dimanche 30 avril 2017

747 La guerre sexuelle

Les sociétés animales sont régies par des règles d'origine naturelle. Il n'est pas difficile de comprendre que celles-ci ont connu une large évolution chez les humains. Le seul fait de se lever avant le jour, par exemple suite à la sonnerie d'un réveil-matin, ou prolonger son activité au delà du coucher du soleil grâce à l'éclairage artificiel, nous éloigne de la Nature.

Quand cet éloignement a-t-il pris chez les humains une large proportion ? Nous ne le savons pas. Mais en tous les cas il est certain qu'il y a environ quinze mille ans l'invention de l'agriculture et de l'élevage a bouleversé notre rapport avec la Nature.

Les règles qui régissent notre société divisent les hommes des femmes. Et les opposent. Fait des femmes des étrangères aux hommes, et des hommes des étrangers aux femmes. Ces dernières sont traitées d'une manière qui paraît calquées sur les animaux d'élevage. L'homme traditionnellement prétend posséder la femme et contrôler la reproduction humaine.

Le traitement traditionnel des femmes est plus violent que le traitement traditionnel des animaux d'élevage. Je l'ai remarqué en lisant ceci dans un livre parlant de l'élevage des chats de race : si une chatte de race a été engrossée par un matou de passage, il faut tuer les chatons et faire engrosser la chatte par un chat de sa race. On conserve en vie la chatte. Chez les humains, dans les sociétés traditionnelles, l'épouse ou la fille qui a eu une relation sexuelle non admise, on la tue. Et on peut le faire avec des raffinements de cruauté. C'est même encouragé.

Karl Marx a écrit que « la femme est le prolétaire de l'homme ». C'est faux. La femme est l'esclave de l'homme. Car elle fournit un travail domestique et maternel qui lui est imposé, qui n'est ni reconnu, ni rémunéré et ne donne pas droit à la retraite.

Quand ma mère qui avait eu six enfants, dont deux morts en bas âge durant la guerre, remplissait un formulaire administratif officiel, elle devait préciser : « femme au foyer » ou « sans profession ». Assurer l'avenir du monde, de son pays, sa ville et sa famille, c'est probablement ne rien foutre. C'est tellement admis par un tas de gens que cette question essentielle n'est simplement pas soulevée la plupart du temps.

Une mère de six enfants devrait avoir un salaire de cadre supérieur et une retraite correspondante. Aujourd'hui, si elle n'a pas de ressources suffisantes, elle peut crever et ses enfants avec.

Une jeune fille âgée de seize ans me disait très naïvement cette année, parlant de ce que j'appelle travail domestique et travail maternel : « mais, ce n'est pas pour la femme un travail, c'est son devoir ! » Et une dame quadragénaire s'insurgeait à mes propos. Elle me disait : « ce n'est pas de l'esclavage ! Car la femme est d'accord. »

Il arrive depuis des décennies à présent que quantité de femmes en France fournissent en plus de leur travail maternel et domestique un travail à l'extérieur. Si ce sont des femmes d'artisans qui travaillent avec leur mari, ce travail n'est simplement pas reconnu. Il est traité comme du bénévolat et ne leur assure pas un kopeck pour leur retraite. Si c'est un travail salarié, il est en moyenne payé vingt-six pour cent moins que pour un homme exerçant la même activité.

La femme, dans notre beau pays, n'est pas considérée comme un être humain à part entière. Quand un filou s'en prend à quelqu'un, il le fait avec d'autant plus d'entrain que sa victime envisagée est une femme qui vit seule, par exemple une veuve.

Quand on soulève le problème de la condition féminine en France, il y a toujours de bonnes âmes pour souligner qu'il y a quelques décennies c'était pire. Ou que c'est bien pire aujourd'hui dans d'autres pays. Bien sûr, le côté positif à relever dans ce propos est que des progrès sont possible. Mais doit-on pour autant accepter l'inacceptable et attendre passivement le progrès soi-disant inévitable ?

Quand un père et une mère pleurent leur fille assassinée à coups de poing par un gendre jaloux, violent et macho, doit-on leur dire : « attendez, dans cinquante ans, il y aura certainement moins de faits de ce genre ? » C'est ça la réponse à de tels faits criminels ?

La violence contre les femmes est un problème majeur. Au point que dans des certains pays d'Amérique latine on parle de « féminicide », crime consistant à tuer une femme. Il y a beaucoup de féminicides en France. Et la peur du féminicide est très répandue. Quand une femme ou une jeune fille n'est pas rentrée à la maison au moment prévu, on s'inquiète toujours plus que si c'était un homme ou un jeune homme. Notre société est bien barbare avec les humains de sexe féminin. Le pire est que cette manière de réagir est si habituelle qu'on ne la relève même pas pour souligner le caractère absolument révoltant que montre ici la société.

Je n'entends pratiquement jamais parler du viol. Pourtant, chez les femmes, y compris à Paris, la peur du viol est omniprésente. Il faut relever que c'est le seul crime où paradoxalement la victime est culpabilisée, considérée comme complice et honteuse. Quand une femme est violée, « c'est de sa faute », elle a « provoqué », elle portait une tenue « sexy ». Voilà les propos immondes qu'on entend fréquemment, y compris tenus par certaines femmes.

Les femmes, soit plus de la moitié de l'Humanité, vivent dans une peur plus ou moins permanente des hommes qu'elles ne connaissent pas et ne reconnaissent pas comme pacifiques et inoffensifs pour elles. Cette peur est légitime. Pour peu que la police soit loin, soit parce que ça se passe dans les huis-clos familial, soit dans une période de guerre, par exemple, le viol arrive vite. J'en sais quelque chose, car en plus des femmes et filles, il arrive des mésaventures à un nombre plus réduit de garçons. Moi ça m'est arrivé dans le cadre familial à l'âge de huit ans.

Généralement l'agresseur est masculin, ce n'était pas mon cas. Comme le plus souvent l'agresseur est masculin, s'agissant des viols la structure patriarcale de la société joue à fond. On voit même une partie des femmes se faire complices, collaborer à cet ordre ou s'y soumettre. Beaucoup de femmes violées ne vont pas se plaindre à la police. La complicité passive d'une mère envers un père qui viole sa fille est un grand classique. L'excision est généralement commise par des femmes.

Les dégâts causés par la guerre de l'homme contre la femme sont inimaginables. Tant que cette guerre sexuelle durera, la société humaine ne s'en sortira pas des grands fléaux qui menacent de l'anéantir, tels que la guerre, la cupidité et la destruction de l'environnement. Tout est lié.

Les hommes ne comprennent pas ce qui leur arrive. Les femmes comprennent mieux ce qui leur arrive, mais ne voient pas d'issue immédiate au problème posé par le conflit entre la plupart des hommes contre la plupart des femmes. Elles se contentent de survivre en cherchant à limiter les dégâts et assurer au mieux possible la reproduction humaine, ce qui est déjà beaucoup.

Les hommes souffrent de la guerre sexuelle et tendent à compenser leur manque d'amour par l'orgueil. Celui-ci prend la forme de la quadrilogie maudite : la recherche de la propriété, du pouvoir, de la célébrité et de la violence.

La violence dans les sociétés traditionnelles est extrême. On tue les femmes, on tue leurs amants. Les homosexuels sont tués. On ne peut admettre qu'un homme « fait la femme » ou une femme « fait l'homme ». Les homosexuels comme les bisexuels, les transgenres et les transsexuels sont des traîtres. Et le châtiment des traîtres, c'est la mort.

Est-ce que pour autant la violence est une solution ? Dans les sociétés traditionnelles l'harmonie ne règne pas pour autant. Et les hommes dominateurs et violents sont malheureux tout en rendant malheureuses les femmes. Car la guerre sexuelle ne peut pas se gagner. Les hommes ont besoin des femmes. Les femmes ont besoin des hommes. Et tous doivent être dignes et debout.

Une femme me demandait hier : « mais toi qui a été agressé par une femme, tu n'en veux pas aux femmes ? »

Comment pourrais-je en vouloir aux femmes ? Si nous sommes dans la logique de la rancune et de la vengeance, de la culpabilité collective, comment pourrons-nous nous en sortir ? Nous avons le devoir de chercher et trouver des solutions pour que les hommes vivent en harmonie avec les femmes.

Il faut pour cela rendre ou donner du pouvoir aux femmes, dans notre injuste, violente et hypocrite société patriarcale. Officiellement, le pouvoir est à tous. Nous savons bien que c'est faux. La politique a toujours été une affaire d'hommes. Les femmes n'ont jamais eu d'expression politique. Pour que ça change, il faut, transitoirement, créer un contre-pouvoir féminin. J'ai proposé que, pour la première fois dans l'Histoire, les femmes aient enfin un pouvoir politique : l'Assemblée féminine. Composée exclusivement de femmes et élue exclusivement par les femmes.

L'Assemblée féminine, dont il faudra définir le fonctionnement, sera appelée à lutter contre le pouvoir des institutions patriarcales et très peu ou pas du tout égalitaires. L'égalité homme femme est pour l'instant un mensonge et une blague dans notre pays. D'ailleurs il est très significatif qu'on entend toujours l'expression : « la femme est l'égal de l'homme » et pas « l'homme est l'égal de la femme ». Car il est évident que si on l'entendait ainsi, l'homme, ce seigneur et maître, dérogerait... La langue est aussi révélatrice de la réalité de notre société.

Le texte de ma proposition, intitulée « Appel aux femmes » ou « Appel aux femmes pour une Assemblée féminine », date à présent d'il y a neuf jours. J'ai commencé à le distribuer et l'ai publié sur mon blog philosophique.

J'ai eu quelques intéressantes réactions. Un ami m'a dit que c'était « une bombe atomique » et qu'on n'avait rien proposé d'aussi radical depuis Olympe de Gouges. Une femme m'a dit : « on dirait que ça était écrit par une femme. » Une autre, après m'avoir demandé de confirmer que j'étais bien l'auteur du texte, s'est exclamé : « comment ça se fait que ce n'est pas une femme qui l'a écrit !? »

Une dame qui tient une boutique de vêtements et bijoux l'a accroché près de sa caisse et le fait lire à toutes ses clientes. L'idée a commencé tout juste à faire son chemin et tôt ou tard finira par aboutir. Ça mettra le temps que ça mettra, mais c'est la seule voie qui existe pour régler les problèmes essentiels de la société humaine.

Créer une Assemblée féminine est un acte concret et réalisable. Il assurera à terme la solution du seul grand problème à la base de tous les autres : la maltraitance et la domination des femmes par les hommes, l'horrible et immémorial patriarcat.

Il ne s'agit pas d'écraser les hommes et prendre une « revanche » sur eux. Il s'agit de donner à chacun sa légitime place dans la société, en harmonie avec celle de tous les autres. Pour le plus grand bonheur commun, la paix, la justice, l'égalité, la joie et la fraternité-sororité.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2017

vendredi 28 avril 2017

746 Au milieu des violeuses et violeurs

Le viol est le problème central de la société. Et comme la société, c'est-à-dire nous, ne souhaite pas ou peu s'améliorer effectivement, on n'en parle jamais, ou comme un sujet un peu hors des « véritables préoccupations » qui seraient la guerre, le chômage, l'écologie, les fanatismes, etc. Et quand on en parle, c'est souvent pour dire ou suggérer des âneries mensongères, comme le fait que les violeurs sont des inconnus patibulaires qui surgissent des bois, alors que la plupart des agresseurs sont connus de leurs victimes et font partie de leur entourage proche. Ou pour dire des horreurs, comme le fait que si la victime s'habillait sexy, le violeur a toutes les excuses du monde. Je suis un homme, et remarque ô combien les jolies filles habillées ainsi, mais pour autant n'ai aucun mal à les respecter. C'est une question de sensibilité et d'éducation. Le connard et salaud qui viole n'a aucune excuse, quand bien-même sa victime porterait la tenue la plus affriolante possible. Quand elle dit non, c'est non. Et même si elle ne dit rien, il est facile de voir si elle n' a pas envie, il suffit de regarder et surtout vouloir regarder et respecter l'autre.

Dans les discours mensongers ou les silences assourdissants qui accompagnent le problème du viol, existe un mensonge fondamental : faire du viol une question secondaire, personnelle, individuelle et qui ne concerne qu'un faible nombre de gens. C'est un problème de masses et qui nous concerne tous. Je le vois bien. Comment voulez-vous améliorer le monde si plus de la moitié de l'Humanité vit plus ou moins dans la peur permanente du reste de l'Humanité ? Certaines amies, je les ai entendu parler entre elles à propos de moi qu'elles connaissent bien, me définissent comme quelqu'un d'inoffensif. La logique terrifiante de ce propos est qu'elles considèrent les hommes qu'elles ne connaissent pas comme dangereux. Et effectivement, si on observe avec attention les femmes jeunes voyageant seules dans le métro, par exemple, on constate bien vite et aisément que nombre d'entre elles se déplacent la peur au ventre. Et de quoi ont-elles peur ? Des hommes qui pourraient et vont parfois les aborder, ennuyer, harceler, agresser. Dans quel monde vivons-nous ? Comment se fait-il qu'entre minuit et demi et quatre heures du matin il règne de facto un couvre-feu pour les jolies filles seules qui seraient tentées de traverser Paris ? Bien sûr, ce couvre-feu n'est pas déclaré et officiel. Elles peuvent prendre le risque du viol...

Allons ! Qu'est-ce que vous dites ? Mais vous avez vu la situation ailleurs ? Dans telle monarchie pétrolière orientale... chez nous on a fait des progrès ! Oui, mais, il y a encore de gigantesques et immenses progrès à faire pour arriver à une société supportable. Ce texte prétend modestement y contribuer.

On nous parle du viol pour donner entre autres des évaluations du nombre de victimes. Mais jamais du nombre d'agresseurs, la plupart masculins et aussi pour une part minoritaire, féminins. Nous côtoyons tous les jours des victimes de viols. Mais nous côtoyons aussi des agresseurs. Car si les victimes existent, les coupables d'agressions, la plupart ni punies ni dénoncées, existent aussi. Cet oubli est significatif de la très large tolérance, voire des encouragements de la société, pour les violeurs. Tant qu'on répétera qu'une fille qui s'habille sexy encourage le viol, on ne dénoncera pas les salauds qui violent.

Des salauds, j'en ai connu. Ils ne m'ont pas dit avoir violé. C'est une connaissance commune dans un cas, et la victime dans l'autre cas, qui m'en ont parlé. Ces deux violeurs n'ont rien qui indiquent particulièrement leur mauvaise qualité de violeurs. Ce sont de bons vivants, de joyeux lurons, sans plus, et tous les bons vivants et joyeux lurons du monde ne sont heureusement pas des violeurs. Mais on le voit, se méfier des hommes est une seconde nature et une précaution nécessaire pour les femmes. Cet aspect des femmes me fait penser aux antilopes dans la brousse. Quand une antilope se nourrit, elle se penche pour brouter l'herbe, puis se relève brusquement, regarde tout autour d'elle, puis recommence. Et pourquoi ce manège ? Parce qu'elle craint en permanence l'arrivée d'un grand prédateur au croc sans pitié. Pour les femmes, c'est un peu pareil. Elles ont peur en permanence. Non pas d'un prédateur étranger, mais d'un homme prédateur. Alors que l'homme est théoriquement son compagnon et pas son ennemi.

Quand on évoque le viol on parle d'agression. Mais quand on vous vole, on peut le faire en vous agressant. On peut aussi le faire en vous mentant, manipulant. On parle alors d'abus de confiance, d'escroquerie. Dans le domaine sexuel c'est pareil. On peut commettre un viol par abus de confiance comme on peut le commettre en usant de la violence physique ou de la pression morale.

Un phénomène étrange et très largement répandu est l'auto-viol. On est son propre agresseur. Car au lieu de suivre son sentiment. Et ne pas faire un acte sexuel misérable et nul, on s'y résout. Suite à ce que des imbéciles des deux sexes vous ont mis dans la tête l'idée qu'il fallait le faire. Les conséquences dévastatrices de cette connerie sont incalculables. Je suis passé par là, je sais de quoi je parle. Quand j'ai eu vingt-deux ans, moi qui admirait la femme mais n'envisageais nullement de m'accoupler avec qui que ce soit, on m'a littéralement jeté dans les bras d'une copine que je connaissais à peine. Les auteurs de cette entreprise dite de déniaisage était ma mère et le médecin de famille. Les cons ! Leur initiative a détraqué et choqué ma sensibilité. Quelques mois et une déception sentimentale plus tard, j'ai rencontré une jolie fille qui m'a plu. Je lui ai plu. Elle a voulu venir vers moi. Je l'ai bien compris. Mais n'ai pas voulu d'elle, car je souffrais de la mésaventure organisée du traquenard sexuel familial. J''ai rejeté cette jeune fille qui était amoureuse de moi. Tout paraissait pouvoir très bien se passer. Il ne s'est rien passé. Bravo la famille et le médecin ! Vous avez gâché une belle perspective de vie pour deux jeunes gens, moi et elle. Je n'avais jusqu'à aujourd'hui jamais raconté cette triste histoire qui m'est restée en travers de la gorge. Par la suite, j'ai maladroitement suivi le troupeau des stupides moutons masculins qui croient que l'amour se décide, alors que c'est à lui seul qu'il lui appartient de venir ou non.

Quand quelqu'un a été violé, le cri du cœur de ceux ou celles qui l'apprennent, est : « vas voir un psy ! » Ce cri témoigne sans doute souvent de bonne volonté, de conformisme, aussi. Mais surtout il permet de se débarrasser d'un problème général surgissant et se matérialisant devant vous. Vite ! Cachons la poussière sous les tapis ! Allez voir un psy si vous avez été violé et n'en parlons plus ! Et si le psy ne suffit pas, bourrons-nous de pilules qui abrutissent et sauvent aussi parfois du suicide.

Le psy vous reçoit sous le couvert du secret médical, derrière la porte fermée de son cabinet. On ne divulguera pas ce qui est arrivé, surtout pas. Et pourquoi ne devrait-on pas parler du viol en place publique ? Les victimes devraient-elles avoir honte et se sentir coupables ? En fait, si on veut que le viol ne soit pas ébruité, c'est tout simplement parce que notre société est régie par « la culture du viol ». Dans notre société parfaitement machiste il est sous-entendu que les hommes ont le droit de violer les femmes. À fortiori si elles s'habillent sexy ou sont leurs propres épouses officielles. Là est la puante vérité.

Si on veut conserver aux pleurs et protestations des victimes la plus grande discrétion, c'est pour permettre que se perpétue la culture machiste du viol : le droit pour les hommes de violer les femmes. C'est pourquoi il importe de déranger cette ignoble configuration du débat et le porter en place public. Et si toutes les célébrités qui ont été violées faisaient leur « coming out » de violées, comme l'ont déjà fait quelques-unes, ça aiderait considérablement les anonymes et inconnus qui ont subi la même agression. Exactement comme les anonymes et inconnus homosexuels sont aidés par le coming out des célébrités affirmant publiquement leur homosexualité. Le coming out en question on en parle beaucoup, bien qu'il soit encore en fait très timide. Ainsi, par exemple, à ce jour seuls quatre élus sur les plus de neuf cent que compte la France ont déclaré publiquement leur homosexualité. Il y en a certainement un nombre nettement plus important. Il reste bien du chemin à faire pour faire avancer la société.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 avril 2017


745 La peur, la souffrance, l'espérance et la sérénité en amour

Quand un homme ou une femme s'implique ou tend à s'impliquer en amour, il rencontre très souvent la peur, la souffrance et l'espérance. La peur, car il a déjà connu des moments difficiles et douloureux, des déconvenues, des déceptions, des grands désespoirs quand il a cherché l'amour et parfois cru le rencontrer. La souffrance, car rien que ces souvenirs et la crainte de nouvelles déceptions font horriblement mal. Et on ne sait comment conjurer cette douleur. L'espérance n'est guère plus supportable. Elle est si forte qu'elle amène à sortir de la réalité. Une femme vous plaît ? La connaître serait le bonheur assuré. Ne pas parvenir à l'approcher serait perdre le sens de sa vie. Alors que deux semaines ou deux mois avant on ne la connaissait pas. La femme convoitée devient une obsession, une idée fixe qui vous poursuit et empêche de vivre tranquille.

Face à ces tourments, on peut en avoir assez. Arrêter les tourments est difficile. Et résoudre la situation en rencontrant quelqu'un est un rêve inaccessible. Parfois on a l'impression que pour les autres c'est tellement plus simple ! Qu'on n'a « pas de chance ». Voire même que le sexe opposé serait stupide, méchant, ignorant.

Avec le temps on se dit : « certes, je peux agir sur mon destin, il suffit de faire des efforts. Mais là un élément m'échappe et je ne sais pas l'influencer, il faut être deux... » Et puis, après des années, voire des dizaines d'années de souffrances immondes, on en vient à rêver : « ah ! Si seulement je pouvais trouver la sérénité, quitte à oublier cette quête impossible de l'amour ! »

Il est possible de faire face et trouver la sérénité. Pour cela plusieurs décisions s'imposent. La première sape les fondations de la plupart des souffrances rencontrées. Il faut renoncer à l'amour masturbationnel. Qui consiste à décider de « faire l'amour » et ce faisant se retrouver à se masturber dans un orifice naturel d'une ou un partenaire. L'amour dit « physique », c'est-à-dire l'acte sexuel, s'il est authentique et véritable ne se décide jamais. Il vient et il arrive à un moment-donné. On ne le fait pas venir par un raisonnement du genre : « c'est bien et c'est possible de le faire, alors faisons-le ! »

Renoncer à l'acte sexuel artificiellement amené en l'absence d'un désir réciproque et réel de le pratiquer, c'est progresser significativement. Se débarrasser d'une très large part du terrain ou poussent d'innombrables fantasmes aux conséquences douloureuses.

La recherche de l'amour masturbationnel peut prendre le caractère tragique du viol. Ses conséquences sont dramatiques et ravageuses. Quantité de femmes dans un premier temps vont vers une nouvelle connaissance masculine et paraissent s'y intéresser. Puis font brutalement et sans explication machine arrière et fuient. Elles peuvent fuir notamment en se plongeant dans leur travail. Ce qui explique une part des performances scolaires féminines. Dans le domaine des amours, suite aux agressions vécues, la peur règne souvent en maître.

En avril 2017, Abigail Breslin, actrice qui a joué notamment dans le film « Little Miss Sunshine », a rendu public son viol. Elle indique parmi les graves séquelles de celui-ci : « je sursaute toujours quand quelqu'un me touche lorsque je ne m'y attends pas, même quand il s'agit de ma meilleure amie qui me tape sur l'épaule. »


D'après une étude réalisée en France par l'Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), citée par le huffingtonpost du 8 février 2017 : « le viol est l'agression sexuelle la plus grave et probablement la plus traumatisante pour la victime » et est aussi « l'une des infractions les moins signalées à la police ».

N'est pas comptabilisé comme viol, ni considéré comme tel le viol par abus de confiance, où par le mensonge on obtient ce qu'on obtient aussi très souvent par la violence ou la pression psychologique. J'ai pu relever que les victimes de viols qui se sont confiées à moi n'osaient pas employer le mot « viol » et ses dérivés. Le mot par lui-même fait peur. Alors que dire de l'acte subi ? Les récits butent et s'arrêtent à un moment-donné. Ainsi par exemple ma mère m'a raconté plusieurs fois qu'elle a été poursuivie, quand elle avait dix ans, par un garçon âgé de quinze ans, armé d'un couteau, qui l'insultait. Mais son récit s'arrêtait là. Dire ou écrire « j'ai été violé » n'est pas évident. Il m'a fallu attendre ces jours derniers pour évoquer ainsi une série d'agressions que j'ai subi alors que j'avais huit ans.

L'isolement entraîné par la peur, qu'elle vienne de soi ou qu'elle se manifeste chez les autres, il faut le reconnaître sans savoir ni quand, ni avec qui il sera possible de le rompre. Cet isolement n'est heureusement pas absolu. L'amitié, la fête, peuvent cohabiter avec l'absence d'amour dans le sens romantique du mot. Plutôt que se dire qu'on rate quelque chose qu'on ne va pas vivre avec les autres, il est plus positif de se dire que ce sont les autres qui ratent quelque chose qu'ils ne vivront pas avec vous.

Enfin, il faut se méfier de l'expression individuelle du problème de la famine amoureuse généralisée. Cette famine conduit à deux troubles classiques.

Le premier consiste en la plus délirante idéalisation d'un ou une partenaire éventuel en amour. On a si faim d'amour, que l'autre, qui n'est jamais ni plus ni moins qu'un homme ou une femme, est perçu comme une créature de rêve, un être unique, exceptionnel, prodigieux, merveilleux, adorable... stop ! C'est juste un homme ou une femme qui vous plaît et que votre faim dévorante d'amour transforme en mirage séducteur. Le prince charmant, la princesse charmante n'existe pas. Ou plutôt : il existe autant de princes charmants ou de princesses charmantes que d'hommes ou de femmes qui vous plaisent.

L'autre expression individuelle du problème de la famine amoureuse généralisée c'est la jalousie. Un poison terrible qui peut détruire les plus belles relations. Il faut savoir y résister en soi et résister aux manifestations de ce phénomène chez les autres.

J'ai assisté à des manifestations de jalousie chez des femmes qui vivent enfermées dans une sorte de « cage de peur » suite à un viol. Ainsi, sans aucune attitude séductrice elles souffrent de voir de bonnes relations s'établir entre un homme qu'elles aiment bien et qui n'est pas leur amant, moi, et des jolies filles. Ces bonnes relations pouvant se résumer à une conversation aimable ou une fleur offerte. Ces femmes enfermées lancent à ces occasions des regards noirs qui sont comme des appels au secours, des cris de souffrance muette. Mais le plus souvent les enfermées vont feindre l'indifférence.

Quelqu'un m'a dit un jour que le monde ressemblait à un immense hôpital psychiatrique. Il avait raison.

Cependant, si on arrive à corriger certaines divagations de notre esprit et renoncer à de fausses directions, on peut parvenir à une certaine sérénité. Peut-on ainsi parvenir également à s'acoquiner avec ce sacré Cupidon ? Je l'ignore, mais en tous les cas ne prétend pas m'en éloigner. Tout en ne souffrant plus de la blessure de ses flèches, ce qui est déjà beaucoup.

Il existe des personnes heureuses en amour, elles sont extrêmement rares. D'autres vivent un amour passable. Enfin, un grand nombre d'autres personnes vivent dans des souffrances plus ou moins grandes. Comme cette dame que j'ai connu et qui justifiait son célibat et sa vie solitaire teintée de saphisme caché, en me disant : « les hommes, j'en ai fait le tour ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 avril 2017

lundi 24 avril 2017

744 À propos de la prétention au contrôle masculin sur l'ensemble des femmes

La société humaine depuis des millénaires est en partie dominée par la prétention masculine à contrôler la vie et la liberté des femmes. Tous les pouvoirs sont dominés par les hommes, et y compris le concept même de pouvoir. Ce qui entraîne la volonté masculine de contrôler la vie des femmes. En faire des êtres mineurs, dépendants, voire terrorisés. Un puissant élément de contrôle est représenté par le refus obstiné et délibéré de reconnaître le travail domestique et maternel féminin et refuser de le rémunérer comme cela se fait avec d'autres formes de travail. Une mère s'insurgeait contre l'idée de reconnaître ce travail. Elle me disait qu'un enfant se fait à deux... prenons cet exemple absolument. Pour faire un enfant, l'homme prend cinq minutes de plaisir, la femme aussi dans le meilleur des cas. Ensuite l'homme prend sa douche et dort. La femme se tape elle neuf mois de grossesse, quatre heures d'accouchement, plus la période douloureuse de remise en place des organes et les séquelles éventuels de sa ou ses grossesses. Le ventre d'une mère de cinq enfants ne ressemble pas à celui d'une jeune fille nullipare, c'est-à-dire qui n'a pas eu d'enfants. Alors, égaux le sort des femmes et des hommes ? Qu'on me permette de rire... Il est bien évident que non. Quant à la suite, après l'accouchement, le sort des femmes et des hommes est-il égal ?

Les pouvoirs dans la société sont masculins. Le pouvoir politique, étatique, partidaire, syndical, culturel est masculin. Le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé hier en France. Il y avait neuf candidats et deux candidates... Qui a dénoncé ça ? Apparemment personne, ou alors les médias en ont peu parlé. Ce chiffre est éloquent. Je croyais qu'il y avait en France plus de cinquante pour cent de femmes... Ce chiffre témoigne bien de ce que « la parité » dans la politique française n'existe pas. Et le silence assourdissant qui a accompagné cette situation est révélateur de la réalité de notre pays, par delà les discours.

La présence d'une femme à la tête d'un gouvernement ne signifie en rien que le pouvoir cesse d'être masculin. L'Inde et le Pakistan ont connu une cheffe de gouvernement... Ces pays sont-ils devenus pour autant plus égalitaire s'agissant de la condition féminine comparée à celle masculine ? Non.

Le Brésil et l'Argentine ont eu chacun une cheffe de gouvernement. L'avortement est toujours interdit dans ces deux pays...

Il n'y a pas que le pouvoir politique. Le pouvoir religieux est également masculin pratiquement partout. On voit l'église catholique donner son avis et intervenir dans le domaine des mœurs. Par exemple, contribuer à interdire la liberté d'avorter en Amérique latine, à Malte ou en Pologne. Et cette église est dirigée par des hommes. Il n'existe pas de papesse... C'est donc ici, encore une fois, le pouvoir masculin qui s'exprime et s'impose aux femmes.

La guerre est le plus grand des fléaux d'origine humaine. Qui conduit les guerres ? Les militaires, et qui dirige les armées ? Encore et toujours les hommes. Le pouvoir politique masculin initie et provoque les guerres. Le pouvoir militaire masculin gère la suite... Et les femmes en sont les premières victimes.

La prétention plus ou moins réalisée effectivement du pouvoir masculin sur les femmes conduit à d'innombrables violences. Quand en 1967 la loi Neuwirth autorisa en France la contraception, qui était interdite depuis au moins 1920, j'ai lu plusieurs fois des points de vue qui m'ont intrigué. C'était des hommes qui s'insurgeaient et s'inquiétaient car dorénavant, grâce à la contraception, les femmes allaient prendre le contrôle de qui décide ou non d'avoir des enfants...

Quand en France le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception s'est mis à réaliser une foule d'avortements illégaux, le pouvoir politique a fait une loi qui autorisait l'avortement rebaptisé Interruption Volontaire de Grossesse ou IVG, sous le contrôle de l’État et réalisé dans un cadre hospitalier. Ainsi le contrôle et la conduite des avortements échappaient aux femmes organisées pour et retournaient aux mains masculines du pouvoir étatique masculin et du pouvoir médical masculin. On pense ce qu'on veut de la liberté ou non d'interrompre une grossesse. Cependant il était bon de rappeler l'enjeu essentiel de la loi Veil de 1974 : remettre le contrôle masculin sur un domaine féminin qui commençait à lui échapper. L'avortement tendait à se banaliser sous le contrôle des femmes. L'IVG lui était substitué sous le contrôle des hommes.

Quand on évoque la condition féminine, deux propos s'élèvent fréquemment : « oui, mais ça a changé en mieux depuis ces dernières décennies » et « comparé à tel ou tel pays d'Orient, en France la situation est très bonne. »

Ces deux arguments n'en sont pas et sont fallacieux et dangereux. Le premier laisse supposer que « le progrès » est irréversible et linéaire. Ça ne fonctionne pas bien maintenant ? Attendez, ça va s'arranger ! Il suffit d'attendre et tout s'arrangera comme ça s'est déjà amélioré hier. »

Je disais à une mère que je trouvais inadmissible qu'une jeune femme jolie et seule ne puisse pas traverser Paris à pied entre minuit et demi et quatre heures du matin sans craindre l'agression sexuelle. Elle me répondait que ça finirait par s'arranger. Bien sûr, lui ai-je dit. Durant encore 200 ans vos filles se feront violer, mais après ça s'arrangera. Faut-il l'accepter ?

Le problème c'est qu'au nom d'idées ou de raisonnements divers on accepte l'inacceptable. C'est comme les « arguments » consistant à parler de l'atroce condition féminine dans le pays X ou Y, pour dire qu'en comparaison tout va bien chez nous en France. Ce ne sont pas des arguments. L'inacceptable reste inacceptable quand bien-même la situation serait pire ailleurs.

Il y a aussi la façon de se rassurer consistant à confondre le monde entier avec la situation confortable de gens vivants à Paris et ayant des manières pacifiques de se comporter. Il y a 200 millions de femmes excisées de par le monde. Et parmi elles certaines habitent y compris Paris.

La vérité est que la prétention masculine à contrôler et dominer l'ensemble des femmes, alors que nous avons besoin de respect réciproque et quelquefois d'amour réciproque, conduit à rendre extrêmement violents les rapports homme-femme.

L'homme a besoin de la femme. La femme a besoin de l'homme. La violence règne, comment faire pour arranger les relations ? Quand des relations bonnes s'établissent, grâce à elles il se forme comme des oasis de paix au milieu d'une zone de guerre.

Des femmes violentes existent, de même qu'il existe des hommes non violents. La règle étant que les femmes sont dominées et maltraitées et les hommes dominateurs et mal-traiteurs. Et tout le monde le vit mal. Il faut changer.

J'ai proposé pour cela la naissance d'une représentation politique des femmes : l'Assemblée féminine. On m'a dit qu'existe déjà la parité et son « progrès » à venir. On voit bien tous les jours que c'est très souvent une parfaite foutaise. Les ouvriers du livre font des livres et s'organisent entre ouvriers du livre pour défendre leurs intérêts. Et celles qui fabriquent des enfants (l'homme fournit seulement quelques centilitres de sperme) ne devraient pas s'organiser... et pourquoi donc ? Les femmes de ménage, les puéricultrices s'organisent et pas les mères, pourquoi ? Ces derniers temps on a fermé en France une multitude de maternités de proximité. Résultat : les femmes doivent parfois faire une heure et demi de route pour aller accoucher. En cas de problème, elles et leurs bébés peuvent mourir. Si les femmes étaient plus organisées on mettrait un terme à cette infamie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 24 avril 2017

vendredi 21 avril 2017

743 Appel aux femmes ou : Appel aux femmes pour une Assemblée féminine

Le pouvoir, en particulier politique, est tempéré par les divers contre-pouvoirs agissant dans les domaines où il intervient. Aujourd'hui, même s'il est théoriquement ouvert aux deux sexes, même s'il est sexuellement mixte ou réputé « asexué », le pouvoir est très fréquemment, voire pratiquement toujours détenu par des hommes. Ce qui a d'importantes conséquences sur les femmes. Par exemple, en France, quand elles travaillent à l'extérieur de leur maison, les femmes à travail égal avec les hommes, sont rémunérées en moyenne 26 % moins que leurs collègues masculins. L'immense et inestimable travail domestique et maternel des femmes n'est ni reconnu, ni rémunéré. Être assistante maternelle ou travailler en crèche est un métier. On est payé pour ça. Faire exactement la même chose avec ses propres enfants n'est ni rémunéré, ni reconnu. C'est du bénévolat. Il faut que cette situation très injuste change, et en suivant la volonté des femmes.

Pour tempérer le pouvoir politique, il faut que les femmes exercent l'influence juste et nécessaire qui leur revient dans l'intérêt de tous. Pour réduire les grands problèmes de société résultant de la maltraitance des femmes, de leur non respect dans quantité de situations et domaines, il est judicieux de créer un pouvoir féminin émanant des femmes et rien que des femmes.

Ce pouvoir émanerait de l'Assemblée féminine, une assemblée formée uniquement de femmes et élue exclusivement par des femmes. Dans des modalités qui restent à définir, cette Assemblée féminine exprimerait la volonté des femmes face au pouvoir central théoriquement égalitaire, mixte ou asexué, mais toujours très largement masculin.

Ces derniers mois on a ouvert le débat en France sur la nécessité de modifier notre constitution. Et un des quatre principaux candidats à l'élection présidentielle française de 2017, s'est même déclaré favorable à sa complète réécriture. Voici venu une situation favorable pour lancer l'idée d'une Assemblée féminine contre-pouvoir à l'hégémonie politique masculine. Créer l'Assemblée féminine est indispensable pour que naisse une vraie démocratie. Il faut changer à la base. Un pouvoir où un sexe domine l'autre n'est pas la démocratie.

Cette idée d'Assemblée féminine peut être reprise dans d'autres pays. Elle va dans le sens de l'établissement un jour d'une Assemblée mondiale des femmes. Cette assemblée irait dans le sens d'une paix perpétuelle à l'échelle du monde. Rêve immémorial et justifié des humains que nous avons intérêt à réaliser dans pas trop longtemps sous peine sinon de voir notre civilisation s'auto-anéantir. Les femmes, qui donnent la vie, ont leur mot à dire pour la paix. Ce sont elles qui forceront un jour les hommes à renoncer à la guerre entre eux et contre la Nature.

Je propose que l'idée de l'Assemblée féminine soit débattue et affinée. Commençons ce débat en France et à Paris et que le débat s'étende ensuite partout. Je diffuse ce message autour de moi. Les premières femmes auxquelles j'en ai parlé, Marie et Anne, m'ont paru intéressées et favorables. Une dame qui tient un magasin a décidé de donner à lire ce texte à toutes ses clientes. La suite pratique immédiate à donner à ce projet pourrait prendre des formes diverses dont certaines restent à trouver.

Je tâcherai de susciter le débat parmi les jeunes que je connais. Pour la paix et l'amitié entre tous, au service de tous et du respect et de la justice. Pour que cesse la maltraitance et le non respect des femmes. Pour que l'harmonie règne enfin entre tous les humains. Projet impossible à réaliser tant que les femmes, soit plus de la moitié de l'Humanité, sont très souvent obligées de vivre en se méfiant et protégeant des hommes qu'elles rencontrent. Jacques Prévert disait : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. » Tout ce que nous voulons sera possible demain avec et grâce à l'Assemblée féminine.

Basile philosophe naïf, Paris le 21 avril 2017


Call to women

Power, and political power in particular, is mitigated by various counter-powers acting in their own areas of expertise. Today, although it's theoretically opened to all genres, even if it's supposed to be equal or supposedly "asexual", Power is very frequently, and almost exclusively held by men. Which has tremendous consequences for women. For example in France, when they work outside their home, women usually are paid  26% less than their male counterparts. The invaluable domestic and maternal work done by women is neither recognized as "proper work" nor paid. Working with babies or in a kindergarden is a proper job. Where you're getting paid. But doing the exact same thing with one's own children is neither paid, nor recognized as a proper job. It's volunteering, basicaly. This unfair situation has to change, according to what women want of course.

To moderate political power, women have to use the fair and necessary influence they ought to have, in society's best interest. In order to reduce the great societal problems due to women being abused and disrespected in so many situations and areas, it would only be fait to create a feminine power coming from women and only from women.

That power would emerge from the "Feminine Assembly", an assembly for my only by women and elected exclusively by women. In ways that are yet to be defined, that Feminine Assembly would express feminine will, faced to the theoretically equalitarian central power, joint and asexual, but almost aways exclusively male.

These last months have opened a debate in France concerning the necessity to modify our constitution. One of the 4 main candidates in the French presidential election even called for a complete rewriting of the French Constitution. This is indeed a rather favorable situation to launch the idea of a Feminine Assembly that would act as a counter-power to the masculine hegemony. To create a Feminine Assembly is crucial in order for a true democracy to be born. The base has change. Power where one genre dominates the others is not democracy.

This idea of the Feminine Assembly can be picked up by other countries. It's going towards a project or a World Women Assembly. That assembly would aim toward perpetual world peace. An everlasting human dream that we'd better make come true quickly before we self destruct as a civilization. Women, who give life, have something to say about peace. They're the ones who will one day force men to renounce war between each other and Nature.

I propose that the idea if a Feminine Assembly should be debated and specified. Let's start this debate in France and in Paris  and then the debate will spread everywhere else. I'm broadcasting this message around me. The first two women I have shared this idea with, Marie and Anne, looked interested and favorable. A shop owner said she's give this text to read to all her clients. The practical and immédiate follow-ups to this project could take lang forms ad they are to be determined.

I'll try to elicit a debate among the young people I know. For peace and friendship between everyone, in service of everyone and respecting justice. On order for female abuse and disrespect to stop. In order for harmony to happen between the whole of humanity. That utopian project is impossible as long as women, more than half of the world's population, very often have to live in defiance of men they meet and protect themselves from them. Jacques Prévert once said: "You'll have to try and be happy, if only to show example." Everything we want, can and will be possible tomorrow with the Feminine Assembly's help.

Basile naive philosopher, Paris 21th avril 2017
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jeudi 20 avril 2017

742 Quelques réflexions sur la condition féminine

Un des plus importants, sinon le plus important problème de notre société prétendument « évoluée » est le viol et la menace du viol. Tant qu'une jeune femme ne pourra pas traverser seule Paris tranquillement entre minuit et demi et quatre heures du matin, on ne pourra pas prétendre que notre société est une société civilisée. Nous n'avons pas les moyens d'empêcher d'emblée tous les crimes. Cependant il faut soulever l'important problème des soins post-viols. La mise au point de traitements adaptés est une grave question. Et il ne s'agit pas uniquement de les baser sur la parole, mais également sur le geste. J'ai quelques idées à ce sujet, dont j'ai déjà parlé dans ce blog.

La condition féminine défectueuse est la base de tous les problèmes. Comment parvenir à significativement l'améliorer ? Une grande réponse me paraît être l'assemblée des femmes. On pourrait l'appeler l'Assemblée féminine des droits et devoirs.

Notre société tempère le pouvoir central avec des contre-pouvoirs : partis, syndicats, instances diverses. Pour exprimer la revendication spécifique féminine face à un pouvoir élu qui est autant dire toujours essentiellement masculin, les femmes et elles seules, voteraient et éliraient leurs représentantes. Celles-ci porteraient la voix des revendications féminines. Et il y en a.

Durant longtemps on a prétendu que notre France était gouverné par le suffrage universel. Alors que seuls les hommes avaient le droit de vote. Cette situation est celle du travail aujourd'hui. On prétend que le travail est reconnu et rémunéré. Alors que l'immense travail féminin, maternel et domestique, n'est ni reconnu, ni rémunéré. Aux mères on propose de travailler à l'extérieur pour rémunérer des mères de substitution baptisées « puéricultrices » ou « assistantes maternelles ». Ce mode de faire arrange certaines, d'autres pas. Je connais une mère de trois enfants qui a choisi de se consacrer à les élever jusqu'à l'âge où ils seront autonomes. Et bien son mari lui dit fréquemment : « tu ne travaille pas. Moi, je travaille. Je ramène l'argent à la maison. »

Dans notre société le pouvoir masculin est omniprésent. Je feuilletais un jour une revue consacrée à la révolution russe de 1917 et à la guerre civile qui a suivi. Il y avait là des dizaines de photos illustrant ces événements. J'ai eu à un moment l'idée de voir combien de femmes figuraient sur ces photos. Au total, à peine une douzaine, tout le reste c'était des hommes.

Sur une illustration de la première organisation internationale des travailleurs, on voit, en 1864... des dizaines de dirigeants... et pas une seule femme !

Ces jours-ci a lieu en France l'élection présidentielle. Il y a... neuf candidats et deux candidates. Est-ce sexuellement représentatif d'une société qui compte plus de cinquante pour cent de femmes ?

Dans notre société le rôle proposé à la femme est très souvent réduit à celui de se taire et craindre l'homme. Cette situation calamiteuse perturbe toute la société. Et y compris les hommes, et notamment les hommes respectueux des femmes, il en existe, n'y trouvent pas là leur compte. Si on veut déclarer sa flamme à une femme, on a l'impression de sortir de sa tranchée en 1914. Si on souhaite dormir avec une femme, ou seulement lui caresser les cheveux ou la serrer dans ses bras, on est tout de suite confronté à des ultimatums sexuels. Notre société est obsédé par le sexe, et quel sexe ! Et tend à réduire la femme a un objet sexuel.

Pour en finir avec ces problèmes et bien d'autres, il est temps de doter les femmes d'un contre-pouvoir opposé au pouvoir masculin : l'Assemblée féminine des droits et devoirs, dont l'existence doit être inscrit dans la Constitution.

Basile, philosophe naïf, Paris le 20 avril 2017

lundi 17 avril 2017

741 Deux salopards, un médecin et un sexologue

« Tu devrais te faire aider par un spécialiste. » Cette vieille antienne, que ne l'entend-t-on pas ? Quand on a des problèmes « psychologiques »... hop ! Un spécialiste et le tour est joué. J'ai voulu moi aussi suivre ces « bons conseils »...

Première étape : sentant que j'avais des problèmes en moi à régler, j'en parle à un sympathique ami, qui me recommande un ami à lui, psychanalyste. Je prend rendez-vous et lui apporte un dossier de documents écrits de ma plume à propos de mes problèmes. Il m'écoute et puis parle. D'une seule et unique chose : « comment vous allez faire pour me payer ? » Je suis en détresse, cherche de l'aide... et ce salopard ne s'intéresse qu'à une seule et unique question : « comment je vais lui ramener de la thune ? » J'ai ramassé mon dossier, salué le salopard et suis parti.

Seconde étape, des années plus tard : « tu devrais consulter un psychologue, c'est remboursé par la sécurité sociale, utile et intéressant » me dit un ami. Je suis le conseil et me retrouve dans les griffes d'un psychiatre.

Il me voit plusieurs fois, puis rédige une ordonnance pour me prescrire une spécialité pharmaceutique pour la tête. Je lui demande pourquoi. Je lui dit que je ne me sens pas déprimé. Il me répond que, à son avis, je le suis. Mais alors, pour mon moral, pourquoi ne pas plutôt prendre un bon petit vin ? Il me répond, invoquant son autorité médicale : « la différence c'est que c'est ici un médicament qui vous est prescrit par un médecin. » J'ai pris l'ordonnance. N'ai pas été chercher le médicament en question. C'était le début de l'été. Il y avait plein de fruits en vente. Et ils n'étaient pas chers, c'était avant le jour maudit du premier janvier 2002 où cette saloperie d'euro est arrivé et où les prix ont commencé à danser et dansent toujours. J'ai acheté un tas de fruits différents et me suis dit : « le voilà, mon antidépresseur ! » Je n'ai jamais revu le psychiatre. Je n'ai rien contre les psychiatres. Il y en a de très bien, mais pas celui-là.

Plus tard, j'ai une copine. Et mon zizi n'est pas son copain. On demande l'aide d'un brave médecin. Il me prescrit une fameuse spécialités pour soigner « les troubles érectiles », comme ils disent. Je prend la spécialité. Effectivement j'ai la gaule. Mais aucune sensibilité quand je la met à l'ouvrage. Quand j'en parle au médecin prescripteur il ne répond rien. Sa science s'arrête là.

Alors, ma copine m'entraîne chez le... sexologue. Celui-ci fait la sourde oreille à l’exposé précis du problème. Et part dans un discours très bien rôdé pour préconiser, eut égard à mon âge, la centrifugation de mon sperme pour lui assurer une meilleure performance fécondante...

C'est à ces rencontres que se sont limitées pour moi l'aide des « spécialistes ». Ah oui ! Encore un que j'ai vu il y a plus de six années. Quand je lui ai expliqué que j'étais perturbé par le fait d'avoir une compagne malade, il m'a conseillé de... l'abandonner ! Bravo ! Le médecin traitant de ma compagne m'a conseillé de prendre un ultime rendez-vous avec ce spécialiste mauvais conseilleur. Pour lui faire la morale. Ce que j'ai fait. Mon conseilleur a été à cette occasion dans ses petits souliers.

Et puis ma copine est allé mieux. Elle a réglé mon problème en me jetant à la poubelle. Ce qui m'a foutu par terre pour trois ou quatre années, mais ça c'est une autre histoire. Elle appartient déjà au passé. Comme on le voit ici, il y a toujours une solution aux problèmes rencontrés. Elle n'est pas forcément celle qu'on attend, mais on la trouve. Pour finir, je dirai que mes problèmes, eh bien, sans l'aide des « spécialistes » j'ai réussi très largement à m'en débarrasser. Par la force des choses, j'ai fait mon ménage tout seul et je continue à traquer la crasse dans les coins et sous les meubles.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 avril 2017

740 Moi émois

Une étoile dans la mer
Un poisson dans le ciel
Et l'oiseau qui est si beau
Comme une caresse dans l'eau
Un chant dans la prairie
Un égout rempli de lumière dorée
Et moi qui suis si seul
Debout à côté de mon pélican mordoré.
Ça n'a pas de sens,
Me direz-vous ?
Mais la vie a-t-elle un sens
Loin d'elle ?
Si loin d'elle
Que le corbeau
Ne peut m'y ramener
A tire d'ailes ?
Un poisson dans la mer,
Une étoile dans le ciel
Et moi,
Moi avec elle.
Elle avec moi
Émois.

Basile
Philosophe naïf
Paris le 17 avril 2017


dimanche 16 avril 2017

739 Libération

La peur, la gêne et la souffrance
Sont comme des chimères de cire
Venues du passé
Qui vous écrasent de leur fausse ombre
Souvenirs d'épouvante
De nuits sans espoir
Et sans Lune.
L'amour surgit
Et sa chaleur fait fondre
Les idoles figées
Aux grandes ombres.
Chimères sans dents
Et sans griffes
Dont j'appréhendais
L'étreinte et la morsure.
Libre enfin
Je m'en irai d'un pied léger
Vers le Soleil
Et les prairies marines
Que seuls les poissons
Et les poètes
Contemplent.
Par delà les grandes plages
Infinies et au sable fin
Douceur et calme
Tranquillité
Amour et paix
Enfin réconciliés.
J'oublierai tout
Sauf toi
Et le doux murmure
Des sources embrumées
Mêlé au chant des conques
Embouchées par des monstres marins
Pacifiques et soumis.

Basile
Philosophe naïf
Paris, le 16 avril 2017


samedi 15 avril 2017

738 La Belgique dans la campagne électorale française 2017

L'ombre de la Belgique et quelle ombre ! Plane sur l'actuelle course à la présidence de la République française. Le mot « réforme » a deux sens différents en français : « réformer » peut signifier éliminer, détruire, supprimer. Une « vache de réforme », après avoir donné des veaux et du lait part à l'abattoir. Dans les chemins de fer, un « wagon réformé » finit à la casse ou comme cabane de chantier. L'autre sens du mot « réforme », c'est changer la société autrement que par les armes, la violence. C'est changer la société de manière pacifique.

Ces dernières années le mot « réforme » et « réformer » a été utilisé en France par des médias, des politiques, uniquement dans le premier sens : détruire, anéantir, supprimer, jeter à la poubelle. Il n'y a pas d'autres alternatives pour par exemple réformer le code du travail... Il est trop gros, poubelle ! Il faut « réformer » les retraites : vous partirez plus tard. Il faut « réformer » la Sécurité sociale : vous serez moins remboursé, et ainsi de suite.

Mais voilà que surgit dans le paysage politique français quelqu'un qui rappelle au souvenir collectif l'autre sens du mot « réformer ». Celui de faire des changements pacifiques, pas simplement détruire et supprimer des choses au motif invoqué qu'elles seraient trop vieilles, inadaptées, etc.

Ce réformiste est un ancien communiste. Il faut remonter bien loin en arrière pour en trouver un autre de telle envergure à l'échelle de son pays. En 1956, la Hongrie avait Imre Nagy. En 2017, soixante-et-un an après nous avons Mélenchon. Tous les deux, Imre Nagy et Mélenchon ont été communistes et ont évolué ensuite. Le premier a fini très mal suite à l'intervention militaire russe.

Pour réformer, il faut avoir des idées, des théories à mettre en application. Je ne suis pas mélenchonologue, et laisse à d'autres le soin d'étudier l'homme et ses idées. Un point cependant me semble intéressant et à souligner ici : Mélenchon aurait pour source d'inspiration une Carolo. Qu'est-ce qu'une Carolo ? C'est une native de la ville de Charleroi, en Belgique.

Elle s'appelle Chantal Mouffe, enseigne la philosophie et écrit des livres. En France, les médias en parlent un peu. Je l'ai découverte où ? Chez nos amis belges. Vous pouvez aller faire sa connaissance ici : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_et-si-jean-luc-melenchon-devait-sa-nouvelle-popularite-a-une-carolo?id=9579223

C'est sur le site Internet de la radio télévision belge. Il y a une vidéo de deux heures vingt, à voir, où apparaît le politique français au côté de la théoricienne belge.

Chantal Mouffe est quelqu'un dont l'influence semble-t-il majeure (je ne suis pas chantalmouffologue), est parfaitement bien connue de notre actuel président. François Hollande y a fait une allusion à sa façon il y a très peu de temps.

Parlant de la campagne électorale des présidentielles françaises, où l'importance grandissante de Mélenchon sème la panique dans les milieux financiers, il a subitement fait une allusion étonnement olfactive : « cette campagne sent mauvais » a déclaré François Hollande.

Pourquoi elle sentirait mauvais ? Tout simplement parce que celle qui inspire Mélenchon s'appelle Mouffe. En français, on retrouve le mot « mouffe » dans la « mouffette » et la célèbre « rue Mouffetard », à Paris, dans le « quartier de la Mouffe ». Ce mot vient de « moffer » qui signifie puer en vieux français. Choisir de commenter l'irruption mélenchonesque dans la campagne des présidentielles en disant que « cette campagne sent mauvais »... c'est de l'humour hollandais...

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 avril 2017

jeudi 13 avril 2017

737 Le sixième temps de l'amour

Au début de sa vie, le petit humain vit quantité de choses comme des câlins : être lavé avec un gant tiède, par exemple. Il peut aussi être caressé, embrassé, câliné. C'est le premier temps de l'amour. Puis arrive un jour le sevrage tactile. On décrète qu'il est un « grand ». Plus de câlins ou presque. Croyant à un phénomène naturel, alors qu'il s'agit d'un phénomène culturel, Freud a baptisé la fin de cette période chaleureuse « début de la période de latence ». C'est le second temps de l'amour.

Au bout d'un certain nombre d'années, les petits humains cherchent à sortir de cette « période de latence ». Mais celle-ci les a rendu analphabètes tactiles, ignorants et maladroits pour donner, recevoir, apprécier les caresses. Les jeunes garçons, tout particulièrement, vont découvrir l'érection et l'éjaculation avec la masturbation masculine adulte. Ils se polariseront avec une intensité inouïe sur cette dernière. Quand bien-même leur jouissance éjaculatoire serait médiocre, voire absente, voire remplacée par de la douleur, ils vont pratiquer obsessionnellement la masturbation. Et chercheront comme une idée fixe à se masturber dans un orifice naturel d'un tiers, croyant ainsi « faire l'amour ». Ils harcèleront leurs partenaires rêvés, qui se retrouveront sur la défensive en permanence. C'est le troisième temps de l'amour.

Phénomène qui accentuera l'agressivité sexuelle des mâles : l'impatience à se retrouver satisfait. Autre phénomène perturbant : la projection dans le futur. C'est le quatrième temps de l'amour. Il se situe dans l'imagination. En caricaturant à peine, on peut dire que deux jeunes s'étant à peine rencontrés, voilà que l'un des deux commence à s'interroger sur la couleur de la moquette de la chambre des enfants.

Les inévitables coups reçus au sens propre ou figuré vont amener la peur de l'autre. Or rien n'est plus étranger à l'amour que la peur. L'avènement de la peur marquera l'arrivée du cinquième temps de l'amour.

Derrière le brouillard de l'ignorance et des conditionnements culturels, subsistera péniblement le temps réel de l'amour. Il aura bien de la peine à surgir et s'imposer. C'est le sixième et bien rare temps de l'amour.

Quand on cherche à parvenir au sixième temps de l'amour, on peut craindre de se mettre en danger. Troubler sa tranquillité, réveiller des souffrances sentimentales vécues et passées. Il ne faut pas oublier que si ainsi on se met en danger, l’autre aussi n'est pas à l'abri. C'est une prise de risque réciproque. L'amour peut surgir à un moment sans prévenir, comme un voleur dans la nuit. Sauf qu'il kidnappe les cœurs.

Devant la menace des douloureuses flèches de Cupidon, la fuite n'est pas toujours la meilleure des solutions. Le problème qui rend la situation difficile c'est le hiatus vécu du sevrage tactile. On a oublié d'apprendre à aimer, durant des années on s'est tenu à distance de l'amour. Si ce n'est, comme les vieux et les adultes solitaires, l'amour des animaux. Et voilà qu'on se retrouve confronté à la rencontre et la découverte de l'autre, qui avec le temps est devenu un étranger ou une étrangère.

Les petits enfants sont plus proches les uns des autres que les adultes. Et devenu adulte on ne sait plus que faire de ses mains ! On a désappris la peinture, la danse, la poésie et... l'amour ! Et l'autre, l'inconnu, est aussi ignorant que vous. La maladresse apportera la souffrance et la souffrance amènera la peur. Il n'est pas très aisé de faire comme si on n'avait jamais pris de coups, quand commence une relation nouvelle. C'est pourtant ainsi qu'il faut faire, penser, agir. Ne pas chercher à aller trop vite. Ne pas se jeter sur son assiette et avaler quand la faim vous tenaille. Aimer.

Basile, philosophe naïf, Paris le 13 avril 2017

lundi 10 avril 2017

736 L'hôpital militaire du Val de Grâce s'invite dans la campagne 2017 !!

Je ne suis d'aucun parti et mon nom ne vous dira rien. Je signerai avec mon nom. J'aurais pu tout aussi bien signer John Doe. L'important n'est pas qui je suis mais ce que j'ai à raconter ici.

Mes activités, dans un domaine qui n'est pas la politique, m'amène à rencontrer un grand nombre de responsables dans divers domaines. Au nombre de ceux-ci il y a des militaires, y compris de rang élevé. J'ai l'habitude de respecter les autres. Ils savent que quand ils me parlent je saurai rester discret et ne vais pas répéter leurs propos en ajoutant leur identité.

C'est ainsi qu'un de ces militaires de rang élevé, quand je l'ai rencontré à une date récente, m'a parlé de la fermeture de l'Hôpital d'instruction des armées du Val de Grâce, fermeture qui est une erreur grave. Il connaît très bien cette question.

« Aujourd'hui, il serait très facile de rouvrir cet hôpital qu'on vient de fermer. » Ce propos, je l'ai rapporté à un célèbre médecin urgentiste, qui m'a autorisé à le nommer ici, le docteur Gérald Kierzek. Il m'a confirmé les faits : « il suffirait de la volonté politique de rouvrir l'hôpital du Val de Grâce, pour qu'il rouvre ! » Il a ajouté que : « dans un pays en état d'urgence, à l'heure où il n'y a jamais eu autant de militaires français en opérations à l'extérieur, il est parfaitement aberrant de fermer un hôpital militaire ! »

J'ajoute, faits que j'ai appris hier, qu'en 1995, lors de l'attentat du métro Saint-Michel, et le 27 juin 1988, lors de l'accident survenu à la Gare de Lyon, ce sont des médecins du Val de Grâce qui sont intervenus pour secourir les victimes. Le Val de Grâce a montré ici de manière exemplaire qu'il a vocation de protéger tous les habitants de Paris et pas que des militaires.

J'ai cherché ces jours derniers à me renseigner pour savoir qui connaissait cette réouverture du Val de Grâce aisée et possible, ce fait extrêmement important et très surprenant pour un non initié aux questions médicales et hospitalières. Personne ne semble au courant et ceux qui savent n'en parlent que dans des cercles restreints.

Cette information, je ne suis pas en droit de la conserver pour moi et ne pas chercher à la divulguer, à l'heure où justement des changements d'orientations politiques sont possible. Qui permettraient de réparer l'erreur grave de la fermeture d'un des meilleurs hôpitaux de France, qui accueillaient les civils comme les militaires. Civil, j'ai été soigné au Val de Grâce.

Il m'appartenait d'apostropher à propos de cette réouverture souhaitée et possible les divers candidats à l'élection présidentielle qui s'offrent à nos suffrages. Voilà qui est fait. Je publie cette lettre dans mon blog, et l'envoie aussi à divers journaux et personnes concernés.

L'hôpital militaire du Val de Grâce s'invite dans la campagne des présidentielles. L'accès au second tour sera réservé à un candidat qui battra de très peu un concurrent... Qu'il fasse bien attention. Le Val de Grâce pourrait bien faire la différence !

Que les électeurs fassent leur choix en leur âme et conscience. Mais qu'en tous cas ils éliminent ceux qui seront contre la réouverture de l'HIA du Val de Grâce !

Paris, le 10 avril 2017

Basile Pachkoff
Poète, historien et organisateur de fêtes populaires, goguettier,
philosophe, artiste peintre.

samedi 8 avril 2017

735 Un poème et deux très brèves histoires d'amour

Éternalité 

C'est une histoire d'amour éternel
Qui a duré un jour.
C'est une histoire d'amour éternel
Qui a duré deux jours.
C'est une histoire d'amour éternel
Qui a duré trois jours.
C'est une éternité
Qui a duré trois jours.
C'est une éternité
Qui a duré deux jours.
C'est une éternité
Qui a duré un jour.
Car toutes les histoires d'amour
Sont éternelles,
Même quand elles ne durent
Qu'une demi-heure.

Deux très brèves histoires d'amour

J'avais seize ans, c'était en 1967. Je rentrais de vacances en famille, par le train. Il faisait chaud. Je portais un short.

Une jeune fille inconnue est entrée dans le compartiment, juste avant que le train démarre. Déséquilibrée, elle est venue s'asseoir sur mes genoux. Puis s'est relevée et est partie. Je ne l'ai jamais revu, ni n'ai aperçu sa physionomie. Je crois qu'elle était blonde et avait des cheveux assez courts. Elle avait sur elle une robe légère d'été.

Durant un instant j'ai senti sur mes cuisses le contact franc, chaleureux, inattendu et charnel de ses cuisses et son postérieur jeunes, fermes et chauds. C'était la première fois de ma vie qu'une femme s'asseyait sur mes genoux, que je ressentais en général le contact des cuisses et d'un postérieur féminins.

Il y a à présent cinquante ans que cet événement est arrivé. Je m'en souviens encore, ainsi que toute l'émotion que j'ai ressenti alors.  

L'année d'après, j'avais dix-sept ans. Je rentrais de vacances en famille, par le train.

Quand notre train sortait de la gare d'une ville savoyarde, j'ai aperçu un instant de profil, une très jolie jeune fille brune radieuse et bronzée qui saluait joyeusement le bras au dessus de la tête quelqu'un qu'elle venait de quitter et qui avait pris le même train que moi.

Ce sont là mes deux plus brèves histoires d'amour. Elles ont chacune duré moins d'une minute. Je ne les avais jamais raconté.

Ce sont des histoires d'amour éternel que je conserve précieusement dans mon cœur. 

Basile, philosophe naïf, Paris le 8 avril 2017

vendredi 7 avril 2017

734 Quand l'amour enfin règnera

Quand l'amour enfin triomphera
Je vous aimerai
Vous m'aimerez
Nous nous aimerons
Et tout sera à jamais juste et bon.
Quand l'amour enfin triomphera
Le soleil s’élèvera
Au dessus de l'horizon,
Plus jamais ne descendra
Et à pour toujours brillera.
Quand l'amour enfin triomphera

Plus jamais la guerre
Ne tuera,
Plus jamais un homme
Devant un autre homme tremblera.
Quand l'amour enfin triomphera
La vie sera une poésie infinie,
Nos soucis
Deviendront très petits
Et la paix
Dans tous nos cœurs règnera.
Quand l'amour enfin règnera
Le printemps et les fleurs
Seront pour toujours
Dans nos cœurs.
Quand l'amour enfin règnera ?
Mais il règne déjà

Pour peu qu'on ne l'oublie pas.

Basile, philosophe naïf, Paris les 4 et 7 avril 2017

733 Deux poésies écrites le matin du 7 avril 2017

Elle est mon île

Il y en a qui croient
Que ce sont de grands sentiments,
Il y en a qui croient
Que ce sont de grands serments,
Il y en a qui croient
Que ce sont de petites démangeaisons,
Mais je vous dirai ce que c'est :
C'est comme un courant qui emporte tout sur son passage,
Ce n'est pas une lueur au fond de la nuit
Mais le jour qui se lève...
Enfin.
Je ne chercherai rien,
Je ne chercherai rien,
Et je te trouverai
Et tu m'as trouvé,
Et je trouverai tout,
Et nous trouverons tout,
Et nous verrons le jour et la vie
Et nous verrons la vie et le jour
Comme le voit le condor
Au fond de la vallée.



Toi

Il y a les femmes
Et il y a toi.
Toi c'est toi
Et les femmes
Ne sont que les femmes,
Car elles ne sont pas toi,
Et toi
Tu es tout pour moi.