normal d'être jaloux. » Est-ce pourtant normal d'accepter des choses insupportables ?

Il faut se détourner de l'excès de cul comme de l'excès de sentimentalisme. La vie est une création permanente. Et ne doit pas être une souffrance permanente. Ceux qui s'appliquent à se rendre malheureux et rendre malheureux les autres sont à fuir.

Pour trouver ce qui nous convient et rejeter ce qui ne nous convient pas, il est essentiel de savoir dire non. Et savoir interroger franchement l'autre pour savoir ce qu'il veut. Ou pour qu'il nous dise au moins ce qu'il prétend vouloir, s'il ment.

L'amour n'est rien. La relation est tout. C'est le terreau dans lequel s'enracine l'amour éventuel. Il n'y a pas d'amour sans relation. En revanche, une relation sans amour est possible. Les femmes croient parfois que pour rencontrer un homme il leur faut s'adapter à ses désirs proclamés. C'est faux. Il faut qu'elles soient elles-mêmes. Et tant pis pour les hommes s'ils n'osent pas, n'arrivent pas à les aimer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juin 2015

394 L'euro : la monnaie cannibale

Avec la Grèce, les pseudo-négociations continuent. Quel est le but des représentants des banques déguisés en représentants de l'Europe ? Forcer Syriza à prendre des mesures largement impopulaires en Grèce. Diviser la majorité politique actuelle en Grèce. Faire descendre la population dans la rue. Faire tomber le gouvernement. Et le remplacer par un gouvernement à la botte des banques. Soit un gouvernement « technique », soit étiquetée « d'union nationale » (contre le peuple) et, enfin, à terme, voir l'arrivée au pouvoir des nazis grecs d'Aube dorée. En résumé : un « plan Condor » pour la Grèce.

Dans ce jeu, on voit une répartition des rôles. Celui de la France : être les collaborateurs mous des chefs. Soi-disant la « négociation » aurait « avancé ». En fait, une fois de plus, les gouvernants représentants des banques ont renvoyé les Grecs « négocier » avec la Troïka rebaptisée « les Institutions ».

Les Grecs ont cédé sur divers points. Mais ont conservé l'essentiel : refus d'aggraver la dérégulation du marché du travail, refus d'augmenter l'électricité de 10 %, refus de baisser encore plus les retraites et les salaires. Mesures exigées par les banques et destinées à impopulariser Syriza et ouvrir la voie à sa chute. Tout en lançant le signal à tous : « hors de l'austérité rien n'est possible ». Le célèbre Tina de Madame Thatcher qui grille dans les flammes de l'Enfer.

On voit très difficilement Rajoy se faire à présent hara-kiri en acceptant que Syriza montre la voie aux Espagnols en novembre prochain. En les jetant encore plus dans les bras de... Podemos. Rajoy restera parmi les champions contre Syriza, au côté de Madame Merkel et ses protectorats. Avec Hollande, qui commence à trouver agréable son rôle d'auxiliaire de Merkel.

L'euro, c'est la monnaie allemande, la monnaie coloniale, le « mark d'occupation ». On voit très bien à quoi il sert : à mettre les peuples en laisse. Si Tsipras tu ne cèdes pas, tu n'auras plus un sou pour payer tes retraités et employés. Les Grecs non plus, n'auront plus d'argent... Mais, où on va là ? Dans quel monde ? Les états membres de cette maudite « Europe » seraient donc devenus des colonies de l'euro ? A la merci des décisions de techniciens bureaucrates non élus de la Banque centrale « européenne » ? Oui, très exactement ça : avec l'euro, il n'y a plus aucune indépendance nationale. Que de chemin parcouru pour revenir en arrière depuis la Libération ! Eh bien, de cette « Europe »-là, on n'en veut pas.

Le traitement ultra violent subit par Syriza depuis janvier dernier aura au moins eu le mérite de montrer à tous de quoi est fait l'Europe : un avatar du monstre impérial. Un IVème Reich. Et son Cheval de Troie porte un nom : c'est l'euro, la monnaie cannibale.

Le Grexit aura lieu. Il fait partie du plan « européen » pour chasser Syriza du pouvoir en Grèce. En page d'accueil d'un journal italien sur Internet était déjà énuméré hier les mesures à prendre pour les touristes italiens en Grèce. Précisions données : le contrôle des capitaux peut entraîner jusqu'à douze jours de fermeture des banques et impossibilité de tirer de l'argent. Prévoyez d'emporter de l'argent avec vous en vacances en quantité suffisante pour vos dépenses.

Et les Grecs pendant ces DOUZE JOURS ? Ils n'auront rien. Et la colère anti-Syriza va monter. Tel est le plan des « négociateurs européens ». Un journal indiquait que les banques grecques ont déjà établit une limite « officieuse » aux retraits d'argent de plus de trois mille euros. Une mesure prise sans que les autorités officielles grecques soient consultées pour. La machine de guerre est en marche. Et la Troïka... va droit dans le mur. Voir le chapitre suivant.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juin 2015

jeudi 18 juin 2015

393 Le troisième message de la pornographie

La Nature en nous fait que nous pouvons éprouver du plaisir à voir les autres nus ou être nus devant eux. Elle peut aussi nous amener à prendre plaisir à voir pratiquer devant nous des activités « sexuelles ». Ces deux éléments participent du succès de la pornographie. Voir des femmes ou des hommes nus, les voir s'accoupler. Mais, il existe un troisième message de la pornographie, totalement nocif et polluant. Ce message est un message de violence et de mépris.

Avez-vous regardé des vidéos pornos ? Leurs scénarios est invariable. A croire que les humains sont des copies conformes les uns des autres. Les mêmes gestes, les mêmes façons d'agir. Leurs ébats sont sommaires. Les « acteurs » et « actrices » font visiblement semblant d'avoir envie de faire ce qu'ils font. Et qui visiblement les ennuie. La sensualité est en dessous de zéro. On voit de superbes filles ou gars dont on ne touche que vingt centimètres carrés de peaux et muqueuses...

Un des aspects monstrueux de la pornographie ce sont les filles aux seins déformés par des pochons de silicone introduit sous la peau. Comment peut-on apprécier des formes monstrueuses. Et considérer comme féminins des poches de plastique recouvertes de peau ? Certaines firmes de productions de films pornos exigent des femmes qu'elles emploient de se faire abimer de la sorte.

Quand on voit du porno, on constate qu'il encourage une vision complètement aberrante de la sexualité. L'homme doit bander, se faire sucer, pénétrer et éjaculer, généralement sur la fille. Ce genre de scénario est ânesque et caricaturale. Suivez-le dans votre vie amoureuse et étonnez-vous un jour si vous constaterez que celle-ci est un champ de ruines et de regrets. A force de prendre les femmes pour des trous, elles finissent par se rebiffer. Le plus triste est qu'il y a des femmes qui croient qu'accepter ce rôle va de soi. Leur organisme se révolte plus ou moins vite contre ce comportement aberrant. Et un jour, sans qu'elles comprennent pourquoi, leur partenaire leur devient insupportable. Il est littéralement vaginalement vomit.

Combien de couples où tout allait bien, croyait-on, explosent pour des motifs « mystérieux » ? Ils ont suivi le troisième message de la pornographie. Et ça leur est revenu dans la gueule. On ne joue pas impunément contre l'amour. L'amour alors se venge.

La pornographie n'a rien à voir avec l'amour. Il faut vraiment être de la plus totale immaturité affective et sensuelle pour croire qu'elle a un rapport quelconque avec l'amour. La base de la pornographie n'est pas le sexe, mais l'argent. Supprimez l'argent. La pornographie disparaît.

A force de ne ressembler à rien, la pornographie peut devenir purement violente. Dans des vidéos ou sur des photos pornographiques combien de fois peut-on voir des hommes ou des femmes grimacer de douleur en se faisant sodomiser ? Et il y a des imbéciles ou des malades qui trouvent ça « excitant » à regarder et se masturbent avec ! Pauvres et dangereux malades et imbéciles.

Il y a pire : au Japon des mangas et dessins animés parfaitement légaux montrent des adultes s'accouplant avec des enfants très petits qui sont heureux et consentants de subir ce genre d'horreur. Le caractère légal de ces productions horribles et nauséabondes n'honore pas le Japon. Ailleurs, elles sont interdites.

Vous souhaitez regarder de la pornographie ? Allez-y ! Mais, ne vous contentez pas de la regarder. Étudiez-là, essayez de la comprendre, l'analyser. Comprendre ce que vous voyez. Ce que ressentent les « acteurs » et « actrices ». Et vous verrez, la pornographie vous excitera infiniment moins. Et vous écœurera et ennuiera bien souvent. C'est tout au moins ce que je vous souhaite.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 juin 2015

lundi 15 juin 2015

392 L'aveu à propos de la dette grecque

Une information très récente, fondamentale, essentielle, pour comprendre ce qui se passe avec la dette grecque : elle montre qu'il ne s'agit pas d'argent. Les créanciers organisés dans la troïka ne cherchent pas d'abord l'argent, mais tout à fait autre chose, qui est politique.

L'exigence de la troïka est entre autres de frapper les retraités grecs en faisant baisser un peu plus encore le montant de leurs retraites. Pour trouver l'argent correspondant à cette baisse que Tsipras refuse, il a été proposé de prendre l'équivalent sur le très important budget militaire grec.

Le FMI a refusé, car il ne s'agit pas de « réformes structurelles ».

Ce qui signifie que le FMI et ses potes : Banque centrale européenne et Commission européenne ne cherchent pas l'argent, mais d'abord et avant toutes choses déstabiliser le gouvernement grec. En lui imposant de prendre des mesures impopulaires en faveur d'une austérité aggravée.

Mesures qui ne pourront que profiter en Grèce à Aube dorée, dont un slogan actuel est : après Syriza, ce sera nous.

Le ministre des finances grecques Yanis Varoufakis l'a lui-même dit il y a déjà quelque temps, si Syriza échoue, Aube dorée arrivera au pouvoir.

La troïka et ses supporters de 27 pays européens - dont les chefs d'états et gouvernements français et allemand, - souhaitent la chute de Tsipras et l'arrivée au pouvoir d'Aube dorée en Grèce.

Cette situation me rappelle ce que me disait ma mère. Dans les années 1930, elle entendait souvent en France ce propos chez les gens riches : « plutôt Hitler que le Front populaire ».

Tsipras vient de déclarer au journal Ephimerida ton Syntakton : « On ne peut que voir un dessein politique dans l'insistance des créanciers sur de nouvelles baisses des retraites après cinq années de pillage sous les plans d'aide ». Les austéritaires ont bâti une légende à l'intention des 28 peuples de l'Union européenne : « vous ne pouvez pas ne pas être Européens. Et Européens vous ne pouvez pas échapper à l'inévitable austérité. » S'ils acceptent que la Grèce reste dans l'Union européenne sans l'austérité, les austéritaires ont perdu. S'ils chassent la Grèce de l'Union européenne parce qu'elle refuse l'austérité, ils ont perdu aussi. Reste que la Grèce accepte et l'Union européenne et l'austérité... mais, elle ne veut pas de l'austérité. Alors, les austéritaires insistent désespérément. Mais ils sont les plus faibles. Un milliardaire américain a parait-il dit un jour : « si vous devez dix mille dollars à votre banquier, il vous tient. Si vous devez un million de dollars à votre banquier, vous le tenez. » Depuis les élections de janvier, la Grèce a su jouer à fond cet aspect des choses. Tout en faisant mine de céder. C'était très drôle de voir la Grèce utiliser la langue de bois à l'envers. D'ordinaire, elle sert à tromper les petits. Là, les promesses bidons servaient à tromper les puissants. Et comme la troïka aime la monnaie plus que tout au monde, la Grèce s'est appliqué à rembourser toutes ses factures durant plusieurs mois. Ce qui a complètement endormi ceux qui recevaient les pepettes. Ils passaient le temps à se polariser sur l'or qui rentrait dans leurs coffres. Sans réaliser que, pendant ce temps-là, la Grèce leur échappait. Maintenant, la majorité écrasante des Grecs soutient Syriza. Ce qui n'était pas le cas en janvier, où Syriza devait composer avec les Grecs indépendants pour former un gouvernement et prendre le pouvoir. Depuis hier dimanche 14 juin, où les Grecs ont quitté la table de négociations, la troïka réalise qu'elle s'est fait mener depuis le début. Et éclate contre Tsipras un concert de clameurs de rage dans la presse. Mais, il est déjà trop tard pour la troïka. Elle a perdu.

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 juin 2015

samedi 13 juin 2015

391 Grexit, Franxit : à propos de « l'irréversibilité » de l'euro

Quand on évoque la sortie de la Grèce de l'euro, on voit certains s'inquiéter en chœur de ce qu'elle « remettrait en cause l'irréversibilité de l'euro ». Mais, de qui se moque-t-on ? De nous, très certainement, car où et quand l'homme a-t-il créé des institutions « irréversibles » ?

Le roi Charles IX de France - plus connu aujourd'hui sous le nom de Saint Louis, - a fait bâtir la Sainte Chapelle à Paris. Elle avait pour mission d'abriter la relique de la très sainte couronne d'épines. Qu'il avait acheté à un marchand grec pour l'importante somme de vingt mille hyperpères d'or. Où sont les hyperpères, les maravédis, les tétradrachmes d'Athènes, les guldens, les écus, les thalers, les livres tournois et autres monnaies de jadis ? Elles ont disparues. Et personne ne se préoccupe particulièrement de leur disparition. Quand je suis né, en 1951, on utilisait en France des francs. Puis, quand j'ai eu environ dix ans, sont arrivés les « nouveaux francs ». Cent anciens francs valaient un nouveau franc. Enfin, voilà qu'on annonça l'arrivée de la monnaie européenne : l'écu. Probablement, la possibilité de mauvais jeux de mots avec « le cul » la fit rebaptiser l'euro. On nous expliqua que sa venue allait entrainer une baisse importante des prix. Ce fut exactement le contraire.

Les prix ont augmenté à la vitesse de l'éclair. A partir de l'arrivée de l'euro, quel changement en France, et aussi en Italie où j'ai l'occasion d'aller ! Quelques prix français et parisiens me reviennent : les pommes de terre coutaient en général environ soixante-dix centimes de franc le kilo, la tartelette aux pommes en boulangerie cinq francs cinquante, l'amandine sept francs cinquante et la religieuse neuf francs cinquante. Vous avez vu leurs prix aujourd'hui ? Une boisson au distributeur automatique coutait au verre vingt à cinquante centimes de franc...

On nous a grugé. Où est passé notre argent, dans les poches de QUI ? Et tout ça est arrivé à l'occasion de l'arrivée de l'euro. Et voilà qu'on nous explique qu'il est absolument vital de conserver l'euro. Vital pour qui ? Pour ceux qui ont gagné avec son arrivée, ou pour nous qui avons perdu ? Pour nous qui ne pouvons plus nous acheter des cerises aujourd'hui à dix euros le kilo, soit soixante-cinq francs cinquante-cinq le kilo. Ou pour ceux qui ramassent notre monnaie à la pelle ?

Les salaires, pensions, retraites, indemnités diverses, notamment de chômage, n'ont plus augmenté depuis l'arrivée de l'euro. Ou alors ont baissé, comme les allocations logements en France, qui ont fortement chuté très récemment. Car elles sont « calculées autrement ». Alors, la question est-elle : l'irréversibilité de l'euro. Ou : quand nous débarrasserons-nous de cette saloperie ?

Et l'Europe... la question du jour est dans la presse : « la Grèce va-t-elle sortir de l'Europe ? » Se pose plutôt la question : « l'Europe va-t-elle sortir de la Grèce ? » L'Europe, organisation couteuse, nuisible, superflue, parasite, impériale et dangereuse dont nous n'avons aucun besoin, bien au contraire. Et la question ici en France serait plutôt : « quand enfin va-t-on en sortir nous aussi ? »

L'Europe a fait de la France, grand pays agricole, un pays où les gens aux revenus modestes ne peuvent plus manger de fruits et légumes frais en saison. Depuis qu'ils ne sont plus simplement français ou importés en France, mais « européens », et donc beaucoup trop chers ! Les victimes de l'Europe sont aussi la variété et la qualité. Cherchez à Paris des variétés de cerises ou des pêches ou des abricots mûrs en vente. Vous n'en trouverez pas. Pour des raisons mystérieuses et européennes on ne trouve plus grande variété de cerises, y compris en saison. Quant à se hasarder à vendre des fruits mûrs, vus leurs prix et qu'ils s'écoulent difficilement, aucun marchand ne se hasarde à en avoir sur son étalage. Ils pourriraient avant d'être vendus. Basta l'euro et l'Europe ! Nous n'en voulons plus, à part quelques naïfs et des politiques. Qui restent attachés à l'euro et l'Europe comme à leurs fétiches. Ils doivent être très bien payés pour. Vivement le Franxit !!!

Basile, philosophe naïf, Paris le 13 juin 2015

mercredi 10 juin 2015

390 La sexualité infantile n'existe pas

La sexualité infantile n'existe pas. Existe simplement la curiosité infantile. L'enfant est naturellement curieux. Il peut ainsi à l'occasion s'intéresser, par exemple, aux guitares, aux chevaux, aux timbres-poste, aux zizis... Mais pas plus particulièrement ou extraordinairement aux zizis qu'aux guitares, aux chevaux, aux timbres-poste. Il le fait à sa façon. Mais n'existe pas un domaine particulier de sa vie : la « sexualité », pas plus que n'existe un « guitarisme », un « cavallisme », ou un « philatélisme » infantile.

Les adultes, qui font toute une pendule de leurs histoires et mythes liés aux queues et aux chattes s'évertuent à fabriquer une image fabuleuse des enfants. Qui seraient des sortes de mini-adultes rétrospectivement obsédés du cul comme eux. Or, justement, à la différence des adultes, les enfants ne font pas une pendule avec des histoires ou mythes de zizis et zezettes. Et ne sont pas du tout obsédés du cul comme la plupart des adultes. Ils sont bien plus tranquilles que les adultes qui sont souvent des enfants abimés, pourris mais pas matures.

Voyons trois exemples de cette soi-disant « sexualité infantile » :

Quand j'avais quatre ans au plus, je ne me souviens plus comment, ma sœur de trois ans plus âgée que moi m'a dit vouloir voir mon zizi. Elle me l'a demandé deux ou trois fois. Finalement, obligeamment j'ai accédé à sa demande. Nous sommes allés nous enfermer tous les deux dans la salle de bains. J'ai baissé ma culotte un instant. Elle, de son côté à fait pareil. J'ai entraperçu son sexe sans y attacher un intérêt particulier. Lui ai dit, parlant de mon zizi : « voilà, c'est comme ça », me suis empressé de me rhabiller. Et suis vite sorti de la salle de bains où nous avions préservé la discrétion de notre échange. Quel intérêt avais-je pour le sexe ? Aucun, mon sexe était aussi peu différentiable de mon poignet ou mon oreille. Une partie de moi qui n'avait pas d'usage particulier.

Il y a deux ou trois ans j'entendais une grand mère parler de son petit fils âgé de trois ans.

« Il m'a surpris. Il m'a dit qu'il veut me toucher les seins. Et coucher avec moi pour voir l'impression que ça fait. » S'esclaffait la dame. Qui ajoutait : « Je lui ai dit qu'il n'avait pas à me toucher les seins, que seul grand père avait le droit de toucher les seins de grand mère. Et que grand mère n'avait pas à coucher avec lui. Que plus tard il aurait une petite amie avec laquelle il pourrait coucher. »

Ces réponses de la grand mère, prétendument instructives et pédagogiques, sont d'une incommensurable sottise.

Que vient faire grand père dans cette histoire ? Et puis évoquer la petite amie future du petit garçon est une ânerie. S'il s'agit de la vie de cet enfant dans, disons douze ans, quand il aura quinze ans, autant évoquer la planète Mars. Une époque aussi éloignée ne signifie rien quand on a juste trois ans. Annoncer à ce petit garçon qu'il aura une petite amie et couchera avec est déjà normatif. Les seules réponses justes et des plus simples auraient dut être :

« Tu ne toucheras pas les seins de grand mère parce qu'elle ne trouve pas ça agréable » et « tu ne coucheras pas avec grand mère parce que ce projet ne lui fait pas plaisir ». Réponses archi-simples et facilissimes à comprendre par un petit garçon de trois ans !

Il y a vingt-cinq ans de ça, le comportement d'une fillette âgée de moins de deux ans m'a choqué. Elle s'était assise sur mes genoux. Voilà qu'elle se met très joyeusement à faire des sortes de petits bonds à califourchon sur une de mes jambes. Quand je réalise qu'en fait elle se frotte l'entre-jambes sur ma cuisse et que c'est ça qu'elle apprécie grandement ! Bien que nous étions habillés, j'ai eu le sentiment horrible et étrange d'avoir été violé par cette gamine. Qui prenait ainsi de moi un plaisir sexuel que je n'avais pas décidé de lui donner. Et qu'elle m'avait extorqué contre ma volonté.

J'en ai été choqué au point de m'en ouvrir ensuite au père de l'enfant. Il a rit et m'a répondu : « tu n'as jamais entendu parler de la sexualité enfantine ? »

Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, j'analyse cette histoire. Il ne s'agissait pas de « sexualité ». Ce presque bébé avait trouvé un moyen de se faire du bien. N'a pas insisté plus que ça pour continuer. N'a pas recommencé. Est ensuite passé à autre chose. Ne s'est aucunement intéressé à quoi que ce soit qui aurait pu paraître « sexuel » en plus. N'a pas cherché à se déshabiller. Ou me déshabiller. La sexualité n'était pas présente. Sauf dans ma tête, en étant horrifié par la pensée que ce quasi bébé profitait de ma cuisse pour s'y frotter à travers les vêtements ses parties intimes.

Imaginons des adultes à qui ce serait arrivé. Une jeune fille avec enthousiasme se frotte le sexe sur vous. Le plus probable est qu'elle finisse par « passer à la casserole ». Là, il n'y avait rien de tel. Ça n'était pas de la sexualité.

La confusion nait dans notre société de la prétention à l'existence d'une sorte de domaine particulier, réglé par des lois particulières : la sexualité. Auquel s'ajoute la contre-sexualité. Vous n'avez pas envie de baiser ? Oui, mais si vous seriez placé dans d'autres circonstances, vous en auriez forcément envie. Bel exemple de la contre-sexualité : les maillots de bains ; pourquoi utilisons-nous ces caches-zizis ? Parce que soi-disant si nos trésors étaient en vue nous aurions forcément envie de nous en servir ! Prétention ânesque mais admise par la société et plein de gens aussi.

La contre-sexualité amène scissions et rejets. Les très jeunes filles doivent être évitées car elles ne doivent pas être désirées. Les vieilles sont évitées car leur désir n'est pas apprécié. Mais si on s'écoutait, on réaliserait que la plupart du temps on ne désire effectivement personne. Et personne ne nous désire. L'être humain est bien plus tranquille à la base et au fond de lui-même que ce qu'il croit. Pour ne pas ou plus être obsédé du cul il suffit de prendre la peine de s'écouter. Et ne faire l'amour que quand nous en avons vraiment et réciproquement envie, ce qui est plutôt rare. La plupart des fois où nous bandons ça a une autre signification qu'un désir véritable.

Mais, allez l'expliquer à la plupart des gens ! Il y a une quinzaine d'années j'étais en vacances à la plage. J'observais avec ravissement la plastique adorable des jeunes filles de quinze ans. Je n'avais aucune intention de faire ou tenter de faire quoi que ce soit avec ces gamines que j'entendais discuter avec leurs copains et copines de leur âge sur des sujets aussi passionnants que : « vais-je ou ne vais-je pas fumer ma première cigarette ? » Ma copine de l'époque m'a fait des scènes de jalousie terrible. Soi-disant que si j'admirais la plastique de ces gamines de quinze ans j'avais nécessairement l'intention de coucher avec ! « Quelle incommensurable stupidité » lui fis-je remarquer. « Oui, mais il y en a qui le font », fut la réponse que je m'attirais.

La sexualité enfantine ou infantile n'existe pas. Mais des parents imbéciles déguisent leurs fillettes de huit ans en petites nymphettes : collants, minijupes, rouge à lèvres et bijoux. Quand j'étais enfant, on ne voyait pas ça. Qu'est-ce qui passe par la tête des parents qui déguisent ainsi leurs filles en vamps ? Il y a deux jours je voyais un bout de chou de deux ans à peine, ni féminin, ni masculin. Ah si ! Féminin, il avait déjà les lobes des oreilles percés et portait des boucles d'oreilles.

Est-ce que ça s'appelle respecter les enfants que vouloir leur inventer une sexualité qu'ils n'ont pas ? Quand ils sont neutres en faire absolument des filles ou des garçons, alors que ce sont juste des enfants ?

Basile, philosophe naïf, Paris le 10 juin 2015