vendredi 20 mai 2016

551 Le phénomène de dévalorisation des femmes

Quelle base a notre conscience ? Au début de notre vie notre instinct nous guide. Si à la naissance nous cherchons le sein de notre mère, ce n'est pas suite à la lecture d'un manuel de puériculture ! Cette évidence et d'autres encore seront par la suite occultées par des discours prétendument objectifs qui recouvrent des idéologies diverses. Ils se drapent parfois avec les oripeaux de « la morale », « la science » ou « l'évidence ». Vers l'âge de quatre ans, le petit humain est autonome, capable de se nourrir seul. C'est à ce moment que commence le trouble majeur de l'enfance prolongée. Pour pouvoir lui faire ingurgiter le savoir, ou les bêtises, fruits de « la Civilisation », le petit humain sera sevré tactilement et infantilisé durant une dizaine d'années au moins. C'est une fille ? Elle est belle en regard des critères esthétiques de son entourage ? Alors, elle sera aussi quotidiennement arrosée de compliments niais, énoncés autant par les hommes que par les femmes, qui se résumeront essentiellement par ces quatre mots : « comme tu es beeeeeeeeeeelle !!! »

Viendra l'époque où la fille voit ses seins pousser, sa pilosité pubienne et ses règles apparaître. À ce moment-là, il lui sera très hypothétique de vivre une « histoire d'amour ». Vu que si la Nature la fait femme, dans sa tête et affectivement elle est toujours une fillette. Cependant, il faudra peu d'années pour que des troubles nouveaux envahissent sa vie. Le désordre mental dans la tête de la plupart des garçons et des hommes fera qu'elle ne sera plus considérée par eux comme un être humain de sexe féminin, mais juste comme de la viande à baiser. La jeune fille nouvelle découvrira l'immonde harcèlement sexuel. Comme me disait récemment une amie septuagénaire parisienne : « à partir de l'âge de treize ans, il n'était plus question pour moi de pouvoir aller acheter le pain à la boulangerie en étant tranquille ! » Une dame, également parisienne, qui a été une jeune femme d'une très grande beauté, devenue âgée, s'exclamait devant moi : « enfin tranquille ! » Notre société française et parisienne, et d'autres ailleurs, font de la merveilleuse beauté féminine une tare et un fardeau.

Au harcèlement s'ajoutera la menace du viol. Qui est une menace sournoise et omniprésente dans toutes les classes de la société. Ces dernières décennies un autre phénomène dramatique s'est développé. Jusque dans les années soixante du siècle dernier, les jeunes filles et les femmes ne fumaient guère. Depuis, prenant les hommes pour modèles, elles se sont mises à fumer en masse. Résultat : les cancers liés au tabagisme ont très largement augmenté leurs ravages parmi les femmes.

La plupart des hommes harcèlent sexuellement les femmes, qui résistent. Ils en sont furieux, déçus et dépités. « Mais qu'est-ce qu'elles veulent ? » s'exclament-t-ils. Car, à partir du moment où elles n'obéissent pas immédiatement à leurs fantasmes imbéciles et irréalisables elles sont proclamées « mystérieuses ». Alors, ces hommes fâchés regardent les femmes avec mépris, hostilité. Le problème est que le regard des hommes représente aussi pour les femmes un miroir. Le miroir enlaidi ainsi entraine un phénomène de dévalorisation qui trouble très souvent la femme. Elle en amène beaucoup à se dévaloriser elles-mêmes. Cette pensée m'est venue en observant des femmes remarquables, qui bizarrement ne s'estiment pas. Je me suis demandé d'où pouvait venir cet étrange phénomène de dévalorisation injustifiée. Ces femmes sont extraordinaires et ne s'aiment pas elles-mêmes. J'ai pensé alors à leur vécu. Elles sont belles et depuis des dizaines d'années d'innombrables hommes stupides et suffisants les regardent de travers, comme des fruits indociles qui refusent d'être consommés par eux. Ainsi regardées avec cette hostilité les femmes sont plongées dans un abime de dévalorisation injustifiée. Elles le sentent aussi, cette injustification. Ce qui fait qu'elles développent également une hostilité qui va s'exercer contre les hommes et y compris ceux qui les estiment et respectent. Ces derniers hommes seront victimes de « sentiments perdus », qui sont, dans le domaine des sentiments, l'équivalent des balles perdues dans une fusillade. Ils sont touchés sans avoir été visés. L'ampleur du phénomène de dévalorisation des femmes est impressionnant.

Basile, philosophe naïf, Paris le 20 mai 2016

lundi 16 mai 2016

550 Censure et contre-censure morale

Quand on évoque les règles paraissant régir les comportements sexuels dans la société française et parisienne, on entend souvent les commentaires suivants :

« C'est l'empreinte de la civilisation judéo-chrétienne. » « L'église a un problème avec le sexe. » « L'église est contre le sexe. » Ces propos critiques ont en commun l'imprécision et le manque d'objectivité. On trouve un malaise à l'égard de la sexualité dans toutes les sociétés et pas uniquement la nôtre. Ce n'est pas l'église simplement, mais toute l'organisation sociale qui a « un problème avec le sexe ». Et enfin, l'église n'est pas du tout « contre le sexe ». L'église est très violemment hostile à la liberté sexuelle... Et très violemment favorable à la sexualité encadrée. Je donnerais ici un exemple. Dans « Histoire d'une âme », une biographie célèbre de Thérèse Martin, connue dans la catholicité comme Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, est raconté ceci :

Au dix-neuvième siècle vit à Alençon un bourgeois catholique : Monsieur Martin. Comme tous les bourgeois alençonnais de son époque, il décide un jour de se marier pour suivre le mode de vie de sa classe sociale. On lui trouve une future épouse « comme il faut ». Ils se marient. Quelques temps plus tard, le curé de la paroisse où vit le couple s'étonne et s'inquiète de ne pas le voir attendre un enfant. Il s'enquiert auprès du mari. Qui lui explique que, bon catholique, il a proposé à sa femme de vivre « comme frère et sœur ». Et que donc ils ne baisent pas ensemble. Le curé ordonne à Monsieur Martin de foutre en cloque sa meuf... Il obéit. Et au fur et à mesure des années, trois filles naissent. Monsieur Martin se retrouve veuf. Il élève ses filles en bonnes catholiques. Elles échapperont toutes les trois aux mariages arrangés en devenant religieuses carmélites. Parmi elles se trouve la future sainte. Resté seul, privé de ses trois filles, Monsieur Martin sombrera dans la folie.

On le voit par cet exemple, l'église catholique n'est pas du tout contre le sexe... Bien au contraire : pour elle, le sexe est o-bli-ga-toi-re pour faire des gosses. Qu'on ait envie de foutre sa femme ou non !

Mais pourquoi cette volonté nataliste ? Elle est politique : avoir plus de petits catholiques que de petits protestants, musulmans, juifs, bouddhistes... Elle est aussi militaire. Longtemps et plus ou moins encore aujourd'hui, dans la guerre « l'infanterie est la reine des batailles ». Or l'église et le pouvoir sont copains depuis fort longtemps. Et même quelquefois se confondent. Les états du pape était jadis une imposante puissance militaire. Cette volonté nataliste est également économique. Une main d'œuvre abondante se concurrence intérieurement faisant baisser les salaires. Et une importante main d'œuvre mal payée ou pas payée du tout, si elle est enfermée en camps de travail, assure l'écrasement économique des concurrents. Enfin, cette volonté d'encadrement de la sexualité est juridique. Elle assure le fonctionnement de la transmission des richesses par héritages, qui est un des piliers du fonctionnement de l'économie. Pour toutes ces raisons, la liberté sexuelle est prohibée ou réservée à ces cadres contrôlés qu'on appelle les maisons de tolérance. Qui sont ouvertes seulement à une clientèle masculine et sont de fait des harems collectifs. Pour ceux qui ne vont pas aux putes, reste l'usage des putains virtuelles. On s'excite en les regardant sur des sites Internet et on soulage manuellement l'excitation. Regarder la pornographie, c'est fréquenter les prostitués. Aujourd'hui, la remise en cause de la censure religieuse dans le domaine sexuel a conduit à une caricature. Loin de se poser les indispensables questions : qu'est-ce qui est bien et me fait plaisir ? De quoi ai-je envie ? De quoi ai-je besoin ? On a fait du cul une denrée obligatoire ! Un peu comme si après des siècles de végétarisme officiel imposé, la viande se retrouve subitement en vente libre. Et alors divers crétins néo-conformistes nous brament dans les oreilles : « à présent, il faut que tous mangent trois kilos de viande par jour ! » Sinon nous serions « ringards », « coincés », « traditionalistes », etc. Désolé, je vis et refuse le néo conformisme abrutissant du gavage sexuel.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 mai 2016

dimanche 15 mai 2016

549 Les habitants de l'Onanistan

Quel pays habitent les machos ? L'Onanistan, car ils pratiquent avec ferveur le plaisir solitaire. Y compris en compagnie d'une personne partenaire, car égocentrique et consumériste, il la réduise ce faisant au rang de poupée gonflable vivante.

L'absence de convivialité et communication réelle avec le sexe opposé conduit à toutes sortes de troubles : problèmes de dos, troubles du sommeil, désordres alimentaires, recherches de valeurs factices, peurs et agressivité. Cette dernière surgissant impromptue et sans raison valable visible.

Dans le domaine affectif, cette agressivité se traduit par des bouffées de violence subites, qui peuvent rester au stade intentionnel, mais pas toujours. Habitué à « consommer » l'autre, quand il s'échappe, le macho ressent une envie subite de cogner, casser, tuer même. Ou se suicider.

Typique de cette violence est celle en réaction à « la tromperie ». Elle est tellement ancrée dans les mœurs, qu'elle apparaît à beaucoup comme allant de soi. Il y a une petite dizaine d'années, je regardais au cinéma une comédie sentimentale américaine. A un moment-donné le héros croit à tort que son meilleur ami a couché avec son amoureuse. Il commence à le frapper. La salle rit. Mais ce que j'ai remarqué, c'est qu'elle trouvait parfaitement normal qu'un tel soupçon amène la violence physique !

Des personnes apparemment pacifiques, qui acceptent le machisme, vont à l'occasion, pour une raison quelconque se mettre à hurler. Le motif de ces hurlements subits n'est pas ce qu'on pourrait croire de prime abord. C'est comme une tension permanente causée par le machisme. Tension qui va s'exprimer à un moment et sous un prétexte quelconque. Le besoin de vider son agressivité sera la cause de ces cris.

Le besoin de vider cette agressivité se rencontre aussi dans le domaine de la politique. Voilà des personnes qui déclarent vouloir soulager la souffrance populaire. Vont-elles s'occuper des prix alimentaires, des problèmes de logements difficiles, du chômage ? Pas du tout, les voilà se consacrant à un conflit lointain, pourquoi ? Parce qu'un tel sujet permet d'emblée de vider son agressivité. Ce n'est pas le but qui justifie le combat. C'est le combat qui devient le but. Trouver des méchants est plus aisé dans un conflit quelconque qu'en s'occupant des malheureux dans leur vie quotidienne.

Ne sachant comment trouver le chemin du cœur des créatures du sexe opposé. N'ayant y compris pas conscience clairement de l'impasse où ils se trouvent, les machos et leurs victimes pourront poursuivre des valeurs absurdes.

L'une d'elles sera par exemple la possession. De quoi ? De n'importe quoi. Ça pourra être par exemple de l'argent, ou des cailloux, ou autre chose. Sur les plages, par exemple, on ramasse parfois de très petits bouts de verre roulés et arrondis par la mer. J'ai connu un homme qui en avait chez lui d'énormes bocaux remplis. Les plus courants étant les morceaux de couleur verte, les moins courants les morceaux de couleur bleu. Il en avait un bocal de chaque !

Quand posséder consiste à conquérir des terres, des pays entiers, on mesure les conséquences dramatiques d'une telle frénésie compensatoire du manque affectif causé par le machisme. C'est en renonçant au machisme qu'on trouve la paix du cœur. Être macho c'est être d'abord en guerre avec soi-même. Dans de telles conditions on ne voit pas comment on pourrait se mettre en paix avec les autres. Tant que le machisme durera, la paix entre les humains sera un rêve impossible à réaliser.

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 mai 2016

548 Les humains de l'Ancien Monde

Un homme regarde la photo d'une femme jeune et jolie. Il ne l'a connaît pas. Ne l'a jamais rencontré. Ignore son nom et où elle habite. Ne sait même pas si elle est vivante ou non à l'instant. Mais, sur la photo, il voit ses fesses. Et en les regardant se fait avec la main ce que les Antillais ont baptisé « seul Dieu te voit ». En résumé, pour cet homme, une femme, c'est juste une paire de fesses. Cet homme est donc un macho. Tous les hommes qui se comportent de la sorte sont des machos. Il faut croire qu'ils sont très nombreux, si on considère le chiffre d'affaires mondial de la pornographie et la part de la pornographie dans le trafic Internet général. Il a toujours dépassé cinquante pour cent. On me dira que je suis trop sévère. Que cet homme que je qualifie de macho a aussi une copine. Qu'il la traite bien... Oui, mais pour lui, sa copine est aussi une paire de fesses ! Si un jour elle lui fait comprendre qu'elles lui sont inaccessible, sera-t-il toujours d'accord pour qu'elle soit sa copine ? Rien n'est moins sûr. Et puis, quand il croise une autre paire de fesses dans la rue, pour peu qu'il les trouve appétissantes, cet homme se dit : « je les essayerais bien ! » Alors, il n'est pas macho ? On me rétorquera : « c'est la Nature ». A quoi je répliquerais : « la Nature a bon dos pour tenter de justifier les machos ». Le machisme est le problème numéro un de notre société.

Quand un peu moins de la moitié de l'Humanité est susceptible de nier l'humanité restante, parce qu'elle est femme ou fille, il y a là un très gros problème.

Les conséquences du machisme dérangent toute la société humaine. Les femmes et filles tout d'abord n'ont pas de contacts réels avec les individus qui les résument à un cul. Ceux qui les résument ainsi ignorent les contacts réels avec les femmes et filles. Si une minorité d'hommes pensent autrement que ces abrutis, ils prennent par ricochet la conséquence du conflit. Une femme ou une fille que vingt-cinq mecs ont emmerdés d'affilée qui rencontre un homme respectueux d'elle ne va pas l'identifier d'emblée. Il en prendra plein la gueule sans comprendre pourquoi.

Cette confusion est très humaine. Je me souviens comment j'ai connut une déception amoureuse pour la première fois quand j'avais vingt-deux ans. Ça s'est passé avec une jeune fille un peu forte physiquement. Résultat, durant plusieurs années les filles et femmes fortes ne me plaisaient pas. Alors, imaginez une femme qui se fait harceler par des cons depuis l'âge de douze-treize ans. Vous la rencontrez alors qu'elle en a vingt-cinq. Et vous voudriez, si vous n'êtes pas un pourri, qu'elle vous identifie et vous fasse confiance ? Ce n'est guère possible. D'autant plus que prétendre être un pur, honnête et gentil garçon fait partie de l'arsenal de jeux hypocrites de nombreux machos.

Le machisme rend agressif, émotif et nerveux. L'absence de vrais contacts possibles avec le sexe opposé fait également naître un fléau qui n'a pas de nom. On pourrait l'appeler « la séductibilité ». On se retrouve attaché de manière insensée à une personne de sexe opposé. C'en devient une idée fixe. On appelle parfois ce phénomène : « l'amour fou ». C'est un vrai trouble mental. Il est dangereux. En cas de contrariété, y compris minime, il débouche facilement sur le suicide. Certaines personnes trouvent ce trouble beau. Elles n'ont pas connut un deuil proche du fait de ce délire

L'absence de contacts engendrée par le machisme suscite des phénomènes bizarres. Ainsi, dans la cohue du métro parisien on verra certaines filles, certaines femmes, prendre des « échantillons gratuits ». Elles vont frotter discrètement une partie d'elle à un homme. Elles manquent de caresses... mais les seules caresses que lui propose la société sont assorties de la condition de « passer à la casserole » et servir de viande à baiser. Si elles n'en ont pas envie, il ne leur restera plus comme pis aller que cette prise d'« échantillons gratuits ». Il existe un mouvement dit des câlins gratuits, en anglais : « free hugs ». Ce qui signifie bien qu'en temps normal ils sont payants. Précisément on les paye avec son cul.

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 mai 2016

jeudi 12 mai 2016

547 Le mythe matrimonial masculin, la drague, la masturbomanie, la prostitution réelle ou virtuelle, bases de la stupidité machiste et des violences faites aux femmes

Qu'est-ce que le mariage ? S'il s'agit du mariage religieux, il permet de se mettre en règle avec l'église à laquelle on se déclare affilié. S'il s'agit du mariage civil, il s'agit d'un contrat administratif à conséquences juridiques et économiques. Il n'est nulle part indiqué que ces accords contractés assurent un bonheur quelconque. Cette assurance est le fait du mythe matrimonial qui prétend que « mariage » et « bonheur » sont synonymes. S'agissant de l'homme, il prétend aussi précisément que, grâce au mariage, il pourra se vider régulièrement les couilles dans le trou correspondant chez la personne avec laquelle il est marié. Et qu'il sera ainsi « sexuellement » « épanoui ». Ce discours relève très fréquemment de la pure et simple démagogie. Tromperies, « infidélités », aventures diverses, refus plus ou moins catégoriques de baiser, frigidités féminine ou – et – masculine abondent dans le cadre matrimonial. Mais le boniment à la vie dure. Encore tout dernièrement à propos d'agressions d'enfants dont sont accusés des prêtres catholiques, on a vu ce commentaire faire florès : « bien évidemment qu'ils sont amenés à agresser des enfants. Ils n'ont pas le droit de se marier ! » Sous-entendu que si on baise sa femme on n'agresse pas les enfants, alors que quantité d'agresseurs d'enfants sont mariés et quantité de personnes célibataires, y compris des prêtres catholiques, n'agressent personne ! Mais l'équation « mariage égal je m'éclate au lit avec bobonne et ainsi je fous la paix aux gosses car j'ai soulagé ma bite » a toujours ses adeptes. Comme on le voit encore une fois démontré ici : « seule la bêtise humaine sur Terre nous donne une idée de l'infini ».

Le mythe matrimonial masculin n'est pas le seul phénomène à la base de la stupidité machiste et des violences faites aux femmes. Il existe aussi le mythe de la drague. Il faut absolument chercher à baiser tout ce qui bouge, en particulier quand ça paraît « appétissant ». Un homme me disait il y a des années à Paris : « si tu vois une femme, il faut chercher à la draguer, même si tu n'en as pas envie, sinon elle se sentira vexée. »

La masturbomanie, phénomène extrêmement répandu chez les hommes, ne les rend pas sourds, mais contribue à les rendre cons et machos, car elle valide leurs fantasmes. Avec elle, tous les fantasmes se soldent par une giclée d'endorphines dans leur tête, qui contribue à leur bêtise à l'égard de la sexualité. Ils finissent par poursuivre des buts absurdes sans réaliser pourquoi.

La prostitution réelle leur permet de réaliser les fantasmes machistes avec une personne qui joue le jeu car elle est payée pour. La prostitution virtuelle consiste à s'exciter en regardant une photo ou une vidéo où la personne partenaire virtuelle vous excite, car elle est payée pour.

Tout ce système est très bien verrouillé. Ainsi, par exemple, la « nudité », c'est-à-dire le fait de ne pas mettre de vêtements est définie comme « sexuelle », c'est-à-dire appelant au coït. Ce qui est parfaitement faux. Mais, quand bien-même l'auriez-vous compris, les autres, qui vous verront ainsi, l'interpréteront de cette façon. Et la police pourra venir vous « remettre à sa place » si besoin est.

Ce qui est possible, c'est individuellement et dans la mesure du possible, quitter la vieille « morale » machiste. Par exemple en étant nu chez soi quand il fait chaud et que vous êtes seul, et en ne cherchant pas à s'habiller systématiquement pour faire « comme tout le monde ». En considérant le mariage objectivement pour ce qu'il est, ni plus ni moins. En ne suivant pas la mode de la drague. En abandonnant la masturbomanie et ignorant la prostitution réelle ou virtuelle. En vous occupant à vivre en dehors des sentiers battus. En agissant ainsi, le regard change. Le sien et au moins celui de certains autres. On retrouve la simplicité et la tranquillité de ses jeunes années. Et, à défaut du « bonheur » on acquiert la sérénité, qui est peut-être l'autre nom du bonheur.

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 mai 2016

lundi 9 mai 2016

546 La peur contre le bonheur

L'inconnu quel qu'il soit fait peur aux humains. Y compris s'il s'agit d'une chose extrêmement positive, ou totalement secondaire, anodine, inoffensive.

J'ai pu le voir et le vivre au début des années 1960 à Paris. La mode des cheveux longs a été lancée pour les garçons. Quand un de mes deux frères a, visiblement, voulut laisser pousser ses cheveux. Que ceux-ci commençaient à devenir plus longs qu'une coupe de garçons classique de l'époque, ce fut un drame dans la famille. Une catastrophe ! Pourquoi ? Parce que c'était une petite entrée dans l'inconnu. Une société où les garçons ont des cheveux longs. Évoquer à l'époque que déjà il y a des siècles les garçons portaient des cheveux longs n'y changeait rien. C'était un drame !

Quand j'ai commencé à parler en 1994 de mon projet de renaissance du Carnaval de Paris, initié en 1993, je me suis heurté à une forte opposition. Pourtant, il s'agissait juste de faire défiler en musique avec des costumes une vache dans les rues de Paris. Un tel projet ne dérangeait pas en théorie, il arrangeait même. Mais, s'il dérangeait et se heurtait à une telle opposition, c'est parce que il ouvrait une perspective sur l'inconnu. Paris en Carnaval étant une époque oubliée, devenait de ce fait cause de peur pour une quantité de gens. A présent que ça fait dix-neuf ans que le cortège du Bœuf Gras défile, il est de nouveau connu. Ce n'est plus l'inconnu. Il ne fait plus peur.

Mais quand aujourd'hui je propose la création de petits groupes chantants, qui ne demande ni efforts particuliers ni mise de fond, j'ai du mal à faire passer le message. Que de fois on m'oppose l'argument faux et stupide : « je n'ai pas le temps ». Pourquoi renouer avec la tradition des goguettes est si difficile ? Une fois de plus pour la même raison. Les goguettes étant une tradition oubliée représente l'inconnu. Et l'inconnu fait peur.

Dans le domaine de l'amour il serait si simple et facile de sortir de la calamiteuse situation actuelle. Mais pour rien au monde la plupart du temps qui que ce soit veut faire changer l'état des choses. Pourquoi ? Parce qu'en refusant le fonctionnement actuel et cherchant autre chose, on entre dans l'inconnu.

Dans le domaine politique, la peur de l'inconnu est également présente. Habitués à l'euro et à l'Europe quantité de gens ont peur d'en sortir. Parce que cette sortie c'est l'inconnu. On peut leur démontrer que leur peur est absurde. Elle reste vivace. A la fin du XVIIIème siècle en France on avait également peur de changer de régime politique. Le roi était le connu, l'inconnu c'était un pays sans roi.

La peur de l'inconnu explique que n'importe quelle chose nouvelle a généralement du mal à s'imposer d'emblée, quelles que soient ses qualités.

La peur a sa logique. Il n'est pas forcément logique d'avoir peur. Ça peut y compris être totalement absurde. Ne pas créer des goguettes est absurde. Refuser durant des années et empêcher de sortir le cortège du Bœuf Gras à Paris était absurde aussi.

Quantité de femmes s'interrogent aujourd'hui pour savoir pourquoi elles ont souvent beaucoup de difficultés à dénoncer les violences qui leurs sont faites. La réponse est là aussi la peur de l'inconnu. Une société où les femmes défendent systématiquement leur dignité, on n'a pas encore vu ça. Alors, y parvenir, chercher à y parvenir, fait peur. Pourtant c'est le maintien du statut quo violent actuel qui devrait plutôt faire peur. Aujourd'hui, qu'un garçon veuille avoir les cheveux longs ne fait plus peur. Demain, le fait de se défendre ne fera plus peur aux femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 9 mai 2016

545 Nuit endorphinique et « chagrins d'amour »

Un jeune homme beau, fort, sensible, intelligent, cultivé, recroquevillé, en larmes et désespéré... que lui est-il arrivé ? Un deuil, une catastrophe, un malheur sans nom ? Rien, rien de plus qu'une dispute avec sa copine. A voir ce tableau, je peux s'interroger sur la fragilité morale engendrée par l'état amoureux. Et souscrire à ce propos d'un étudiant des Beaux-Arts de Paris qui m'était rapporté dans les années 1970 : « la vraie force, c'est parvenir à se passer des femmes. » Et, effectivement, à voir le malheureux décrit plus haut, ça ne me donne vraiment pas envie d'avoir une amoureuse. Moi aussi, j'ai connu de pareils états pour les mêmes raisons. Mais ne m'étais pas vu.

D'où proviennent de telles réactions excessives ? Elles tiennent à nos vies et aux endorphines. Quand nous atteignons l'âge de quatre ans environ, survient le sevrage tactile. On est « grand » ! Fini les caresses ! On entre dans la nuit endorphinique. Et, un jour, vers douze, treize, quatorze ans, on se sent attiré par le besoin de contacts lié à la maturité reproductive. Carencé et analphabète tactile, on ne sait comment sortir de son état. Alors, « l'amour » fait ses ravages...

On croit que le bonheur réside dans la relation avec une espèce de vague succédané de papa ou maman, qui serait l'amour « unique et éternel » de notre vie. Des personnes apparemment raisonnables croient à ces fadaises. Dès qu'elles semblent validées par quelques giclées d'endorphines, suite à quelques contacts « physiques » et des rêveries concomitantes, on croit que ça y est ! On arrose le tout avec le poison de la jalousie et on se croit sorti de la nuit endorphinique. Quand, zim boum ! Patatra ! Lollotte vous fait la gueule pour une microscopique raison. Et on s'effondre moralement. On est en état de manque endorphinique. On pleure. Tout est foutu !

A force de voir la litanie de catastrophes en tous genres généré par ces contrariétés dites « chagrins d'amour », j'en ai ma claque des « belles (?) histoires d'amour ». J'en viens à vraiment me dire qu'une bonne solitude tranquille embellie par de bonnes amitiés, des plaisirs esthétiques, intellectuels, du rire et des chansons vaut mieux que toutes les Lollotte de la planète...

Des donneurs de leçons en tous genre vont claironnant : « une vie sans amour ne mérite pas d'être vécue ! » Ils ne se sont pas regardés ! Quand je repense au jeune homme dont je parlais au début de ce texte, je me dis qu'on peut aussi clamer, si on veut : « une balade en auto rapide et sans freins est indispensable à notre joie ! » C'est facile de donner des conseils à la con. Il suffit de remuer sa langue ou noircir une feuille de papier avec un peu d'encre. Les risques, les ennuis, les soucis, les souffrances, les chagrins des autres, on ne les voit pas. Moi si, je les vois.

Si vous souhaitez courir après les Lollotte, allez-y. Moi, je reste derrière mon clavier d'ordinateur, bien tranquille et heureux de vivre.

Je n'ai rien contre les Lollotte. Les apprécie et respecte. J'apprécie et respecte aussi la panthère de la ménagerie. Mais ne vais pas pour autant la caresser. Si vous allez caresser les Lollotte ou la panthère, c'est votre affaire. Si elles vous font souffrir, c'est votre affaire aussi. Personnellement, question de goût, je préfère éviter la souffrance. Il existe tellement de belles choses sur Terre, de belles activités, qui sont un million de fois plus belles que toutes les Lollotte du monde.

Il faut arriver à gérer raisonnablement ses endorphines. Se shooter massivement, avec de l'alcool, de la drogue ou des Lollotte, est une démarche qui ne me convient pas.

Je vais à présent aller me faire une dose d'endorphines : manger, car il est tard et je n'ai pas encore déjeuné. Avant, je mettrais en ligne ce texte, ça me fera plaisir également. Salut !

Basile, philosophe naïf, Paris le 9 mai 2016