vendredi 22 septembre 2017

858 Les méfaits du consumérisme sexuel

Il existe au moins deux approches fondamentalement différentes de l'acte sexuel : la naturelle et l'intellectuelle. En quoi consistent-elles ? Dans le premier cas elle résulte du désir authentique et réciproque. Dans le second cas elle résulte d'un conditionnement culturel. On raisonne et on se dit : « c'est bien et possible de le faire, alors, allons-y ! » En agissant ainsi, l'amour devient une cause d'angoisse : l'autre sera-t-il d'accord ? Sera-t-il satisfait ? Vais-je y arriver ? Serai-je à la hauteur ?

Exemple : une femme retrouve son amoureux qu'elle n'a pas vu depuis un certain temps. Tout d'abord, devant le rencontrer dans la journée, elle n'arrive pas à avaler quoique ce soit avant et même après les retrouvailles. Le soir elle s'égare dans ses déplacements professionnels en se trompant de station de métro. Enfin, elle mange pour la première fois de la journée et est pris d'un terrible mal de ventre qui dure une partie de la soirée. Pourquoi ces réactions ?

Au lieu de se sentir sereine et rassurée de revoir son amoureux, elle angoisse devant la perspective de devoir réaliser l'amour intellectuel. L'acte sexuel non désiré naturellement mais décidé intellectuellement. Cette perspective, elle la trouve allant de soi. Son « physique » se rebiffe. Et comme le ventre est le siège de toutes les émotions, celui-ci envoie un signal de son mal-être.

Ces maux seront attribués à « la nervosité », « l'émotivité ». Ils témoignent en fait de réactions naturelles face au désordre sexuel induit par la culture du consumérisme sexuel. Celle-ci implique de baiser le plus possible si on est jeune et amoureux, en dépit de l'absence de gloutonnerie sexuelle naturelle. La mécanique anatomique et affective n'apprécie pas cette brutalisation et le fait savoir d'une manière ou d'une autre. Chez les garçons, ça pourra être l'absence d'érection ou l'absence d'éjaculation ou l'absence de sensibilité jouissive tactile. Ces réactions ne seront souvent ni comprises, ni analysées. Tout se présente bien et il y a malaise. On parlera de malaise, « panne de désir », « dysfonctionnement érectile », etc. Ces explications impliquant un geste psychologique ou médical et pas une remise en question de la démarche consumériste sexuelle. Nombre de « spécialistes » plus ou moins autoproclamés en profiteront pour faire payer leur intervention.

Ce qui n'arrangera rien c'est l’ignorance qui fera attribuer aux réactions au niveau génital la valeur d'une sorte de commandement de pratiquer le coït. Alors que ces réactions ont très souvent une autre signification. Si un nouveau né bande, personne ne dira qu'il veut faire l'amour. Mais allez expliquer à un jeune homme que son érection n’appelle pas nécessairement le coït quand il est en galante compagnie !

Si la démarche consumériste sexuelle persiste, il y a risque que à la longue la relation avec l'autre devienne insupportable sans que le motif de ce changement de sentiment soit clair. « Tout allait bien et elle m'a quitté » est un propos que j'ai entendu plusieurs fois. C'est souvent la femme qui donne le signal de la rupture inexplicable par l'homme concerné par cette rupture. Avec l'âge, c'est bien souvent la sexualité en général qui se révélera lassante, énervante, ennuyeuse, décevante. En France et à Paris, nombre de cinquantenaires des deux sexes tirent un trait de facto sur les activités de « sport en chambre » qu'ils attribueront à la période de « la jeunesse ».

Le grand perdant restera l'amour et son compagnon naturel : la tendresse. Une prise de conscience de la réalité du phénomène est possible. Calme et sérénité viendront alors rejoindre l'amour qui ne sera pas du tout nécessairement et automatiquement « sexuel », c'est-à-dire amenant à la réalisation du coït. Nombre de gens resteront cependant dans l'ignorance de la réalité. Souvent ils diront : « l'amour je n'y comprends rien », ou bien encore : « le sexe opposé est bien trop compliqué et incompréhensible pour moi ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

857 Blocage sociétal

Contrairement à une idée souvent répandue dans la société française et parisienne, les femmes seraient généralement infiniment plus motivées que les hommes par le sexe et les câlins, mais cette motivation aurait beaucoup de mal à s'exprimer.

Les femmes ne l'expriment pas le plus souvent parce que règne partout dans la société, comme un poison universellement répandu, la peur diffuse, omniprésente et permanente du viol. Combinée à l'immémoriale domination patriarcale, cela donne le fait que, par exemple, si une femme habillée « sexy » est la victime d'un viol, nombreux seront les imbéciles à déclarer qu'elle l'a bien cherché. Pire, qu'elle est la responsable de son agression parce qu'elle a « provoqué ». Alors, dans cette atmosphère malsaine régnante on imagine qu'il est des plus difficile, ambigu et risqué pour une femme de déclarer qu'elle aime le sexe, ou simplement les câlins, pas nécessairement « sexuels ». L'intolérance sexuelle régnante ayant pour effet de réduire les caresses, bisous, câlins à être soi-disant des « préliminaires » de l'acte sexuel soi-disant obligatoire et obligatoirement jouissif.

Une conséquence calamiteuse et générale de cette manière obtuse et bornée de considérer la relation tactile, est que la peur du viol implique la peur panique du toucher entre adultes. Si par exemple on effleure la peau d'un inconnu ou une inconnue dans le métro parisien, on doit s'empresser de s'excuser. Comme si on l'avait agressé. Pourquoi ? Parce que le toucher entre adultes est très abusivement classé « exclusivement sexuel » ou presque. Et pourquoi si c'est « sexuel » ça doit être forcément violent et odieux ? Parce que le sexuel implique le viol.

Cette peur panique, diffuse, omniprésente et permanente est le produit de l'artificielle fringale sexuelle masculine. Pour « être un homme » un homme doit obligatoirement baiser ou chercher à baiser en permanence. Ce conditionnement dévastateur est conforté par le mythe de la puissance, qui irait de pair avec la soi-disant jouissance extrême et obligatoire de tous coïts, et la soi-disant obligation d'« honorer » toutes les femmes rencontrées en cherchant à baiser avec.

Ce conditionnement et ces mythes sexuels sont d'origine culturelle et pas d'origine « naturelle » comme on l'entend très souvent affirmer. Si l'homme s'interroge pour identifier ses vrais désirs et pas ceux issus de son bourrage de crâne et de la publicité pour le consumérisme sexuel, il se rendra compte que son désir de coït et bien moins fréquent qu'il ne le croit. Cette prise de conscience, qui n'est pas forcément évidente à atteindre, constitue une véritable libération et une réconciliation avec soi-même. Durant des dizaines d'années l'homme aura cherché « comment arriver » à baiser des femmes qui lui résistent... Là, il s'attache dorénavant à suivre son désir effectif et véritable. Il se découvre alors en paix avec lui-même et le sexe opposé. C'est ce qui m'est arrivé.

La croyance dans la légitimité du consumérisme sexuel à induit y compris des comportements féminins complémentaires du désordre masculin solliciteur permanent du coït. S'échapper aussi de cette impasse constitue pour l'homme un progrès psychologique significatif. Non pas que « le sexe » soit mauvais. Mais s'il est mal venu, artificiellement programmé, il nuit gravement à l'équilibre relationnel.Quand on suit bêtement le conditionnement hyper-sexualisé régnant, ça conduit à un véritable blocage sociétal. On rêve de baisouillage généralisé, on se branle devant des vidéos pornographiques mettant en scène ces pratiques, et on est de plus en plus seul.

Notre société n'a jamais été autant gavé de pornographie filmée ou photographiée, d'articles et livres vantant la baise à tous prix et à tous va et dans toutes sortes de déclinaisons. Et il n'y a jamais eu autant d'individus se plaignant de souffrir de la solitude. Il est grand temps d'envisager une vaste réforme des mœurs et des comportements humains pour plus de bonheur et de liberté.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

lundi 18 septembre 2017

856 Un grandiose anniversaire

Dans trois ans, le 11 août 2020, ce sera le 2500ème anniversaire de la bataille des Thermopyles...

Cet événement doit dignement être fêté. Tout d'abord à Paris, rue des Thermopyles et aussi rue Léonidas.

Ensuite en Belgique où un chocolatier très connu porte le nom de Léonidas.

Et enfin en Grèce, où les Grecs sauront bien commémorer l'événement !

Nous avons trois années pour préparer la fête.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 septembre 2017


dimanche 17 septembre 2017

855 L'origine de la détresse humaine

L'origine de la détresse humaine tient à ceci : les humains naissent avec leur conscience originelle intacte. Mais l'homme est un singe qui va faire l'homme. Et n'arrivera plus ensuite à se situer précisément. Il sera dénaturé.

Dans le conditionnement culturel humain on trouve parmi d'autres choses l'interdiction de la nudité publique. Celle-ci a une conséquence curieuse et troublante : la castration visuelle. Les humains de sexe mâle sont privés la plupart du temps de la vue de leur appareil génital. Ce qui ne sera pas sans conséquences psychologiques importantes. Privés de cette vue la plupart du temps ils vont être obnubilés par cet organe caché. L'importance qui lui est accordée en témoigne. Il existe même des hommes qui se font opérer pour avoir un pénis plus volumineux. Cette prétention absurde et ridicule est le produit de la castration visuelle.

Un autre trouble sera suscité par le sevrage tactile. La prohibition du toucher,  l'ostracisme et la spécialisation sexuelle dont souffrira le toucher sera la source de problèmes importants.

Dans la conscience originelle existe également la prédisposition à la toilette linguale. Celle-ci sera bannie.

Arrivé à l'âge où la reproduction devient possible, parfois même avant, les humains verront la nudité, le toucher, la toilette linguale être dévolus à l'activité coïtale. La confusion qui en résultera sera très grande dans l'esprit des humains. Ils ne parviendront généralement pas à se situer précisément.

Les humains de sexe masculin seront plus troublés que leurs homologues de sexe féminin. Ces dernières chercheront à s'adapter aux hommes. Et y parviendront jusqu'à un certain point.

Ainsi, par exemple, j'ai connu une jolie fille qui, pour ne pas subir trop souvent les assauts sexuels mal venus de son compagnon, faisait logement séparé d'avec lui. Cette solution lui assurait une certaine tranquillité. Mais celle-ci cessait d'être possible en cas de naissances d'enfants qu'on souhaiterait élever à deux.

Quand un homme est obnubilé par la recherche permanente du coït, sa compagne peut essayer de s'adapter. Généralement ça ne marchera pas longtemps. La séparation, le plus souvent initiée par la femme, surviendra inévitablement.

Dans notre société française et parisienne, le sexe sera traité comme tout le reste : comme une marchandise, un produit de consommation. Ce qui fera que de très nombreux livres, revues et émissions de radio ou télévision accumuleront des âneries s'agissant de l'amour et de la tendresse. Pour les justifier on verra intervenir des individus affublés du titre de « sexologue ». Ce titre ne garanti effectivement aucune compétence. Aucune loi ne règle son usage. N'importe qui, vous, moi, pouvons dès demain nous autoproclamer « sexologue » sans risquer aucune poursuite.

La pensée unique règne un peu partout s'agissant de « la sexualité ». On aurait pu penser que la réflexion viendrait tempérer les affirmations imbéciles. Il n'en est rien. Le mot d'ordre est : « consommez ! » Peu importe les conséquences psychologiques, faisons de la sexualité un consommable. Sans foi, ni loi, ni règle, la seule étant de baiser le plus possible, le plus souvent possible avec le plus grand nombre de partenaires possible... Manger quand on n'a pas faim, baiser quand on n'en a pas envie... L'essentiel restant de toujours consommer autant et plus.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 septembre 2017

mercredi 13 septembre 2017

854 Le domaine des faux semblants et des paroles interdites

Je connais une jolie jeune fille qui adore le sexe. Ce qui ne signifie nullement qu'elle va faire des choses sexuelles avec le premier venu. Au contraire, elle est hyper-sélective. Elle a un copain attitré. Lui assure-t-elle l'exclusivité de ses câlins ou non ? Je n'ai aucun élément pour l'assurer ou l'infirmer. Je remarque cependant ceci : on peut déclarer adorer le tir à l'arc, la cuisine, la collection d'assiettes anciennes, le jardinage, la poterie, la pêche à la ligne, la philosophie grecque ou chinoise antiques... tout ce qu'on voudra, mais pas le sexe. Si une jolie jeune fille déclare qu'elle adore ça, on prendra mal ou on interprétera mal son propos. Il ne lui reste qu'à se taire à ce sujet.

Cette même jeune et jolie fille a un postérieur splendide. Il est hors de question de le proclamer. On peut clamer la beauté de sa maison, son chien, son chat, ses enfants... mais pas la beauté des fesses de quelqu'un. Ou alors on passe pour un coureur, un mal-élevé, ce qu'on voudra.

Il existe donc des domaines, pourtant importants, où la parole n'est pas libre. Reste à se rabattre sur un langage officiel et convenu. On peut dire qu'on est « l'ami » de quelqu'un, son « fiancé », son « mari », pas qu'on aime coucher avec. Le dire est grossier. Il n'existe aucun moyen poli pour le dire.

L'autre jour une amie m'interrogeait au sujet de la jolie jeune fille dont je parlais au début de ce texte. Je n'ai pas pu lui dire : « cette jeune fille adore le sexe », mais : « elle a un copain ». Impossible d'être sincère.

Non seulement on ne peut pas être sincère, mais de plus, si on essaye de l'être, on dit une chose et votre interlocuteur en entend une autre.

Si je dis par exemple que cette jolie jeune fille me plaît, on traduira par : « il veut coucher avec » ou : « il aurait bien aimé le faire ».

Dire les choses clairement n'est pas possible. Comment s'étonner ensuite des cafouillages innombrables dans le domaine des amours ?

Une jeune fille me demandait un jour si je voulais de sa part des petites caresses. Je m'empressais de dire non. Puis m'en mordit les doigts toute la soirée. Pourquoi j'ai dit non ? Parce que c'est « correct » de dire non. Quand est-ce correct de dire oui ? Jamais, sauf dans le cadre d'un mariage.

Le conditionnement est tellement fort qu'on suit le vocabulaire admis, sans réfléchir plus avant. On nous apprend à dire « non » quel que soit notre avis positif ou négatif.

Tout est tellement interdit qu'on fini dans le ridicule. On se tait. On est maladroit. On ne sait pas trop quoi dire. Tout ce malaise a une origine : le mythe de la baise obligatoire pour rentrer dans le monde imaginaire du « Grand Amour », qui n'existe pas.

Celui qui ne suit pas les règles dominantes, les modes omniprésentes, c'est bien simple : il n'existe pas. Et comment pourrait-il exister ? Avons-nous besoin de proclamer que nous sommes naturels et désobéissants aux modes pour être naturels et désobéissants aux modes ? Non, bien sûr, pour être cela il est impossible de se justifier ou faire des discours. Pour finir, remarquons qu'à une époque où on ne jure que par la communication, il est impossible de dire simplement « j'aime le sexe » comme on pourrait dire « j'aime la musique » ou « j'aime les oranges pressées ». Et il est impossible de dire « ce fessier est très beau » comme on pourrait dire « ce bouquet de fleurs est très beau ».
Basile, philosophe naïf, Paris le 13 septembre 2017

vendredi 8 septembre 2017

853 Consumérisme, légendes et mimétisme sexuels

Dans la pensée dominante de notre actuelle société française et parisienne règne le consumérisme sexuel. Il est souvent affublé du masque de « l'épanouissement sexuel ». Il faut absolument, on doit à tous prix trouver la cheville à mettre dans la mortaise ou la mortaise où enfoncer la cheville, sous peine d'être disqualifié socialement. D'avoir « raté sa vie sexuelle », voire sa vie tout court. Le but suprême de l'existence se résumerait à quelques secondes d'émission de liquides dans les réservoirs naturels ad hoc. Cette pitrerie étant avalisée par des masses d'écrits pseudo-scientifiques et le vocabulaire même. Le liquide de Cowper émis par le pénis en excitation n'est-il pas baptisé « liquide pré-coïtal », sous-entendu que son émission commande l'arrivée de l'acte qui suit ? De graves politiciens au détour d'une interview se sentent obligés de préciser « qu'ils y arrivent encore ». Et le moindre couillon peut s'intituler « sexologue » ou « sexothérapeute » sans risquer la moindre ire de la Justice pour contrefaçon. L'usage de ces mots n'étant pas réglementé.

Pour conforter le discours qui prétend la baise obligatoire et régulièrement pour tous, qu'on en ait envie ou non, des légendes sont là, et des modes d'emploi à suivre sont énoncés. En gros, il faut trouver « chaussure à son pied » et ensuite faire et réciproquement les putes exclusives et bénévoles. La preuve qu'on s'aime c'est qu'on met le machin dans le trou. Et jamais dans un trou d'une autre personne. Si on cherche un machin ou un trou, le premier acte de la recherche consiste à « faire le test » afin de pouvoir être prêt à l'ouvrage sans communiquer ou recevoir la maladie nommée SIDA.

Le résultat de cette « mécanisation de l'amour » est l'omniprésence du mensonge, de la ruse, la manipulation, la dissimulation. Quand le gars aborde la fille il se demande : « comment vais-je y arriver ? » La fille se dit : « il veut y arriver, qu'est-ce que je fais ? » Et l'échange des mensonges et hypocrisies commence. Le chat est devant l'assiette de poisson et déclare : « mais non, je n'aime pas ce poisson-là », voire : « je suis pratiquement végétarien ». La fille répond : « ce poisson n'est pas pour toi, j'ai déjà un copain ». Et la comédie débute et dure. Pas question d'être sincère, ce serait grossier. Le mensonge est là , partout, tout le temps, en permanence. De temps en temps le garçon fini par mettre le machin dans le trou et constate que ce n'est pas génial. Il est déçu. Alors, au lieu de se remettre en question... il cherche un trou chez une autre personne.

Quand on échappe à ce flot de stupidités, en se disant qu'on peut vivre sans elle, on se retrouve comme « auto-marginalisé. On rencontre la pression du mimétisme sexuel. « Comment ça ? Tu ne cherche pas un trou ? Mais tout le monde le fait ! Tu dois être malade ou pédé ! » Ou : « tu n'as pas encore rencontré la bonne personne. » Rester tranquille est assimilé par les autres à une déficience.

Je disais dernièrement à une sympathique dame que j'avais abandonné la course au trou. Elle m'a répondu : « ne dis surtout jamais ça à une femme, elle sera horriblement vexée ». Et voilà le conseil que je reçois à Paris en 2017. Si vous ne cherchez pas le trou, ne le dites surtout pas. Et quand on cherche le trou, à vous baffes et râteaux.

Je ne cherche pas l'amour, les câlins, les caresses, le sexe... Je ne débite pas la vie en tranches comme s'il s'agissait d'un saucisson. Je vis tout simplement et n'attend rien. Me raccorde à l'amour universel qui se décline entre humains comme l'amour du prochain. Cet amour prend ou ne prend pas une forme ou une autre. Forme toujours changeante, comme les nuages dans le ciel. Je suis heureux d'avoir dit adieu à la principale angoisse de mes contemporains : la quête inlassable et affolée de « l'amour », mot tiroir rempli d'une masse de contradictions et idées incohérentes, rutilantes et imaginaires. Je vis tout simplement, sans chercher à faire rentrer mes relations dans le cadre d'équations imaginaires. Sensées m'assurer le bonheur standard, sur mesures, permanent et égal pour tous. Cette « recherche de l'amour » équivalant souvent à un voyage en Absurdie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 8 septembre 2017

dimanche 3 septembre 2017

852 « Le coup de Kamar »

Un illustre philosophe des temps passés à écrit un jour : « seule sur Terre la bêtise humaine peut nous donner une idée de l'infini. » Au risque de passer pour le plus affreux des machos et antiféministes patriarcaux, j'enrichirais ainsi cette phrase : « seules sur Terre la bêtise humaine et l'hypocrisie féminine peuvent nous donner une idée de l'infini. » J'écris cette phrase aujourd'hui et pourtant je ne pense pas être un vilain macho et un adulateur du patriarcat. Mais voilà : au cours des millénaires, que dis-je ? Des dizaines des milliers d'années passées, les femmes ont été maltraitées, écrasées, dominées, agressées, insultées de myriades de façons par la plupart des hommes. Encore aujourd'hui nous sommes très loin du respect réciproque et de l'harmonie entre l'homme et la femme.

Physiquement en général plus faibles que les hommes, les femmes ont développé un système de défense et résistance terriblement sophistiqué. Et comme elles ont l'intelligence, la sensibilité et l'intuition, elles ont élevé l'hypocrisie au rang des Beaux-Arts. Moi, qui suis presque maladivement attaché à la sincérité suis encore effrayé devant les abîmes qu'ouvre ce système de défense. Système qui n'existerait pas si les hommes étaient en moyenne plus respectueux et aimables avec les femmes.

Dans ce système de défense auquel j'ai été confronté quand bien-même je ne cherchais pas à agresser, j'ai pu relever une manière de faire que j'ai baptisé « le coup de Kamar ».

Je l'ai baptisé ainsi en référence à une chatte tricolore qui porte le nom de Kamar. Mot qui signifie en arabe « petite Lune ». Cette chatte que je connais bien s'est spécialisée dans la forme d'approche consistant à venir se frotter à vos jambes, accepter quelques caresses et zou ! Vous balancer un bon coup de griffe.

Pour réaliser le coup de Kamar il faut une fille belle, maligne et séduisante et un homme un peu benêt, respectueux, poète, bref, moi par exemple.

La fille fait mine d'être séductrice. Si le benêt commence à répondre positivement, elle fait durer un peu la situation et puis c'est le moment du coup de griffe. Mais pas n'importe quel coup de griffe. Un coup de griffe culpabilisant le malheureux poète trop sensible et benêt. Soi-disant il aurait manqué de respect, même de façon imaginaire. Le but atteint est pour la fille d'inverser les rôles patriarcaux : l'homme d'ordinaire domine et maltraite. Là, c'est à la fille de dominer et maltraiter. Il s'agit d'une jouissance vaine, superficielle, perverse. Mais sans doute délicieuse pour celle qui en est l'origine et la bénéficiaire.

J'ai énormément souffert du « coup de Kamar » auquel j'ai eu droit à plusieurs reprises. J'avais le plus parfait profil pour en être la victime désignée. À présent quand on tente de me faire le coup, je fais mine de tomber dans le piégé. Je vais m'excuser sans insister tout en ricanant intérieurement. Il est d'autant plus difficile de m'avoir, que je n'attends rien. Quand on est en demande de caresses, de sexe ou d'amour on devient automatiquement débiteur et dépendant. Là je ne suis plus débiteur ou dépendant. De plus je me méfie de tous gestes qui pourraient servir à valider le coup de Kamar. Si une fille est belle, si séductrice apparaît-elle, j'éviterais soigneusement de commencer à y « mettre les mains ». Après avoir pris cette précaution, les reproches qui me seront faites seront des plus ridicules. Je ferais mine de les prendre au sérieux et ne m'en excuserais que plus vivement pour mon inconduite imaginaire, promettant qu'elle ne se reproduira plus. On le voit bien ici, la vie est quelquefois compliquée. Certains hommes et ici certaines femmes s'évertuent à la compliquer plus encore. Il n'y a pas de quoi s'en faire. Il vaut mieux en rire et réagir de façon adaptée.

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 septembre 2017

lundi 28 août 2017

851 Balivernes et saloperies à la mode

À lire quantité d'écrits sur Internet, le sexe serait une occupation ludique au même titre que jouer au volley sur une plage, aller au restaurant le samedi soir ou faire un tour de manège de chevaux de bois. L'objet à consommer serait l'être humain partenaire de ces jeux distractifs et sexuels.

Et nous n'aurions pas le choix ! Il faudrait en passer par là et très régulièrement, sous peine d'être moins intelligents, choper le cancer, etc. Si ! Si ! Je l'ai lu, il ne faut pas rire... C'est très sérieux. Notre bonheur en dépend !

Et puis, par ailleurs nous apprenons que les femmes sont généralement insatisfaites de ces jeux sexuels, craignent les agressions sexuelles et les viols, qu'il y a une multitude de séparations dont elles prennent le plus souvent l'initiative et qu'un nombre immense de personnes des deux sexes déclarent souffrir de la solitude. Avec parmi elles nombre de personnes jeunes et remplies de qualités.

Mais ça, ce serait par ailleurs et ça n'aurait pas de rapports avec le traitement de la sexualité comme une activité consumériste et purement jouissive. Alors qu'il est bien évident que les deux sont parfaitement liés. Croire que « faire l'amour » ou se brosser les dents c'est pareil. Ou que « faire l'amour » et manger un gâteau au chocolat c'est pareil, conduit à des désastres et malheurs innombrables dans la vie des gens.

Quand on se penche plus en détails sur les discours vantant le sexe léger et ludique, où chacun est la pute bénévole de l'autre, on constate une ignorance fantastique régnante.

L'éjaculation est baptisée « orgasme », alors qu'elle peut être décevante et même douloureuse pour l'éjaculateur. L'érection est assimilée au désir d'acte sexuel alors qu'elle ne signifie rien de tel la plupart du temps. La masturbation masculine dans un vagin est systématiquement assimilée au fait de « faire l'amour ». Le but patriarcal proclamé de la « sexualité » est l'éjaculation du monsieur dans la dame. Alors qu'une femme peut très bien jouir sans.

Quand depuis les années soixante du siècle passé on a parlé d'émancipation sexuelle de la femme, on l'a assimilé au fait que la femme drague comme un macho, doit se masturber comme un macho, aimer la pornographie comme un macho... Bref, le modèle que la femme « libérée » doit suivre, ce serait le macho... Et pourquoi le macho devrait-il être le modèle à suivre ? Sous le règne machiste ce n'est pas la joie. N'existerait-il pas d'autres façons d'agir, aimer et penser que celles du macho ?

Je lisais hier un article vantant sans détours le fait qu'il faudrait « faire l'amour » de préférence le matin plutôt que le soir. Passons sur les détails et remarquons le vrai motif inavoué et sous-jacent de ce discours. L'homme qui cherche systématiquement à se masturber régulièrement dans le vagin de sa partenaire en croyant ainsi « faire l'amour », finit par se heurter à la Nature. Il va alors avoir de plus en plus de mal à bander. Sans réaliser le motif de ce sain refus de son zizi qui renâcle aux travaux forcés, le baiseur furieux va se rabattre sur le matin pour retenter la chose. Pourquoi ? Parce qu'au réveil il arrive qu'il bande. Cette érection n'a rien à voir avec le désir d'acte sexuel. Mais qu'importe, il va la détourner et chercher à l'utiliser pour satisfaire son désir malade. Après avoir échoué la veille au soir du fait de son zizi mou, l'homme va réveiller sa copine. Déranger son doux sommeil réparateur pour recommencer ses exercices ineptes. Et créer ainsi un motif de plus pour la rupture et la séparation qui pointeront finalement leur nez pour remettre les choses en ordre. Le plus souvent l'homme, ahuri et déçu, n'y comprendra rien. Il se dira : « je faisais tout pour satisfaire ma copine au lit et à présent elle se casse ! C'est à n'y rien comprendre aux femmes ! »

Basile, philosophe naïf, Paris e 28 août 2017

dimanche 27 août 2017

850 « De toutes façons elles ne veulent jamais ! »

« De toutes façons elles ne veulent jamais ! » Ce fut le cri du cœur d'un dragueur professionnel aux multiples « conquêtes » auquel il y a des années je posais la question : « mais quand les femmes ont-elles envie de faire l'amour ? » Ce dragueur ignorait le phénomène de la parasexualité. Par pur et simple égoïsme il ne voulait pas voir que les femmes qui aiment les bisous n'ont pas nécessairement envie de baiser et rebaiser pour la satisfaction de leur « seigneur et maître ».

La parasexualité fait penser à la sexualité, c'est-à-dire à l'acte sexuel, mais en est détaché. J'en ai eu divers exemples. Ainsi cette étudiante des Beaux-Arts qui, quand je la rencontrais, m'embrassait à pleine bouche. Sans jamais pour autant avoir cherché autre chose. Pour nombre d'hommes ce genre de câlin s'assimile à un appel au coït. Résultat, les filles qui aiment les bisous sur la bouche vont le plus souvent s'abstenir.

Il en sera ainsi de milliards de câlins sacrifiés sur l'autel du renoncement pour éviter de se faire encombrer par les exigences sexuelles systématiques et malvenues des dragueurs en tous genres.

Comment une femme pourrait-elle envisager de dormir avec un homme sans risquer pour autant de « passer à la casserole » ? Résultat, elle dormira souvent plus volontiers avec son chien ou son chat qu'avec un homme.

Une dame divorcée et septuagénaire me disait récemment que le seul moment de sa vie où elle a réussi à dormir paisiblement c'est quand elle avait son mari auprès d'elle.

Allez expliquer à quelqu'un que vous souhaitez juste dormir avec lui ou elle ? C'est impossible. Et le dragueur professionnel cité au début de ce texte l'admettait ainsi : « dormir seulement avec une femme sans rien faire ? Certes, la première nuit d'accord, mais pas après. »

Au nom d'une « sexualité » sommaire, systématique et envahissante on nie et interdit la parasexualité.

Et quand une femme cherche une relation parasexuelle avec un homme, elle doit se débattre en permanence pour éviter de se plier à ses exigences sexuelles. C'est si difficile que finalement elle est en permanence sur la défensive. Bien des femmes ne témoignent jamais de leur tendresse naturelle, sauf avec des animaux ou des petits enfants. Les hommes sont disqualifiés par leur comportement.

Les grands perdants sont l'amour, la paix et l'harmonie. Mais qui s'en soucie vraiment ? Pour les femmes parvenir à autre chose que ce qu'elles vivent paraît impossible. Pour les hommes il n'existe pas autre chose.

Quand fort heureusement des situations meilleures que celles habituelles surviennent, elles ne risquent pas d'être trop connues. Je disais un jour à un ami que j'avais dormi sept nuits d'affilée dans le lit d'une amie jeune et jolie sans que nous ayons comme on dit « fait l'amour ». Il n'en croyait pas ses oreilles. D'autres fois j'ai rencontré des réactions similaires. Quand j'ai hébergé une jolie fille deux nuits de suite sans qu'il se passe rien, comme on dit, plusieurs amis ont émis des doutes quand je leur en ai parlé. Encore dernièrement une amie à qui j'évoquais le fait d'héberger quinze jours une jolie fille a « plaisanté » sur le fait qu'il ne fallait pas que je la mette enceinte. Cette plaisanterie exprimant en fait sa tendance à ne pas admettre qu'on puisse côtoyer ainsi une jolie fille sans faire des cabrioles sexuelles. Comme est fâcheux le sort subi par l'amour ou – et – la parasexualité ! La tendresse a hélas encore bien des jours difficiles devant elle.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 août 2017

849 Sexualité ou parasexualité

On connaît tous plus ou moins le célébrissime et très freudien « Complexe d’Œdipe » : le petit garçon souhaite posséder sexuellement sa mère et tuer son rival sexuel de père. Je n'ai pas rencontré toutes les variétés possible de comportements et admets que Freud a possiblement rencontré de tels petits garçons. Pourquoi pas ? Là où je m'inscris en faux contre lui, c'est quand il prétend généraliser ce mode de fonctionnement à l'ensemble des petits garçons de tous les temps et du monde entier, passé, présent et futur.

Déjà en considérant mon propre exemple. J'ai été élevé dans les années 1950 dans un milieu familial terriblement complexé et coincé sexuellement, où on ne parlait pas de ça à table. N'allant pas à l'école et n'ayant aucun ami, je ne risquais guère d'entendre parler de l'acte sexuel. Comment aurais-je pu rêver très petit pratiquer un acte dont je n'ai découvert l'existence que seulement vers l'âge de treize ou quatorze ans ?

Par ailleurs, pas du tout violent et jamais battu je ne me souviens pas avoir nourri des projets meurtriers à l'égard de mon père. Et j'ai bonne mémoire.

On objectera ce qu'on voudra pour démonter mon argumentation. Par contre il est une chose qu'on peut passer au feu de la critique : c'est l’interprétation que fait Freud de phénomènes qu'il aurait observé. Il déclare que l'homme qui pénètre avec son pénis le vagin d'une femme la possède. Mais en réalité il ne possède strictement rien. C'est là une interprétation culturelle qu'on peut suivre ou non. Quantité de traditions culturelles l'affirment et jusqu'au vocabulaire, mais cette « possession » est une vue de l'esprit. On l'a même inscrite dans la loi française : « Les époux se doivent soutien mutuel et fidélité. » Durant la cérémonie municipale et laïque du mariage civil, le maire déclare aux nouveaux mariés : « Je vous déclare unis par les liens du mariage. » Ces fameux « liens » relèvent également d'une vue de l'esprit. Il s'agit là de conventions destinées à garantir la filiation héréditaire pour la transmission des héritages.

Freud avance ensuite que si existe un rival, ici le père, le petit garçon veut le tuer. Il donne donc pour définition du rival l'objet d'une jalousie exclusive et meurtrière. Mais tous les hommes ne témoignent pas nécessairement d'une telle forme de jalousie. Et certains ne sont y compris pas jaloux du tout.

On dirait ici que Freud a attribué un comportement unique à des millions de gens différents qui ne suivent pas du tout forcément un même comportement. Il a aussi parlé de « sexualité enfantine ». Il s'est arrêté à des apparences et a généralisé là aussi à sa façon.

Certes, on voit de très petits enfants qui « se touchent » par exemple. Mais peut-on pour autant mettre cette activité circonstancielle et ponctuelle sur le même plan que le comportement adulte ? Un dragueur professionnel va passer des années et d'innombrables heures à chercher à « capturer » ses proies. Le petit enfant va se toucher puis passer à autre chose. C'est là une activité parmi d'autres et elle n'est pas plus importante pour lui que d'autres activités. Certes, elle ressemble un peu à ce que nous considérons comme étant la sexualité adulte. Elle ressemble seulement et n'en est pas l'équivalent. Dans ces conditions il est plus exact de parler de l'existence d'une parasexualité enfantine et pas du tout d'une sexualité enfantine. C'est essentiel pour comprendre les choses de tâcher de les définir au mieux. Cette parasexualité existe aussi chez les humains ayant atteint « l'âge adulte » et n'est pas sans conséquences importantes. Son existence est la plupart du temps niée alors qu'elle représente une part très importante du comportement humain. L'admettre remet très largement en cause l'existence même du patriarcat et de bien de ses aspects très envahissants.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 août 2017

samedi 26 août 2017

848 L'expérience est une lanterne qui n'éclaire que soi

La vraie philosophie est d'abord action puis réflexion. L'inverse est pauvre et limité. Si je déclare : « l'homme est un animal », ça reste une hypothèse. Si je vis une expérience qui me le démontre directement, naît ma conviction. Je vais prendre un exemple : la nudité est traitée dans la société où nous vivons comme érotique et sexuelle. En fait, l'état de nature, c'est-à-dire sans vêtements, n'est ni érotique, ni sexuel.

Nous pouvons nous répéter un million de fois : « l'état de nature n'est ni érotique ni sexuel ». Habitués au contraire par notre conditionnement, nous continuerons à ressentir le contraire. Il y a quatre ans j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Aussi souvent que possible, sans choquer ni déranger personne, j'ai décidé que je serais à l'état de nature quand je suis seul. Durant trois années cet état m'induisait des pensées liées au sexe. Au bout de trois années ce fut terminé. J'en ai été délivré. On la voit, l'importance inestimable de l'expérience. En dépit des idées que je trouvais juste, j'ai mis trois années pour me débarrasser du conditionnement « nudité égal sexualité ». Il a fallut l'expérience et aussi la réflexion. Mais sans l'expérience vécue je n'y serais pas arrivé.

Depuis, une année a passé et n'a fait que renforcer ma conviction dans le sens de la complète neutralité de l'état de nature. Cependant je comprends très bien que les personnes qui m'entourent, elles, sont toujours conditionnées comme je l'ai été.

Elles ne risquent pas de me suivre si je témoigne de mon ressenti actuel. Elles n'ont pas passé comme moi trois années à se déconditionner. Ce déconditionnement a des effets intéressants. Se sentir à l'aise sans vêtements et sans être de ce fait envahi par des pensées « sexuelles » est un confort, un plaisir, une sérénité rares. Voir les jolies filles dans la rue comme autre chose que des objets sexuels, mais comme des êtres humains est certainement au moins en partie le résultat de cette pratique de l'état de nature.

La base première du succès de la pornographie est la sexualisation abusive de la nudité. Cette base enlevée, que reste-t-il ? Des comportements stéréotypés et mécaniques, des expressions et réactions remplies d'artificialité. Quand on s'est débarrassé de l'équation « nudité égal sexualité », la pornographie perd très largement son intérêt, tout effet excitant. Il apparaît absolument évident que les personnes qui se font filmer ou photographier s'ennuient et prennent la pose, parfois acrobatique. La seule chose qu'ils attendent et qui les motive, c'est leur chèque à l'issue de la séance photos ou vidéo. Par millions, les humains conditionnés consomment la pornographie en croyant y voir la sexualité. Il ne s'agit là que d'une caricature patriarcale à but lucratif. La base de la pornographie, c'est le patriarcat qui réduit les femmes à des domestiques dans lesquels l'homme se masturbe.

Se rapprocher de la Nature en nous n'est pas toujours très confortable. Aujourd'hui je me promenais dans Paris sous une chaleur très forte. J'ai souffert du fait de devoir porter des vêtements pour sortir de chez moi. A mon retour, remis en tenue naturelle et adaptée à la chaleur, il m'a fallut une heure au moins pour me retrouver à mon aise habituelle. En fait, quand on s'habitue à la tenue naturelle on se retrouve mal à l'aise habillé. La réaction inverse est beaucoup plus courante. Bien des gens ne se sentent à leur aise qu'une fois habillés. C'est le produit de leur conditionnement initié dès leur petite enfance. Je voyais récemment des petits enfants sur une plage. Tous étaient revêtus de leur tenue de bains. Ce qui signifie qu'à une époque de leur vie où ils ne connaissent pas grand chose de la vie on leur inculque d'office la honte de « leur corps ». Quand j'avais cinq ans, durant des vacances au bord d'un lac savoyard, je m'étonnais. Pourquoi existait pour moi l'obligation imposée par ma famille de porter une culotte de bains incommode mouillée et qui visiblement ne servait à rien ? La réponse hypocrite de ma mère fut : « c'est pour l'hygiène ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 août 2017

847 Le patriarcat derrière le masque de « la sexualité »

Le patriarcat règne partout depuis très longtemps et trouve à se déguiser et s'affubler de titres et légitimations grotesques tels que « la sexualité ». Soi-disant nous aurions là affaire au naturel, à l'inévitable et au bienvenu qui se résume en ceci : le but de la relation homme-femme est l'éjaculation du monsieur dans la dame et le recommencement inlassable de ladite opération. Au nom de quoi tout le reste n'est que « préliminaires » et autres domaines subordonnés à la sacro-sainte émission de sperme qui est prétendument synonyme d'extrême jouissance de l'homme, ce qui est rarement le cas. On ajoute aussi parfois que quand l'homme « honore ses conquêtes », elles jouissent. Mais pas que, certains machos déclaraient dans les années 1940 en France que « le sperme nourrissait la femme ». On se demande comment l'injection vaginale d'un produit essentiellement composé d'albumine, soit de blanc d’œuf, peut nourrir qui que ce soit.

Au nom de la « sexualité » on va proposer deux chemins possible. Le premier : l'homme « renonce à la sexualité ». Si on dit qu'il renonce, ça signifie qu'à priori il devait la pratiquer.

Le second chemin : l'homme ne renonce pas... Mais ce chemin est ici déguisé de multiples façons. On parlera ici soit de « fonder une famille », soit de « rencontrer l'Amour » ou « le Grand Amour », soit de draguer, soit de violer... Dans tous les cas on reste sur le même terrain : le but esr l'éjaculation du monsieur dans la dame, qui doit ensuite se reproduire « autant des nombreuses fois que l'homme désire et doit désirer le faire s'il est un homme ».

Un site Internet prétendument scientifique déclarait dernièrement que l'homme, pour rester en bonne santé, devait baiser vingt-et-une fois par mois. Pourquoi vingt-et-une ? Parce que les week-end il a mieux à faire ? Certains sites Internet prétendent légitimer la baise obligatoire parce qu'elle préviendrait le cancer de la prostate. Les femmes rétives aux jeux d'alcôve avec monsieur seraient dont des criminelles : elles ouvriraient la voie au cancer chez l'homme qu'elles rejettent. Il est permis de rire ?

Pour conforter le blabla patriarcal omniprésent qui résume la femme à un accessoire masturbatoire de l'homme, nous avons les sexologues et sexothérapeutes. Ces titres ne sont nullement réglementés en France. Si je voulais, je pourrais dès demain me présenter en qualité de « sexologue », aucune loi me l'interdit. Un certain nombre de personnes ne se gênent pas pour le faire. Dans les années soixante-dix du siècle dernier, un des plus fameux sexologues de l'époque a même signé un appel en faveur de la libéralisation des relations sexuelles entre enfants ou adolescents et grandes personnes. On peut donc dire ou écrire tout ce qu'on veut en se proclamant sexologue ou sexothérapeute. Personne ne viendra vous remonter les bretelles au nom d'une quelconque déontologie.

Là où le patriarcat va avoir du mal à continuer à imposer son discours falsificateur, c'est si, face à sa prétention d'hyper-sexualiser l'homme je réponds. Non pas : « à bas ou vive le sexe ! » Mais tout simplement : « je ne suis pas hyper-sexualisé . Je ne me reconnaît pas dans le portrait de l'homme que me propose la patriarcat. La vraie vie c'est autre chose ».

Et à la question : « mais alors que faites-vous ? » Je réponds : « place à la vie, tout simplement, dans toute sa richesse et sa diversité. Dehors les schémas piégés et piégeants qui ne conduisent qu'à des impasses ! Le sexe est subordonné au reste des relations humaines et non l'inverse, comme on le voit fréquemment proposé. » Par mesure d'hygiène on est prié de renoncer au patriarcat et se conformer à la réalité. En cherchant à se conformer au patriarcat l'homme devient une caricature. La femme tend alors à le rejeter. Faut-il s'en étonner ? C'est en corrigeant ses défauts patriarcaux que l'homme retrouvera le chemin de l'échange et de la tendresse. Chacun peut et devrait s'y employer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 26 août 2017

vendredi 25 août 2017

846 L'art de ne pas faire ce qu'il y a à faire

Deux jeunes Parisiens, beaux, intelligents, gentils, sympathiques, cultivés, ayant de l'humour, et quantité d'autres qualités, indépendants matériellement ont chacun, qui s'en étonnerait ? Une copine jeune, jolie, etc, etc. Avec qui ils partagent chacun leur vie... Pardon ! Partageaient ! Les deux relations se sont terminées cet été par une séparation. Tout paraissait OK et tout est à présent terminé. Que font alors ces deux jeunes hommes ? Ils se disent qu'avec les atouts dont ils disposent ils vont trouver chacun une nouvelle copine. Et l'histoire va recommencer.

En aucun cas ces deux jeunes hommes ne se posent l'évidente question : « il y avait tout pour que ça marche bien et ça continue et ça s'est terminé, pourquoi ? » Non, ils ne se posent pas cette question. C'est fini avec Suzette ? Allons chercher Rirette !

Le motif de ces ruptures c'est le banc de sable sur lequel ces relations se déclarent : il s'agit de libertinage encadré. On « sort » avec une demoiselle. Puis, on décrète qu'on est « ensemble », ce qui signifie qu'on ne va pas « voir ailleurs » et on ajoute une adresse commune. La base de ces « relations » proclamées consiste à mettre son zizi dans la zezette d'une demoiselle avec son accord. Et de l'y remettre régulièrement. On le clame bien fort à tout son entourage et le tour est joué !

Là où le bât blesse, c'est que le « contrat » de ce genre de « relation » est de nature patriarcale. Les garçons vers l'âge de douze ou treize ans découvrent la masturbation masculine adulte comprenant l'éjaculation. Ils en deviennent accros. Et la pratiqueront régulièrement toute leur vie durant, ce qui signifie des milliers de fois en tout. Ils vont élargir cette pratique masturbationnelle à l'utilisation d'un ou une partenaire et se masturberont dedans, croyant souvent ainsi « faire l'amour » et satisfaire l'autre. La cause à terme de nombre de séparations, c'est l'incroyable insistance des garçons pour parvenir à se masturber dans un ou plusieurs des orifices naturels de l'autre.

J'ai fait partie du troupeau des ânes masculins hyper-sexualisés. J'ai pris conscience tardivement de ce problème. Durant très longtemps je croyais de bonne foi qu'il me fallait absolument trouver une « partenaire sexuelle ». Cette incommensurable ânerie patriarcale m'a conduit d'échecs en échecs avec les filles. Puis un jour tout parut aller bien avec une fille. Et, au bout de deux ans de Paradis j'ai connu deux années et quatre mois d'enfer. J'ai cherché à comprendre pourquoi. La piste s'est ouverte pour ma compréhension, quand, parlant avec mon ex, elle me dit qu'au fond elle n'avait jamais voulu jouer au petit train avec moi. Et m'interrogeant moi-même j'en conclu que moi aussi je n'avais jamais voulu jouer au petit train avec elle. Alors pourquoi avoir poursuivi la quête imbécile de l'harmonie sexuelle en faisant ainsi les cons ? La réponse est que nous nous sommes pliés à l'immonde patriarcat qui prétend qu'on doit faire ces choses quand elles sont « techniquement possible » même quand on n'en a pas envie. Et comment en était-je arrivé à un pareil comportement ? Quand à l'âge de vingt-deux ans ma famille et le médecin de famille m'ont manipulé pour me jeter dans les bras d'une vague copine. Tout ceci afin de me « déniaiser ». Ce fut une sorte de viol social où je me résignais à « en passer par là » sans réaliser dans quelle voie tordue cela m’entraînait. J'ai mis quarante-trois ans pour en sortir et m'extraire de cet impasse où d'innombrables individus se retrouvent coincés.

Les deux jeunes hommes dont je parle au début de ce texte sont toujours pris dans cette impasse. Si sympathiques soient-ils ils restent persuadés malgré tout qu'une jolie fille ce n'est pas d'abord une jolie fille, mais c'est d'abord un orifice où on met sa queue. Et même si nombre de filles acceptent d'incarner ce rôle, à la longue elles en ont marre, d'où rupture. Il faut s'interroger sur son propre comportement, sur ce qui ne va pas dans celui-ci, pour sortir du cycle des relations-ruptures. Mais pour ça il faut le vouloir. Nombreux sont les hommes qui refusent de le faire. C'est très dommage.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 août 2017

mercredi 23 août 2017

845 L'art de déstabiliser « la pensée unique »

Je connais une jolie fille. Et remarque que d'autres hommes que moi, qui ne connaissent que son aspect morphologique la résument à celui-ci. Ce n'est pas pour eux un être humain, mais un outil potentiel pour se masturber dedans. C'est odieux et ridicule. D'autant plus que ces hommes ne sont pas les plus arriérés qui soient. Réagir comme eux c'est se soumettre à la pensée unique, qui fait des hommes des êtres hyper-sexualisés. Soi-disant, si un homme rencontre une jolie fille qu'il ne connaît pas, il doit forcément chercher à se masturber dedans. Ce qu'abusivement on baptise « faire l'amour » et qui n'est le plus souvent en fait au mieux qu'une double masturbation combinée.

La pensée unique dit que l'homme étant hyper-sexualisé doit agir ainsi. S'il ne le fait pas, c'est pour diverses raisons. Hyper-sexualisé il ne trouve pas la fille à son goût. Ou il lui est interdit de l'utiliser ainsi à cause d’interdits juridiques, moraux ou – et – religieux. Ou il ment, feint de ne pas être intéressé. C'est une ruse utilisée pour arriver à ses fins. Ou il souffre de problèmes psychologiques qui le font reculer et renoncer à ce dont il a envie. Ou il est intéressé par un autre genre de partenaires. Il est par exemple attiré par les garçons. Ou il a d'autres pratiques sexuelles, par exemple : c'est un libertin qui pratique des orgies et n'est pas intéressé par « une simple aventure ».

Dans tous les cas, il reste toujours défini par la pensée unique comme « hyper-sexualisé ». Là, on peut, et à mon avis on doit, déstabiliser ladite pensée unique. Au lieu d'entrer dans un vaste débat sur les pratiques sexuelles bienvenues ou pas, il faut tout simplement affirmer la simple vérité : l'homme n'est pas naturellement hyper-sexualisé. C'est le résultat d'un conditionnement qu'exprime la pensée unique. Et suite à mon évolution et ma prise de conscience critique je n'y suis plus ici subordonné. Le résultat d'une telle évolution est très intéressant.

Elle permet d'ouvrir un champ de recherches et réflexions pour une véritable relation équilibrée entre l'homme et la femme et entre les hommes et entre les femmes. Il tourne le dos à quantité de chemins d’égarements et de recherches de problèmes divers et variés. Recherches qui m'ont fait dire : « de nombreux humains font de grands efforts pour s'attirer des ennuis... et leurs efforts sont récompensés ! » La femme cesse d'être de facto un gibier et l'homme cesse d'être un chasseur.

Ce qui peut mettre mal à l'aise y compris les victimes désignées de cette chasse. Car elles se retrouvent soudain dans des conditions où leur rôle habituel de fuir ou se défendre perd son sens. C'est le vide, l'inconnu. Et le vide et l'inconnu font souvent plus peur que l'inconfort habituel.

Quand j'ai fini par me dire que tout le problème venait de la prétention à l’hyper-sexualisation inévitable et naturel de l'homme, j'ai pensé aussi : « si j'exprime cette manière de voir on ne va pas me croire. C'est impossible ! »

Les hommes effectivement ne me croient pas, car ça les remettrait en question. Ils sont habitués à leur petit confort patriarcal. Fiers, ils se disent chacun de leur côté : « moi, je suis un grand chasseur de femmes ! », même si la plupart du temps ils reviennent de leur chasse bredouilles. Se dire qu'il faut renoncer à ce comportement stupide et établir des relations simples, équilibrées et responsables avec les femmes leur déplaît absolument. Car ils ne sont plus alors « les seigneurs et maîtres ». Les femmes elles, pour le peu que j'ai pu voir, sont beaucoup plus à l'aise avec le renoncement à la prétention à l'hyper-sexualité masculine inévitable et naturelle. Cependant, le caractère inhabituel de la situation que ce renoncement entraîne ne les met pas forcément à l'aise. Une amie insiste pour me dire que non, ce n'est pas possible ! Selon elle je serais comme tous les hommes, mais mes problèmes m'auraient amené à inventer des théories pour justifier ma fuite et mon renoncement. Mon attitude en soi la dérange alors qu'elle n'a aucun désir d'avoir une aventure avec moi.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 août 2017

dimanche 20 août 2017

844 Réflexion sur l'origine du formatage sexuel humain

Quand on rencontre ce qui apparaît comme « un couple », on en déduit automatiquement un certain nombre de choses que ce « couple » est sensé faire et vivre. Et éviter de faire ou vivre. Nous avons un regard formaté sexuellement. Par exemple nous nous dirons : « ils sont jeunes et donc font l'amour souvent », ou : « ils sont heureux donc ils sont fidèles ». Alors que nous ne savons rien de leur vie intime. Et qu'il existe des couples qui ne font jamais l'amour et d'autres qui sont plus ou moins « infidèles », voire libertins. Pour assurer notre « bonheur », mot qui ne veut pas dire grand chose et est composé de « bon » et « heure », nous croyons généralement aussi à des situations formatées. Il « faudrait » rencontrer « l'amour »... Et si nous n'y arrivons pas, nous aurons « raté notre vie ». Alors qu'il existe de multiples façons de la réussir dont beaucoup n'ont rien de « sexuel ». Notre cerveau est encombré par une masse de données pas toujours utiles et même des fois carrément nuisibles, qui prétendent nous indiquer la juste voie à suivre. Et quand nous n'y arrivons pas, que nous reste-t-il à faire ? Pleurer sur « notre triste sort » ?

Par exemple : je connais des familles classiques et visiblement heureuses. Mariées, avec enfants, beaux, sympathiques, équilibrés... elles ont tout du visage du bonheur. Très bien et je m'en félicite ! Mais à côté je rencontre aussi une multitude de personnes qui ont cherché ce bonheur-là et ne l'ont pas trouvé. Et, arrivés à un âge où fonder une famille n'est plus réalisable que leur reste-t-il à faire ? Pleurer sur la dureté de la vie ? Non, la réussir autrement et c'est parfaitement possible. Par exemple : aimer son prochain ne nécessite pas de l'épouser. Et être utile aux autres peut apporter de très grandes satisfactions, de même que par exemple peindre, dessiner ou méditer.

C'est en cherchant à formater notre vie que nous la rendons souvent invivable en niant la recherche de la compréhension des choses et l'originalité de notre chemin. Il n'est absolument pas certain, par exemple, que nous soyons tous potentiellement de « bons pères » ou « bonnes mères » de famille. Il est très possible que certains d'entre nous ont plus pour « vocation » de rester célibataires. Que cet état leur convient sans pour autant être des monstres. Et que s'ils y parviennent ils auraient tort d'avoir des regrets. Dire ça, c'est déjà déranger beaucoup de personnes qui voudraient que nous soyons tous des espèces d'êtres identiques.

Quand j'avais vingt-et-un ans les filles me plaisaient, m'attiraient, mais je n'avais aucun désir de « faire l'amour ». Ma famille n'a pas apprécié. M'a manipulé et jeté dans les bras d'une vague copine pour y mettre « bon ordre ». Je me suis plié à ses diktats. Ça m'a dérangé durant au moins quarante ans. On m'a formaté. J'ai fini par me déformater et admettre une très simple vérité : on peut aimer une agréable et jolie personne sans mélanger les zizis. Mais d'où vient ce concept aberrant qui prétend que si on aime, dans certains cas, certaines situations, on doit mélanger les zizis ?

Les humains ont inventé l'amour non sexuel, où on peut désirer ou pas mélanger les zizis, et on ne doit absolument pas le faire. Et le sexe sans amour, où on peut désirer ou pas mélanger les zizis, et on doit absolument le faire.

Cette violence contre leur instinct naturel, les humains l'ont justifié, encensé, imposé au nom d'un tas d'inventions : des légendes, lois, interdits obligations, traditions, tabous divers.

On pensera ce qu'on veut du bon ordre ou pas ou de la légitimité ou pas qui en ressort. Cependant il paraît sûrement intéressant pour se situer et comprendre de se poser la question de l'origine de cet état général. État général qui a d'innombrables conséquences.

La raison du formatage sexuel des humains est la transmission de l'héritage matériel. Sans filiation, pas de transmission possible. Dans certaines sociétés himalayennes les femmes épousent simultanément leur mari et ses frères. Motif : il y a si peu de terres cultivables qu'on évite ainsi de trop les diviser par la multiplication des mariages masculins. La filiation est ainsi réduite : tous les enfants d'une même épouse et de plusieurs hommes étant considérés comme d'une filiation certes collective mais unique. C'est paraît-il ainsi que ça se passe.

Mais comment contrer l'instinct naturel des humains pour imposer des règles assurant la transmission de l'héritage ? Trois moyens seront mis en œuvre :

Le sevrage tactile qui va assurer un conditionnement destiné à durer la vie entière. Dès l'âge de quatre ans environ, le petit humain n'est plus caressé, touché, il devient « grand ». Il va se laver et s'habiller seul. Et rester habillé devant les tiers, etc. Ainsi on établit une barrière entre « le corps » indocile et « l'esprit » supérieur à suivre. Esprit qui commandera par la suite de suivre les règles morales sociétales. Parmi celles-ci on trouve le fait de devoir cacher « son corps » ou tout au moins certaines parties de celui-ci, vouées comme par hasard à la reproduction et donc impliquées dans la transmission des héritages. Et cet état de choses est d'abord organisé par un sexe contre l'autre.

Car c'est là qu'intervient une très ancienne institution créée par les humains : le patriarcat. Celui-ci assigne à la femme un rôle inférieur, subordonné. Elle n'est plus pour la tradition patriarcale la compagne de l'homme, mais juste son objet reproducteur esclavagé. Dont le travail maternel et domestique imposé n'est ni reconnu, ni rémunéré. C'est sensé être son devoir et c'est tout.

Pour conforter cette situation, la réputation qui sera faite à la femme sera celle d'une personne difficile à contrôler, fausse, menteuse, tentatrice, pousse au viol, scandaleuse.

Tous ces phénomènes ne seront pas analysés par la plupart des humains qui suivront leur conditionnement sans se poser trop de questions. J'observe par exemple les hommes qui, apercevant maintenant à Paris une très jolie jeune fille, sont amenés à la considérer non comme un être humain, mais comme un objet. Ils ne s'interrogent pas sur la barbarie de leur point de vue. Pour eux, si une jeune fille est très belle, c'est juste un objet à consommer. Ils ne comprennent pas non plus quand ledit « objet à consommer » refuse de remplir ce rôle. Et l'accusent alors de toutes sortes de défauts alors qu'il s'agit simplement de la plus simple exigence du respect de soi.

Notre société parisienne qui se vante d'être « évoluée » est très souvent très éloignée d'une vision équitable et harmonieuse de l'homme et de la femme. Certes il a été fait des progrès, y compris heureusement chez beaucoup d'hommes. Mais l'analyse globale de la situation fait très souvent défaut. Et les contradictions abondent.

Par exemple j'observais il y a une vingtaine d'années un groupe d'amis. Parmi eux il y avait un macho et dragueur puissance dix. Il se comportait avec une très grande violence morale vis-à-vis d'une jeune fille du groupe. Celle-ci à un moment-donné pleurait. Les autres personnes faisant partie du groupe d'amis n'étaient pas particulièrement machos, mais considéraient la situation comme absolument normale. Aucune n'allait consoler la jeune fille.

Dans quantité de situations on voit comme ça de bien braves gens, pas toujours très intelligents, arrêter de réfléchir. Ainsi à Paris dans les années 1970 : je vois un attroupement près d'une voiture en stationnement. M'approche et constate que dans la voiture il y a une dame qui fait un malaise. J'interpelle les présents et leur dit : « il faut appeler les pompiers. » La réponse que j'obtiens d'un des présents, je m'en souviendrais toujours : « mais son mari ne sera peut-être pas d'accord. »

Notre société a évolué depuis cinquante ans, quand les femmes n'avaient pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari. Mais elle est encore très loin de l'harmonie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 20 août 2017

samedi 19 août 2017

843 Protéger la jeunesse contre l'influence de la pornographie

« Ce qui est terrible, c'est que, depuis quelques années, ce sont surtout des enfants et des adolescents qui balancent des obscénités aux femmes et aux jeunes filles. » déclare Nadia, une Marocaine quadragénaire de Casablanca interrogée par Floriane Valdayron dans le Nouvel Obs du 18 août 2017. Où trouvent-ils leur inspiration ? La réponse qui n'est pas donnée dans l'article est évidente : sur Internet. À partir de quel âge les enfants accèdent-ils à la pornographie, la vulgarité et l'obscénité présentes abondamment sur la toile ? Dès qu'ils savent utiliser Internet, soit dès l'âge de sept, huit ans ou moins. Et qui les en empêcherait ? Arrivé sur un site porno on trouve, et pas toujours, un avertissement : « si vous avez moins de 18 ans cliquez à droite et sortez, sinon entrez en cliquant à gauche ». C'est aussi simple que ça.

L'éducation sexuelle d'aujourd'hui est faite pour une immense quantité de jeunes par les sites Internet pornos. De temps en temps on entend des voix protester contre cette situation. Mais comment agir ? C'est impossible, les sites incriminés sont situés un peu partout dans le monde, se dupliquent. En fait, il faudrait répondre à cet envahissement pornographique par un discours adressé à la jeunesse et prônant une sexualité saine et respectueuse de soi et des autres. Mais qui s'en chargerait ? Personne. Et dès qu'on aborde le sujet, on voit des personnes qui affirment vouloir faire quelque chose se déchirer. Le porno, lui, continue sa route et engrange les profits financiers gigantesques qui sont sa raison d'être.

Les tenants du respect de soi et des autres se révèlent incapable de faire quelque chose. D'autant plus qu'ils ne sont pas en mesure de tenir un discours critique de la pornographie. Celle-ci est vue par les enfants et les très jeunes en leur absence. Et la regarder avec eux y compris pour la critiquer est un délit. On invoque aussi le contrôle des ordinateurs des enfants par leurs parents. Le « contrôle parental », autrement dit la censure des adultes, est plein de trous. Il y a de plus en plus d'appareils permettant de consulter Internet.

Et puis est-ce si sûr que protéger la jeunesse contre l'influence de la pornographie préoccupe tous ceux que ce problème devrait préoccuper ? Il existe en France tout un arsenal législatif interdisant les relations sexuelles entre personnes majeures et personnes mineures de moins de quinze ans. Il y a quarante ans tout juste deux pétitions réclamèrent son abolition. La seconde réclamait l'abrogation ou la profonde modification des lois « dans le sens d'une reconnaissance du droit de l'enfant et de l'adolescent à entretenir des relations avec des personnes de son choix. » Comprenez « relations » par relations sexuelles et « personnes de son choix » personnes majeures. En clair elle revendiquait, au nom des enfants et adolescents, le droit pour les grandes personnes de faire avec eux bien des choses présentement prohibées. Ces pétitions furent signées par quantité de personnes illustres dont des médecins, des philosophes et des thérapeutes.

Ces lois sont certainement imparfaites, mais leur abrogation pure et simple risquerait fort au nom de la « liberté » de favoriser quantité de choses extrêmement antipathiques. C'est en tous les cas mon impression. Et bien sûr ce ne serait pas bien. « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » La liberté d'expression sert au marché de la pornographie. La pornographie n'est pas un crime, mais cause beaucoup de désordres dans les têtes des jeunes et des moins jeunes. Et ceux qui au fond souhaiteraient voir abroger les lois prohibant les rapports sexuels entre enfants ou adolescents et adultes ne risquent guère de prendre des initiatives contre l'influence chaque jour plus grande de la pornographie. Les grands perdants étant l'amour, la tendresse, la communication et la paix.

Et personne ne fait un lien entre le harcèlement de rues, la violence contre les femmes, la violence et la vulgarité sexuelle en général et la pornographie qui l'encourage très largement. 

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 août 2017

mercredi 16 août 2017

842 Encore à propos des phéromones

Je serais tenté d'appeler les phéromones « phéromones-endorphines », car elles amènent du plaisir qui est produit par les endorphines.

De retour des vacances où j'ai été entouré en permanence, je me retrouve une journée entière seul. Voilà que sans raisons particulières visibles m'arrivent des pensées tristes et noires. L'absence de phéromones amenés par le contact avec des gens en est la cause. Je sors faire des courses. À la sortie du magasin deux queues se sont constituées à deux caisses différentes. L'une comprend au moins trois ou quatre chariots bien remplis. Je suis tenté de la faire. Puis lui préfère l'autre caisse où la queue est beaucoup plus petite. En y repensant je me dis qu'à la caisse où la queue était la plus longue, je serais resté nettement plus longtemps à la portée des phéromones de personnes faisant la queue. D'où la raison de ma tentation. De retour chez moi je ressens de la tristesse que je pense causée par le manque de phéromones. Je ressors pour en récolter. Direction un bar où je prends un café. Il y a un serveur et deux clients au bar. Pour arriver à ce bar j'ai croisé deux personnes.

Au retour je tombe sur deux sympathiques jeunes gens qui se sont arrêtés devant une cour où se trouvent deux lapins vivants, l'un des lapins dans un petit enclos aménagé, l'autre dans une cage. J'entame la conversation avec ces deux jeunes. Nous bavardons quelques temps puis nous séparons. De retour chez moi je constate que le moral paraît revenu. À travers ces rencontres, j'ai eu ma ration de phéromones !

Véra, une Américaine, amie de ma mère, lui disait paraît-il : « quand ça ne va pas, que je n'ai pas le moral, je sors ! » Je repense à ce propos. Véra allait faire sa récolte de phéromones.

Le bistro, lieu traditionnel de rencontres en France est aussi un lieu de récoltes de phéromones. On bavarde. On boit. Mais l'essentiel est ailleurs. De même quand nous dormons à deux, nous nous gorgeons de phéromones. D'autant plus si nous dormons nus. Quand j'ai fait en 1986 le stage de massages qui m'a interpellé à propos du toucher, je n'ai pas relevé un phénomène. C'est qu'à passer un week-end en groupe nu à pratiquer des massages, nous avons respiré des phéromones à gogo.

Certaines expressions sont parlantes : « je ne peux pas le sentir », « j'en ai plein le nez de celui-là »... 

Certaines personnes disent apprécier « l'odeur » d'autres personnes. Elles ne relèvent pas que ces odeurs sont aussi mêlées à des phéromones.

Ceux qui veulent à tous prix « rencontrer quelqu'un », « former un couple », sont parfois simplement en manque de phéromones. Et croient que ce besoin qu'ils ressentent confusément corresponds forcément uniquement à «l'amour ». Quand un « couple » qui ne s'entendait plus depuis longtemps se sépare, souvent ceux qui se séparent, loin d'être soulagés, dépriment. Pourquoi ? Parce que, par delà leurs désaccords, ils se nourrissaient réciproquement de leurs phéromones et en sont à présent privés.

L'agoraphobie ne serait pas autre chose qu'une hypersensibilité aux phéromones causant une véritable « indigestion » de celles-ci.

Certaines impressions, certains sentiments, suscités par la vue ou la proximité de quelqu'un seraient produites plus par les phéromones que par toutes autres raisons. Les phéromones représentent un vaste continent qui demande à être exploré.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 août 2017

841 Théorie des phéromones

Il a été découvert qu'existent des odeurs naturelles émises aussi par les humains, qui ne sont pas perçues par eux comme des odeurs, et agissent sur leurs comportements relationnels. De quelle façon et en quelle mesure, c'est l'objet de débats. Comme d'habitude on a vu avancer des propos exagérant ou minimisant ce phénomène, ou encore cherchant à le spécialiser à une chose aux contours imprécis qu'on a baptisé « sexualité ». J'avance l'hypothèse que les phéromones tiendraient un rôle majeur dans le fait simplement d'être au contact des autres et le besoin de ce contact.

Ces phéromones, qui pourraient aussi avoir d'autres rôles, nous enverraient des signaux agréables. On pourrait diviser leur action pour l'analyser :

Action virtuelle : elles nous rappelleraient des moments agréables déjà vécus. Action d'appel : elles nous attireraient vers des personnes rencontrées. Action tactile : elle contribuerait au plaisir du toucher. Carence phéromonique : le manque de phéromones créerait un sentiment de solitude qui nous inciterait à aller vers les autres en général, ou d'autres en particulier. Enfin, existerait des troubles de la perception phéromonique qui auraient divers effets.

S'agissant de la carence phéromonique, il m'arrive par exemple de ressentir subitement un sentiment de solitude qui serait simplement un effet entraîné non pas par la situation vécue mais par les phéromones. Celles-ci commanderaient en fait toutes nos démarches relationnelles, y compris celle qu'on a baptisé « l'amour ».

Résumer ainsi nos relations à l'effet d'odeurs chimiques peut paraître décevant. Mais si nous décrivons la digestion d'un excellent repas pris entre amis, nous pouvons aussi en faire un tableau tout ce qu'il y a de plus chimique. Qui ne retire rien à la qualité de ce moment passé de convivialité.

S'agissant de l'utilité des phéromones, on peut se demander si par exemple certains états dépressifs pourraient se soigner avec des parfums. Si c'est le cas, cela représenterait un apport à la médecine.

Je ne suis pas spécialiste des phéromones et en ai seulement un peu entendu parler. Il est possible que je me trompe ici à leur sujet. Mais il est possible aussi que mes idées soient justes. Dans le doute, il était en tous les cas justifié de mettre ici mes idées par écrit.

Il m'arrive parfois de ressentir subitement et sans raison nouvelle visible un sentiment de solitude. Je me dis à présent à ces occasions : « c'est juste un manque de phéromones ! » Et ça m'aide à minimiser le phénomène et me débarrasser de cette détresse.

Mieux se connaître aide toujours à mieux vivre.

Le docteur Pierre Madeuf, qui était le médecin de l'équipe de France d'athlétisme dans les années 1930, proposait de créer un Institut d'étude de l'homme sain. Plutôt que se consacrer uniquement à l'étude de l'homme malade ou déficient. Il avait raison.

Un tel institut ne manquerait pas d'étudier l'action des phéromones sur notre vie relationnelle et affective, et notre relation à nous-mêmes. Sans aller s'embrouiller dans les discours de braves gens ou moins braves gens qui ont pris l'habitude de se faire une idée fixe de la « sexualité ». Le domaine relationnel humain est infiniment plus vaste que celui des obsessions de certains chercheurs qui reportent celles-ci sur le domaine de leurs recherches. Et prétendent, au nom de la Science, réduire l'homme à l'éjaculation du monsieur dans la dame.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 août 2017

samedi 5 août 2017

840 Se situer ou se trouver

Dans le discours qu'il tient, l'homme éprouve des fois le besoin de « se situer ». Par exemple, il dira : « l'homme (sous-entendu donc lui) n'est pas un animal. » Le raisonnement aura ici ceci d'étrange, qu'à partir d'un concept subjectif au sens variable, « l'animal », on cherchera à définir un phénomène objectif : l'homme. C'est à dire en définitive celui qui parle. La « définition » qu'il donnera est d'autant moins significative, que le sens du mot animal est, entre autres, qu'il ne s'agit pas d'un humain. Dire « l'homme n'est pas un animal » revient à dire : « l'homme n'est pas un animal, animal qui est défini entre autres, comme n'étant pas un homme. » On n'aura juste dit que l'homme n'est pas un animal, sans préciser ce qu'est un homme et ce qu'est un animal, si ce n'est qu'ils sont différents. Nous voilà bien avancés !

Quand on apprend à lire et écrire, une des premières choses qu'on apprend à lire et surtout écrire est son prénom. L'enfant est fier de se dire : « X est mon prénom », « X, c'est moi ». Il croit savoir qui il est, alors qu'il ne le sait pas.

Ce besoin pour l'homme de se situer provient du mal qu'il éprouve à communiquer et vivre en harmonie avec son prochain. Quantité de situations et de sentiments divisent, opposent les humains entre eux. Un humain peut éprouver des sentiments hostiles envers ses semblables, par exemple : la peur, le désir possessif, l'envie, la cupidité, la colère, la paresse qui l'amène à refuser de faire des efforts pour aller vers l'autre et – ou – l'aider à aller vers lui, etc.

Ces dysfonctionnements de la communauté humaine qui devrait être fraternelle sont issues de l'Histoire. Comment peut-on y remédier ? Un remède serait la méditation tactile partagée. Elle pourrait s'imaginer ainsi : un humain toucherait l'autre de manière agréable et pacifique. Ce qui exclurait dans cet exercice tout ce qui paraît se rattacher à la sexualité, zone traditionnelle de conflits dans la société humaine.

Lors de l'éveil de nos sens, avant notre sortie à l'air libre, nous percevons le monde très largement par le toucher. Et aussi l'audition, notamment du bruit du cœur de notre mère. Cette communion avec notre entourage, il nous sera très difficile de la retrouver. Petit enfant nous subirons le sevrage tactile. Puis, une dizaine d'années après, quand commencera l'époque de la sexualité dite adulte, celle-ci sera corseté par tout un ensemble de règles, interdits, obligations qui nous tomberont dessus. Cependant que nous souffrirons d'analphabétisme tactile et que notre vision de l'être humain sera déformée et divisée par les règles et interdits de la « pudeur ».

Retrouver une certaine harmonie paraîtra extrêmement difficile, voire carrément impossible. Pour parvenir à une amélioration en allant dans le sens de l'harmonie, il faut avoir des ambitions réalisables et donc commencer modestement. La méditation partagée va pouvoir nous aider.

Se trouver c'est se sentir pleinement soi. Ça ne passe pas simplement par des discours. Il faut aussi des actes qui modifient notre perception et notre contact avec le monde et donc notamment l'entourage. J'ai déjà proposé des exercices simples. Ils consistent à ce que, en présence d'au moins une troisième personne, le traitant touche le plus agréablement possible une zone réputée « neutre » du traité. Ça pourra être par exemple la tête, les bras, le cou, la main. Le geste tactile n'aura aucune réputation sexuelle. Il s'agira ici de renouer avec la communication tactile rompue très largement et depuis des années. D'autres éléments sont à préciser. Le modèle tactile de référence c'est nous avant notre naissance. Ici nous sommes loin de développer une démarche réductrice de la relation. Démarche qui prétend faire du toucher agréable entre adultes obligatoirement un « préliminaire » de l'acte sexuel. Cette vision des choses détruisant l'échange et la relation entre les humains.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 août 2017

mercredi 2 août 2017

839 La Civilisation en danger

Une société privée américaine vient de l'annoncer récemment. La presse et les médias en général s'en sont fait l'écho. Une cinquantaine de salariés de cette entreprise ont accepté de se faire « pucer » électroniquement. Grâce à ce microscopique objet implanté entre le pouce et l'index d'une de leurs mains ils pourront désormais ouvrir les portes ou commander leurs boissons aux distributeurs implantés dans l'entreprise. Précisions supplémentaire : ces puces ne permettent pas de tracer ceux qui la portent, c'est à dire de suivre leurs déplacements. Et s'ils le désirent, les employés pucés pourront très aisément, par une simple pression au bon endroit retirer leur puce.

Voilà qui paraît très folklorique et rassurant, en fait c'est terrifiant, pourquoi ?

On nous présente cet événement en telle sorte de nous le faire avaler comme inoffensif. On puce des gens comme des chevaux ? Oui, mais ils sont tous volontaires. Ils font même une fête interne à l'entreprise à l'occasion de leur puçage !

Cette puce ne permet pas de les tracer...

Et ils peuvent l'enlever facilement dès qu'ils le souhaitent...

Seulement voilà, ce n'est qu'un début...

Aujourd'hui ce sont des volontaires.

Demain, ce sera obligatoire.

Aujourd'hui ces puces ne permettent pas de vous tracer.

Demain, elles vous traceront.

Aujourd'hui vous pouvez facilement les ôter si vous en avez envie.

Demain, il sera très difficile, voire impossible de les ôter. De plus, ce sera interdit et les ôter sera un délit, avec prison et amendes à la clef.

Vous ne me croyez pas ? Réfléchissez !

La perspective du puçage des humains représente une menace sur la Civilisation.

Il faut d'urgence une loi qui l'interdise. Qu'elle soit adoptée dans chaque pays où subsiste encore un peu de libertés.

Sinon, la Bête immonde en rampant finira par vous envahir et anéantir totalement toutes vos libertés. Le rêve de la parfaite dictature impossible à éliminer sera réalisé. Certains y ont déjà rêvé et ont essayé. Ils ont appelé ça « le Reich de mille ans ».

Contactez vos députés pour qu'ils proposent un projet de loi qui interdit le puçage des humains. Ou bien alors attendez bien sagement... quoi ?

L'esclavage, tout simplement, avec la puce électronique et grâce à elle.

Basile, philosophe naïf, Paris le 2 août 2017