mardi 21 novembre 2017

871 Un argument démagogique classique

Quand une théorie scientifique paraît minoritaire, nouvelle, hérétique, vient l'argument massue pour éliminer toutes discussions : « la majorité des scientifiques pensent autrement. » Quel bel argument ! Il fut un temps où la majorité des savants croyaient la terre plate. Ou bien étaient persuadés que la terre était au centre de l'univers et le soleil tournait autour.

Alors, on vote pour savoir si la terre est plate ? Les scientifiques vont décider. C'est à la majorité simple ou à celle des deux tiers ?

Quand en 1983 je demandais son avis à un vulgarisateur du palais de la Découverte sur une théorie de l'univers que j'avais imaginé, sa réponse fut en particulier : « les scientifiques ne se posent pas comme ça la question. » Comme ce sont « les scientifiques », l'autorité a parlé. Il ne reste plus qu'à se taire et s'incliner, oublier ses idées et renoncer à en discuter. Ce jour-là ce fut le prestige des scientifiques qui s'est considérablement réduit en moi.

Dans les années 1980 je suis tombé sur un livre où toute la première partie prenait la défense d'un médicament, l'allergine, extrait du bacille de Koch par un médecin français en 1903. La seconde partie du livre était consacrée à la polémique opposant les partisans des conclusions théoriques de deux scientifiques français : Antoine Béchamp et Louis Pasteur.

La première partie retint mon attention. Et comme il était dit que l'allergine avait été très injustement retiré de la vente en 1958, l'envie me vint d'en parler à des médecins ou des pharmaciens. Sans prétendre donner un avis sur l 'efficacité de ce remède, inciter à s'y intéresser.

Et si cette allergine permettait de soigner des pathologies nouvellement apparues depuis 1958, comme le SIDA ? J'en parlais autour de moi ; On me rit au nez. Pensez ! Un artiste peintre diplômé des Beaux-Arts qui se mêlent de parler de science médicale ! Je passais plusieurs années à me faire ainsi à chaque fois rembarrer. Finalement, il y a vingt ans je me retrouvais inquiet pour une amie pour laquelle on avait prescrit de l'haloperidol. Ce puissant neuroleptique avait servit de camisole de force chimique et de moyen de nuire à des opposants soviétiques. Inquiet, je voulus me renseigner. C'est ainsi que je débarquais à la bibliothèque située dans la faculté de pharmacie près du jardin du Luxembourg à Paris. J'allais me documenter sur l'haloperidol. Mais, pour le coup, je me dis : « je ne suis pas scientifique, je n'y connais rien, mais les scientifiques que je rencontre refusent de s'intéresser à l'allergine. Alors je vais faire ma recherche quand même, même si je suis ignorant. »

Et c'est ainsi que, outre mon information prise sur l'haloperidol, je fis une recherche sur l'allergine. Un ouvrage datant de 1937 écrit par André Jousset son créateur me mit sur deux pistes supplémentaires. Je revins de la faculté de pharmacie avec les photocopies de deux articles et d'une fraction du livre. Avec ces documents je croyais pouvoir intéresser des scientifiques. Pensez ! Ces documents furent accueillis comme des curiosités historiques.

J'en parlais un jour à un chercheur qui me dit que je n'avais aucune chance de me faire entendre. Je n'ai pas abandonné mon idée d'intéresser des scientifiques à l'allergine. Ce médicament tellement bien oublié qu'il existe à présent une spécialité pharmaceutique homonyme qui n'a rien à voir. Dernière étape à ce jour de mon parcours promotionnel de l'allergine : un article bien documenté consacré à André Jousset et parlant bien sûr de sa création, l'allergine, il paraît aujourd'hui dans Wikipédia . S'il attire l'intérêt de chercheurs en médecine pour l'allergine, ce sera enfin la réussite de ce but que je poursuis depuis plus de trente ans. Car un médicament extrait du bacille de Koch tel que l'allergine ne peut pas il me semble être une chose anodine et négligeable.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 novembre 2017

samedi 4 novembre 2017

870 La Révolution des écureuils joyeux

Hier je devais sortir tôt de mon domicile parisien. J'avais des démarches administratives à faire. C'était l'heure où les parents qui travaillent emmènent leur progéniture à la crèche, chez la nourrice, à l'école ou au centre aéré. J'ai croisé deux sympathiques jeunes papas qui paraissaient tout joyeux d'escorter ainsi leur bambin de deux ou trois ans. L'un des deux papas chantait même des chansons.

J'ai croisé également une mère de famille qui s'en allait accompagnant une fille d'environ huit ans et un garçon d'environ dix ans. Cette mère paraissait très fatiguée.

Plus loin, passant sous un échafaudage installé pour ravaler un immeuble de mon quartier, j'ai avisé un petit tas de gravas qui avait été rassemblé et attendait d'être enlevé. Je me suis dit : « balayer et ramasser ces détritus, c'est un travail reconnu et rémunéré. En revanche, mettre au monde et élever ces deux grands enfants n'est ni reconnu comme travail, ni rémunéré, ni ne donne droit à la très généreuse retraite correspondante. »

On parle beaucoup ces dernières années de la gestation pour autrui, en abrégé GPA. La gestation pour autrui est payée. Pas la gestation pour soi des enfants qu'on va élever. Pourquoi ? L'effort est différent ?

Ma mère a eu six enfants dont quatre qui ont vécu et qu'elle a élevé. Elle méritait une retraite en or massif pour ce qu'elle a ainsi fait pour toute la société. Elle n'a rien reçu de tel. Quand l'autre jour j'en parlais à une dame que je connais, elle s'est exclamé : « ma mère a eu dix enfants ! » Les femmes auxquelles je parle de cette injustice m'approuvent toutes.

Hier trois novembre, certains journaux titraient : « aujourd'hui à partir de 11 heures 44 les femmes qui travaillent le font bénévolement. » Il s'agit ici de l'écart entre les salaires masculins et féminins qui existe en France pour le même travail. Il revient à ce qu'à partir du 3 novembre à 11 heures 44 jusqu'au 31 décembre au soir les femmes ne sont plus payées pour leur travail effectué.

Mais le travail domestique et maternel ? Est-il reconnu, payé, donne-t-il droit à une retraite confortable et méritée ? Non. Les journaux en parlent-ils ? Pas plus.

Une dame que je connais a du faire durant des années des ménages en plus de son travail de bureau pour assurer le bien-être de sa famille. Elle a lu plusieurs de mes textes récents écrits à propos de la condition féminine. Et m'a dit tout à l'heure être tout à fait d'accord avec moi. Elle va donner mes textes à lire à un de ses fils.

Cette dame m'a dit qu'il faudrait une révolution pour que changent les relations homme-femme. Mais que cette révolution « on ne la verra pas ». Et pourquoi donc ? Elle doit se faire aujourd'hui et tout de suite avec un résultat significatif maintenant. Cela dépend de nous et d'abord des hommes. Ceux qui ont compris que la sexualité phallocratique et consumériste dominante n'apporte que peu d'agrément, beaucoup d'ennuis et un Niagara d'illusions peuvent s'ils le veulent y renoncer. Reconnaître le travail domestique et maternel des femmes. Et proclamer leurs choix. Comment appellerons-nous ces nouveaux hommes ? Je propose de les appeler des écureuils joyeux. Pourquoi des écureuils joyeux? Parce qu'il faut bien un nom et qu'un écureuil joyeux c'est très gracieux et joli. Cette révolution sera donc appelée : « la Révolution des écureuils joyeux. » Bien sûr, il y aura aussi un effet noisette, qui fera que par intérêts certains pourront pervertir le mot écureuil ou prétendre en être un sans l'être. Mais il nous faut des outils de langage pour avancer. Et s'ils sont utilisés à contre-sens, c'est à nous d'être capable d'identifier la situation et ne pas nous faire prendre et abuser.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 novembre 2017

lundi 30 octobre 2017

869 Le logiciel de la peur

Il existe un canal sortant de Paris pour aller vers la province. Il s'appelle le canal de l'Ourcq. Le long de celui-ci court un joli chemin de halage où on peut se promener à pied ou à bicyclette. Il y a une trentaine d'années, j'étais en banlieue de Paris et contemplais le chemin de halage de ce canal. Il était dix-neuf heures, le lieu était absolument désert. J'étais avec une amie. Quand j'ai remarqué qu'elle regardait le chemin avec un regard bizarre. Je lui ai demandé le motif de son regard. Elle m'a répondu : « je me disais que si j'étais seule, je ne pourrais pas me promener dans cet endroit à cette heure. »

Hier, une charmante sexagénaire parisienne me disait, parlant de la condition féminine : « tu sais, je fais des insomnies. J'aurais bien aimé quand ça m'arrive de sortir la nuit faire une ou deux fois le tour du pâté d'immeubles. Ça me ferait du bien. Mais je ne peux pas le faire parce que je suis une femme. »

Il y a quelques années je sortais du métro, dans le quatorzième arrondissement de Paris. Il était minuit et demi. Au même moment, me précédant de quelques mètres sort du métro une très jolie fille. Voilà qu'elle emprunte la même rue, large et déserte, que je prends pour rentrer chez moi. Je peux donc lui donner l'impression que je la suit. Je me rends compte, à sa façon de réagir qu'elle a peur de moi. Manque de chance pour elle, elle tourne dans une petite rue où moi aussi je m'engage. Comme elle s'arrête devant le portail d'un immeuble, au moment de la dépasser, je ressens le besoin de la rassurer. Comme je passe près d'elle, je m'arrête un très bref instant pour lui dire : « je ne vous suit pas, je vais deux rues plus loin à gauche, c'est là où j'habite. »

L'année dernière j'allais en métro jusqu'au terminus de Saint-Denis de la ligne 13. J’étais avec une très jolie fille. Il y avait foule et nous n'étions pas assis l'un près de l'autre. À un moment je vois un homme d'une trentaine d'années dire quelques mots à cette jeune fille. Elle lui répond. L'échange se termine vite. Arrive le terminus de la ligne. J'ai déjà oublié ce qui s'est passé. Je veux descendre de la rame, quand la jeune fille me dit : « attends avant de descendre. Tu n'as pas vu l'homme qui m'a parlé. Il n'a pas arrêté de me regarder. Attendons qu'il s'éloigne. » C'est ce que nous avons fait.

C'est ainsi que ça se passe au quotidien à Paris et dans toutes les grandes villes du monde et pas seulement. Les femmes et les jeunes filles sont obligées d'intégrer en permanence dans leur conduite un logiciel de la peur. Ce logiciel va par exemple leur interdire de sortir seule dans la rue entre minuit et demi et quatre heures et demi du matin. L'interdit n'est pas formulé officiellement. Mais si elles osent le transgresser, c'est à leurs risques et périls. On n'en parle jamais. En tous cas les hommes n'en parlent jamais. Certaines associations féministes organisent des fois des marches féminines de nuit pour « reprendre la rue ». C'est tout ce que j'ai vu jusqu'à présent comme dénonciation publique de cette quarantaine scandaleuse.

Les femmes en suivant leur logiciel de la peur évitent la plupart des agressions qui arriveraient venant d'inconnus dans des lieux publics. Restent malheureusement les agressions commises dans un cadre privé et par des membres de leur entourage. Le commentaire fréquemment entendu devant cette situation est que la rue, ce n'est pas si dangereux. La preuve, la plupart des agressions sont commises par des membres de l'entourage connu des victimes. En fait le danger, la menace est partout, voilà la vérité. Et les hommes font comme si ça n'existait pas. On dirait que le monde des hommes et celui des femmes sont comme deux mondes différents qui ne se connaissent pas et ne se fréquentent pas. Ceux qui devraient se préoccuper du sort dramatique des femmes et qui parlent souvent de la « sécurité » ne parlent jamais par exemple du couvre-feu féminin qui leur interdit de sortir seules la nuit dans Paris.

La coupure entre le monde masculin et le monde féminin est colossale. J'ai déjà eu le sentiment de voir ainsi coexister deux mondes qui ne se connaissent pas et ne se fréquentent pas. C'était il y a des années. J'ai eu alors l'occasion d'accompagner un vétérinaire dans ses visites dans des fermes d'élevages bovins, ovins ou caprins. Le contact direct avec le monde paysan m'a donné le sentiment qu'il existe en France et probablement aussi ailleurs deux mondes parfaitement différents. Et ne se comprenant pas réciproquement : le monde agricole et le monde citadin.

Aujourd'hui je fais une constatation similaire de mur d'incompréhension entre deux mondes théoriquement proches : les hommes et les femmes. Par delà les apparences éventuelles, ces deux mondes ne se connaissent pas. Et cette situation rend globalement le monde incompréhensible à ceux qui cherchent à le comprendre.

Prenons un exemple : la sexualité. Quelle est la première activité sexuelle chez les humains ? La masturbation masculine adulte, c'est-à-dire comprenant l'éjaculation. Les hommes en parlent-ils entre eux ? Jamais ! En parlent-ils avec les femmes ? Encore moins. Comment cette activité est-elle traitée dans les livres et journaux ? Par des affabulations risibles. Pour commencer il est affirmé un peu partout que l'éjaculation est synonyme de jouissance, d'orgasme. C'est une affabulation. La plupart du temps l'homme concerné ne ressent pas grand chose. Comme me disait un ami parlant de cette soi-disant jouissance automatique accompagnant l'éjaculation : « si c'était vrai, ça se saurait ».

Beaucoup d'hommes et de femmes croient que l'érection exprime un désir de coït, alors que ce n'est pas le cas la plupart du temps.

Le sommet du comique dans les propos tenus sur la sexualité humaine est atteint par ce commentaire fréquemment rencontré : « la masturbation est utile pour connaître son corps ». Sachant qu'en trente ans un homme pourra se masturber plusieurs milliers de fois, il s'agit très certainement d'une connaissance encyclopédique !

La discrétion des hommes s'agissant de leur principale activité sexuelle est trahie par le chiffre d'affaires colossal et à l'échelle mondiale de la pornographie. Elle est loin l'époque des rares cartes postales cochonnes vendues discrètement sous le manteau sur les grands boulevards parisiens ! Aujourd'hui, confortablement installé devant votre ordinateur vous avez le choix de presque tous les fantasmes possibles et imaginables. De très nombreux hommes se gavent de pornographie. Qu'en pensent les dames ? Je serais tenté de penser que ce déluge d'images ne les met pas à l'aise.

Dans le domaine de la sexualité, notre société est globalement malade, refuse de le voir et se soigner. Le premier pas pour résoudre le problème passe par le respect des femmes. Or de quel respect peut-on parler tant que le travail domestique et maternel des femmes n'est ni reconnu, ni rémunéré et ne donne pas droit à une très confortable retraite ?

Obligée de tenir la maison et s'occuper de ses enfants sans être reconnue comme travaillant ni être rémunérée et avoir droit à une retraite pour son labeur, la situation de la femme relève de l'esclavage. Car le travail imposé et non reconnu ni rémunéré s'appelle l'esclavage. Comment pourrait-on espérer être respecté et traité correctement quand on connaît une situation d'esclave ?

On peut parler tant qu'on veut d'éducation à faire, de progrès moraux à accomplir pour que la femme n'ait plus à avoir peur de l'homme. Mais ça commence par la pleine et entière reconnaissance du très précieux travail domestique et maternel féminin et l'accès à la très confortable retraite correspondante. Ne pas le reconnaître réduit tous les discours tenus sans cela à n'être que des bavardages de personnes qui s'écoutent parler. Et ne cherchent nullement à résoudre le premier, le plus grand et le plus ancien problème de la société : celui de la condition des femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 octobre 2017

dimanche 29 octobre 2017

868 Point de vue d'un homme

Un publiciste français témoignait, je crois vers 1900, d'une ironie désabusée. Parlant des rendez-vous sexuels réguliers qu'il avait avec sa maîtresse, il écrivait : « le meilleur moment, c'est quand on monte l'escalier. » Environ 120 ans plus tard rien n'a changé. La soi-disant jouissance automatique, régulière et extrême des hommes au lit relève toujours du pure fantasme et de la mystification pure et simple. La plupart du temps les hommes, même s'ils parviennent, pas toujours facilement, à éjaculer dans un orifice naturel, sont parfaitement frigides. Nous faire croire que la visible excitation génitale, l'érection, suivie de l'émission de divers liquides organiques correspond à une immense jouissance masculine participe de la fable de la supériorité de l'homme sur la femme. Si vous coupez le son en visualisant une quelconque vidéo pornographique sur Internet et observez attentivement la physionomie des hommes comme des femmes impliquées, vous constaterez très aisément une chose. Que ces personnes s'emmerdent et ne jouissent pas de la manipulation effective de leur plomberie sexuelle. Ce qui est désolant, c'est de penser que nombre de jeunes gens et jeunes filles croient s'instruire dans le domaine sexuel en visualisant ces âneries à caractère commercial.

Tout à l'heure un ami disait devant moi : « seul l'homme fait l'amour pour son plaisir. Les autres animaux cherchent juste à se reproduire. » Qu'en savons-nous exactement ? Avons-nous interviewé le rat, le lapin, le bigorneau, sur leur vie sexuelle ? Avons-nous vu le lion se préparant à l'accouplement se dire : « bon, à présent, je vais m'accoupler, mais ce ne sera pas pour le plaisir, mais exclusivement en vue de me reproduire » ? Nous n'en savons rien de ce que pensent et ressentent les autres animaux s'agissant de leurs accouplements.

Quand on parle de sexualité humaine on parle le plus souvent des relations homme-femme. Mais ces relations existent-elles toujours quand accouplement il y a ? La mésentente est fréquente. Souvent la relation est conflictuelle et chacun utilise les armes dont il dispose. La violence est masculine. Le mensonge est féminin. Telle est la tendance, l'homme étant en moyenne plus fort physiquement, la ruse, le mensonge et la manipulation sont les armes les plus efficaces que peut lui opposer une femme. Ce qui ne signifie pas, bien évidemment, qu'il n'existe pas aussi des femmes violentes physiquement et des hommes hypocrites et menteurs.

Quand j'évoque l'injustice fondamentale que représente la non reconnaissance et la non rémunération du travail domestique et maternel des femmes, et l'absence de retraite correspondante, j'entends tout de suite : « mais où va-t-on prendre l'argent ? » Il s'agit d'une réforme fondamentale de la société pour en finir avec la principale injustice et source de conflits et de violences. Il faut donc y parvenir. Et commencer déjà à en parler. Ceux qui nous proposent des améliorations de notre société, à ma connaissance n'en parlent jamais. C'est à souligner.

Les femmes n'en parlent pas beaucoup. Tout au moins pour ce qui me concerne je n'ai jamais entendu l'une d'entre elles spontanément m'en parler sans que je lui en ai parlé juste avant. Il faut dire que le problème est immense, très ancien. Et aussi que les femmes sont généralement plus conciliantes et pacifiques que les hommes. Il sera néanmoins nécessaire un jour d'ouvrir en grand le débat. Le plus tôt sera le mieux.

Améliorer le monde est possible. Le rendre enfin humain l'est aussi. Il faut trouver les voies et les moyens pour y arriver. Très probablement il faudra inventer des solutions nouvelles. Car celles proposées jusqu'à présent n'ont pas réussi. Le monde est globalement toujours aussi barbare dans son ensemble qu'il l'était il y a des milliers d'années. C'est pourquoi, que ce soit de la politique ou de la diplomatie, je doute sérieusement qu'elles nous apportent un jour ce dont nous avons tous besoin : la paix et l'harmonie du monde, et donc d'abord entre les hommes et les femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 octobre 2017

jeudi 26 octobre 2017

867 Qu'est-ce qu'« aimer son prochain » ?

Pourquoi vivons-nous ? A cette question je répondrai : « nous vivons pour aimer. » Aimer la peinture, la musique, la chanson, la poésie, la bonne cuisine, la mer, les chats, les gens, la paix, la tranquillité, les belles choses...

Qu'est-ce qu'« aimer son prochain » ? Je donnerai trois exemples :

Un homme politique très connu : je le trouve sincère, sensible, intelligent, sympathique... Et déteste sa politique. Je ne confonds pas les deux dans mon exécration : mon prochain et ce qu'il fait en suivant ses détestables convictions. J'aime mon prochain et réprouve son action. L'un n'empêche pas l'autre.

Deuxième exemple, un criminel affreux : je n'approuve ni n'excuse ses actes, ni ne m'oppose à ce qu'on l'empêche d'agir et nuire. Mais reconnais que si affreux soit-il, un homme a toujours tout au fond de lui au moins une très petite étincelle d'humanité qui doit être reconnue et respectée.

Troisième exemple : faire le bien autour de soi dans la mesure du possible, sans oublier ses devoirs envers soi-même. Nous ne sommes pas là pour nous donner à dévorer par les autres.

Toujours essayer de faire le bien et ne pas faire le mal, c'est la théorie simple à énoncer. Après vient la pratique dans toute la complexité de la vie.

Ceux qui ne savent pas aimer, souvent ne pense qu'à accumuler. Plus leur tas d'or est grand, plus ils croient grande leur réussite. Alors que celui-ci concrétise leur plus complet échec.

Je ne possède pas grand chose de matériel, mais j'ai l'essentiel : tout l'amour que je parviens à donner et à recevoir, échanger et partager. Quand on connaît la valeur de l'amour, il est inutile qu'on vous l'explique. Quand on ignore la valeur de l'amour, il n'y a rien non plus à essayer de vous expliquer.

Aimer quelqu'un peut consister à passer un après-midi entier à jouer aux échecs avec lui.

Aimer c'est agir.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 octobre 2017


mardi 24 octobre 2017

866 Sortir de la situation de « mariage généralisé »

Aujourd'hui une sexagénaire très gentille s'est exclamé devant moi, proférant un point de vue souvent entendu dans notre société : « Au fond, on est toujours seule ! » Mais d'où vient la banalité de ce propos triste ? Qu'est-ce qui suscite de tels points de vue ?

Je me suis empressé de faire à cette dame deux remarques : l'une, qu'on ne doit pas confondre la solitude avec le sentiment de solitude. L'autre, que les personnes présentées comme des « modèles » de bonheur à deux n'en ont souvent que les apparences. Ce avec quoi elle a été d'accord.

Un important malaise général existe néanmoins. Il faut savoir identifier ses sources. Une anecdote récente peut nous éclairer à ce propos. Une actrice de cinéma célèbre racontait qu'étant agressée sexuellement par un homme, pour se défendre elle s'était écriée : « mais je suis amoureuse ! J'ai un amoureux ! » La portée théoriquement dissuasive d'un tel propos souligne un aspect sinistre de notre société. Si pour échapper à un dangereux malappris une femme doit arguer qu'elle n'est pas « seule », ça signifie que toutes celles qui sont « seules », c'est-à-dire non pourvues visiblement d'un partenaire sexuel régulier, sont « à la disposition de tous les hommes ». Voilà la vérité. Cette manière de mépriser les femmes peut être rapproché de l'impossibilité aujourd'hui pour une jolie fille de se balader seule dans un grand jardin parisien sans se faire systématiquement emmerder par des imbéciles.

Il y a quelques années, un ami qui passait des journées entières au jardin du Luxembourg pour y peindre des aquarelles, me rapportait sa stupéfaction. Il avait constaté qu'il y avait des hommes qui passaient leur temps à tourner dans le jardin et importuner systématiquement toutes les jeunes filles qui étaient assises seules sur un banc.

Une dame, plus très jeune, m'a dit il y a peu d'années : « j'ai renoncé à aller lire seule au parc des Buttes Chaumont. J'étais systématiquement abordée et ennuyée. »

Une très jolie fille de mon quartier me vantait un jour le petit square voisin : « au moins là je peux aller me reposer seule sans me faire embêter... »

Une belle dame septuagénaire parisienne me disait dernièrement : « à partir de l'âge de treize ans je n'ai plus pu aller seule acheter le pain tranquille. »

La situation générale des femmes dans notre société française et parisienne et dans d'autres lieux aussi, est qu'elles sont en quelque sorte de facto mariées d'office avec tous les hommes. La volonté de ces femmes important peu. Si elles ne sont pas visiblement « en couple » elles sont « bonnes à prendre ». Et donc à emmerder. Cet état de choses pourrit l'atmosphère, perturbe et souvent interdit les relations entre hommes et femmes.

Cette situation de mariage généralisé a une origine : le comportement masculin. Les hommes, quand ils sont encore des jeunes garçons, découvrent la masturbation masculine adulte, c'est-à-dire comportant l'éjaculation. La masturbation va devenir très souvent pour eux une véritable drogue qui va les accompagner ensuite tout le long de leur vie. Le ressenti accompagnant l'éjaculation sera comme le flash de drogue du toxicomane consommateur de substances hallucinogènes de synthèse. Un homme pourra se masturber au cours de sa vie jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de fois. Qu'on ne prétende pas que cette pratique n'a pas des conséquences sur son comportement sexuel !

À partir d'un certain âge le garçon va porter au pinacle la masturbation pratiquée dans un orifice naturel d'un tiers. Il croira ainsi à chaque fois « faire l'amour ». La recherche de la masturbation intra-vaginale, intra-anale ou intra-buccale deviendra pour lui une sorte d'obsession. Elle sera confortée par la recherche du pouvoir et divers mythes sexuels.

Ne dit-on pas qu'un homme qui pénètre avec son pénis le vagin d'une femme qu'il « la prend », « la possède », qu'elle « lui appartient » ? Certains hommes d'habitude plutôt pacifiques peuvent se révéler extrêmement violents s'ils apprennent qu'un autre homme a couché avec leur partenaire sexuelle habituelle.

Le célèbre fabuliste français Jean de la Fontaine disait à propos de « l'infidélité » conjugale : « mes amis, qu'est-ce que le cocuage ? Quand on l'ignore ce n'est rien. Quand on le sait, c'est peu de choses. » Je cite de mémoire.

L'idée de possession sexuelle est liée à l'idée de pouvoir. Quant aux mythes, ils sont multiples : par exemple celui du bonheur qu'apporterait toujours et automatiquement l'acte sexuel.

L'agressivité sexuelle permanente des hommes vis-à-vis des femmes considérées comme des proies potentielles permanentes va bloquer la communication entre les hommes et les femmes. Les gestes de tendresse étant interprétés systématiquement comme des invitations sexuelles se retrouveront la plupart du temps bannis.

Il faut sortir de l’ambiguïté du « mariage généralisé ». Peut-être ça pourra se faire par un accord de non-mariage. Deux personnes se déclarant publiquement non-mariées et non-femme et non-mari. La proposition pourra paraître étrange. Elle reste à étudier. Ce qui est certain c'est que la situation présente de mariage généralisé est dévastatrice, sauf peut-être pour quelques-uns.

Imaginons que ma proposition soit suivie, se concrétise. Demain me voilà non-marié avec une ou plusieurs femmes. Ce qui signifie que je renonce avec elles à ce faux privilège qui serait celui de courir en permanence après toutes les femmes. Je suis le non-mari de mes non-femmes... Et le contrat de non-mariage est l'occasion de réaliser une très belle fête de non-mariage.

Le contrat de non-mariage pourra être calligraphié sur une belle feuille de papier. Chacune des personnes concernées en recevant un exemplaire. Un lieu sympathique pourra être choisi pour la cérémonie de non-mariage, un bar, un café associatif, par exemple. Un registre de non-mariages pourra y être conservé.

Il ne s'agit ici ni d'une critique ni d'une parodie du mariage classique, mais d'autre chose. Une libération des rapports humains des chaînes de l'envahissant patriarcat. Celui-ci, au nom de privilèges masculins bien souvent imaginaires, empêchant des bonnes relations de s'établir entre représentants des sexes opposés.

Le contrat de non-mariage n'est au fond pas autre chose qu'un contrat de paix. On rentre les griffes, on fait pattes de velours et on décide de vivre en paix. C'est-à-dire de vivre enfin. Et alors oui, plus personne ne sera tenté de s'exclamer : « au fond on est toujours seul ! »

Notre société française et parisienne et pas seulement elle, derrière la farce d'une soi-disant liberté sexuelle, promeut une solitude sentimentale, physique et affective intense. Des millions de personnes, y compris jeunes, belles et en bonne santé souffrent du sentiment de solitude... Je lisais récemment un article qui déclarait que trente pour cent de la jeunesse étudiante française se plaint de souffrir de la solitude. Il existe un vrai malaise relationnel qui mérite d'être soigné avec des moyens efficaces. Les tranquillisants l’endorme, mais ne le soigne pas. Pour y remédier, si on tentait le non-mariage ? Parlons-en ! 

Basile, philosophe naïf, Paris le 24 octobre 2017

samedi 21 octobre 2017

865 La question fondamentale du double salaire féminin

Il s'agit d'une question fondamentale que je n'ai jamais vu évoquer nulle part. Les femmes, depuis des temps immémoriaux, fournissent très souvent et journellement, une journée de travail domestique et maternel. Cette journée n'est ni reconnue, ni rémunérée. À quoi un fait s'est ajouté : ces dernières décennies, en plus de leur journée de travail domestique et maternel, un très grand nombre de femmes travaille à l'extérieur de leur maison. Elles sont salariées, travailleuses indépendantes, etc. En plus de s'occuper de leur maison et de leurs enfants elles font une seconde journée de travail. Leur vie comprend tous les jours une double journée de travail.

Il est courant de voir des commentaires laudatifs faits devant cette situation. En travaillant à l'extérieur de leur foyer, les femmes s'ouvrent sur la vie sociale, s'émancipent de la tutelle matérielle et morale de leur mari, deviennent « libres », « indépendantes »... Donc, tout va bien...

C'est ce qu'on entend dire. Sans poser la question : « mais, ont-elles la liberté de choix ? » Généralement non, elles sont obligées de travailler à l'extérieur de leur foyer pour des raisons économiques. Par exemple, beaucoup de femmes se retrouvant seules à élever un ou plusieurs enfants sont par là-même contraintes de s'occuper à gagner leur vie en plus de s'occuper d'assumer leur travail domestique et maternel.

J'ai rencontré des exemples qui interpellent. Une femme élève son enfant et travaille chez elle sur Internet, a une vie sociale... Mais son travail sur Internet ne rapporte pas suffisamment. Elle est obligée d'en prendre un autre dans un bureau à l'extérieur de chez elle et mettre son enfant à la crèche. Une autre femme rêve d'avoir six enfants et passer une partie de sa vie à les élever et ne faire que ça. Mais comment y arriver sans travailler aussi à l'extérieur de chez elle ce dont elle n'a aucune envie ? Enfin, il existe des femmes que leur seconde journée de travail isole encore plus. Ce sont les assistantes maternelles, qui, en plus de leur travail domestique et maternel pour leur famille s'occupent d'élever les enfants des autres...

Il y a un point que je n'ai jamais vu soulever : si une femme fournit une double journée de travail chaque jour, elle a droit, ou plus exactement devrait avoir droit à une double paie. Celle concernant le travail domestique et maternel devant être très confortable, vue la responsabilité et l'utilité de ces activités. Ce serait satisfaire là la plus élémentaire des justices !

Paie et retraite conséquente pour sa vie professionnelle au service de la collectivité que représente son travail domestique et maternel. Voilà ce que les femmes sont en droit de revendiquer, qu'elles travaillent aussi à l'extérieur de leur foyer ou non.

Quand on parle de la rémunération des femmes « au foyer », on entend dire : « il y a les allocations familiales ». Mais il s'agit d'allocations « à la famille », en aucun cas d'une reconnaissance du labeur des femmes ! Et leur montant est misérable comparé au labeur fourni. Et dès que les enfants ont atteint un certain âge, même s'ils vivent toujours chez leur mère, il n'y a plus d'allocations.

Si on admet néanmoins l'idée que les allocations seraient une sorte de « salaires des mères », ce qu'elles ne sont pas, il faut remarquer une chose. Dernièrement en France a été annoncé leur suppression pour les foyers fortunés. Je ne vois pas pourquoi une mère de famille, si elle travaille à élever ses enfants et s'occuper de son foyer, ne devrait pas voir son travail payé sous prétexte qu'elle est riche.

Ce texte servira j'espère à ouvrir le débat sur le double salaire des femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 octobre 2017

vendredi 20 octobre 2017

864 Une confusion courante dans le domaine des mœurs

Il existe une confusion courante dans le domaine des mœurs. On la rencontre dans la société française et parisienne et très certainement ailleurs également. Mais c'est là où j'ai pu l'observer.

Elle consiste à confondre quatre choses : le toucher, la sensualité, le sexe et « l'amour ». Ce dernier mot pris dans le sens courant de « vie à deux ».

Le toucher est un langage. S'il s'exprime par la caresse, le toucher sensuel, il s'agit d'une denrée de consommation. Le sexe, c'est-à-dire l'acte sexuel, relève du registre particulier du désir sexuel. Quant à l'accord entre deux individus, qui peut inclure ou pas le toucher, la sensualité, le sexe, il concerne un petit nombre de personnes.

Dans notre culture on lie impérativement les quatre. S'il y a toucher, il doit déboucher sur la sensualité et le sexe. Et dans le meilleur des cas être compris dans « l'amour »...

D'où recherches obsessionnelles et précipitées du cocktail idéal : toucher-sensualité-sexe-amour...

Si on émet des doutes, on se voit rappeler à l'ordre : « comment ? Vous êtes contre l'amour ? » Et certains de renchérir : « moi, je ne fais pas n'importe quoi, je recherche l'amour ! » Bref, une seule alternative : l'amour avec un grand A ou n'importe quoi... Devant un tel ultimatum, il n'y a plus rien à dire.

Pourtant il existe des failles dans le système. Depuis bien des années existent les « massages de confort ». Ils se pratiquent couramment dans les services de gériatrie des hôpitaux, et chez les kinésithérapeutes, moyennant finances, bien sûr. Il est question de « confort », le mot « plaisir » est banni. Il sent le soufre...

La confusion toucher-sensualité-sexe-amour est à l'origine de la prohibition du toucher qui règne la plupart du temps. Si vous effleurez ou touchez par hasard un inconnu ou une inconnue, par exemple dans le métro parisien, il faut s'empresser de s'excuser. Sinon ça paraîtra louche.

Si vous avisez une belle nuque ou un beau bras d'un inconnu ou d'une inconnue dans un lieu public quelconque, gare à vous de chercher à y toucher de façon délibérée. Ça pourrait même finir devant les tribunaux.

Pour justifier cet état de choses, on vous dira : « mais l'autre n'a pas forcément envie d'être touché. » Soit, alors peut-on lui demander l'autorisation ? Bien sûr que non, ce serait se faire très mal remarquer. Si par contre l'inconnu tient en laisse un superbe chien, rien n'est plus positivement bienvenu que la question : « je peux le caresser ? » ou « il est très beau votre chien, je peux le caresser ? » Mais par contre il est hors de question de demander à un inconnu ou une inconnue, et même un connu ou une connue : « je peux vous caresser ? » ou « votre bras est très beau, je peux le caresser ? »

Moralité : notre culture nous rend plus proche des chiens que des humains. Les petits enfants qui, quand ils vous apprécient, se jettent dans vos bras, sont aussi plus proches de ceux qu'ils aiment que la plupart des adultes. Adultes qui sont des ex petits enfants qu'on a éduqué, civilisé, dressé... pour être plus aptes à la violence qu'à la tendresse... Elle est belle, notre civilisation ! Peut-être un jour saura-t-elle se corriger en s'améliorant ? Sans doute, mais pour cela il faut commencer par énoncer les problèmes qui se posent. Ce texte prétend modestement y contribuer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 20 octobre 2017

mercredi 18 octobre 2017

863 La réalité du système où nous vivons

Dans quel système vivons-nous ? Durant des centaines de générations il prévoyait que chaque homme puisse s'acheter une ou plusieurs femmes et en disposer comme bon lui semble. Dans des époques plus ou moins récentes on trouve des traces de cette situation. Ainsi dans l'Empire Romain à la civilisation et à la législation tant vantées par nombre de livres, les hommes ont le droit de vie et de mort sur leur femme. Jusqu'en 1944 en France, le régime politique républicain prétendument égalitaire est celui de la dictature de l'ensemble des hommes sur l'ensemble des femmes. Elles n'ont pas le droit de vote. Dans les années 1880, le Code civil français précise que l'épouse doit obéir au mari, donc notamment au lit. Puisque le même Code civil précise encore aujourd'hui que les époux se doivent « fidélité », c'est-à-dire doivent coucher ensemble. Jusqu'en 1962 une femme en France n'a pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de son mari.

Ces dernières décennies les femmes ont acquis un certain nombre de droits et de libertés en France. Mais l'essentiel est inchangé : le travail domestique et maternel n'est toujours pas reconnu, ni rémunéré. La femme reste dépendante de l'homme. Elle n'est pas libre.

Beaucoup de femmes travaillent. Ce qui fait qu'elles fournissent des doubles journées de travail. Ce sont les nourrices, assistantes maternelles et institutrices qui voient grandir leurs enfants. Et les mères n'ont toujours pas le droit à la retraite en or massif qu'elles méritent pleinement.

Prenons un exemple que je connais bien : ma mère a eu six enfants dont quatre qui ont vécu et qu'elle a élevé. Au lieu d'avoir droit à une retraite qui lui aurait permis de mener une existence digne, très confortable et largement méritée : voyager, manger des bonnes choses, se distraire, voir des spectacles, s'adonner pleinement à sa passion : la sculpture, etc. qu'a-t-elle connu ? La misère, aucune ressources, la dépendance totale des faibles ressources de son mari.

La reconnaissance du travail domestique et maternel, sa rémunération représenterait la fin de la principale et de la plus ancienne injustice existante. Comment peut-on espérer voir résolu les autres injustices existantes si celle-ci ne l'est pas ?

Cette injustice déforme les relations entre hommes et femmes. Et cela à tous les niveaux. Quand votre avenir professionnel est dépendant du bon vouloir des hommes, comment voulez-vous si vous êtes une femme que la situation soit saine, c'est-à-dire égalitaire ?

Si en France la situation des femmes a changé, la mentalité de très nombreux hommes, elle, n'a pas changé. Ce qui est inévitable tant que le problème de fond qui mine la société ne sera pas réglé par la reconnaissance pleine et entière du travail domestique et maternel des femmes. C'est une question de justice : reconnaître ce qui est.

Les femmes de tous temps ont donné la vie. Les hommes, très souvent, ont gaspillé des vies avec des conflits divers, de la misère organisée, etc. Reconnaître le travail domestique et maternel des femmes ouvrira la perspective de l'arrêt des calamités masculines et guerrières. La paix perpétuelle et universelle est aujourd'hui nécessaire. Sinon avec le progrès général scientifique et technique, si ça continue un fou finira fatalement par disposer de l'armement nucléaire. Et s'en servira.

La cupidité sans limites des plus riches est aussi une source de menaces sur la vie-même. Il faut que l'Humanité fasse preuve de plus de conscience et de raison. Ce qui ne pourra pas arriver tant que la plus grande et la plus ancienne des injustices ne sera pas réglée. Il faut que le travail domestique et maternel des femmes soit reconnu, rémunéré et donne droit à une excellente retraite.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 octobre 2017

dimanche 15 octobre 2017

862 Quelques remarques sur la condition féminine

Ces derniers temps les médias sont remplis d'articles sur une affaire de mœurs dans le milieu cinématographique américain. Un grand producteur subit un tir de barrage d'accusations de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols. Les victimes étant des jolies femmes auxquelles il était susceptible d'offrir des rôles et une carrière au cinéma. Parmi elles on trouve des actrices connues.

L'arbre ne doit pas cacher la forêt. Cela se passe-t-il uniquement à Hollywood ? Non, assurément, ça me rappelle même un souvenir vieux d'au moins une trentaine d'années. A cette époque s'ouvraient dans quantité de villes françaises, même petites, des petits supermarchés. Ces commerces avaient besoin de caissières. Et dans des zones qui pouvaient être pauvres d'emplois. Une rumeur persistante que je n'ai pas eu l'occasion de vérifier disait qu'une condition pour trouver cet emploi était de passer par le lit du chef. La même chose qu'à Hollywood pour les actrices.

Je suis certain qu'en lisant les accusations portées contre ce grand producteur hollywoodien, beaucoup d'hommes reconnaîtront exactement une manière d'agir mal qu'ils ont ou ont eu ou rêvé d'avoir. Il s'agit même d'une culture où nous baignons.

Les critiques contre le producteur hollywoodien soulignent son approche viandarde des femmes. Cependant je vois dans les stations du métro parisien abondance de publicités porteuses d'un message viandard s'agissant des femmes. Par exemple ces actuelles publicités de lingerie féminine montrant une jolie femme en train d'ôter avec le sourire le haut de ses vêtements cependant qu'elle ne porte comme bas visible qu'un microscopique slip. Le message est clair. La femme se résume à ce que dissimule mal ce slip.

Quels phénomènes sont à l'origine d'affaires telles que celle de Hollywood dénoncée à présent et celle des supermarchés que je ne me souviens pas avoir vue dénoncée ?

Dans notre société y compris française et parisienne, la femme, surtout si elle est jeune et considérée très jolie est traitée comme une cible sexuelle. Comme on le voit sur quantité de publicités.

Son travail domestique et maternelle n'est ni reconnue ni rémunéré. Ce qui la conduit à dépendre matériellement d'un homme ou faire des doubles journées de travail. Souvent elle ne voit pas grandir ses enfants, mais ce sont les nourrices et assistantes maternelles qui les voit grandir.

Ce qui amène l'incorrection masculine vis-à-vis des femmes, c'est aussi le pouvoir. Il est presque toujours masculin. L'agression sexuelle masculine relève aussi de la volonté de dominer.

Enfin comment cela se fait-il que des hommes apparemment correct dans plein de domaines se comportent en brutes irresponsables dans le domaine sexuel ? L'explication est dans le fait que pour ces hommes la sexualité est une toxicomanie. Ce sont des drogués pour lesquels l'éjaculation joue le même rôle que le shoot de drogue du toxicomane à drogues chimiques. Ils recherchent la masturbation dans un orifice naturel avec une démarche de drogué halluciné.

Un drogué en manque possède un comportement particulier et violent, différent de son comportement habituel. Nombre de témoignages des femmes agressées sexuellement décrivent une modification du comportement de leur agresseur qui semble comme halluciné. Il est halluciné par la vue de sa drogue. Les drogués sont très souvent des gens dangereux quand ils sont en manque.

Basile, philosophe naïf, Paris le 14 octobre 2017

samedi 14 octobre 2017

861 Proposition d'un nouveau terme d' informatique

J'ai reçu un mail très doux par son contenu. L'idée m'est alors venue d'un nouveau terme d'informatique francophone :

Comment appeler un mail très doux ? Un miel, tout simplement.

Pour reprendre la première phrase de cette contribution à mon blog, je dirai donc :

« J'ai reçu un miel. »

Dès ce soir j'ai entrepris de propager ce nouveau terme d'informatique francophone auprès de plusieurs personnes proches.

Reste à le traduire. En anglais « miel » se dit honey. Peut-être un mail très doux serait appelé en anglais un homail ? Je ne fais pas partie des Anglophones. C'est à eux qu'il appartiendra de donner leur avis.

Basile, philosophe naïf, Paris le 14 octobre 2014

jeudi 12 octobre 2017

860 Aller au fond du problème

Dans les années 1940, l'actrice Marlène Dietrich disait, parlant d'un célèbre réalisateur américain qui insistait pour coucher absolument avec elle et cherchait à forcer la porte de sa chambre : « j'ai résisté à Hitler, je serai capable de lui résister ! » Je cite de mémoire. Le même réalisateur à qui une jeune actrice de cinéma demandait ce qu'il appréciait le plus en elle, répondait : « vous êtes justement assise dessus ! » On voit clairement quelle manière de considérer les femmes avait ce célèbre réalisateur. Ça se passait il y a environ soixante-dix ans. Ces derniers jours un célèbre producteur de Hollywood se retrouve sous les projecteurs avec une avalanche d'accusations de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols commis contre des actrices de cinéma dont de très célèbres. Ce sont des dénonciations légitimes de comportements inadmissibles et criminels. Mais qui appellent deux remarques.

La première est que ces actes étaient connus comme le loup blanc par un grand nombre de personnes. Elles ont fait silence et font pour certaines mine de tout découvrir aujourd'hui. Ce qui en dit long sur leur mentalité et leur manière de considérer les victimes et l'agresseur.

La deuxième est qu'on fait comme s'il s'agissait là d'un comportement d'un individu précis qu'il suffirait de reprouver, dénoncer, punir... Alors qu'il s'agit ici de l'expression d'un comportement de prédateur sexuel masculin qui est le fait d'une très large partie des hommes en général.

Une jeune fille de seize ans qui me connaît très bien me disait il y a peu d'années : « je n'ai pas peur de toi, parce que je te connais. » Sa sœur, récemment, me parlant, me disait à plusieurs reprises : « tu es inoffensif. » Ces compliments exprimaient à contrario qu'en règle général, avec des hommes qu'elles ne connaissent pas comme pacifiques à leur égard, elles sont en permanence sur la défensive. Comme le sont toutes les femmes et pas seulement vis à vis d'un richissime producteur hollywoodien... Et là est bien le problème. Sans absoudre le producteur en question il est nécessaire de ne pas ignorer les agissements des millions d'autres prédateurs qui pourrissent la vie des femmes en particulier et la vie de la société en général. Cette situation d'où vient-elle ? Peut-elle changer en s'améliorant ? Quand et comment ? Voici les bonnes questions que soulève cette énième affaire de mœurs touchant la « haute société ».

L'inconduite masculine très répandue est une véritable maladie de société. La société peut-elle trouver en elle les voies et moyens pour en guérir ? Ce n'est pas parce qu'un problème est très ancien et très répandu qu'il est pour autant inguérissable. Il serait bon de l'identifier clairement et en discuter entre hommes et femmes, clairement et ouvertement.

La recherche de l'harmonie est à ce prix. Les ressources de paix non utilisées sont incalculables, à condition de bien vouloir consentir à les rechercher en nous et autour de nous. Tout le monde rêve de paix tout en souffrant d'une immémoriale situation conflictuelle entre les humains et à l'intérieur d'eux-mêmes. Pourquoi la paix intérieure et extérieure serait-elle impossible ? L'Histoire humaine abonde en conflits interminables qui ont fini par trouver une fin. Le conflit entre l'homme et la femme et de l'homme avec lui-même et de la femme avec elle-même est le conflit le plus ancien. Le résoudre amènera certainement la fin de tous les autres conflits. Cette recherche de paix vaut donc vraiment la peine.

Il y a deux mille cinq cent ans environ, un sage indien qui est connu comme le Grand Bouddha déclara : « si la haine répond à la haine, quand finira-t-elle ? » Ce n'est pas la haine, ni le savoir qui représente la force, mais notre capacité à aimer en dépit de tout et malgré tout ce qui paraît s'y opposer. Aimer est le chemin. Reste à tracer la route. Mettons-nous à l'ouvrage dès maintenant !

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 octobre 2017

mardi 3 octobre 2017

859 Et quand c'est oui...

De très justes campagnes ont insisté sur le fait que : « quand c'est non, c'est non » s'agissant de femmes auxquelles sont faites d'explicites propositions sexuelles. Ces campagnes réfutaient la vieille et infecte fable patriarcale qui prétend que quand une femme dit « non » à celui ou celle qui sollicite ses « faveurs », au fond elle penserait toujours « oui ». Il suffirait de la bousculer pour parvenir à la vérité, qui serait invariablement la satisfaction sexuelle de la personne solliciteuse.

Quand c'est non, c'est non, nous sommes d'accord. Il est intéressant de voir comment se pose la question quand c'est oui de la part de la femme.

Tout d'abord, remarquons qu'il n'existe aucune manière simple, polie et « correcte » pour dire « oui ». Mis à part le cheminement officiel via une demande en mariage. Ce qui pose problème. Je peux demander ou accepter fort civilement la dégustation d'un gâteau, une sortie au cinéma, mais aller au lit faire des galipettes non. C'est tout particulièrement vrai plus pour les femmes que pour les hommes.

Remarquons ensuite que la femme qui dit oui prend un risque en baissant sa garde. En effet, elle ne peut pas deviner par avance sur quel genre de comportement sexuel elle peut tomber. Des personnes très comme il faut peuvent réserver des surprises pas forcément positives et agréables. On peut découvrir ainsi que quelqu'un d'apparemment équilibré ne l'est pas du tout. Il peut par exemple être sommaire au lit : « six minutes douche comprise » ou encore être violent.

Une difficulté supplémentaire pour dire « oui » tient à l'automatisme du non. Habitué à toujours dire « non », une personne de sexe féminin ou masculin pourra spontanément dire « non » même si après elle en ressentira des regrets. J'en parle en connaissance de cause. Quand j'étais bien plus jeune, un jour, une jeune fille m'a demandé directement si je voulais des petites caresses. J'ai aussitôt et machinalement répondu « non » et m'en suis ensuite mordu les doigts, sans savoir faire machine arrière. Cette jeune fille m'attirait. J'ai en dépit de ça cédé à mon automatisme négatif.

Illustration de la difficulté à dire « oui », j'ai connu une jeune femme qui, ayant décidé d'avoir une aventure avec un ami n'osait rien lui demander. Elle finit par lui demander s'il avait chez lui de l'alcool. Elle espérait parvenir en buvant à se désinhiber et aller droit au but. L'ami n'avait pas d'alcool chez lui. Et l'aventure projetée est tombée à l'eau.

Un obstacle supplémentaire se dresse pour qu'une femme puisse exprimer son désir. C'est que souvent elle justifie ses refus avec des fables et des non-dits. Fable classique, pour repousser un solliciteur importun, elle pourra invoquer sa fidélité à son fiancé. Qu'elle sera en fait toute prête à cocufier sans souci si l'occasion qui se présente lui paraît positive et l'affaire jouable. Avouer à un homme qu'on le désire alors qu'on a joué à la sainte intouchable auprès de lui est un peu difficile et déstabilisant. Et l'avouer n'implique pas forcément la réussite du projet recherché.

Une jeune femme qu'attire un homme plus âgé va passer son temps à expliquer à son entourage qu'il n'en est rien. Qu'il pourrait être « son grand père ». Que le sexe en général ne la passionne pas, etc. Ce discours rendra difficile d'entrer dans le vif du sujet avec la personne ainsi rejetée en paroles. Il faut parfois traverser un véritable no man's land de mensonges accumulés depuis des années pour parvenir au but recherché. Ce n'est pas évident de se dénoncer en quelque sorte ainsi et avouer frontalement qu'on ment allégrement depuis toujours et à tout le monde ou presque. Ce qu'on appelle « le domaine de l'amour » est très souvent aussi le lieu privilégié du mensonge, de la manipulation et de l'hypocrisie. Qui sont trois des plus efficaces tue l'amour qui existent.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 octobre 2017

vendredi 22 septembre 2017

858 Les méfaits du consumérisme sexuel

Il existe au moins deux approches fondamentalement différentes de l'acte sexuel : la naturelle et l'intellectuelle. En quoi consistent-elles ? Dans le premier cas elle résulte du désir authentique et réciproque. Dans le second cas elle résulte d'un conditionnement culturel. On raisonne et on se dit : « c'est bien et possible de le faire, alors, allons-y ! » En agissant ainsi, l'amour devient une cause d'angoisse : l'autre sera-t-il d'accord ? Sera-t-il satisfait ? Vais-je y arriver ? Serai-je à la hauteur ?

Exemple : une femme retrouve son amoureux qu'elle n'a pas vu depuis un certain temps. Tout d'abord, devant le rencontrer dans la journée, elle n'arrive pas à avaler quoique ce soit avant et même après les retrouvailles. Le soir elle s'égare dans ses déplacements professionnels en se trompant de station de métro. Enfin, elle mange pour la première fois de la journée et est pris d'un terrible mal de ventre qui dure une partie de la soirée. Pourquoi ces réactions ?

Au lieu de se sentir sereine et rassurée de revoir son amoureux, elle angoisse devant la perspective de devoir réaliser l'amour intellectuel. L'acte sexuel non désiré naturellement mais décidé intellectuellement. Cette perspective, elle la trouve allant de soi. Son « physique » se rebiffe. Et comme le ventre est le siège de toutes les émotions, celui-ci envoie un signal de son mal-être.

Ces maux seront attribués à « la nervosité », « l'émotivité ». Ils témoignent en fait de réactions naturelles face au désordre sexuel induit par la culture du consumérisme sexuel. Celle-ci implique de baiser le plus possible si on est jeune et amoureux, en dépit de l'absence de gloutonnerie sexuelle naturelle. La mécanique anatomique et affective n'apprécie pas cette brutalisation et le fait savoir d'une manière ou d'une autre. Chez les garçons, ça pourra être l'absence d'érection ou l'absence d'éjaculation ou l'absence de sensibilité jouissive tactile. Ces réactions ne seront souvent ni comprises, ni analysées. Tout se présente bien et il y a malaise. On parlera de malaise, « panne de désir », « dysfonctionnement érectile », etc. Ces explications impliquant un geste psychologique ou médical et pas une remise en question de la démarche consumériste sexuelle. Nombre de « spécialistes » plus ou moins autoproclamés en profiteront pour faire payer leur intervention.

Ce qui n'arrangera rien c'est l’ignorance qui fera attribuer aux réactions au niveau génital la valeur d'une sorte de commandement de pratiquer le coït. Alors que ces réactions ont très souvent une autre signification. Si un nouveau né bande, personne ne dira qu'il veut faire l'amour. Mais allez expliquer à un jeune homme que son érection n’appelle pas nécessairement le coït quand il est en galante compagnie !

Si la démarche consumériste sexuelle persiste, il y a risque que à la longue la relation avec l'autre devienne insupportable sans que le motif de ce changement de sentiment soit clair. « Tout allait bien et elle m'a quitté » est un propos que j'ai entendu plusieurs fois. C'est souvent la femme qui donne le signal de la rupture inexplicable par l'homme concerné par cette rupture. Avec l'âge, c'est bien souvent la sexualité en général qui se révélera lassante, énervante, ennuyeuse, décevante. En France et à Paris, nombre de cinquantenaires des deux sexes tirent un trait de facto sur les activités de « sport en chambre » qu'ils attribueront à la période de « la jeunesse ».

Le grand perdant restera l'amour et son compagnon naturel : la tendresse. Une prise de conscience de la réalité du phénomène est possible. Calme et sérénité viendront alors rejoindre l'amour qui ne sera pas du tout nécessairement et automatiquement « sexuel », c'est-à-dire amenant à la réalisation du coït. Nombre de gens resteront cependant dans l'ignorance de la réalité. Souvent ils diront : « l'amour je n'y comprends rien », ou bien encore : « le sexe opposé est bien trop compliqué et incompréhensible pour moi ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

857 Blocage sociétal

Contrairement à une idée souvent répandue dans la société française et parisienne, les femmes seraient généralement infiniment plus motivées que les hommes par le sexe et les câlins, mais cette motivation aurait beaucoup de mal à s'exprimer.

Les femmes ne l'expriment pas le plus souvent parce que règne partout dans la société, comme un poison universellement répandu, la peur diffuse, omniprésente et permanente du viol. Combinée à l'immémoriale domination patriarcale, cela donne le fait que, par exemple, si une femme habillée « sexy » est la victime d'un viol, nombreux seront les imbéciles à déclarer qu'elle l'a bien cherché. Pire, qu'elle est la responsable de son agression parce qu'elle a « provoqué ». Alors, dans cette atmosphère malsaine régnante on imagine qu'il est des plus difficile, ambigu et risqué pour une femme de déclarer qu'elle aime le sexe, ou simplement les câlins, pas nécessairement « sexuels ». L'intolérance sexuelle régnante ayant pour effet de réduire les caresses, bisous, câlins à être soi-disant des « préliminaires » de l'acte sexuel soi-disant obligatoire et obligatoirement jouissif.

Une conséquence calamiteuse et générale de cette manière obtuse et bornée de considérer la relation tactile, est que la peur du viol implique la peur panique du toucher entre adultes. Si par exemple on effleure la peau d'un inconnu ou une inconnue dans le métro parisien, on doit s'empresser de s'excuser. Comme si on l'avait agressé. Pourquoi ? Parce que le toucher entre adultes est très abusivement classé « exclusivement sexuel » ou presque. Et pourquoi si c'est « sexuel » ça doit être forcément violent et odieux ? Parce que le sexuel implique le viol.

Cette peur panique, diffuse, omniprésente et permanente est le produit de l'artificielle fringale sexuelle masculine. Pour « être un homme » un homme doit obligatoirement baiser ou chercher à baiser en permanence. Ce conditionnement dévastateur est conforté par le mythe de la puissance, qui irait de pair avec la soi-disant jouissance extrême et obligatoire de tous coïts, et la soi-disant obligation d'« honorer » toutes les femmes rencontrées en cherchant à baiser avec.

Ce conditionnement et ces mythes sexuels sont d'origine culturelle et pas d'origine « naturelle » comme on l'entend très souvent affirmer. Si l'homme s'interroge pour identifier ses vrais désirs et pas ceux issus de son bourrage de crâne et de la publicité pour le consumérisme sexuel, il se rendra compte que son désir de coït et bien moins fréquent qu'il ne le croit. Cette prise de conscience, qui n'est pas forcément évidente à atteindre, constitue une véritable libération et une réconciliation avec soi-même. Durant des dizaines d'années l'homme aura cherché « comment arriver » à baiser des femmes qui lui résistent... Là, il s'attache dorénavant à suivre son désir effectif et véritable. Il se découvre alors en paix avec lui-même et le sexe opposé. C'est ce qui m'est arrivé.

La croyance dans la légitimité du consumérisme sexuel à induit y compris des comportements féminins complémentaires du désordre masculin solliciteur permanent du coït. S'échapper aussi de cette impasse constitue pour l'homme un progrès psychologique significatif. Non pas que « le sexe » soit mauvais. Mais s'il est mal venu, artificiellement programmé, il nuit gravement à l'équilibre relationnel. Quand on suit bêtement le conditionnement hyper-sexualisé régnant, ça conduit à un véritable blocage sociétal. On rêve de baisouillage généralisé, on se branle devant des vidéos pornographiques mettant en scène ces pratiques, et on est de plus en plus seul.

Notre société n'a jamais été autant gavé de pornographie filmée ou photographiée, d'articles et livres vantant la baise à tous prix et à tous va et dans toutes sortes de déclinaisons. Et il n'y a jamais eu autant d'individus se plaignant de souffrir de la solitude. Il est grand temps d'envisager une vaste réforme des mœurs et des comportements humains pour plus de bonheur et de liberté.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

lundi 18 septembre 2017

856 Un grandiose anniversaire

Dans trois ans, le 11 août 2020, ce sera le 2500ème anniversaire de la bataille des Thermopyles...

Cet événement doit dignement être fêté. Tout d'abord à Paris, rue des Thermopyles et aussi rue Léonidas.

Ensuite en Belgique où un chocolatier très connu porte le nom de Léonidas.

Et enfin en Grèce, où les Grecs sauront bien commémorer l'événement !

Nous avons trois années pour préparer la fête.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 septembre 2017


dimanche 17 septembre 2017

855 L'origine de la détresse humaine

L'origine de la détresse humaine tient à ceci : les humains naissent avec leur conscience originelle intacte. Mais l'homme est un singe qui va faire l'homme. Et n'arrivera plus ensuite à se situer précisément. Il sera dénaturé.

Dans le conditionnement culturel humain on trouve parmi d'autres choses l'interdiction de la nudité publique. Celle-ci a une conséquence curieuse et troublante : la castration visuelle. Les humains de sexe mâle sont privés la plupart du temps de la vue de leur appareil génital. Ce qui ne sera pas sans conséquences psychologiques importantes. Privés de cette vue la plupart du temps ils vont être obnubilés par cet organe caché. L'importance qui lui est accordée en témoigne. Il existe même des hommes qui se font opérer pour avoir un pénis plus volumineux. Cette prétention absurde et ridicule est le produit de la castration visuelle.

Un autre trouble sera suscité par le sevrage tactile. La prohibition du toucher,  l'ostracisme et la spécialisation sexuelle dont souffrira le toucher sera la source de problèmes importants.

Dans la conscience originelle existe également la prédisposition à la toilette linguale. Celle-ci sera bannie.

Arrivé à l'âge où la reproduction devient possible, parfois même avant, les humains verront la nudité, le toucher, la toilette linguale être dévolus à l'activité coïtale. La confusion qui en résultera sera très grande dans l'esprit des humains. Ils ne parviendront généralement pas à se situer précisément.

Les humains de sexe masculin seront plus troublés que leurs homologues de sexe féminin. Ces dernières chercheront à s'adapter aux hommes. Et y parviendront jusqu'à un certain point.

Ainsi, par exemple, j'ai connu une jolie fille qui, pour ne pas subir trop souvent les assauts sexuels mal venus de son compagnon, faisait logement séparé d'avec lui. Cette solution lui assurait une certaine tranquillité. Mais celle-ci cessait d'être possible en cas de naissances d'enfants qu'on souhaiterait élever à deux.

Quand un homme est obnubilé par la recherche permanente du coït, sa compagne peut essayer de s'adapter. Généralement ça ne marchera pas longtemps. La séparation, le plus souvent initiée par la femme, surviendra inévitablement.

Dans notre société française et parisienne, le sexe sera traité comme tout le reste : comme une marchandise, un produit de consommation. Ce qui fera que de très nombreux livres, revues et émissions de radio ou télévision accumuleront des âneries s'agissant de l'amour et de la tendresse. Pour les justifier on verra intervenir des individus affublés du titre de « sexologue ». Ce titre ne garanti effectivement aucune compétence. Aucune loi ne règle son usage. N'importe qui, vous, moi, pouvons dès demain nous autoproclamer « sexologue » sans risquer aucune poursuite.

La pensée unique règne un peu partout s'agissant de « la sexualité ». On aurait pu penser que la réflexion viendrait tempérer les affirmations imbéciles. Il n'en est rien. Le mot d'ordre est : « consommez ! » Peu importe les conséquences psychologiques, faisons de la sexualité un consommable. Sans foi, ni loi, ni règle, la seule étant de baiser le plus possible, le plus souvent possible avec le plus grand nombre de partenaires possible... Manger quand on n'a pas faim, baiser quand on n'en a pas envie... L'essentiel restant de toujours consommer autant et plus.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 septembre 2017

mercredi 13 septembre 2017

854 Le domaine des faux semblants et des paroles interdites

Je connais une jolie jeune fille qui adore le sexe. Ce qui ne signifie nullement qu'elle va faire des choses sexuelles avec le premier venu. Au contraire, elle est hyper-sélective. Elle a un copain attitré. Lui assure-t-elle l'exclusivité de ses câlins ou non ? Je n'ai aucun élément pour l'assurer ou l'infirmer. Je remarque cependant ceci : on peut déclarer adorer le tir à l'arc, la cuisine, la collection d'assiettes anciennes, le jardinage, la poterie, la pêche à la ligne, la philosophie grecque ou chinoise antiques... tout ce qu'on voudra, mais pas le sexe. Si une jolie jeune fille déclare qu'elle adore ça, on prendra mal ou on interprétera mal son propos. Il ne lui reste qu'à se taire à ce sujet.

Cette même jeune et jolie fille a un postérieur splendide. Il est hors de question de le proclamer. On peut clamer la beauté de sa maison, son chien, son chat, ses enfants... mais pas la beauté des fesses de quelqu'un. Ou alors on passe pour un coureur, un mal-élevé, ce qu'on voudra.

Il existe donc des domaines, pourtant importants, où la parole n'est pas libre. Reste à se rabattre sur un langage officiel et convenu. On peut dire qu'on est « l'ami » de quelqu'un, son « fiancé », son « mari », pas qu'on aime coucher avec. Le dire est grossier. Il n'existe aucun moyen poli pour le dire.

L'autre jour une amie m'interrogeait au sujet de la jolie jeune fille dont je parlais au début de ce texte. Je n'ai pas pu lui dire : « cette jeune fille adore le sexe », mais : « elle a un copain ». Impossible d'être sincère.

Non seulement on ne peut pas être sincère, mais de plus, si on essaye de l'être, on dit une chose et votre interlocuteur en entend une autre.

Si je dis par exemple que cette jolie jeune fille me plaît, on traduira par : « il veut coucher avec » ou : « il aurait bien aimé le faire ».

Dire les choses clairement n'est pas possible. Comment s'étonner ensuite des cafouillages innombrables dans le domaine des amours ?

Une jeune fille me demandait un jour si je voulais de sa part des petites caresses. Je m'empressais de dire non. Puis m'en mordit les doigts toute la soirée. Pourquoi j'ai dit non ? Parce que c'est « correct » de dire non. Quand est-ce correct de dire oui ? Jamais, sauf dans le cadre d'un mariage.

Le conditionnement est tellement fort qu'on suit le vocabulaire admis, sans réfléchir plus avant. On nous apprend à dire « non » quel que soit notre avis positif ou négatif.

Tout est tellement interdit qu'on fini dans le ridicule. On se tait. On est maladroit. On ne sait pas trop quoi dire. Tout ce malaise a une origine : le mythe de la baise obligatoire pour rentrer dans le monde imaginaire du « Grand Amour », qui n'existe pas.

Celui qui ne suit pas les règles dominantes, les modes omniprésentes, c'est bien simple : il n'existe pas. Et comment pourrait-il exister ? Avons-nous besoin de proclamer que nous sommes naturels et désobéissants aux modes pour être naturels et désobéissants aux modes ? Non, bien sûr, pour être cela il est impossible de se justifier ou faire des discours. Pour finir, remarquons qu'à une époque où on ne jure que par la communication, il est impossible de dire simplement « j'aime le sexe » comme on pourrait dire « j'aime la musique » ou « j'aime les oranges pressées ». Et il est impossible de dire « ce fessier est très beau » comme on pourrait dire « ce bouquet de fleurs est très beau ».
Basile, philosophe naïf, Paris le 13 septembre 2017

vendredi 8 septembre 2017

853 Consumérisme, légendes et mimétisme sexuels

Dans la pensée dominante de notre actuelle société française et parisienne règne le consumérisme sexuel. Il est souvent affublé du masque de « l'épanouissement sexuel ». Il faut absolument, on doit à tous prix trouver la cheville à mettre dans la mortaise ou la mortaise où enfoncer la cheville, sous peine d'être disqualifié socialement. D'avoir « raté sa vie sexuelle », voire sa vie tout court. Le but suprême de l'existence se résumerait à quelques secondes d'émission de liquides dans les réservoirs naturels ad hoc. Cette pitrerie étant avalisée par des masses d'écrits pseudo-scientifiques et le vocabulaire même. Le liquide de Cowper émis par le pénis en excitation n'est-il pas baptisé « liquide pré-coïtal », sous-entendu que son émission commande l'arrivée de l'acte qui suit ? De graves politiciens au détour d'une interview se sentent obligés de préciser « qu'ils y arrivent encore ». Et le moindre couillon peut s'intituler « sexologue » ou « sexothérapeute » sans risquer la moindre ire de la Justice pour contrefaçon. L'usage de ces mots n'étant pas réglementé.

Pour conforter le discours qui prétend la baise obligatoire et régulièrement pour tous, qu'on en ait envie ou non, des légendes sont là, et des modes d'emploi à suivre sont énoncés. En gros, il faut trouver « chaussure à son pied » et ensuite faire et réciproquement les putes exclusives et bénévoles. La preuve qu'on s'aime c'est qu'on met le machin dans le trou. Et jamais dans un trou d'une autre personne. Si on cherche un machin ou un trou, le premier acte de la recherche consiste à « faire le test » afin de pouvoir être prêt à l'ouvrage sans communiquer ou recevoir la maladie nommée SIDA.

Le résultat de cette « mécanisation de l'amour » est l'omniprésence du mensonge, de la ruse, la manipulation, la dissimulation. Quand le gars aborde la fille il se demande : « comment vais-je y arriver ? » La fille se dit : « il veut y arriver, qu'est-ce que je fais ? » Et l'échange des mensonges et hypocrisies commence. Le chat est devant l'assiette de poisson et déclare : « mais non, je n'aime pas ce poisson-là », voire : « je suis pratiquement végétarien ». La fille répond : « ce poisson n'est pas pour toi, j'ai déjà un copain ». Et la comédie débute et dure. Pas question d'être sincère, ce serait grossier. Le mensonge est là , partout, tout le temps, en permanence. De temps en temps le garçon fini par mettre le machin dans le trou et constate que ce n'est pas génial. Il est déçu. Alors, au lieu de se remettre en question... il cherche un trou chez une autre personne.

Quand on échappe à ce flot de stupidités, en se disant qu'on peut vivre sans elle, on se retrouve comme « auto-marginalisé. On rencontre la pression du mimétisme sexuel. « Comment ça ? Tu ne cherche pas un trou ? Mais tout le monde le fait ! Tu dois être malade ou pédé ! » Ou : « tu n'as pas encore rencontré la bonne personne. » Rester tranquille est assimilé par les autres à une déficience.

Je disais dernièrement à une sympathique dame que j'avais abandonné la course au trou. Elle m'a répondu : « ne dis surtout jamais ça à une femme, elle sera horriblement vexée ». Et voilà le conseil que je reçois à Paris en 2017. Si vous ne cherchez pas le trou, ne le dites surtout pas. Et quand on cherche le trou, à vous baffes et râteaux.

Je ne cherche pas l'amour, les câlins, les caresses, le sexe... Je ne débite pas la vie en tranches comme s'il s'agissait d'un saucisson. Je vis tout simplement et n'attend rien. Me raccorde à l'amour universel qui se décline entre humains comme l'amour du prochain. Cet amour prend ou ne prend pas une forme ou une autre. Forme toujours changeante, comme les nuages dans le ciel. Je suis heureux d'avoir dit adieu à la principale angoisse de mes contemporains : la quête inlassable et affolée de « l'amour », mot tiroir rempli d'une masse de contradictions et idées incohérentes, rutilantes et imaginaires. Je vis tout simplement, sans chercher à faire rentrer mes relations dans le cadre d'équations imaginaires. Sensées m'assurer le bonheur standard, sur mesures, permanent et égal pour tous. Cette « recherche de l'amour » équivalant souvent à un voyage en Absurdie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 8 septembre 2017

dimanche 3 septembre 2017

852 « Le coup de Kamar »

Un illustre philosophe des temps passés à écrit un jour : « seule sur Terre la bêtise humaine peut nous donner une idée de l'infini. » Au risque de passer pour le plus affreux des machos et antiféministes patriarcaux, j'enrichirais ainsi cette phrase : « seules sur Terre la bêtise humaine et l'hypocrisie féminine peuvent nous donner une idée de l'infini. » J'écris cette phrase aujourd'hui et pourtant je ne pense pas être un vilain macho et un adulateur du patriarcat. Mais voilà : au cours des millénaires, que dis-je ? Des dizaines des milliers d'années passées, les femmes ont été maltraitées, écrasées, dominées, agressées, insultées de myriades de façons par la plupart des hommes. Encore aujourd'hui nous sommes très loin du respect réciproque et de l'harmonie entre l'homme et la femme.

Physiquement en général plus faibles que les hommes, les femmes ont développé un système de défense et résistance terriblement sophistiqué. Et comme elles ont l'intelligence, la sensibilité et l'intuition, elles ont élevé l'hypocrisie au rang des Beaux-Arts. Moi, qui suis presque maladivement attaché à la sincérité suis encore effrayé devant les abîmes qu'ouvre ce système de défense. Système qui n'existerait pas si les hommes étaient en moyenne plus respectueux et aimables avec les femmes.

Dans ce système de défense auquel j'ai été confronté quand bien-même je ne cherchais pas à agresser, j'ai pu relever une manière de faire que j'ai baptisé « le coup de Kamar ».

Je l'ai baptisé ainsi en référence à une chatte tricolore qui porte le nom de Kamar. Mot qui signifie en arabe « petite Lune ». Cette chatte que je connais bien s'est spécialisée dans la forme d'approche consistant à venir se frotter à vos jambes, accepter quelques caresses et zou ! Vous balancer un bon coup de griffe.

Pour réaliser le coup de Kamar il faut une fille belle, maligne et séduisante et un homme un peu benêt, respectueux, poète, bref, moi par exemple.

La fille fait mine d'être séductrice. Si le benêt commence à répondre positivement, elle fait durer un peu la situation et puis c'est le moment du coup de griffe. Mais pas n'importe quel coup de griffe. Un coup de griffe culpabilisant le malheureux poète trop sensible et benêt. Soi-disant il aurait manqué de respect, même de façon imaginaire. Le but atteint est pour la fille d'inverser les rôles patriarcaux : l'homme d'ordinaire domine et maltraite. Là, c'est à la fille de dominer et maltraiter. Il s'agit d'une jouissance vaine, superficielle, perverse. Mais sans doute délicieuse pour celle qui en est l'origine et la bénéficiaire.

J'ai énormément souffert du « coup de Kamar » auquel j'ai eu droit à plusieurs reprises. J'avais le plus parfait profil pour en être la victime désignée. À présent quand on tente de me faire le coup, je fais mine de tomber dans le piégé. Je vais m'excuser sans insister tout en ricanant intérieurement. Il est d'autant plus difficile de m'avoir, que je n'attends rien. Quand on est en demande de caresses, de sexe ou d'amour on devient automatiquement débiteur et dépendant. Là je ne suis plus débiteur ou dépendant. De plus je me méfie de tous gestes qui pourraient servir à valider le coup de Kamar. Si une fille est belle, si séductrice apparaît-elle, j'éviterais soigneusement de commencer à y « mettre les mains ». Après avoir pris cette précaution, les reproches qui me seront faites seront des plus ridicules. Je ferais mine de les prendre au sérieux et ne m'en excuserais que plus vivement pour mon inconduite imaginaire, promettant qu'elle ne se reproduira plus. On le voit bien ici, la vie est quelquefois compliquée. Certains hommes et ici certaines femmes s'évertuent à la compliquer plus encore. Il n'y a pas de quoi s'en faire. Il vaut mieux en rire et réagir de façon adaptée.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 septembre 2017