vendredi 23 juin 2017

789 Un égareur

Il ment, manipule, calcule et fait pression sur les femmes qu'il veut mettre dans son lit. A l'écouter il serait presque féministe... En fait, pour lui les femmes ne sont que des mouchoirs dans lesquels il souhaite se branler. Il pue.

Comme il a du charme, les cibles féminines qu'il vise s'interrogent : « me plaît-il vraiment ? » « Ai-je raison de lui résister ? » Mais du moment qu'on se pose de telles questions la réponse est d'évidence « non » pour la première question et « oui » pour la deuxième.

Sûr de lui, il passe son temps à dire aux femmes du mal des autres hommes. Pour lui, c'est des concurrents. Avec un tel comportement il n'a pas d'amis. Et tout ça pourquoi ? Pour avoir le plaisir de se sentir libre de tromper sa femme !

Ce genre d'individus ne mérite pas qu'on lui consacre du temps. Il est préférable de l'éviter et l'oublier.

Et que font les femmes qui ont l'impression de ne rencontrer que de tels ténias ? Certaines cherchent à trouver le bon. Mais dans les boites d'ordures on ne trouve que des ordures.

Certaines femmes, aigries, vont propager d'infâmes réputations imaginaires dont elles doteront des hommes qui ne sont pas infâmes. Mais la vie prostitutionnelle qu'elles ont adopté en se mettant en ménage avec un homme très aisé matériellement les rend jalouses des vrais amours possible. Elles s'appliqueront à empêcher qu'un accord puisse naître de façon désintéressée entre deux personnes de leur entourage. Elles haïront l'amour auquel elles ont renoncé en échange d'argent.

Aux hommes qu'elles calomnieront elles feront des sourires. Mais les dégâts visibles causés par leurs propos indiqueront la piste menant aux coupables souriants.

Quelle drôle de jungle où celles qui renoncent à l'amour cherchent à en priver les autres ! Cependant qu'elles calomnient, d'autres leur font des compliments hypocrites. Le mensonge règne. Mais finit par être découvert. La vérité progresse. Les personnes sincères et de bonne foi se reconnaissent.

Il n'y a pas de raison de désespérer. Dans la lutte entre la vérité et le mensonge, le mensonge fini toujours par succomber. La vérité a en elle une force qui fini toujours par triompher.

Il faut garder bon espoir. La vie triomphe toujours au final. Et tôt ou tard le mensonge se décompose, tombe en poussière, disparaît. Et ses adorateurs disparaissent de circulation.

J'ai connu des menteurs, ils vieillissent très mal. Leur perfidie s'inscrit à la longue sur leur visage. Peu importe s'ils n'avouent pas leur façon de mal agir. Celle-ci va apparaître sur leur figure.

Parmi la masse innombrable existe des hommes et des femmes qui ont renoncé à se résigner. Qui cherchent la lumière dans les ténèbres, la mélodie dans le tohu-bohu des éléments déchaînés, le calme dans l'agitation et le désordre. Ils le cherchent, le cherchent inlassablement et finissent toujours par le trouver.

Et, face aux égareurs, ils s'écrient avec joie : « les siècles sont à nous, ils nous appartiennent ! Et vous, vous n'êtes rigoureusement rien, pas même une ombre ! Nous sommes la vie vivante, la vraie vie que vous ne connaissez pas et ne pouvez pas connaître ! »

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juin 2017

mercredi 21 juin 2017

788 L'effrayant bourrage de crâne sexuel

Une exposition s'adressant aux enfants prétend les informer et déculpabiliser sur « le sexe ». Or elle propage exactement toute une série de clichés traditionnels. Sans remettre en cause leur contenu, il faut remarquer qu'ainsi présentés ils peuvent avoir des effets démoralisateurs dévastateurs.

On y voit présenter d'emblée pour s'aimer la notion impérative de « couple ». Mais qu'est-ce donc que s'aimer ? D'après l'expo c'est quelque chose qui se passe à deux, entre jeunes gens de sexe opposé, de même âge, ayant dépassé la majorité sexuelle, en bonne santé et de beauté « standard ».

Arrêtons-nous sur divers points : s'aimer c'est forcément à deux. Mais qu'est-ce que « s'aimer » ? C'est sous-entendu qu'il existe un sentiment particulier et très fort qui attirerait exclusivement deux personnes ensemble. Mais dans ce cas on abandonne le jeune devant le dilemme : « est-ce que j'aime ? J'aime pas ? C'est de l'amour ou c'est pas ça ? » Or il existe des nuances innombrables de sentiments affectueux. Là on somme le jeune, pour être dans la norme et trouver « le bonheur » de rechercher le fameux sentiment. Il doit le faire non à partir de ce qu'il ressent, mais à partir d'une sorte de grille qualitative proposée et imposée par les adultes.

Pour accéder à ce fameux sentiment il faut avoir la beauté standard... C'est-à-dire, images dessinées à l'appui, que le garçon et la fille ne sont pas gros ou maigre, juste ce qu'il faut de gras et de muscles. Le garçon doit avoir un zizi de taille moyenne et la fille une poitrine de taille suffisante... Mais si un garçon a un très petit zizi et la fille pas de poitrine du tout, ou au contraire d'énormes nichons, qu'est-ce qui lui reste à faire dans la vie ? Et si le garçon ou la fille se considèrent laids ? Ou a une infirmité ? Là, le joli dessin devient culpabilisateur.

Ensuite l'exposition explique que « l'amour » naissant entre le garçon et la fille, ils vont avoir des réactions génitales qui les mèneront à l'accouplement. L'exposition figurant celui-ci avec la très classique position dite « du missionnaire », le garçon allongé sur la fille.

C'est là que de grands désaccords subsistent entre moi et cette exposition. J'ai mis de très nombreuses années à comprendre que l'érection et son équivalent féminin ne signifient rigoureusement pas nécessairement l'envie, l'urgence de l'acte sexuel. On admet facilement que quelqu'un peut avoir envie de s'accoupler et ne pas bander, mais pas l'inverse. Pourtant l'inverse existe bel et bien. Et la pensée unique dominante nous aboie alors « d'y aller ».

Si « on y va » sans vrai désir, il ne s'agit pas d'un accouplement, mais d'une masturbation réalisée en utilisant l'autre à la place de la main. C'est nul et démolissant pour la relation affective. C'est le plus sûr moyen pour arriver à terme à se brouiller.

L'acte sexuel n'est pas un acte anodin. Sans la condition nécessaire mais pas forcément suffisante d'un vrai et authentique désir, il est à éviter absolument. Des dizaines de millions de gens ne suivent pas cette règle et s'étonnent ensuite d'être déçus et malheureux en amour.

Mais allez l'expliquer aux organisateurs de cette exposition ! Ils vous riront au nez.

L'essentiel pour eux n'est pas d'informer. Ça ils s'en fichent. Ce qui les intéresse c'est de vendre des billets d'entrée et des catalogues. Libérer les autres est un bon argument pour vendre et gagner de l'argent. Cette exposition avec ses réponses biaisées, insatisfaisantes, fausses, conventionnelles, laisse les visiteurs abandonnés à la recherche de la réponse à leurs questions dans la traitreuse pornographie sur Internet. Qui est l'anti éducation sexuelle de notre époque.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 juin 2017

dimanche 18 juin 2017

787 La conception bordelienne de la sexualité

Un article dans un grand journal parisien traitait, sur un ton qui se voulait léger et spirituel, de la sexualité de nos contemporains. Une affirmation là a retenu mon attention. Elle prétendait que les humains autour de nous « font l'amour » une fois par semaine et que c'est suffisant pour assurer « leur bonheur ». L'article prétendait nous éclairer, décomplexer, aider à mieux vivre...

C'était en réalité le contraire en dépit du ton et des apparences. En effet, tout d'abord si pour assurer notre bonheur il faut « faire l'amour » une fois par semaine, ça signifie que ceux qui n'ont pas cette opportunité sont des malheureux, des ratés, des minables, des qui n'ont rien compris, qui sont au dessous de tout. Bref, il ne leur reste plus qu'à se faire interner en hôpital psychiatrique ou aller voir un psy.

Ensuite « faire l'amour » qu'est-ce à dire ? Est-ce que droguer, saouler et sodomiser dans une piscine une jeune fille de treize ans, comme l'a paraît-il fait un jour une de nos célébrités, c'est faire l'amour ? Est-ce qu'aller voir les prostituées et en être client c'est « faire l'amour » ? Mystère, il semblerait qu'il suffit de mettre le truc dans le machin, secouer, décharger... et hop ! On a « fait l'amour ».

Et cet acte délicieux assurerait notre bonheur. Il existerait donc un bonheur standard à portée d'éjaculation. Les dames devant bien sûr se plier à la carotte masculine pour avoir accès elles aussi au bonheur...

Mais là où une interrogation est soulevée par cet article, c'est quand il affirme la périodicité de l'acte sexuel assurant le bonheur. Ce n'est pas une fois tous les quatre jours ou tous les cinq jours, mais très exactement selon un rythme hebdomadaire. D'où provient cette étrange précision ? A quoi correspond-t-elle ?

Elle correspond très exactement au rythme de la fréquentation habituelle des bordels d'antan. Le paysan allait au marché une fois par semaine. Quatre-vingt-dix pour cent des hommes étaient jusqu'à une époque pas si ancienne des paysans. Une fois vendus ses produits, l'argent empoché, le paysan allait au bordel et rentrait ensuite à la maison.

Le propos donnant comme rythme sexuel satisfaisant celui d'un rapport hebdomadaire relève très simplement d'une conception bordelienne de la sexualité.

Par delà les discours « modernes et décomplexant », voilà en fait quelle est la vérité.

En analysant toutes sortes de discours sexuels écrits ou exprimés avec des images, dans la pornographie, en particulier, on retrouvera le même discours. Le sexe est un produit de consommation pour hommes, consistant essentiellement à se masturber en remplaçant sa main par un orifice naturel de quelqu'un d'autre. Le tout étant présenté comme une jouissance extraordinaire et automatique, qui correspondrait au fait de « faire l'amour ».

Une jeune fille influencée par les scénarios pornographiques m'ayant proposé de m'y inscrire avec elle un matin, j'ai décliné l'offre. Une amie qui par la suite commentait ma réaction m'a demandé : « mais tu n'as pas voulu en profiter ? » Sans réaliser l'horreur du concept : profiter de quelqu'un... On peut réaliser diverses choses avec d'autres personnes, mais profiter de quelqu'un est ici bien peu civil. Mon amie commentatrice ne s'était pas rendu compte de ce que pouvait signifier d'incongru sa question.

Basile, philosophe naïf, Paris le 18 juin 2017

samedi 17 juin 2017

786 En finir avec le mythe meurtrier et dévastateur du « Grand Amour »

Deux dames ayant de l'expérience de la vie et vivant seules à Paris, déclaraient devant moi, chacune de leur côté : « j'ai bien envie d'avoir un mec dans ma vie, et en même temps je n'en ai pas envie » ou « j'en ai peur ». Quelle étrange position ! Qu'est-ce qu'elle signifie ?

La réponse est simple : ces dames vivant seules éprouvent des besoins basiques et universels : faims dermique, mucosique, buccale, linguale, d'étreintes et de masturbations. C'est-à-dire besoin naturel de caresses et câlins divers. Mais notre société a fait de ces rassasiements le prélude inévitable, obligatoire, systématique et prétendument naturel de ce qu'elle prétend être « l'acte sexuel ». Et qui n'est très souvent qu'au mieux une double masturbation combinée sans désir réel.

Cet égarement étant conforté par la culture dominante, de pseudos évidences – l'érection par exemple, qui ne signifie pas forcément le désir, – et un discours pseudo scientifique. La plupart des gens y adhèrent. Mais en même temps, leur organisme, plus sain et authentique que leurs pensées, se cabre. Il refuse de se laisser ainsi utiliser comme un outil masturbatoire pseudo-coïtant.

Cette contradiction interne se traduit par ce propos : « j'ai envie d'un mec et en même temps je n'en ai pas envie. »

Quand on est jeune, sans beaucoup d'expériences et qu'on a la vigueur de la jeunesse, le plus souvent on bricole. On croit chercher. On se perd. On croit qu'on va enfin trouver. On s'égare un peu plus. Et on prend des coups d'autant plus douloureux qu'ils émanent de personnes proches mais plus conscientes que vous. On se fait larguer alors qu'on avait l'impression que « tout allait bien ».

L'amour qu'on croit chercher n'est pas l'amour. C'est une sorte de religion laïque du paradis terrestre. Il existerait une personne qui serait « faite pour vous » et pour « votre bonheur ». Avec laquelle tout marcherait à merveille : affectivement, journellement, au lit, en vacances, etc. Et pour preuve que ce diamant vivant existe, on a toujours une sorte de « couple témoin ». C'est X et Y qui vont « parfaitement bien ensemble », qu'on voit souvent et qui sont « parfaitement heureux ».

Les années passent et, inexplicablement, les gamelles sentimentales s'accumulent dans la vie de bien des gens. On prétendra qu'ils n'ont pas de chance. En fait ils reviennent régulièrement bredouille de la pêche au Serpent de Mer. Ce qu'ils cherchent n'existe pas : un « amour » préfabriqué et « sur mesures ». C'est une complète foutaise, mais allez l'expliquer à ceux qui y croient ! Autant chercher à convaincre un croyant que sa foi ne vaut rien.

Mais comme les faits sont têtus, les années amères passent et quantité de personnes seules ne se remettant pas en question finissent dans une sorte de demi résignation : « un jour, peut-être, mon Prince, ou ma Princesse viendra... »

Une partie de ces malheureux et malheureuses, suite à une déception plus cruelle qu'une autre se suicident. Le culte du « Grand Amour » est un culte meurtrier qui réclame, chaque année, sa part de sang et de larmes. Non, ce n'est pas un beau culte. Et son histoire emblématique s'orne des deux cadavres de Roméo et Juliette. Elle n'est pas romantique, elle est à vomir.

Remettre en question les mythes sentimentaux est une tâche hygiénique d'intérêt public et de prévention de bien des drames. La vie, pour être bien vécue, doit savoir congédier les mythes. En apparence beaux, ils tuent chaque année un certain nombre de jeunes gens et jeunes filles en bonne santé et plein d'avenir.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 juin 2017

vendredi 16 juin 2017

785 La clé cachée du bonheur et de la sérénité

Un jeune homme et une jeune fille s'aiment, habitent sous le même toit, et le soir, nus, partagent le même lit, se caressent réciproquement un peu partout, s'embrassent sur la bouche avec la langue. Le jeune homme bande, la jeune fille réagit symétriquement au niveau génital... Question : « alors ont-ils envie de faire l'amour ? » La plupart des personnes interrogées de la sorte répondront sans hésitation par l'affirmative. Alors que la bonne réponse est toute autre : « non, pas forcément. »

Pour trouver cette bonne réponse j'ai mis des dizaines d'années. Et suis environné de gens qui, s'ils m'entendent, me regardent d'un air condescendant. « Le malheureux, se disent-ils en pensant à moi, il a des problèmes. » Alors que le problème ici n'est pas en moi mais en eux. En fait la vérité très simple et évidente est celle-ci : « pour faire l'amour, il faut avoir envie de le faire. Il ne suffit pas de pouvoir mimer mécaniquement l'acte. » Mais la plupart des gens ignorent même le sentiment exact d'envie de faire l'amour. Et se croient très malins en suivant le troupeau. Et s'étonnent que tant de personnes sont malheureuses et déçues en amour. Alors que tout ici est lié.

Quand tout paraît réuni pour pratiquer le coït, si le sentiment précis et fort particulier, l'envie effective de l'acte n'est pas au rendez-vous, il est simplement dévastateur pour la relation de faire ce qui est « techniquement » possible. Il faut aller vers un ailleurs qui est en fait la suite naturelle de ce qui s'est ébauché. Faire des câlins ? Et bien continuer. Mais combien l'ont compris ? Bien peu semble-t-il. Et pour en parler, autant dire que personne parmi ceux et celles qui ont compris va s'aviser d'essayer d'expliquer aux autres. Vous voyez un homme et une femme arrivant le matin raconter à leurs amis leurs ébats « soft », c'est-à-dire sans coït ? Bien évidemment non. La compréhension de la réalité des relations sensuelles qui n'impliquent nullement le coït obligatoire reste réservé à une minorité consciente.

Une amie à qui je ne cache pas ma manière de voir et faire me dit que j'ai peur. Bien sûr, que j'ai peur. Peur de me retrouver dans une situation où quelqu(un exigera de moi une chose que je n'éprouve pas l'envie de faire. C'est déjà arrivé. Ça ne se reproduira plus.

Une jeune fille un jour, faisant mine de dormir, m'a montré son origine du monde. Elle voulait très certainement que je joue avec. J'ai regardé. Me suis simplement demandé : « en ai-je envie ? » La réponse était non. Je n'ai rien fait. Par la suite elle a fait semblant de se réveiller et fut d'excellente humeur. Si elle avait vraiment éprouvé l'envie que je joue avec son yoni, elle aurait certainement fait la gueule suite au fait que je n'y avais pas mis les mains, la bouche et autre chose aussi. Comme elle était au contraire de bonne humeur, j'en déduis qu'elle n'avait pas vraiment envie de faire quelque chose de sexuel avec moi. Elle imitait un scénario pornographique vu sur Internet. C'est l'explication qui me paraît la plus vraisemblable.

En restant authentique j'ai préservé la qualité de notre relation. Quantité de gens me traiteront d'imbécile. Leur réaction me flattera. Car les imbéciles se sont eux. Et me faire traiter d'imbécile par des imbéciles est un très beau compliment involontaire de leur part.

Ne pas chercher artificiellement le coït, et ainsi éviter de se retrouver pratiquant la masturbation dans un orifice naturel, c'est s'assurer la plus belle tranquillité qui soit. On élimine 90 % des causes d'angoisse cachée. Quand je me retrouve devant mon ordinateur pour écrire, ou devant une feuille de papier pour peindre ou dessiner, je suis parfaitement calme. Je vois les autres s'agiter, parler d'amour, de mariage, d'harmonie recherchée, moi je suis moi. Ne m'embarrasse pas d'efforts pour suivre le troupeau de moutons conformistes. Je ne méprise pas ces braves moutons, mais suis en droit de choisir de ne pas partager leur sort. Sort pitoyable qu'ils s'obstinent à rechercher, les fous !

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 juin 2017

jeudi 15 juin 2017

784 Le grand marché lucratif de « l'harmonie sexuelle »

Notre époque a développé un modèle sexuel de référence. Si vous voulez être sain, équilibré, épanoui, il faut vivre « en couple » et connaître « l'harmonie sexuelle ». Kékséksa ?

« L'harmonie sexuelle » signifie que, s'inscrivant dans un « couple », la femme est la putain bénévole, exclusive et active de son mari. Et le mari est le putain bénévole, exclusif et actif de sa femme. Sinon ils ont raté leur vie, la réalisation, l'épanouissement de celle-ci.

Internet abonde d'annonces de gourous plus ou moins « psy », plus ou moins ou pas du tout thérapeutes, qui vous jurent les grands dieux. Ça y est, grâce à Monsieur X ou Madame Y, vous allez enfin grimper aux rideaux ! Et pouvoir recommencer tous les soirs de la semaine et toute l'année et les années qui suivront.

Mais, bien sûr, pour y arriver, il faudra rémunérer votre sauveur...

C'est curieux comment notre époque a drapé dans les voiles de « la science », bien des charlataneries. Charlataneries, c'est bien le mot. N'importe qui peut se proclamer « sexologue ». L'usage du titre n'est pas réglementé en France.

Dyspareunie, anorgasmie, panne du désir, dysfonctionnements érectiles, etc. On fait appel à tout un jargon destiné à vous convaincre que vous êtes malade et avez besoin de soins... payants, bien sûr.

Connaissez-vous la gustativité et la bévitude ? C'est le parfait épanouissement gastronomique et gustatif et le parfait épanouissement dans le domaine de la boisson. Je viens d'inventer ces deux concepts. Je vais, de ce pas, les breveter et m'établir gustavologue et bévitudologue pour soigner les très nombreux patients qui ignorent leur détresse !

Jusqu'à mes vingt-deux ans je n'étais nullement préoccupé par l'idée de mettre mon zizi dans un cul ou une zezette. Mon entourage médical et familial se chargea de me mettre dans le « droit chemin ». Il complota et réussi à me jeter dans les bras d'une vague copine. On me déniaisa et créa chez moi un faux besoin de baise dont j'ai mis de nombreuses années à me débarrasser.

Vous n'avez pas envie de « faire l'amour » ? Et alors ? Vous n'êtes pas malade. Halte à l'épanouissement sexuel obligatoire ! Ça suffit ces tartuferies pseudo-scientifiques ! Oui ! On peut très bien vivre bien sans faire l'amour, ou plus exactement, vivre sans se masturber régulièrement dans un orifice naturel d'une autre personne.

Les pseudo aidants évitent de définir de quoi ils parlent. Et de délimiter précisément leur « spécialité ». L'essentiel est pour eux de vous convaincre de les payer. Le grand marché de « l'harmonie sexuelle » est des plus lucratifs. Et les malades imaginaires sont les plus rentables, car ils ne guérissent jamais... tant qu'ils ont affaire à de tels « thérapeutes ».

Vous ne bandez pas. Et alors ? Si ça se trouve c'est parfaitement normal. Votre zizi refuse de répondre à un besoin artificiel qui ne lui corresponds nullement. Vous n'avez pas envie de baiser ? Si ça se trouve, c'est simplement que vous n'avez pas besoin de baiser. Mais les gourous du sexe obligatoire veillent pour vous convaincre d'aller les consulter. Préparer vous à payer le prix fort... En avant la musique ! Et par ici la monnaie !

Les spécialistes compétents sauront arranger tout dans votre vie et surtout votre compte en banque !

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 juin 2017

lundi 12 juin 2017

783 L'enjeu de la libération des otages

Notre société est infirme, malade de la sexualisation à outrance. Elle décrété la caresse entre humains adultes être un « préliminaire » à ce qu'elle appelle abusivement systématiquement « l'acte sexuel ». Et qui n'est le plus souvent qu'une masturbation dans un orifice naturel d'un tiers.

Les conséquences de cette désorganisation institutionnelle de la vie entre les humains sont effroyables et calamiteuses. Mais elles sont si habituelles, si anciennes, si difficiles et mal vu de les dénoncer, qu'on fini très souvent par les croire inhérentes à la nature humaine.

Alors que le toucher paraît incontournable pour soigner nombre de maux, notre société à porté au pinacle l'usage thérapeutique ou à prétention thérapeutique de la parole. Elle peut être utile. Mais elle peut aussi nuire, enfermer, déstabiliser, n'être que de la blablathérapie à but lucratif.

Prenons un exemple : une jeune fille est violée. Elle parvient à s'en ouvrir à des proches. Quel traitement lui proposera-t-on pour l'aider à se relever, reconstruire ? Un traitement consistant à voir un psy, parler. Prétendre traiter un traumatisme physique par la parole me paraît aussi raisonnable que traiter une fracture avec des chansons. Il faut une intervention « physique », qui n'interdit pas aussi de parler.

Un choc moral, un travail épuisant, un chagrin, sont aussi à traiter par l'intervention « physique » et pas que par les mots.

Une multitude de gens se sentent seuls. On leur pose comme ultimatum pour bénéficier du confort « physique » de devoir se trouver un partenaire « sexuel ». C'est odieux, stupide, violent, inefficace, décourageant.

On peut se sentir seul pour diverses raisons :

Une très jolie fille qui est sans cesse sollicitée en qualité de beau morceau de viande peut connaître une très grande solitude. Une mère qui élève seule ses enfants n'a guère de temps à consacrer pour rencontrer du monde. Et on lui posera l'ultimatum de « rencontrer quelqu'un ». Et pourquoi donc ? Le même ultimatum sera posé à un veuf ou une veuve avec enfant : « pour l'enfant tu dois coucher ». On m'a cité un cas plus rare : une dame divorcée depuis peu, se retrouvant seule et exerçant des responsabilités financières très élevées. Personne ne s'avise autour d'elle qu'elle est aussi une femme et souffre à présent de la solitude. Elle est si importante qu'on oublie qu'elle est aussi un être humain. On peut multiplier les exemples.

Ce qui bloque tout et barbarise la situation de solitude ressentie est l'ultimatum sexuel : tu veux du contact « physique », alors il faut coucher, passer à la casserole ! Et si on libérait les otages ?

La société a fait des cinq étapes de l'intensité sexuelle de la relation humaine un annexe du coït. Il faut démonter le piège. Non, la caresse entre êtres humains adultes n'est pas nécessairement tournée vers le coït. Il faut sortir des conventions hypersexualisantes régnantes et aller vers autre chose entre humains sincères, sensibles et de bonne volonté !

C'est possible, du moins ça vaut le coup d'être tenté. Quand on modifie les conventions morales régnantes, c'est souvent pour accentuer la sexualité. Là on lui tournera le dos. Plus exactement on lui concédera la place qui lui revient et rien de plus. Son règne a assez duré. Place à la nouveauté et la liberté !

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 juin 2017

samedi 10 juin 2017

782 Libérer les otages

Si nous devions établir une échelle d'intensité sexuelle du contact entre humains, elle pourrait se diviser en gros en six étapes successives :

1° Regarder. 2° Caresser. 3° Embrasser. 4° Lécher, sucer. 5° Doigtage et masturbation. 6° L'acte sexuel, c'est-à-dire l'intromission du membre masculin dans un orifice naturel de l'autre personne concernée.

Notre culture a pris les cinq premières étapes et les a annexé à la sixième. Résultat, hors de la sexualité « pure et dure », où on « conclut », éventuellement après des « préliminaires », rien n'existe de possible. C'est tout ou rien.

Cinq étapes sont littéralement « prises en otages » par la sixième. Mais si, entre personnes de confiance, on entreprenait de libérer au moins partiellement les otages ? Il existe bien de par le monde des gens qui se déclarent « fuck friends », amis de baise, et décrètent pouvoir se voir uniquement « pour ça ». Cette pratique qui me déplaît parfaitement, je ne la préconise nullement. Mais pourquoi ne pas imaginer des « caress friends ». Des personnes avec lesquelles au moins une partie des otages seraient d'un commun accord réciproque et bien clair libéré de la prise d'otages régnante ?

Il s'agit d'inventer un nouveau parlé sensuel libéré des ultimatismes sexuels stupides et abusifs qui finalement bloquent tous les échanges possible y compris entre personnes sincères, respectueuses et sensibles. Et créer des oasis secrets de douceurs entre amis. Pourquoi secrets ? Parce qu'il apparaît évident que les personnes asservies à la grossièreté régnante n'y comprendront rien ou guère. Pour nombre de gens, rien qu'accepter un effleurage signifie qu'on est d'accord pour « passer à la casserole ». Résultat, le plus souvent il n'y a ni effleurages, ni coït. C'est le grand désert de la bêtise sexuelle obligatoire où tout devient dénaturé ou impossible.

Pour qualifier une relation entre caress friends le vocabulaire manquera. D'autant plus que chaque relation sera différente et en évolution. Les personnes concernées par une telle relation seront-elles amis simplement ? Plus tout à fait. Seront-elles alors amants ? Pas vraiment. Elles seront quoi alors ? Quelque chose de mystérieux, nouveau et secret.

Ce genre de relations existe certainement déjà. Mais vue de l'extérieur avec les idées habituellement admises, elles doivent certainement être considérées comme du libertinage, alors que ce n'est justement pas du libertinage. Mais le comprendre dépasse l'entendement des gens « ordinaires » qui partagent la pensée unique dans le domaine dit « du sexe », dont les limites sont bien vagues. Un médecin viennois qualifiait de « plaisir sexuel » le plaisir enfantin de la tétée nourrissante. Ce médecin est toujours considéré par un tas de gens comme un génie. Comment dans ces conditions parvenir à expliquer à bien des gens le principe de fonctionnement des caress friends ? C'est carrément impossible. Il n'est pas pire sourd qui ne veut entendre, pire aveugle qui ne veut pas voir, pire ignorant que celui qui refuse d'apprendre et nie la réalité de la nouveauté.

J'ai eu l'occasion à diverses reprises de constater à quel point le contact physique, le toucher sensuel, la caresse manque, y compris à des personnes pourvues de partenaires sexuels actifs et incapables tactiles. C'est très étrange et inquiétant parfois de voir à quel point des personnes qui se proclament équilibrées sont ravagées intérieurement par la famine tactile. Chercher sérieusement et efficacement à y remédier nous réserve bien des surprises, des découvertes et des progrès dans la compréhension de nous-mêmes et des autres.

Basile, philosophe naïf, Paris le 10 juin 2017

vendredi 9 juin 2017

781 Réflexion pour l'amélioration de la vie des cafés associatifs

J'ai participé hier soir 8 juin 2017 à une réunion ouverte à tous où trois cafés associatifs étaient représentés : le Moulin à Café, le Troisième café, et un café associatif en gestation à Gennevilliers. Ce fut très vivant et très intéressant. Il se trouve que j'ai commencé il y a quarante ans à m'intéresser à l'associatif, que j'organise depuis vingt-quatre ans le Carnaval de Paris, fête libre, bénévole, gratuite, indépendante et autogérée, et fréquente le Moulin à café depuis onze ans. Ce qui me donne quelques idées à suggérer pour l'amélioration de la vie des cafés associatifs.

La communication auprès du public est très difficile à faire passer. J'en prends deux exemples : il y a quelques jours, la responsable de la communication au Moulin à café me donne le nouveau programme qu'elle a mis au point. C'est celui de juin 2017. Je le prends. Et deux jours après réalise que j'ai raté une animation qui a lieu tous les premiers vendredis du mois. Je regarde alors le programme de juin. Naturellement l'animation en question est indiquée sur la première page... Je n'avais pas regardé le programme. Je me souviens aussi de la cafétéria qui existait dans les années 1990 dans le Palais des Études à l’École des Beaux-Arts. Sa grande salle avait ses murs couverts d'affiches annonçant divers événements. J'étais un habitué des lieux. Ces affiches faisaient partie du paysage. Je ne les lisais jamais. Je me suis fait cette réflexion quand en 1997 j'ai fait une campagne d'affichage aux Beaux-Arts pour le renouveau du Carnaval de Paris. Si moi je ne lisais pas les affiches des autres, les autres pourraient très bien ne pas lire les miennes. À la réunion des Cafés associatifs du 8 mars 2017 une participante a dit à un moment donné, à propos de l'appel au bénévolat qu'une affiche figurait dans le Troisième café. Si ça se trouve quantité de personnes qui viennent au Café associatif, voire la majorité d'entre elles, ne la lisent pas. C'est dire la difficulté pour arriver à communiquer. D'un côté on se creuse la tête et on passe du temps à réaliser un programme distribué ou une affiche apposée au mur. De l'autre, le sympathique public vient et ne lit pas ce qu'on met à sa disposition.

S'agissant des bénévoles, c'est une question essentielle et un très important problème. On manque de bénévoles ! Quand le Café associatif ouvre, il y en a une quantité parce que c'est nouveau. Puis, ça se raréfie. Le même problème existe aujourd'hui dans un tas d'associations. D'un autre côté existe des bénévoles semi professionnels : ils sont tout le temps-là. Du moins ils passent régulièrement de nombreuses heures au Café associatif. J'en connais. Le problème est qu'il serait imprudent de trop s'en réjouir et en faire des exemples à suivre. Un bénévole est un être humain comme les autres. Il vieillit, il peut déménager, changer d'avis, tomber malade, se fatiguer... que fait-on le jour où il devait venir et ne vient pas ou ne vient plus ? On est désemparé. Il faut des bénévoles en plus. Pourquoi les Cafés associatifs, et les associations en général ont aujourd'hui du mal à en trouver ?

D'abord pour la première raison invoquée dans ce texte : la difficulté à communiquer. Les organisateurs ont l'impression d'informer le public qu'on a besoin de bénévoles. En fait un très grand nombre de personnes fréquentant le Café associatif ne sont simplement pas au courant ou au courant de l'importance du problème et sa nature précise. Comment faire alors ?

Comme je l'ai dit à la réunion du 8 mars il faut faire de la question des bénévoles une question centrale et un élément de communication numéro un. Il faut mettre en avant partout et en permanence la question des bénévoles. Tout en l'expliquant au public. Car il existe aujourd'hui un vaste problème qui rebute nombre de gens à l'idée de faire du bénévolat.

Beaucoup d'associations ont une vision du bénévolat où les bénévoles sont culpabilisés. « Tu veux être bénévole ? Tu attaches donc de la valeur aux objectifs de notre association ? Dont TU DOIS être là tel jour de telle heure à telle heure ! Sinon, ça signifie que tu n'es pas vraiment notre ami. » En gros c'est comme ça qu'on traite souvent les bénévoles. J'ai éprouvé ce genre de situation dans une troupe de théâtre amateur. Au début c'est très chouette, à la fin on dirait que c'est un travail qui n'est pas payé et plus du bénévolat avec le cœur. Alors ça marche un bout de temps. Puis on s'en va. On arrête.

Il est possible même que la raréfaction des crédits alloués aux associations aggrave cette situation. Les bénévoles traités comme des esclaves, ça fini aussi par se savoir. Ce qui fait que le cri du cœur d'un tas de gens quand on leur propose du bénévolat est qu'ils n'ont pas le temps. Moyen soft de refuser sans vexer la personne qui propose l'activité.

Pour redresser cette situation, il faut ABSOLUMENT commencer par expliquer au public que le bénévolat proposé ne sera pas un bénévolat basé sur des ordres, la culpabilisation, le chantage affectif... Il faut expliquer quel bénévolat est proposé. Et insister dessus. C'est un bénévolat sain et respectueux qui est proposé, pas un bénévolat qui donne envie de s'enfuir au plus vite.

Ensuite, il faut expliquer en détails comment ça se passe pour devenir bénévole. Et enfin récolter des témoignages de bénévoles qui expliquent ce que le bénévolat leur a apporté et comment ça s'est passé. Et diffuser ces témoignages au public.

Par exemple, pourquoi pas ? Les afficher sur les murs du Café associatif avec les photos des bénévoles en train de participer à l'activité du Café associatif. Si ce n'est pas affiché en permanence, au moins de temps en temps faire une campagne d'affichages de ce type dans le Café associatif. Campagne qui pourrait se faire, par exemple, deux fois par an.

Pour améliorer la situation il est possible et nécessaire d'innover. Le problème du bénévole c'est aussi son isolement. Il se porte volontaire. Et puis, de temps à autre il va faire une activité. Mais il lui manque le sentiment de participer à une communauté. Au début oui un peu, de moins en moins ensuite, ça va le démotiver. Je propose une réforme de la manière d'organiser le bénévolat.

Quand des bénévoles se présentent, on les regroupe. C'est à dire qu'on leur annonce qu'ils font partie d'un groupe de bénévoles. Ce groupe doit être petit, une demi-douzaine, une dizaine, jamais plus de dix-neuf. Au delà ça devient difficile, des problèmes arrivent, le groupe perd sa cohésion. Ce chiffre de dix-neuf maximum était un vrai « chiffre magique » : celui des effectifs des innombrables groupes festifs, souvent appelés goguettes, qui organisaient jadis et avec succès la festivité populaire en France. Quand ces groupes ont été autorisés à grossir à partir de 1835, ce fut le début de la fin. Ils ont fini par disparaître et une très large partie de la festivité populaire avec. Sauf à Dunkerque et dans les villes alentours où les sociétés de carnaval font pratiquement toutes douze membres et où le Carnaval est resté de ce fait énorme et prospère.

Le groupe de bénévoles, on pourrait appeler ça une main, est un groupe autogéré. Une fois lancé il s'organise et fonctionne pour donner de l'agrément au bénévolat. Tous les deux mois au moins, ou tous les mois, la main se réuni pour passer un moment agréable ensemble. Elle crée des liens entre bénévoles et surtout elle rompt l'isolement du bénévole en tant que bénévole. Elle apporte un plus au bénévolat. Le bénévole cesse uniquement de donner, il reçoit aussi. Car la seule gratitude pour le service rendu peut finir par paraître insuffisante pour se motiver. Il faut aussi que le bénévolat apporte des occasions de plaisir partagé en plus. L'idée est à creuser et mettre en application.

Les Cafés associatifs ont pour premier but de faire du lien social. Tout ce qui va dans le sens contraire de l'isolement est intéressant à étudier et mettre en œuvre. Par exemple : donner un nom aux adhérents du Café associatif : ceux du Moulin à café pourraient s'appeler les Moulinois et Moulinoises. Ce nom a été proposé par un ami qui y travaille comme salarié. Tous les trois mois, une réunion ouverte de tous les Cafés associatifs de la Région parisienne pourrait être organisée sur le modèle de celle qui s'est passée le 8 mars avec trois Cafés associatifs dont un en gestation. Une participante a souligné lors de cette réunion qu'il était essentiel qu'un Café associatif en projet ai déjà un nom.

Les salariés et responsables des Cafés associatifs ont déjà beaucoup de tâches à remplir. C'est pourquoi pour améliorer le fonctionnement de ces lieux il faut proposer des activités autogérées qui ne vont pas les surcharger. J'en vois deux possible :

Le pique nique dominical autogéré : il est proposé aux adhérents et amis du Café associatif de se retrouver librement dans un lieu verdoyant, le dimanche, jour où le Café associatif est fermé. Et faire un pique nique. Cette activité mobilisant zéro bénévoles et zéro salariés du Café associatif. On peut aussi à cette occasion faire en sorte que deux Cafés associatifs ou plus choisissent le même lieu pour un tel rendez-vous dominical, d'où rencontres et échanges, enrichissement mutuel.

Les habitués des Cafés associatifs souffrent quand il est fermé. Cette idée serait très bien accueillie.

Il existe des Cafés associatifs dans diverses régions de France et sans doute dans des pays voisins. Les Cafés associatifs ont une période de fermeture estivale.

Pourquoi ne pas étendre le concept du pique nique dominical autogéré à quelque chose de plus ambitieux ?

La semaine estival autogérée des Cafés associatifs : il serait proposé que dans un endroit sympathique où existe des possibilités d'accueil abordables et suffisantes (campings, gîtes ruraux) et même un Café associatif pas loin, les habitués et amis des Cafés associatifs se retrouvent.

Il ne s'agirait en aucune façon d'une semaine organisée avec accueil organisé, etc. Mais d'un rendez-vous où chacun se débrouille pour venir et passer son séjour sur place. Il s'agirait d'une activité autogérée, où zéro bénévoles, zéro salariés seraient sollicités.

Ce qui permettrait de développer l'activité des Cafés associatifs, leurs liens, sans surcharger de travail ceux qui font déjà un formidable travail pour la convivialité et le mieux vivre ensemble. Une ancienne adhérente très active du Moulin à café a créé un Café associatif en Bretagne... peut-être a-t-elle dans les environs un camping sympathique, de sympathiques gîtes ruraux, a proposer pour organiser une telle activité ? Je n'ai pas ses coordonnées, le Moulin à café les a. Il pourrait lui poser la question et ainsi rien qu'avec un mail envoyé lancer ce très ambitieux projet.

L'autogestion est une forme d'organisation qui permettrait d'enrichir le fonctionnement des Cafés associatifs. C'est déjà ainsi que fonctionne le Carnaval de Paris. Le 26 février dernier il y avait plus de cinq mille participants au cortège, dont certains venus de loin : Allemagne, Belgique, Italie (un car entier). C'est pourquoi j'ai pensé intéressant de faire profiter les Cafés associatifs de cette expérience joyeuse et réussie de fête libre, bénévole, gratuite, indépendante, autogérée et apolitique.

J'espère que ce texte de réflexion pourra contribuer à l'amélioration de la vie de ces splendides lieux de vie que sont les Cafés associatifs et dont les animateurs et fondateurs méritent toute notre admiration et notre gratitude.

Je publierai ce texte sur mon blog philosophique et l'enverrai aux adresses des deux Cafés associatifs que je connais : Le Moulin à café et le Troisième café.

Avec tous mes remerciements pour ce qu'ils font pour la convivialité et le mieux vivre ensemble dans la cité.

Basile, philosophe naïf, Paris le 9 juin 2017

mardi 6 juin 2017

780 Le mystère de l'être humain décrypté

Qu'est-ce qui fait l'originalité de la communauté humaine partie intégrante du reste de l'univers ? Certains ont invoqué la « struggle for life » : la « lutte pour la vie », et ses conséquences innombrables... C'est un mythe, au départ l'être humain n'a nul besoin de « lutter ».

A écouter ou lire les propos des partisans de l'explication de l'Humanité par la « struggle for life », l'homme courait moins vite que le tigre... alors, il inventa le char Abrams. L'homme ne volait pas comme l'aigle... alors il inventa le missile nucléaire intercontinental. Balivernes, que tout cela !

Au tout début de son histoire, quand il n'avait pas encore développé d'industries, l'être humain n'avait besoin de rien. Par sa taille, sa vie en groupes solidaires, il ne craignait aucun prédateur. Un grand fauve n'allait pas risquer l'avalanche de morsures de la troupe de singes furieux de voir un des leurs attaqué. Et ces singes, nos ancêtres, mangeant des aliments crus, avaient des mâchoires autrement plus développées que les nôtres aujourd'hui. Elles étaient comme celles des Esquimaux à l'époque où ils mastiquaient les peaux qu'ils préparaient.

Le seul humain qu'un grand fauve mettait volontiers sous sa dent était le petit humain qui s'était éloigné de son groupe. Mais justement il pouvait courir très vite pour se remettre sous la protection de son groupe. Les petits humains courent toujours très vite, ce qui aujourd'hui pose problème, par exemple quand ils veulent traverser en courant une route ou une rue où passent des voitures...

Si les humains ont néanmoins éprouvé le besoin de commencer à développer des industries, ce fut par jeu. Le jeu est à l'origine du début de la civilisation humaine.

Je penche à l'idée que ces jeux furent plus le fait des femmes que des hommes. Bien sûr, je n'ai aucun élément autre que mon sentiment pour justifier mon point de vue.

Développer des industries, le savoir et sa transmission ont occasionné le grand choc qui marque l’accélération du rythme de la marche de la civilisation humaine, et la rupture avec l'exclusivité du jeu comme motivation d'inventer et développer des industries. Par l'observation, la transmission du savoir et la déduction, les humains provoquèrent le grand choc propulseur de la civilisation. Celui qui est aussi à l'origine du patriarcat et de quantité d'autres choses.

Au départ, seul l'instinct originel commandait les humains. Dans cet instinct dont nous héritons tous intact à notre naissance, on trouve ce que nous appelons « l'instinct de conservation » et « l'instinct maternel » (de la mère à l'enfant) ou « filial » (de l'enfant à la mère). Or les humains découvrirent que quoiqu'ils fassent ils finissaient tous inéluctablement par mourir. Ce qui dérangeait leur instinct de conservation. Ils découvrirent également que la grossesse et la parturition avait pour origine la rencontre entre les parties génitales masculines et féminines. Ils découvrirent aussi que les mères qui protègent leur progéniture la mettent néanmoins au monde sous forme mortelle. Et ne la protègent pas contre l'inéluctabilité de cette perspective. Ce qui constitue « la trahison des mères ». Toutes ces découvertes ont violemment contrarié l'instinct chez les humains. Et amené toutes sortes de comportements que nous trouvons plus ou moins supportables, ou insupportables. Entre autres, pour compenser son désarroi, l'être humain a développé une volonté illimitée pour chercher à posséder l'autre, but par définition impossible à réaliser. Ce qui amène la recherche de compensations. Les humains cherchent sans fin à posséder des objets, du pouvoir ou des savoirs pour compenser ce manque. Cette volonté est à l'origine de nos civilisations telles que nous les connaissons à présent. En prendre à présent conscience nous permettra d'échapper aux conséquences calamiteuses possible : changement climatique, guerres nucléaires, démoralisation généralisée, pollutions, etc.

Basile, philosophe naïf, Paris le 6 juin 2017

lundi 5 juin 2017

779 Le syndrome de l'ESPTC à l'origine de bien des choses

Les humains il y a très longtemps, plus que les premières civilisations connues ayant une écriture dont il reste des traces, ont fait l'horrifiante découverte de l'universalité et l'inéluctabilité de la « fin de vie ». Ils ont aussi découvert l'implication de l'accouplement dans l'origine de la grossesse et de la parturition. Ces deux découvertes ont appelées une conclusion également terrifiante : les mères, qui protègent, engendrent des enfants mortels. Et ne les protègent pas pour éviter l'issue fatal. C'est « la trahison des mères ». Ces trois découvertes vont traumatiser l'Humanité et plus particulièrement sa partie masculine, qui va se débattre devant cette perspective insupportable. Ce sera l'occasion d'un traumatisme tyrannique et fondamental. Il générera l'état de stress post-traumatique de la Civilisation, l'ESPTC. L'ESPTC joue un rôle essentiel dans la naissance de tous les comportements humains, qu'ils soient classés troublés ou non. Il intervient aussi bien dans des troubles psychologiques voire psychiatriques, que dans le patriarcat dont il est l'origine et la source d’énergie. En Histoire il cause les guerres, les révolutions et toutes les formes de violences qui viennent perturber la vie des humains.

Si on vous dit qu'un certain conflit précis d'intérêts est à l'origine d'une guerre, on ne donne pas la bonne explication. Un autre conflit d'intérêts similaire et même beaucoup plus violent, ne générera pas une guerre... pourquoi ? Parce qu'en fait c'est la combinaison de l'ESPTC rencontrant des motifs de conflit qui amène l'éclatement de celui-ci. Sans l'ESPTC il n'y a pas de conflits.

L'ESPTC explique la violence des réactions humaines qui sont expliquées autrement voire restent inexpliquées, par exemple : contre la nudité publique. Elle est en théorie très lourdement condamnée par la loi française. Et dans une île qui s'appelait alors la Terre de Van Diemen et porte aujourd'hui le nom de Tasmanie, les colons anglais découvrirent une population locale qui vivait nue. Ils en conclurent qu'étant nus, ça ne pouvait pas être des humains. Ils exterminèrent ces humains nus en pratiquant l'équivalent de la chasse au renard telle qu'elle se pratique en Angleterre. Une chasse sportive et distractive pour massacrer ces non-humains parce que vivants sans vêtements. Pourquoi une telle brutalité ? A quoi ressemblaient les massacreurs ? Sans doute à ces riches cavaliers et cavalières que j'ai aperçu avec une copine sur le champ de courses anglais de Plumpton durant l'été 1979. Nous y campions et étions visiblement d'origine modeste. Le rassemblement de cavaliers et cavalières était formé de gens riches. Comme nous nous en approchions, nous avons senti un extraordinaire mépris envers nous émanant de ces riches personnes, y compris les très jeunes filles. Ce sont les aïeux de tels riches qui chassaient jadis l'homme nu sur cette grande île au large de l'Australie. Nier la nudité, la condamner, c'est parce qu'on a peur d'elle. Pourquoi ? Parce qu'elle entre en résonance avec l'ESPTC en nous rappelant notre caractère d'êtres à chair molle, putrescible et à date de conservation limitée, c'est-à-dire mortels. Avoir peur des humains, nus ou pas, c'est être saisi par l'ESPTC. Ce qui explique la violence des réactions. On pourra aller plus loin en assimilant le pauvre, même habillé, au nu, qui n'est pas riche et habillé. Le riche qui n'est pas ou tout au moins prétend n'être pas mortel. En fait voudrait bien ne pas l'être, mais n'y arrive pas.

L'ESPTC amenant à chercher à fuir la mort engendre le patriarcat qui veut dominer, nier, opprimer la femme coupable d'engendrer des bébés mortels. Ce qui explique le traitement dramatique de tout ce qui se trouve associé de près ou de loin au « sexe ». Le sexe c'est la gestation en vue et la naissance au bout. Et, au bout de la naissance et de la vie qui suit, la mort. Donc le sexe c'est la mort. Et la « coupable » du sexe qui donne la mort c'est la femme qui engendre des enfants mortels. Tout ceci n'étant pas clairement explicité dans l'esprit de chacun. Mais l'ESPTC est là et bien là.

D'autres personnes entrent en résonance avec l'ESPTC : les trans et les homosexuels masculins. Ils rappellent à ceux qui les regardent, leur ESPTC. D'où les réactions moralement voire physiquement ultra violente de beaucoup d'hommes qui les rencontrent. L'homophobe souffre de l'ESPTC et est comme un malheureux assiégé. Il ne supporte pas « la trahison » de ceux qui désertent son camp.

Pour supporter l'ESPTC, les hommes useront de drogues. L'une d'elle sera la domination. Avoir le sentiment de dominer l'autre permettra l'illusion rassurante et momentanée qu'on échappe à la mort. La recherche de la domination s'accompagnera de prétextes. Un jour, un ami chauffeur de taxi parisien de nuit, charge un client qui est policier.

Ce dernier observe le chauffeur et lui dit au bout de pas très longtemps : « vous, Monsieur, vous ne serez jamais attaqué. » Et il l'explique par le fait que, certes, quand on attaque un chauffeur de taxi c'est pour lui voler sa recette. Mais on l'attaque aussi d'abord pour le dominer. Comme ce chauffeur avait un caractère d'un calme extraordinaire, d'une bonhomie sans pareil, il ne laissait pas voir une faille allant dans le sens d'une domination par un agresseur éventuel. Ce qui calmait celui-ci. Par ailleurs, il est arrivé à ce chauffeur plusieurs fois de charger des jeunes loubards qui, une fois arrivé à destination dans une lointaine banlieue, lui ont déclaré : « à l'origine on pensait vous agresser, mais vous y êtes si sympa que nous y avons renoncé. »

Alors que l'argument social est donné pour expliquer la délinquance, on voit ici que sa racine est psychologique : la volonté de dominer l'autre, expression du malaise de l'ESPTC. Contrôler, dominer, nier l'autre pour se sentir... un peu sauvé, immortel. La peur et non l'appât du gain à l'origine de l'agression, quand bien-même l'agresseur aurait le sentiment de manquer d'argent.

Quand la possibilité de s'emparer d'un pouvoir, de dominer l'autre est là, la violence surgit. Quand cette possibilité n'existe pas, les relations se positivent. On le voit bien quand l'enjeu de pouvoir n'existe pas parce que le groupe est et veut rester petit. Ce fut le cas des sociétés chantantes en France nommées souvent goguettes. Tant que la loi leur interdisait d'atteindre vingt membres, elles prospéraient. Quand à partir de 1835 il fut autorisé d'aller au delà de vingt, les sociétés chantantes grandirent et finirent toutes par disparaître victimes des ambitions de pouvoirs. J'ai moi-même organisé une société de carnaval à partir de juillet 1998. Tant qu'on était petit, tout allait bien. À partir du moment où on s'est retrouvé à une quarantaine, elle a cessé de fonctionner agréablement. Petit on est fort. Grand on est faible, tel est l'apparent paradoxe. Et quand on est peu nombreux chacun a son importance, ce qui n'est plus le cas quand on se retrouve à vingt ou plus.

Le syndrome d'ESPTC amène la violence sous de multiples formes. Et y compris le suicide et le meurtre. Un paysan gentil et placide me disait que quand il lui était arrivé de tuer un veau, il avait ressenti « un sentiment de puissance extraordinaire. » C'est la recherche de ce sentiment qui explique bien des comportements humains ultra violents, voire tous les comportements ultra violents.

Le syndrome d'ESPTC fini par toucher aussi les enfants. Il existe un syndrome d'ESPTC précoce ou infantile. Il est favorisé par les jeux vidéos violents où on n'arrête pas d'avoir « des vies » et de mourir un nombre incalculable de fois, la pornographie sur Internet qui arrose dès l'enfance, la violence des images du journal télévisé et des images dans la presse, les modes. Le modèle masculin violent et dominateur tendant également à être adopté par certaines filles. Comme je l'ai vu il y a quelques années dans un espace de jeux pour enfants dans un parc d'Asnières-sur-Seine. Une fillette âgée de guère plus de trois ans était mauvaise, violente, méchante avec les autres enfants qui ne lui avaient rigoureusement rien fait.

Tous les problèmes relevant du syndrome de l'ESPTC sont niés, déformés, difficiles à énoncer et dénoncer. Ce qui est pourtant la condition impérative pour parvenir en en prenant conscience à les surmonter. Et ainsi améliorer notre vie et celle de ceux qui nous entourent.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 juin 2017

dimanche 4 juin 2017

778 La difficulté de jeter et faire de l'ordre

« Moi, je garde tout. » « Je n'arrive pas à jeter. » Voilà des propos qu'il n'est pas si rare que ça d'entendre. Quand quelqu'un a une grande maison, que d'amis le sollicitent pour conserver d'encombrantes affaires qui ne leur servent à rien ! D'où viennent ces tendances étranges à tout conserver ?

Les objets parasites envahissent la demeure de personnes y compris raisonnables. Cartons pleins de papiers inutiles, vaisselle poussiéreuse, médicaments périmés, caisses de livres plus ouverts depuis vingt ou trente ans, bocaux de coquillages ramassés sur la plage, « souvenirs » à n'en plus finir... Plus que nos objets soient à notre service, nous nous mettons « au service » des objets.

L'explication de ce comportement absurde et nuisible à soi et aux autres se trouve dans le patriarcat. Il ordonne de « posséder » l'autre. Or, par définition un être humain ne peut pas posséder un autre être humain. Alors on cherche des compensations. Le comportement le plus spectaculaire consiste à accumuler de l'argent. C'est la chrématistique que dénonce Aristote. Mais ce n'est pas la seule et unique des chrématistiques. À défaut d'être riche et pouvoir garder des coffres-forts pleins de liquidités inutiles, gardons, gardons ! Quoi donc ? Tout et n'importe quoi. L'essentiel est le sentiment, la sensation malade de « posséder ». Par exemple : de la nourriture périmée, des bouteilles de vins alors qu'on ne boit pas, tous les textos reçus dans son téléphone, etc.

Toute la difficultés de jeter, le refus de jeter, a la même origine. Pour se la cacher on trouvera plein de belles excuses. L'une des plus courantes est : « je vais trier »... et on ne trie jamais. C'est de toutes façons trop long et trop difficile de trier. Car en fait on veut conserver des tonnes de choses inutiles dont le seul rôle est de servir de substitut à une possession humaine rêvée et impossible.

Je voulais trier des photos. D'abord je ne m'en sentais pas la volonté. C'était ce matin. Je me suis dit finalement : « chrématistique, poubelle ! » Et tout est allé ensuite très vite. Je n'ai pas eu de peine à éliminer une trentaine de photos.

Les artistes sont souvent miséreux. Parmi ces miséreux un certain nombre qui veulent eux aussi « tout garder ». À commencer par leurs œuvres d'arts. Pas question de les abandonner ! Résultat, on ne vend pas.

Mon père a peint et n'a jamais rien vendu, à ma connaissance. Dans les années 1960, il avait commencé et autant dire achevé une peinture montrant deux drakkars en pleine mer, l'un pourchassant l'autre. Elle était de très grand format. Un ami suisse de mon père, en visite chez nous, regarde le tableau et demande combien il coûte. Il veut manifestement l'acheter et en a les moyens. J'étais présent. Mon père a fait la sourde oreille et n'a pas répondu à la question. Le Suisse n'a pas insisté. Bien plus tard le tableau a mal fini et a été détruit.

Ne pas vendre apparaît littéralement être un but pour beaucoup d'artistes. Collectionner ses propres œuvres. Les conserver. Moi aussi, qui peint, ai le même problème. On se trouve des excuses. Ça paraît trop compliqué de vendre, etc. La vraie raison, encore et toujours, qu'on ne réalise pas, c'est le patriarcat. Vouloir posséder l'autre, un ou une autre, à tous prix. Et comme c'est impossible, à défaut accumuler, accumuler, accumuler, posséder, posséder, posséder... sans trêve ni repos.

Quand on prend conscience des chrématistiques, jeter, qui était impossible, devient enfin possible. On se libère des objets et on les libère de nous. Ils peuvent enfin aboutir là où en très grand nombre ils sont attendus avec impatience depuis très longtemps : la poubelle, et aussi le don ou la vente.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 juin 2017

samedi 3 juin 2017

777 Le patriarcat et la mort

Je n'ai jamais entendu parler du patriarcat, sauf dans des cercles féministes très politisés, jusqu'à ce que je commence à diffuser depuis avril dernier des écrits personnels contre lui. Voilà que les femmes auxquelles je les donne à lire m'approuvent, donnent leur opinion, alors que jusqu'à présent elles ne m'ont rien dit à ce propos. Pourquoi un tel silence règne ?

Des souvenirs d'enfance : la mort ne me fait pas peur. Elle est si terriblement lointaine ! Quand je prends le métro parisien, de vieilles et bruyantes rames de type Sprague-Thomson, il m'arrive trois ou quatre fois au moins à me dire : « comme c'est curieux, toutes les personnes ici présentes que je vois ou sais être dans cette rame, dans cent ans, elles seront toutes mortes ! » Il ne me vient pas à l'idée « et moi aussi ». Je me vois comme un spectateur.

Un soir dans mon lit, je ne dois pas avoir bien plus de sept ans... Une pensée me traverse l'esprit : « mais si nous changeons en permanence, nous mourons en permanence. Et donc la mort si lointaine est en fait toute proche. Le moi de cet instant dans un instant d'après sera mort. Je vais mourir !!! Et à l'instant !! Quelle horreur !! »

Affolé par cette pensée, je me lève aussitôt de mon lit, descend l'escalier de la loggia où je me trouve et rejoins mon père, dans la cuisine. Je lui explique comme je peux le motif de ma frayeur. Je ne me souviens pas ce qu'il m'a répondu. Il est resté calme et a du noyer le poisson, je suppose. Rassuré, je remonte me coucher. La mort, il m'en parlera par la suite en évoquant les croyances des théosophes qui disent que les âmes des morts vont dans l'espace tourner autour de la Terre... Je l'écoute comme on écoute des fables ou des contes. Une fois de plus je considère ces idées en qualité de spectateur. Je ne suis pas concerné.

Tout se passe bien et tranquille pour moi jusqu'au sept janvier 1968, durant ma dix-septième année, où une pensée terrorisante vient me paralyser de peur : « je vais mourir, n'existerai plus, ne penserai plus !! » Je n'ose en parler à personne. Cette pensée me hante, seul enfermé dans la salle de bains familiale. Finalement, j'en conclus que je deviens fou ! Cherche dans une Matière médicale homéopathique un remède à la folie. Trouve un nom : « Stramonium ». Et demande à ma mère de me l'acheter sans dire pourquoi. Prends ce médicament, et suite à ça ou pas, ma frayeur passe. Elle reviendra.

Durant des années quand cette peur me hante par périodes d'environ une semaine, je n'en parle à personne. Jusqu'à un soir, ça devait être en 1977, où n'en tenant plus je dis à ma mère : « j'ai peur. » « Peur de quoi ? » me demande-t-elle. « Peur de la mort », je réponds. Elle s'est esclaffé et a dit : « que veux-tu, le Bon Dieu a mal fait les choses. » Précision : elle n'était ni croyante ni à fortiori pratiquante. Pour me répondre elle s'est senti obligée d'utiliser un concept religieux. J'avais espéré quelque chose de rassurant de la part de ma mère.

La mort est la petite sœur du patriarcat. On évite d'en parler. Ce que la plupart des hommes reprochent à la femme, c'est de les avoir engendré mortels. Elle faillit ici à son devoir de protection et les abandonne face à la mort grimaçante et sans pitié. La femme, de son côté, culpabilise de cet abandon. Ce qui fait qu'elle a souvent du mal à dénoncer le patriarcat et ses innombrables abus et exactions. Si on parle si peu du patriarcat, c'est aussi parce qu'on croit souvent à une partie de ses fables, des femmes « coupables » de provoquer qui sont violées, par exemple. Bien des gens répugnent à dénoncer les crimes et agressions sexuelles, car ils ont l'impression en le faisant de soulever le couvercle d'un cercueil où quelque chose pourrit depuis très longtemps... Le patriarcat pue la mort. Débarrassons nous-en !!!

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 juin 2017

jeudi 1 juin 2017

776 Origine instinctuelles du patriarcat

Il me semble que le patriarcat a des origines instinctuelles, c'est à dire provenant de l'instinct humain originel, contrarié par des acquis culturels.

A l'origine, les humains ignorent le caractère universel et inéluctable de ce que nous appelons souvent « la fin de vie ». Découvrir cette loi de la Nature va de front contre l'instinct de conservation. Elle crée un sentiment d'insécurité universelle. Or, la réponse naturelle spontanée à un péril est de multiplier les accouplements, afin d'assurer la pérennisation de l'espèce. Cette réaction expliquerait la frénésie coïtale qu'on rencontre chez de très nombreux hommes. Ils vont harceler les femmes de manière pénible et insupportable, pouvant aller jusqu'au viol, crime très répandu.

Cette frénésie coïtale va non seulement déranger voire empêcher la relation entre l'homme et la femme, mais elle va aussi isoler, diviser, opposer et détendressiser de très nombreux hommes. « Détendressiser », c'est à dire faire de ces hommes des êtres incapable de tendresse et recherchant obsessionnellement le coït.

L'hypersexualisation engendrée par ce comportement rendra également très souvent hypothétique et impossible la chaleureuse camaraderie et la tendresse entre hommes, à moins de se sentir homosexuel. Dans notre société, souvent seuls les mourants et les footballeurs venant de marquer un but dans un match auront droit à des câlins masculins. Sinon rien.

Le trouble de la sexualité fera que tout ce qui semble de près ou de loin relever du sexe deviendra louche, suspect, sale, douteux. L'étymologie du mot « masturbation » est éloquente à ce propos. Le mot vient du latin manustuprare : se salir la main. Donc, par définition, cette activité est sale.

Les hommes sont mortels, donc les mères ont trahit, tel est le raisonnement qui serait sensé donner une base au patriarcat... À partir du moment où les femmes sont « coupables » de ne pas enfanter des garçons immortels, elles deviennent des individus de seconde zone, à surveiller, contrôler, exploiter. De là vient la non reconnaissance du travail féminin, maternel, domestique ou autre.

Enfin, les hommes apeurés seront effrayés par le sang que perdent inexplicablement toutes les femmes si elles sont fécondes et ne sont pas enceintes. Les règles toutes les vingt-huit jours ont suscité de tous temps la terreur chez les hommes. L'origine et la raison des règles n'est connue des humains que depuis le milieu des années 1840. Durant des millénaires et encore dans nombre d'endroits aujourd'hui, la femme qui a ses règles est supposée être « impure ». Elle fait tourner le lait ou le jambon, etc. Autant de frayeurs antiques devant le sang menstruel, qui témoignent une fois de plus de la volonté patriarcale de culpabiliser et rejeter les femmes.

Face au patriarcat il importe de réagir, dans l'intérêt des femmes comme dans celui des hommes. On ne peut pas se limiter à des dénonciations morales, des efforts éducatifs, des progrès juridiques, des actions sensationnelles. Il faut poser deux problèmes : celui du dérangement sexuel masculin auquel il faut savoir donner une réponse. Et il faut surtout, reconnaissant le caractère structuré du patriarcat, lui opposer une réponse structurée et collective des femmes. Quand on prétend organiser une riposte au patriarcat avec les femmes ensemble avec les hommes, on se retrouve bien vite avec un mouvement où les hommes dominent le débat et dirigent... C'est pourquoi les femmes doivent s'organiser aussi entre elles, et par leur contre-pouvoir influencer le pouvoir fallacieusement mixte, neutre, asexué, mais en fait patriarcal et masculin régnant. Cette démarche pourrait passer par la création d'assemblées féminines locales. Et aussi d'assemblées à des niveaux plus généraux, comme je l'ai esquissé dans mon « Appel aux femmes » en date du 21 avril 2017.

Basile, philosophe naïf, Paris le 1er juin 2017

775 La pénétration de l'autre et les chrématistiques

Vouloir pénétrer l'autre avec son pénis indépendamment d'un authentique désir réciproque revient à ravaler l'autre au rang d'accessoire, d'objet pour se masturber. L'autre devient un godemiché vivant en négatif. On va « le posséder ». En fait on ne possédera rigoureusement rien.

Pour compenser cette impossibilité l'homme va chercher à posséder des objets. S'il s'agit d'argent on aura affaire à la chrématistique dénoncée par Aristote il y a 2300 années. Mais il est d'autres chrématistiques : n'importe quoi fera l'affaire. L'essentiel sera d'amasser, se sentir possédant et dominant à défaut de posséder et dominer une ou plusieurs ou toutes les femmes.

L'accumulation d'objets inutiles pourra prendre la forme d'un amoncellement de livres, de morceaux de bois, de vêtements, de sacs plastique, de journaux... L'essentiel sera d'accumuler et se sentir dominant, propriétaire de ce substitut à la femme.

J'ai vu des clochards accumuler des objets jetés et sans valeurs. Des milliers de livres s'entasser chez d'autres personnes peu fortunées, qu'ils conservaient sur trois rangées dans des étagères en plein milieu de leur habitation. J'ai aussi vu des armoires remplis de vêtements jamais mis.

Un remarquable artiste peintre odonien me fit apprécier l'immense qualité de ses toiles et dessins. Rien qu'avec ce qu'il avait accumulé en une vie on pouvait créer un remarquable petit musée riche et varié. Il n'a jamais vendu une seule œuvre. Il les a entassé chez lui dans une pièce entière. S'il n'est plus de ce monde il est parfaitement possible que tous ces trésors ont finit à la benne.

J'ai à une époque accumulé du matériel pour les Beaux-Arts ou des livres, pourquoi ? Sans le savoir pour compenser l'envie patriarcale et insatisfaisable de « posséder » l'autre.

Chez un homme habitué des bords de mer, de très grands récipients transparents étaient remplis de milliers de morceaux de verre microscopiques roulés par la mer et ramassés sur les plages durant le cours de dizaines d'années. Collectionner tout et n'importe quoi peut également exprimer une chrématistique.

Cette faim de posséder est d'autant plus insatisfaisable qu'elle éloigne et fait fuir ceux ou celles qu'on serait tenté d'essayer de « posséder ».

Le patriarcat dérange tous les aspects de la vie. En prétendant favoriser « jeux » sexuels et « séduction » il brise tous les liens, toutes les complicités possible entre les humains. Il empêche la fraternité-sororité entre les hommes et les femmes.

Ensuite on voit des hommes et des femmes chercher à faire coïncider la vie réelle avec les fantasmes patriarcaux. Par exemple, d'une joyeuse amourette ils veulent absolument faire un grrrrrand marrrrriage ! Pour donner consistance à ce mirage ils s'empressent de se mettre en ménage alors qu'ils se connaissent à peine. Pour confirmer que c'est « du sérieux », l'homme liquide son précieux logement social. Et peu de semaines après, le rêve s'étant dissipé, la belle met son galant dehors. Il se retrouve sans domicile fixe connaissant des hébergements de fortune. Le patriarcat a encore frappé ! Il dépossède de leur corps et leur raison ceux qui en sont les victimes. Et rend l'amour douloureux, incertain, dangereux, inextricable, décevant, terrorisant. C'est là encore une autre bonne raison de porter résolument à la poubelle cette survivance néfaste des temps anciens : le patriarcat. Il faut réinventer l'amour, un amour débarrassé enfin de cette chose horrible qui l'encombre et le déforme. Il nous faut des nouveaux mots, de nouvelles idées, pour notre liberté.

Basile, philosophe naïf, Paris le 1er juin 2017 .