dimanche 24 mai 2015

378 Les femmes prises au piège sophistiqué de la jalousie

Ce qui différencie l'humain des autres espèces animales, c'est sa sexualité et le travail. Allez voir des girafes qui vivent dans la brousse. Vous verrez des girafes dans la brousse. Allez voir des humains qui vivent en ville. Vous verrez des maisons avec des humains dedans. C'est dire que l'organisation du travail a une importance fondamentale chez les humains. Or, une chose qui pourrit tous les rapports humains est que le travail de plus de la moitié des humains, choisi pour son sexe, n'est ni reconnu, ni rémunéré. Il s'agit du travail des femmes à la maison. Élevez des rats ou des souris blanches : c'est un métier, on vous paye. Élevez vos enfants, avenir de l'Humanité, de votre pays, votre famille : vous n'êtes pas payé. C'est du bénévolat. Faites des ménages chez les autres. C'est un métier, on vous paye. Faites le ménage chez vous, rangez la chambre de vos enfants, lavez leur linge, repassez-le : c'est du bénévolat. Tenez la comptabilité de la famille, suivez les études de vos enfants, etc. C'est la même chose. Un comptable est payé. Un enseignant est payé. Une mère de famille pour un travail similaire, la responsabilité maternelle en plus, n'est pas payée. Cette immense part du travail non reconnu, méprisé, déséquilibre et gâche l'ensemble des rapports humains et tue l'amour.

Si je vais vers une femme qui me plaît, elle s'attachera à trois choses : il faut un rapport sexuel, base de la relation. Il faut que l'homme que je suis soit solvable. Un homme qui n'est pas solvable n'est pas un homme. Car il ne peut pas jouer son rôle de béquille de sa femme. Et la jalousie doit régner. Car si l'homme qui a pour rôle de subvenir largement aux ressources d'une famille où la femme travaille sans être rémunéré va s'en aller, la femme perdra ses ressources. Et n'aura plus son gagne-pain : l'homme qui la nourrit et l'entretient. Ou dont le rôle théorique est en tous cas traditionnellement celui-là. Même si le monde change, les idées anciennes perdurent encore.

Certes, de nos jours, bien des femmes travaillent à l'extérieur de leur foyer en plus du travail qu'elles y effectuent. Elles ont donc gagné une certaine autonomie financière. Le résultat ? Elles divorcent en masse. Et c'est presque toujours elles qui prennent l'initiative de la séparation.

La situation est-elle devenue bonne pour autant ? Non, une quantité énorme de gens déclare souffrir de la solitude. Parmi eux trente pour cent des étudiants de France seraient concernés !

J'ai été essentiellement élevé par ma mère. Mon père ne s'est pas beaucoup occupé de mon éducation. Comme je n'allais pas à l'école, l'influence maternelle a été plus grande que si j'avais eu des contacts extérieurs : camarades d'école, leurs familles, enseignants. Je suis devenu longtemps et sans le savoir jusqu'à très récemment deux tiers femme, un tiers homme. Très sentimental, pas attaché au cul d'un côté. Et d'un autre côté un peu porté sur le cul à la façon des hommes, c'est-à-dire bête, superficielle et égocentrique. Je n'avais pas de message clair à délivrer aux femmes qui attendaient de ma part le comportement d'un individu ordinaire, un homme classique : deux-tiers homme au moins et un tiers femme ou moins encore. Résultat, les femmes m'ont laissé la plupart du temps sur la touche. N'étant pas dans la norme, même inoffensif, je n'étais bon à rien pour elles.

Au début des années 1970 j'ai entendu une jeune fille parlant de moi à sa copine lui dire : « lui, il n'est pas comme les autres ». Mais quand on n'est pas comme les autres on est rejeté, c'est la règle. Très longtemps je n'ai pas compris pourquoi. C'est seulement à présent que je réalise quelle était ma situation.

Ce n'était pas évident pour moi. Car, dans le domaine de l'amour, le mensonge est omniprésent. Je me souviens d'une amie et sa collègue de bureau. L'une et l'autre étaient très « classiques ». La première jurant les grands dieux qu'elle avait pour principe de vie d'être « fidèle » et refuser l'infidélité. « Je n'ai pas envie de passer la main dans les cheveux de quelqu'un où une autre main est passée avant » se plaisait-elle à répéter comme une formule favorite. Une fidélité en bronze, inébranlable, principielle, un blason de noblesse de la femme classique, « sentimentale », fidèle, exclusive... jeté à la face de l'homme que j'étais. A l'écouter, étant seulement ami, je devais considérer le cul et le cœur de cette femme « fidèle » comme un trésor mille fois précieux et totalement inaccessible pour moi.

La seconde femme, orientale et mariée ne jurait que par son petit mari chéri. Son petit mari chéri par ici, son petit mari chéri par là, rien de plus important pour elle que son petit mari chéri ! La porte de ce ménage sacré ne pouvait pas, c'était visible, être franchi par une queue étrangère sacrilège, par exemple : la mienne.

Et puis, un jour au restaurant, il y a quelques années, voilà que nos deux partisanes intraitables de l'amour avec un grand A et de la fidélité avec un grand F m'ont surpris. Elles étaient là à bavarder ensemble. Et m'ont complètement oublié quelques instants. J'entends et vois alors deux autres personnes, complètement étrangères. Que je n'avais jamais rencontré. Elles parlent d'une vedette de cinéma et j'entends : « c'est sûr, s'il vient coucher à la maison, je ne dormirais pas dans la baignoire ! » Voilà qu'elles révèlent le fond de leur pensée. La « fidélité » en bronze, le « petit mari chéri » : du vent ! Ou, plutôt, des mensonges classiques, à servir sans modération aux hommes. Hommes qui, de leur côté, mentent également aux femmes. Mais voilà, je n'aime pas le mensonge et croit vraiment à la valeur de la vérité. Je suis un Martien égaré sur Terre...

Les humains mâles sont détraqués, hypersexués et baise-partout. Une voisine jeune et jolie m'a montré sa réponse à la baisomanie de son petit copain. Elle ne vivait pas avec lui. C'était soi-disant un « couple moderne ». En fait, c'était une ruse. En ne voyant son obsédé de la queue qu'une ou deux fois par semaine, il ne l'embêtait pas plus d'une ou deux fois par semaine. Vive la modernité !

Mais arrive le problème des enfants. On peut ne pas vivre ensemble. Mais si les enfants arrivent, il faut bien se mettre ensemble... Et l'homme est toujours autant baisomane. On va donc s'appliquer à... le castrer moralement. Ou le rejeter tout en conservant ses produits : les enfants qu'on a fabriqué en ajoutant aux ovules ses spermatozoïdes.

C'est ce que font quantité de femmes. Après avoir accepté d'être « limée » régulièrement durant quelques années, arrive le deuxième et dernier enfant programmé. Alors, le vagin se ferme. La boîte à plaisirs met la clé sous la porte. Fini, le trou à branlette et les exercices de gymnastique en chambre du samedi soir ! La femme refuse de continuer à faire semblant de s'intéresser au cul.

C'est un grand classique. L'épouse d'un ami à moi lui a fait le coup. L'amie et collègue africaine d'une amie européenne a également agit pareil. L'Européenne me disait : « tu sais, après son deuxième enfant elle a arrêté de faire l'amour, c'est fréquent ça. Alors, il l'a quitté. » Les projets d'enfants régissent la fermeture ou l'ouverture du trou à branlette. Une amie m'avait dragué dans la perspective que je lui fasse des enfants. Quand elle a réalisé que ce projet lui paraissait difficile à réaliser, elle s'est débarrassé du papa potentiel. Subitement, les « sentiments d'amour » de sa part se sont éteints façon extinction du gaz quand on tourne le robinet. Et elle a cherché quels défauts elle pouvait déclarer trouver chez l'homme merveilleux que j'étais paraît-il jusqu'à là. Il faut bien justifier le résultat de ses calculs quand il amène hypocrisie et brutalité morale !

Et pourquoi autant de bruit fait aujourd'hui autour de la « Procréation matériellement assistée » ? Parce que si on se reproduit avec des éprouvettes et plus avec une bite et des couilles montées sur un homme, ça change bien des choses. Et cette situation envisagée trouble plus d'un individu !

La base du désordre général des rapports humains c'est la non reconnaissance du travail domestique de la femme et les besoins sexuels artificiels, intellectualisés et hypertrophiés de l'humain mâle.

Mais si homme « je sors du jeu », déclare ne pas baiser ? Que m'arrive-t-il avec les femmes ? Pour elles, je deviens inclassable, incontrôlable, bizarre. On me déclare pédé. Éventuellement pédé refoulé, qui s'ignore. Le terme de « refoulé » est très pratique à utiliser. Les autres savent mieux que vous qui vous êtes. Et vous pouvez même être quelqu'un d'autre sans le savoir ! Bouffonnerie ! En fait, l'homme qui ne baise pas dérange beaucoup de monde. La « norme fatale » cesse d'être fatale. Et on ne peut pas envisager de le capturer et l'attraper par la queue !

Quand le mensonge fleurit, on n'aime pas se laisser découvrir. Et montrer qui on est quand on fait partie des menteurs. Certaines femmes, une fois qu'elles ont un jour « baissé la garde », n'apprécient pas d'être identifiées pour ce qu'elles sont. Une femme « fidèle » qui m'a laissé voir qu'elle bricole et baisouille dans les coins, a baisouillé un soir avec moi. Puis m'a rejeté en me traitant de profiteur. Une autre, se laissant caresser, mais n'étant pas baisée, déçue de ne pas voir fonctionner son vagin-piège s'est éloigné subitement de moi. Elle voulait capturer un homme et pas vivre quelque chose avec moi. Ne parvenant pas à me capturer, en me faisant un enfant dans le dos, elle est partie chercher un autre naïf. Le plus caricatural fut une femme qui s'éclipsa quelques instants de la pièce où nous étions à bavarder en tête à tête. Revint, me pris la main et la mis directe dans sa culotte ! Je n'en revenais pas. N'ai pas fait grand chose. Elle m'a alors engueulé pour n'avoir pas été jusqu'au bout, c'est-à-dire l'avoir baisé. Puis, le lendemain au téléphone m'a accusé d'en avoir profité !

L'incohérence relationnelle est difficile à gérer. Surtout quand l'incompréhension, le désordre et le mensonge règne.

Des fois, les plans extraordinaires des autres n'apparaissent pas. Mais, subitement, une femme de votre entourage disparaît. Cesse de vous voir sans raisons visibles. Vous avez fait partie sans le savoir d'un plan à elle qui n'a pas fonctionné. Vous aviez cru être son ami. Vous étiez juste pour elle une chose, un pion, une pièce d'un jeu inconnu aux règles inapplicables. Dans son rêve voilà que vous ne serviez plus à rien. Sans problème ni hésitation, elle vous a mis au rebut. C'est ainsi qu'il arrive qu'une amie se mariant, se mettant « en couple », vous oublie soudain et complètement. Vous avez cru être indispensable dans sa vie ? Pas plus qu'une chambre à air usée avec des rustines. Elle s'en est procuré une neuve, plus besoin de vous. J'ai ainsi servi de Sigisbé durant onze ans. Amoureux transi et jamais admis dans le cœur et le cul de la belle de mes rêves. Et puis la belle s'est mariée. Est passée à autre chose. Alors, elle a jeté son Sigisbé dans les WC et tiré la chasse.

Je me dis à présent qu'en amour il faut faire comme en informatique. Quand un mail paraît bizarre, ne pas y répondre. Quand une pièce jointe paraît douteuse, ne pas l'ouvrir. Et qu'ainsi j'éviterais à l'avenir beaucoup d'ennuis et de complications.

Je ne veux plus me prendre pour le sauveur des autres. Commençons par nous sauver nous-même ! N'oublions jamais qu'un individu qui se débat dans l'eau peut entrainer dans le fond le bon nageur imprudent qui est venu lui porter secours. Faisons juste ce que nous avons à faire. N'en faisons pas trop.

On peut très bien vivre sans cul et sans « amour », c'est-à-dire seul. On peut aussi être très malheureux avec du cul et en vivant avec quelqu'un. Il faut arrêter de s'obnubiler sur quelques centimètres d'organes reproducteurs. Et sur une compagnie qui est bien plus encombrante qu'un chat, un chien, une perruche, un poisson rouge, une souris blanche ou un géranium en pot. Quand vous voyez une femme qui vous plaît, commencez par vous dire : « me mérite-t-elle ? » et « mérite-t-elle que je m'emmerde à tenter quelque chose avec elle ou dois-je passer mon chemin ? » Si vous passez votre chemin, n'ayez surtout pas de regrets. La route est vaste, l'horizon lointain, la liberté extraordinaire, formidable, et mille fois plus belle et prometteuse que toutes les fables.

Basile, philosophe naïf, Paris le 24 mai 2015

jeudi 21 mai 2015

377 Révolution et contre-révolution sexuelle

A lire certains le devenir de notre vie sexuelle, sentimentale, relèverait de notre destinée, celle-ci dépendant de nos choix personnels. Il suffit qu'on évoque des lois, des comportements généraux, pour s'entendre souvent clore le débat avant même qu'il soit ouvert. On se voit opposer le catégorique : « la vie sexuelle, ça dépend des gens, de leurs choix personnels ». Il n'y a soi-disant rien à dire au plan général. Si on essaye, on se voit accuser de vouloir généraliser son parcours personnel et unique. Cette négation du débat apparaît beau, bon et bien rassurant à beaucoup. Sur ces choses « intimes » il n'y aurait pas et ne pourrait y avoir de débat. « Les goûts et les couleurs » seraient comme, par exemple : « la masturbation et la sodomie ». Moyen facile de ne pas ouvrir un débat que certains trouvent gênants, préférant agir dans l'ombre. Faites ce que je dis. Quant à ce que je fais, c'est exclusivement mon affaire... Surtout quand je fais exactement le contraire... Pourtant il y a des lois, des règles, des traditions, un contexte culturel et social qui marquent profondément et orientent bien des choix qu'on prétend ou croit personnel. Par exemple, dans un pays de tradition végétarienne il est infiniment probable que vous adoptiez une alimentation végétarienne. Même sans approuver clairement, consciemment les motifs idéologiques, philosophiques ou religieux qui sous-tendent cette tradition. C'est ainsi que j'ai entendu des personnes justifier maladroitement leur soumission à certaines règles religieuses de leur société par des raisons autres : d'hygiène, de santé. Et j'ai pu observer sur moi-même l'influence des règles sociales et morales dominants mon époque.

Il arrive qu'à l'échelle de la société ces règles soient remises en question. C'est alors comme une « révolution ». Qui est immédiatement suivie par son contraire : la contre-révolution. Il en a été ainsi il y a une cinquantaine d'années. Une remise en question inachevée de la société, à travers une grave crise sociale a touché un certain nombre de pays, dont le nôtre. La crise sociale a libéré des questionnements interdits dans le domaine des mœurs. On a été jusqu'à évoquer une « libération sexuelle » ou « révolution sexuelle ». Mais cette « révolution » dont on parle tant inclut aussi ici son contraire : la contre-révolution. Et quelles ont été les conséquences de cette dernière ?

Quatre choses fondamentales ont été maltraitées par la contre-révolution sexuelle. La première c'est la recherche de la nature en l'être humain. La vérité est que les humains sont des « singes ». Ce qui signifie que, comme les autres espèces simiesques, la base de leur comportement est instinctive. Cet instinct qu'ils ont hérité de la Nature et possède à la naissance vient à être ensuite plus ou moins contrarié par l'éducation. Qui est le produit de l'évolution culturelle au cours de nombreux siècles. Le fruit de cette contradiction forme le comportement humain tel qu'on le rencontre avec ses grandes lignes et aussi sa diversité. Ce comportement est plus ou moins vécu comme harmonieux, agréable, ou pas. Rechercher comme est son instinct fait partie des efforts de l'humain pour vivre plus confortablement sa vie. Qu'il puisse suivre exactement cet instinct ou pas. La recherche de l'instinct par l'humain, c'est la recherche de la Nature en lui. C'est aussi le but de la philosophie. Comprendre pour vivre mieux ses contradictions ou les réduire, s'en débarrasser plus ou moins. Voilà qui améliore la vie et la convivialité et le sort de l'Humanité.

Au nombre des contradictions d'origine culturelle on trouve le sevrage tactile. Après la très petite enfance où on est touché, lavé, caressé, câliné, c'est le stop. Le sevrage tactile est une réalité. Il n'y a pas de « latence », mais une privation subite qui s'exprime également par des choses comme devoir dormir seul, se laver seul. C'est un rejet qui trouble et pas une évolution naturelle.

Un autre élément essentiel est qu'entre les humains de sexe féminin et masculin existe un décalage astronomique. Les premiers sont infiniment plus sensuels que les deuxièmes. Après avoir vu son instinct lessivé culturellement, la femme recherche l'amour et éventuellement la sexualité. L'homme recherche la sexualité et éventuellement l'amour. Grossièrement parlant la femme rêve au prince charmant. Cependant que l'homme se branle devant des vidéos pornos sur Internet.

Élément fondamental du tableau de la sexualité humaine : la non reconnaissance du travail domestique qui est essentiellement assuré par la femme et donc reparti sur une base sexuelle. Ce travail est imposé à la femme, jamais reconnu et rémunéré. Le travail imposé et non rémunéré porte un nom : l'esclavage. Officiellement, les esclaves noirs ont été émancipé en 1848 en France. Les femmes de France attendent encore. Leurs chaînes sont toujours intactes. L'existence de leur esclavage est même niée au nom d'une prétendue émancipation qui serait déjà pleinement réalisée.

Élever des rats, des crocodiles ou des autruches est un métier : on vous paye pour. Élever ses enfants, qui sont l'avenir du genre humain et de son pays, n'est pas payé. Pourquoi ?????

Dans les années 1960 finissantes et 1970 la contre-révolution sexuelle s'est vite déchainée pour éviter un progrès décisif pour l'Humanité.

Son axe a été simple : à toutes les revendications plus ou moins d'ordre sexuel elle a opposé le « modèle » masculin comme le seul et unique possible et souhaitable. La sexualité traditionnelle est remise en question ? Il ne doit pas y avoir de recherche de nouveaux modèles à suivre pour la relation homme-femme. Il y a un seul et unique modèle à suivre, c'est l'homme. Et le but est sa satisfaction à lui... Ainsi, la « liberté sexuelle » devient l'obligation pour la femme de dire oui à toutes les demandes de l'homme. Sinon, elle est ringarde, coincée, vieux jeu, « a des problèmes »...

La question du sevrage tactile et ses conséquences sur les enfants reçut une réponse totalement folle. Dans les années 1970 s'est déroulé en France une campagne délirante pour le coït et la sodomie des enfants !!! Celle-ci pris notamment la forme détournée consistant à demander « innocemment » l'abrogation du concept de majorité sexuelle dans le code pénal. Cherchant aujourd'hui à expliquer et absoudre les supporters de cette campagne, certains vont prétendre les excuser au nom des excès et errances idéologiques qui auraient été habituels dans ces années-là... Il faut aller plus loin dans les explications : la contre-révolution sexuelle a pour axe fondamental de ne pas toucher au statut dominant socialement et hyper-baiseur du masculin adulte. A toutes les revendications elle répond en mettant en avant l'homme et sa queue fouailleuse. Quand on parle des gosses, ça donne le délire auquel on a assisté. Et que beaucoup voudrait faire oublier et même justifier comme des sortes d'erreurs de jeunesse sans gravité. Aux crétins qui croient que les petits garçons rêvent de se faire sodomiser, je répondrai avec les souvenirs de mon sevrage tactile. Quand j'étais petit, j'aimais beaucoup qu'on me passe de temps en temps la main sur la peau du haut de mon dos, en entrant cette main par le col de mon vêtement quand j'étais assis. Un beau jour, ça s'est arrêté. J'étais devenu « grand » aux yeux de mon entourage... fin de cette caresse. J'en ai été désolé et désemparé. Et n'ai pas posé de questions. Des caresses en haut du dos, voilà ce qui me manquait. Je n'ai jamais rêvé d'être sodomisé ! Ceux qui croient que ce serait là le désir des petits garçons attribuent leurs désirs malades à leurs victimes. La police est là pour s'occuper de ceux qui, au nom de la liberté des petits garçons, veulent leur imposer de telles choses dont ils n'ont pas envie.

Dans le domaine général des femmes, la contre-révolution sexuelle a donné la prétention de transformer la société en un immense bordel gratuit.

Le problème du travail domestique non reconnu ni rémunéré a été ignoré. En revanche, se penchant sur le confinement au foyer des femmes, la réponse est venue que la « liberté » de la femme serait d'y ajouter le travail à l'extérieur en plus ! Une campagne de publicité a même proclamé : « La femme change : elle veut travailler ». Comme si à la maison elle ne travaillait pas ! La contre-révolution sexuelle a systématiquement nié la femme et sa dignité. Et au nom de la « liberté » elle a ouvert en grand les vannes de la pornographie. C'est la société où nous vivons à présent. Certains progrès marquants sont arrivés dans les années 1970. Mais pour le reste, on a fait du sur place.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 mai 2015

mardi 19 mai 2015

376 L'origine sexuelle de l'hécatombe des enfants grecs

Un slogan hippy des années 1960, qui se voulait pacifiste proclamait : « faites l'amour, pas la guerre ». Hélas, à l'insu de ses promoteurs, ce slogan se traduit exactement par : « faites la guerre, pas la guerre ». pourquoi ? Parce que la sexualité chez les humains, depuis des temps très anciens, mais pas depuis toujours, c'est la guerre. C'est la guerre parce que les hommes hypersexualisés, obsédés de la queue, cherchent en permanence à baiser les femmes. Qui elles, ne veulent pas baiser tout le temps. Et pourquoi ? Parce qu'elles sont plus proches de la Nature, tout simplement. Car elles font ou peuvent faire les enfants. Et sont en général différentes des hommes. Et la Nature durant une très grande partie de leur vie se rappelle fortement à elles tous les 28 jours.

L'homme, ce gros bœuf, croit posséder l'initiative. En fait, la plupart du temps il agace la femme par son obnubilation éjaculatoire. La femme a aussi sa sexualité. Elle est le plus souvent totalement bridée par l'homme. Parce qu'au moindre signe d'intérêt pour le cul, ou ce qu'il croit l'être, décelé chez la femme, il s'imagine que c'est le signe pour lui d'y aller. Son comportement désordonné et égocentrique inspire à la femme la plupart du temps railleries, agacement et dégoût. La conséquence de cette situation est qu'en général elle va être amenée à lui résister. Ou faire semblant d'être indifférente. Ainsi, aujourd'hui, dans les lieux publics parisiens, les femmes sont amenées à regarder les hommes inconnus en faisant semblant de ne pas le faire. Pourquoi ? Parce qu'un regard franc et direct est assimilé à « une avance ». C'est-à-dire une invitation à foutre.

L'homme se retrouve alors à la recherche de la femme « idéale » qui n'existe pas. La femme « idéale » : c'est-à-dire celle qui souhaite exactement satisfaire ses désirs à lui. Le connard ! Il va déployer des ruses invraisemblables pour parvenir à mettre son machin dans le trou. Malheureusement, il pourra aussi en venir à commettre des viols. Le plus courant étant le viol par abus de confiance. Il consiste à raconter des boniments et mentir à une femme pour parvenir à la sauter. C'est ignoble. Il existe hélas aussi les viols avec violences physiques, menaces. Parmi les menaces existe celle consistant à menacer de quitter la femme si elle ne consent pas. Voire aussi celle consistant à menacer de se suicider si elle n'accepte pas à rester à disposition de la queue de l'homme concerné. Bonjour la poésie et le romantisme !

Surtout, la conséquence la plus grave du dérèglement sexuel masculin sera la recherche par l'homme de compensations à son manque d'échanges et d'harmonie avec la femme.

Individuellement, il pourra consommer des drogues. Que dire de celle consistant par exemple à boire de l'alcool et rouler en voiture ou en moto très vite ? Elle fait des morts chaque année. Et elle n'est pas la plus meurtrière. Une drogue psychologique consiste à se chercher un pouvoir de séduction fabuleux qui résoudrait le manque d'amour. On cherchera le pouvoir et l'argent. Car, que signifie l'accroissement illimité de la richesse pour quelqu'un qui a déjà tout ce qu'il peut obtenir avec ? Rien. Un milliardaire ne mange pas plus de trois fois par jour. Et chaque milliard supplémentaire ne lui apportera rien, mais par contre retirera aux autres. Les drames conséquents sont là. Ainsi, depuis 2010 les politiques austéritaires ont saigné la Grèce. La mortalité infantile a augmenté de 40 % à cause des mémorandums. Qu'on ne dise pas que ces enfants sont morts parce qu'ils ont vécu au dessus de leurs moyens et « fait des dettes » ! Ce qui est frappant, c'est que, quand on observe les responsables de ce drame, ils ont des allures absolument banales. Des employés de banques qui font leur job sans se préoccuper des conséquences. Ils ont du sang d'enfant grec sur les mains. Et ça ne les dérange pas plus que ça. Ces anéantisseurs ignorent qu'au fond d'eux-mêmes ils sont des frustrés qui croient régler leurs problèmes psychologiques en s'enrichissant toujours plus. Ils ne régleront rien et nuiront aux autres. La course de quelques-uns vers toujours plus de pouvoir et d'argent prive de leurs ressources vitales une part très importante et croissante du genre humain.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 mai 2015

samedi 16 mai 2015

375 Le problème de la pornographie à l'école

Une affaire secoue en ce moment une partie de l'opinion publique en France. Dans un prestigieux collège parisien un petit groupe de garçons de dix à onze ans vient d'être sanctionné. Ces enfants, durant les récréations, visionnaient des vidéos pornos sur leur téléphone portable. Et agressaient sexuellement des fillettes de leurs âges dans le collège et à l'extérieur de celui-ci.

Le débat suscité par cet événement conduit à proposer divers remèdes. Il faudrait interdire les téléphones portables dans ce collège. Il faudrait interdire la pornographie aux très jeunes. Il faudrait mieux éduquer les enfants.

L'interdiction des téléphones portables au collège n'empêchera pas les enfants d'y accéder en dehors de celui-ci. Interdire la pornographie aux enfants ? C'est déjà fait. Et des sanctions pénales frappent ceux qui s'aviseraient de mettre sous les yeux d'enfants de la pornographie. Mais, ça n'empêche pas un certain nombre d'enfants, en dépit de tous les « contrôles parentaux » possible, de décider de regarder des vidéos pornographiques. Et il semble bien qu'on ne saurait parvenir totalement à les en empêcher, à moins d'arrêter Internet et les ordinateurs en général. Ce qui est impossible. Quant à « éduquer les enfants », on essaye de le faire depuis la nuit des temps. Avec des résultats plus ou moins bons, mais le problème de la pornographie visualisée par des enfants demeure.

On peut envisager quantité de choses. A mon avis, la réponse la plus efficace consiste à démystifier la pornographie. Qu'est-ce que la pornographie ? Il importe d'expliquer aux enfants ceci :

La pornographie est un produit commercial. En aucun cas elle ne montre les gestes, comportements, désirs, motivations, plaisirs, réactions réelles. La motivation des « acteurs » et « actrices » pornos est financière, elle n'est ni amoureuse, ni sexuelle. Ils font ce qu'ils font devant les caméscopes exclusivement pour de l'argent. Il ne s'agit pas de la réalité humaine, mais de l'expression d'un commerce lucratif.

Et si vous croyez bien vous débrouiller en cherchant à reproduire dans votre vie les comportements que vous voyez dans les films pornos, vous serez rejeté, très malheureux. Et ne connaîtrez jamais l'amour.

Voilà un discours simple, posé, tranquille, que les enfants attirés par la curiosité d'aller voir des vidéos pornos sont parfaitement capables de comprendre et approuver. Après ça, s'ils voient des vidéos pornos, ils sauront par avance que ce qu'ils voient n'est pas la réalité des rapports humains. Et c'est l'essentiel.

En avertissant les enfants sur le caractère absolument commercial et artificiel de la production pornographique, on ôte à celle-ci sa principale nuisance : qu'elle soit une éducation à l'amour et la sexualité. Si on a compris que la pornographie et la vie sont deux choses totalement différentes, on échappe à la nuisance fondamentale du porno. On ne confond pas ses messages fallacieux et complaisants avec la vie et les personnes réelles. Et on conserve à l'amour sa magie et ses mystères.

Les enfants sont parfaitement capables de comprendre que la pornographie est un mensonge commercial. Une mise en scène à but lucratif de fantasmes de malades et de frustrés et pas un tableau de la vie réelle. Il importe aux adultes de savoir mettre en garde les enfants contre le caractère totalement artificiel, commercial et détaché de la réalité de la pornographie. C'est ce que nous pouvons faire de mieux pour prévenir autant que possible que se reproduisent les incidents qu'a connu ce prestigieux collège parisien victime de la nuisance de la pornographie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 mai 2015

jeudi 30 avril 2015

374 La simple nudité prolongée jamais ?

Quand sommes-nous nus ? Autant dire jamais, et quand ça arrive ce n'est pas pour bien longtemps. Ce qui fait que les humains de sexe masculin sont en permanence branlé plus ou moins par des vêtements qui frottent et compriment leur pénis, comme durant l'acte sexuel. Ce qui n'est en rien anodin et les dérange mentalement.

Et les naturistes ? Les naturistes ne sont jamais vraiment pleinement nus. De sexe masculin, dès leur douzième ou treizième année environ, ils vivent dans la terreur permanente de l'érection publique. Quant aux naturistes de sexe féminin, dès le plus jeune âge on leur inculque le commandement d'éviter de trop écarter les jambes en public. De plus, les naturistes restent fréquemment chaussés. Et, le soir, quand vient la fraicheur, ils s'habillent. C'est dire que seuls semble-t-il de bien rares peuples, comme les aborigènes d'Australie sont nus en permanence. Mais leur conscience doit être sans doute encombrée comme la nôtre par des concepts compliquant l'état naturel pour en faire autre chose dans la conscience des individus concernés.

J'ai cherché à expérimenter le fait d'être nu le plus souvent et longtemps possible chez moi, loin du regard des autres. C'est ainsi que j'ai pu constater dernièrement un phénomène survenu sans qu'il soit prémédité.

En général rester nu le plus souvent possible était un état qui s'interrompait au moins une fois dans la journée car il me fallait m'habiller pour sortir de chez moi. Or, dernièrement, il est arrivé qu'une journée entière je suis resté nu chez moi sans sortir et le lendemain aussi. Ce qui a généré un état particulier qui dure encore depuis plusieurs jours : un désintérêt très marqué pour le « sexe » commercial, stupide et consumériste qui prospère dans notre société. Et, après coup, j'ai réalisé une chose :

Je suis resté deux jours de suite nu... pour la première fois de ma vie ! Et cela a généré une modification de ma conscience. Elle s'est éloigné des schémas sexolâtres qui mettent du sexe partout et surtout là où il n'a rien à faire. Le port de vêtements en permanence, leur compression et frottements sur le sexe dérangent de manière mécanique la pensée masculine. Me dénuder durant quarante-huit heures a eu des répercussions directes sur ma manière de voir, réagir et penser.

On me dira que c'est un point de vue personnel. Je ne crois pas être si exceptionnel que ça. Mes réactions sont probablement celles que pourront avoir quantité d'autres personnes. La nudité effective prolongée guérirait la conscience des vieilles obsessions sexuelles qui dérangent la société et les relations entre les humains.

Certes, il faudrait étudier la question sur un échantillonnage plus grand d'êtres humains. Mais c'est déjà une piste de recherches. L'harmonie entre l'homme et la femme pourrait peut-être surgir suite à des mesures simples. Mais qui ne font pas partie de la culture « habillée » que nous connaissons.

S'agissant de la nudité, je remarque que traditionnellement on voit des personnes condamner l'homosexualité comme étant « contre-nature ». Ce qui signifie que ceux qui prononcent cette condamnation défendent « la nature ». Il n'y a rien de plus artificiel et contre-nature que le port de vêtements. Nous sommes à notre naissance et naturellement nus. J'attends que ceux qui condamnent l'homosexualité comme « contre-nature » se mettent en accord avec leurs propos. C'est-à-dire ôtent leurs vêtements et se montrent à nous nus. Ou bien qu'ils cessent d'invoquer la Nature comme une loi supérieure qui s'impose. Ou alors qu'ils nous amènent voir l'arbre sur lequel poussent les slips.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2015

373 A propos de la recherche de la Vérité

La Vérité est une, mais les chemins qui y conduisent et l'angle de vue pour la voir varient selon les gens. Si un moineau dit que l'arbre est grand et l'éléphant dit du même arbre qu'il est de taille moyenne, ils ont tous les deux raisons. La Vérité n'est pas directement transmissible par la parole ou l'écrit. Car elle est à la fois extraordinairement simple et complexe.

On peut comparer la Vérité à la mer. Si vous habitez Paris et n'avez jamais vu la mer, je peux vous expliquer quantité de choses et vous donner quantité de précisions sur elle. Je peux aussi vous expliquer quel chemin vous pouvez prendre pour aller la voir. Mais ce ne sont pas mes mots qui vous permettront de vous faire une idée juste et exacte de ce à quoi sa vue ressemble.

La Vérité ne peut pas non plus être définie. Pouvez-vous définir le goût du sucre ? Non, bien que ce goût peut être ressenti. Les mots eux-mêmes sont traîtres et biaisés. Si je dis, par exemple, que la Vérité consiste entre autres à aimer son prochain, ces mots signifieront quantité de choses diverses et différentes suivant les oreilles qui m'entendront.

La Vérité est à la fois très simple : la mer est une étendue d'eau jusqu'à l'horizon. Et complexe, car elle, sa vue, va soulever en nous quantité d'échos qui sont inexprimables indéfinissables... avant notre naissance, n'avons-nous pas vécu plusieurs mois dans un milieu aquatique, par exemple ? Toutes sortes de choses vont s'éveiller en nous au contact, à la vue de la mer. Inutile et vain serait de tenter de tout analyser, synthétiser, résumer... c'est impossible.

La Vérité est telle qu'il arrive aussi qu'à trop la chercher on s'en éloigne, on s'égare. Le monde est rempli de chercheurs que leur excès de recherches, d'empressement à vouloir trouver a conduit dans des délires, des impasses. Et aussi parfois à être égaré par des imposteurs. Je pense, par exemple, ici, aux charlatans qu'on peut rencontrer dans les sectes ou dans le milieu de la politique.

On ne saurait dire : « j'ai trouvé la Vérité », mais « il me semble que j'ai compris quelque chose que je ne comprenais pas jusqu'à aujourd'hui ». Et demain ? Je poursuivrais ma route et découvrirais encore un peu plus ce que j'ignore. Et cherche sans en connaître par avance le contenu.

Le chat qui dort connait la Vérité, mais il ne sait pas qu'il la connait. Il la vit, tout simplement. Ce qu'il faut, c'est vivre la Vérité. Ce qui nous arrive par moments. La méconnaissance de la Vérité consiste très souvent à se poser de faux problèmes et chercher les réponses à des fausses questions.

A-t-on besoin de connaître le nombre précis de cheveux qu'on a sur sa tête ?

Certaines questions dissimulent un malaise ou une autre question ? Ainsi la question : « quel est le sens de la vie ? » dissimule en fait la question : « pourquoi meurt-on ? » Car « le sens de la vie » c'est vivre. Mais en disant ça on ne dit pas ce que c'est que « vivre ». Et si on dit : « vivre c'est aimer », on ne définit pas non plus ce que signifie « aimer ». Et ainsi de suite, on peut continuer, comme s'il s'agissait d'une multitude de poupées gigognes. Il faut non pas dire ou penser mais sentir et vivre la Vérité. Exactement comme le chat qui dort. La plus grande sagesse c'est peut-être de ne pas se poser de questions. Mais, pour arriver à cet état, il faut déjà avoir beaucoup cherché et trituré mille et une questions en tous sens pour finir par se dire : « finalement, il n'existe pas de réponses et c'est tant mieux. Car en fait aucune questions ne se pose. Et la seule réponse à toutes les questions qui sont en fait toutes absentes, est peut-être : pourquoi se poser des questions ? Le chat qui dort ne se pose pas de questions. Il faut parvenir à atteindre cette sagesse qui consiste à ne pas ou plus en avoir. Comme le chat qui dort, exactement. »

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2015

372 A propos de la divergence sexuelle homme-femme

Les hommes sont réputés plus portés sur « la chose » que les femmes... Est-ce vrai et si oui, comment et pourquoi ?

Un élément paraît indiquer déjà une piste. Contrairement à la femme, qui dispose de quatre membres, l'homme en a cinq. Le cinquième, traditionnellement et très souvent il en fait tout un monde. Ce serait sa fierté, sa force, son courage, son identité. Sous-entendu, entre autres, que la femme, par définition, serait faible et peureuse et l'homme fort et courageux. Car : « il a des couilles », ou plus simplement dit et sous-entendu : « il en a ».

Cette prétention est risible. Situer sa force et son courage dans ces deux petites boules flasques et fragiles... magnifiées, semble-t-il, uniquement parce que les hommes en ont et les femmes pas.

A l'origine, dans les temps les plus anciens de l'Humanité, les humains vivaient nus en permanence. Aujourd'hui, à Paris, par exemple, l'homme est en permanence habillé. Même quand il fait très chaud et que le port de vêtements est inutile, malsain et désagréable.

Cet état habillé en permanence n'est pas sans conséquences pour sa conscience. Le fait de dérober à sa vue sa nudité et celle des autres crée un besoin artificiel de voir ce qui était fait pour être vu et est à présent caché. Le plaisir ou le dégoût éventuel ressenti à cette vue est qualifié de « sexuel », ce qui est une extension culturelle boursouflée et abusive du concept du « sexuel » déjà largement indéfini.

De plus, le vêtement qui enserre son cinquième membre, non seulement l'isole de la vue, mais le comprime et frotte en permanence, chose qui arrive singulièrement au moment de l'acte sexuel. L'isolement du membre par les vêtements conduit également à priver celui-ci du contact naturel avec les cuisses. Ce qui fait qu'une fois nu, la présence de cet organe sera augmenté par la sensation inhabituelle de ce contact. Loin de faire disparaître de la conscience masculine le membre en le dissimulant quasi systématiquement, le vêtement en exaltera finalement la présence cachée.

Les diverses réactions génitales causées par de multiples raisons seront systématiquement et très abusivement qualifiées de « sexuelles », c'est-à-dire en lien et en direction de l'acte sexuel. Singulièrement une confusion extrême régnera autour de deux phénomènes : l'érection et l'émission des secrétions des glandes de Cowper. Quantités de motifs conduisent l'homme à érectionner, verbe qui, remarquons-le, est ici un néologisme, tout comme cowperiser, c'est-à-dire émettre une substance lubrifiante et gluante à partir du pénis. Or, le discours régnant est orienté dans le sens que ces deux réactions, et leurs équivalents féminins, seraient nécessairement un appel au coït.

Ainsi, par exemple, les secrétions des glandes de Cowper sont baptisées : liquide « pré-coïtal ». Pire, les gestes de tendresses entre individus sont baptisés « préliminaires ». Sous-entendu qu'ils doivent nécessairement mener à l'acte sexuel ! On nage ici dans le plus parfait délire imbécile et coïtolâtre... Tout doit soi-disant conduire à la recherche frénétique de l'accouplement, consacré par certains crétins « la plus belle manière de communiquer ».

En fait, il existe une tonne de contacts - y compris tendres, - et de réactions - y compris génitales, - qui n'ont rien à voir avec l'acte sexuel. L'indigence mécanique de la plupart des vidéos pornographiques en témoignent. Ces mises en scène de la mythologie sexuelle machiste par des « acteurs » suivant un plan d'action produit d'une motivation financière brillent par leur misérabilisme. Si on considère la plupart de ces scénarios mécaniques pour ce qu'ils sont, en s'interrogeant sur les motivations visibles des « acteurs », on fini par ne plus trouver du tout excitantes ces productions.

Mais quel regard objectif peut avoir un individu de sexe masculin qui, habillé la plupart du temps, se retrouve en permanence branlé par ses vêtements ? Le trouble relationnel trouve là aussi sa source. Plus l'erreur totale d'interprétation des réactions génitales et la mythologie qui entoure l'acte sexuel.

Suivre la mythologie sexuelle machiste régnante conduit l'homme à une sorte de surdité et cécité volontaire vis-à-vis des femmes. Comprendre la femme serait soi-disant une chose impossible... mais si, pour la comprendre, l'homme commençait par écouter ce qu'elle dit, regarder ce qu'elle exprime ?

L'homme, à force de ne regarder que son zizi et harceler la femme en la ravalant au rang de morceau de viande sexuel conduit celle-ci à la crainte et la peur permanente. Une femme, par exemple, ne pourra jamais dire à un homme qu'elle aime son « physique » sans craindre de le voir affecter le comportement d'un obsédé sexuel la bave aux lèvres. Alors... elle se tait.

Combien d'hommes et de femmes souffrent de ne pas entendre de compliments sincères, appréciations positives émanant de l'autre sexe ? Mais, le terrain est miné. On n'ose pas s'y aventurer. Vous vous voyez dire à une femme inconnue : « j'aime vos fesses ? » C'est vulgaire. Pourquoi ? Parce que le discours régnant prétend tout subordonner ou presque dans les relations inter-humaines en tous cas homme-femme à l'acte sexuel. Cet acte devient alors aussi encombrant qu'un âne qu'on aurait installé au milieu d'un salon, ou un chimpanzé qu'on aurait placé au milieu de la table d'une salle à manger. Un âne ou un chimpanzé n'ont rien en soi de répréhensible. Mais ce n'est pas là leur place.

L'obsession sexuelle commence tôt dans la vie. A un âge où l'acte sexuel n'est physiologiquement pas à l'ordre du jour, la « pudeur » sensée protéger, conduit à la curiosité malsaine. Une chose cachée est forcément mauvaise. Mais, réservée aux « adultes » elle suscite la curiosité de ceux qui ne le sont pas encore. Et Internet est là pour fournir des images vulgaires bien avant l'âge « adulte ». Et le frottement et la compression du pénis par les vêtements commencent très tôt dans la vie.

Le conditionnement sexuel et les discours sur le sexe sont omniprésents de façon directe ou indirecte dans la société où nous vivons. S'affranchir des aberrations de comportements et pensées qu'ils engendrent est indispensable pour retrouver son authenticité et sa liberté. Il appartient à chacun de faire son chemin lui-même. On ne sort pas d'un conditionnement par l'écoute d'un discours, si juste soit-il, mais par un cheminement de vie personnel. Sinon, il suffirait d'écrire sur un morceau de papier « soyez bon ». Le faire lire à tous. Et le tour serait joué et tous les problèmes relationnels réglés. Ce n'est pas si simple.

La philosophie est un processus vivant. On ne saurait simplement donner des réponses aux grandes questions, mais seulement des éléments pour aider la réflexion éventuelle. Tous les efforts doivent d'abord venir de nous-même. Ils sont longs, pénibles, douloureux, comportent avancées et reculs. Mais, sans eux point de progrès. La sagesse amène la paix et ouvre des portes inconnues révélant des richesses insoupçonnées.

La vérité est bien cachée, à l'intérieur de nous-mêmes. Comprendre l'univers, c'est comprendre l'univers qui est en nous. Certains diront : « ce n'est pas l'univers, mais Dieu qu'il faut comprendre ». Mais, si on est d'accord avec ce mode de voir le monde, Dieu aussi est en nous. Donc on en revient au même. Comprendre le monde c'est se comprendre soi-même. Les autres nous servent de miroirs, plus ou moins compréhensibles. La vie n'est pas donnée. Elle est à trouver et en vaut la peine... Cherchez ! Cherchez... Bonnes recherches à tous ceux qui voudront bien chercher !

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2015